> Isabelle Reinharez (Traducteur)

ISBN : 2226215212
Éditeur : Albin Michel (2010)


Note moyenne : 3.54/5 (sur 35 notes) Ajouter à mes livres
Tous les habitants de Pluto (Dakota du Nord) sont liés par l'amour ou l'amitié, le sang, mais surtout, par le poids du passé. Jamais élucidé, le massacre d'une famille de fermiers blancs en 1911 hante toujours la petite ville qui se meurt. Quatre Indiens avaient été lyn... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 24 juillet 2011

    litolff
    Un grand roman foisonnant qui m'a fait penser à Joseph Boyden et à John Irving...
    Tout part du meurtre d'une famille commis au Dakota du Nord au début du XX ème siècle pour lequel 4 indiens innocents sont pendus ; dans les années 60, les descendants des témoins et des victimes remontent le fil de leur histoire et démêlent le vrai du faux. Ils sont indiens ou sang-mêlé et ils ont tous plus ou moins apparentés. Evelina, la petite fille de l'un des protagonistes, découvrira petit à petit l'impact de la culture de ses ancêtres sur sa propre vie et ses choix. et se l'appropriera peu à peu.
    Roman polyphonique qui révèle des personnages attachants, graves ou loufoques, un jeune prédicateur illuminé, un vieil indien paillard, un juge tribal... tous évoquent une culture massacrée dans une prose magnifique : l'auteur réussit à passer du réalisme trivial à une langue très poétique et exprime magistralement la détresse d'une culture avec une ironie et un humour décapants.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par de, le 02 novembre 2011

    de
    Le livre commence par un « solo » entre fusil, bébé, violon et sang. Une lueur fugace, un éclair, une couleur pour marque, pour surplomb.
    Mémoire des êtres, des gestes, des hommes, les récits vertèbrent ce roman polyphonique. Les temps se succèdent irrégulièrement pour reconstruire des histoires individuelles et bâtir une histoire collective.
    Parties nommées de nom de personnages, petits chapitres s'emboîtant suivant une logique propre à l'auteure, l'exposition est à la fois précise, les phrases ciselées, et l'ensemble cependant jette le trouble comme une eau brassée. « J'aime toujours Mooshum, bien entendu, mais avec cette histoire quelque chose de mon estime pour lui se trouva troublé, comme si j'étais entrée dans un ruisseau limpide et que la vase était remontée en tournoyant autour de mes pieds. »
    Dans ce monde où certain-e-s sont indien-ne-s, les années se déroulent comme une spirale entrecoupée, au centre un meurtre, un lynchage…
    Difficile de relâcher cet ouvrage, cette écriture perçante, comme ces colombes qui dévorent et dérobent aux femmes et aux hommes les faibles récoltes et qui font titre du livre.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2011

    chocobogirl
    Pluto est une petite ville du Dakota du Nord dont on doit l'existence à l'énergie de quelques uns.
    Fin 19ème, Frank Harp envoya une expédition à des fins 'installation qui entraina un peu plus tard, l'arrivée d'une communauté blanche, à proximité de la réserve indienne. Les indiens qui sont désormais parqués doivent subir l'ostracisme des colonisateurs et l'évangélisation des prêtres.
    En 1911, le drame arrive : une famille de fermiers blanc est massacrée, à l'exception d'un bébé. Quelques hommes de la communauté y voient là l'action des méchants indiens et une action punitive est lancée. Des 4 indiens attrapés, un seul échappera à la pendaison organisée sans procès ni justice : Mooshum Milk.
    Le temps fait son oeuvre mais ce lynchage marquera tous les esprits sur plusieurs générations.
    De nombreuses années plus tard, nous retrouvons Evelina, la petite fille de Mooshum. S'interrogeant sur le passé de son grand-père et sur les raisons qu'il ne soit pas mort avec les autres indiens, cette dernière va fouiller dans le passé de ses ancêtres, de la ville et de ses premiers habitants.
    Peu à peu se dessine alors le portrait d'une ville portant le poids d'une erreur collective qui pèse sur le destin de toute une communauté et de leurs descendants.
    Voilà un roman foisonnant qui regorge d'histoires et de personnages. Conduit par différents narrateurs, le récit se développe autour de différents sujets : l'expédition qui entrainera la création de la ville et les différents hommes qui composent l'équipe, le lynchage des noirs, le passé de Mooshum mais aussi le destin de très nombreux habitants, leurs amours, leurs mariages ratés, leurs obsessions, leur racisme, le pouvoir de l'amitié et des liens familiaux, la perversion de la religion, etc... Leurs vies se croisent et s'entrecroisent sans lien évident au début. Puis petit à petit, le lecteur finit par assembler les histoires des uns et des autres et constater que tous ont vu leur destin marqué par ce drame fondateur qu'a pu être la pendaison de 3 innocents.
    " Maintenant que certains d'entre nous ont mélangé dans la source de leur existence culpabilité et victime, on ne peut démêler la corde. "
    Une intrigue complexe donc, alternant entre passé et présent, qui ne se laisse pas apprivoiser facilement. Un index généalogique est donné à la fin de l'ouvrage permettant au lecteur de s'y retrouver. S'il dit bien qui est le père ou le fils d'untel, il n'aide pourtant qu'assez peu à s'y retrouver quand aux liens plus invisibles qui existent entre les personnages, pour des raisons évidentes de "suspense". du coup, il m'a parfois été un peu difficile de recoller les morceaux de ce roman très dense.
    Néanmoins, "La mélédiction des colombes" est un roman qui évoque avec force le poids des secrets et du passé dans la construction personnelle des individus. Un roman sombre et violent mais qui démontre qu'il jamais trop tard pour expier nos fautes et que l'espoir n'est jamais loin.
    "Je pense à la façon dont l'histoire se résout dans les vivants. "


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-malediction-des-col..
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    • Livres 5.00/5
    Par lacazavent, le 06 mai 2012

    lacazavent
    C' est un roman que j'ai adoré.
    Il est foisonnant avec des très très nombreux personnages, on a un peu l'impression de partir dans tout les sens au début et pourtant au fil des pages une unité se crée. Louise Erdrich nous conte au travers de toute ses voix l'histoire d'un peuple et d' une réserve indienne situé dans le Dakota du Nord et de Pluto, la ville voisine. Cette région est soumise à « La malédiction des colombes », ces oiseaux y dévorent toutes les récoltes.
    Il y a un réel parallèle et de nombreuses similitudes dans la construction et la narration des romans de Louise Erdrich. Je pense
    particulièrement à Love Medicine et à Ce qui a dévoré nos cœurs. C'est à chaque fois un assemblage plus moins réussi de bout de vie, de bout d'histoire et de légende.
    J' ai eu l'impression de lire un roman qui se voulait presque complet. C'est une écriture particulière, très rythmée avec une couleur
    bien à elle.
    Ce roman contient également une généalogie, un brin compliqué mais qui apporte un véritable plus.
    C'est une lecture plutôt exigeante mais que j'ai énormément aimé.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par mesapol, le 04 février 2011

    mesapol
    J'ai été déçue de cet ouvrage. En fait, je m'attendait à une enquête ou du moins à une analyse des événements passés pour essayer de comprendre ses quatre meurtres. Au lieu de cela, on est devant un récit biographique en quelques sorte, et une biographie de plusieurs personnages!
    On commence par la vision d'une petite fille, Evelina, qui écoute son grand-père lui conter ce qui s'est passé il y a de ça des années et Evelina ne comprend pas ( comme nous, du coup) tous les enjeux de ce qui a eu lieu et ce qui se passe encore sous ses yeux d'enfants.
    Le récit avance dans le temps, changeant aussi de personnages narrateur, ce qui je trouve ne nous aide pas à comprendre ce qui se passe et le pourquoi du comment... De plus, je n'ai pas réussi à faire le lien entre les récits des différents personnages, ce qui fait que j'ai compris ce qui s'est passé sans comprendre vraiment...
    Bref, je ne pense pas renouveler l'expérience avec cet auteure...
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 15 octobre 2010

    Les colombes étaient dodues, et délicieuses fumées, mais on pouvait tordre le cou à des centaines ou des milliers d'entre elles sans obtenir de diminution visible de leur nombre. Les maisons de perches et de torchis des Metis et les cabanes en écorce des Indiens s'affaissaient sous le poids des oiseaux. Qui étaient rôtis, brûlés vifs, apprêtés en tourtes, en ragoûts, mis au sel dans des tonneaux, ou assommés à coups de bâtons et laissés là à pourrir. Mais ceux qui étaient morts ne faisaient rien d'autre que nourrir les vivants, et chaque matin quand les gens s'éveillaient c'était au bruit des grattements et des battements d'ailes, des susurrations murmurantes, de l'affreux babil roucoulant, et à la vue, pour ceux dont les carreaux étaient encore intacts, des douces et curieuses têtes de ces animaux.
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  • Par litolff, le 22 juillet 2011

    Mais évidemment la réserve tout entière est en proie à des passions contradictoires. Apparemment, nous sommes, il est vrai, incapables de nous laisser tranquilles les uns les autres, et chaque tentative visant à faire obstacle à nos désirs au moyen de lois et de principes religieux semble bien au contraire devoir susciter la transgression.
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  • Par litolff, le 22 juillet 2011

    Au fil du temps, je découvris que le chagrin était une chose que chacun dissimulait à sa façon -mon vieil oncle grâce à sa discipline passionnée, ma mère grâce à une sévère bonté et un ordre méticuleux. Quant à mon grand-père, il pratiquait l'art patient du ridicule.
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  • Par litolff, le 24 juillet 2011

    L'amour qui vient sur le tard, l'amour du milieu de la vie, le genre d'amour qui se connait et sait que rien ne dure, est une fureur désespérée et partagée.
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  • Par jostein, le 08 octobre 2010

    Quand nous sommes jeunes, les mots sont éparpillés autour de nous. au fur et à mesure qu'ils sont assemblés par l'expérience, nous le sommes aussi, phrase par phrase, jusqu'à ce que l'histoire prenne forme
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