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ISBN : 2070392821
Éditeur : Gallimard (1995)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 74 notes)
Résumé :
De 1985 à 1992, j'ai transcrit des scènes, des paroles, saisies dans le R.
E. R. , les hypermarchés, le centre commercial de la Ville Nouvelle, où je vis. Il me semble que je voulais ainsi retenir quelque chose de l'époque et des gens qu'on croise juste une fois, dont l'existence nous traverse en déclenchant du trouble, de la colère ou de la douleur.
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
zwyns
zwyns14 août 2016
  • Livres 3.00/5
Début des années 80 , Annie Ernaux ,quitte Yvetot et sa Normandie de sa jeunesse pour venir s'installer dans la banlieue parisienne ,et plus précisément à Cergy-Pontoise ,la Ville Nouvelle ,créée en 1969 . Une ville sortie du néant ; des barres de béton , d'acier ,de verre ; une architecture qui écrase l'individu , le dépersonnalise . Autour de celles-ci ; des lotissements pavillonnaires impersonnels et tracés au cordeau .
Pour Annie le dépaysement est total . Elle va devoir s'adapter ,apprivoiser l'environnement , sa population cosmopolite .
De 1985 à 1992 , elle va tenir un petit journal ,un petit inventaire de choses vues , entendues , d'impressions , de ressenti . C'est le Journal du dehors.Elle ne se met jamais elle-même en scène ,mais observe ,annote .
Au gré de ses déplacements sur le RER , de ses promenades dans les rues , les centres commerciaux ,elle regarde , écoute , s'imprègne des petits événements , instantanés d'images , de conversations , de situations de la vie urbaine ; véritable petit théâtre des rues . C'est parfois dérangeant , amusant ,grinçant ,obscène ,absurde ......Mais ça ne laisse jamais indifférent . Ceux qui sont des citadins se reconnaitrons dans ces historiettes sans début ni fin ,sans conclusion morale , sans jugement .
Annie Ernaux nous offre avec talent ses impressions de vie sociale .Ses petits textes sont d'une valeur inégale ,mais tout cela reste subjectif , certains nous touchant plus que d'autres et inversement .
Bref , un petit livre qui nous interpelle , nous les acteurs de monde du dehors .
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madameduberry
madameduberry25 novembre 2013
  • Livres 5.00/5
Annie Ernaux s'astreint à transcrire des moments, des fragments de dialogues, des gestes, des situations qu'elle frôle ou traverse au cours de ses déplacements urbains: transports en commun- si mal nommés, où tout transport est absent et où la communauté se réduit à la promiscuité-, les hypermarchés, les files d'attente.... Elle restitue des instantanés de la vie contemporaine dans ces néo- villes. Elle nous livre aussi comment ces brefs moments s'inscrivent brièvement en elle et la travaillent. Colère, émotion, surprise, rien n'est analysé, mais tout est consigné, si bien que le lecteur participe aussi, au bout de la chaîne qui relie l'extérieur à notre être le plus intime. Souvent dérangeantes, ces saynettes décrivent aussi le caractère protéiforme de la solitude.
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Nebulas
Nebulas18 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
D'abord, après avoir lu le premier cinq, six pages, on se demande pourquoi continuer la lecture ? le livre se compose de petits morceaux de textes. Ce sont des petites scènes, des descriptions de petits événements isolés, « un homme assidu dans le métro », « un enfant qui joue »... L'auteur explique que les textes reflètent les gestes, les attitudes et les paroles de gens qu'elle rencontre pendant ses occupations quotidiennes. Elle ne parle pas avec les gens, elle « les regarde et les écoute seulement ». Elle décrit les émotions qu'ils se laissent, elle cherche « quelque chose sur elle à travers eux ».
Tous les textes sont courts, ils comprennent seulement quelques phrases, peut-être un alinéa ou une page. Les textes ne sont pas liés ; en effet, ils n'ont rien en commun.
Cependant, après avoir lu quelques pages de plus, on commence à s'amuser grâce aux observations et commentaires de l'auteur. Ces observations sont amusantes et, de temps en temps, elles sont très sèches et même aigres. Donc, le livre offre quand même une bonne lecture.
Lien : http://nebulas-nl.blogspot.n..
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anlixelle
anlixelle11 novembre 2015
  • Livres 4.00/5

Annie Ernaux nous donne à  lire son Journal d'observations du monde extérieur tel qu'elle l'a  croisé, senti, humé. ... avec toute sa délicatesse de la langue, mais aussi sa douleur de savoir qu'il y aura encore longtemps des "dominés et des dominants", avec sa sensibilité d'humaine à fleur de phrases. C'est une invitation à regarder vraiment ce(eux) qui nous entoure (ent), ce monde que les Hommes ont créé, sans tomber dans le piège du  jugement stérile, mais avec une grande humilité empreinte de tristesse, lucidité et mélancolie. Ce livre a ravivé  quelques souvenirs parisiens et banlieusards ; les mots d'A. E. ont réveillé des vieilles images, odeurs, sensations bien enfouis au fond de ma mémoire.
 Annie Ernaux, que ferions - nous sans vous ?
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jfponge
jfponge16 août 2015
  • Livres 5.00/5
Les lecteurs des "grands" romans d'Annie Ernaux seront peut-être déçus à la lecture de ces instantanés, pris sur le vif quelque part entre Paris et la lointaine banlieue qui s'étale à l'ouest de l'agglomération parisienne. On y trouve pourtant la touche de l'auteure de "Passion simple" et de tant d'autres beaux, très beaux romans. Des phrases récoltées au petit bonheur de 1985 à 1992, vides de sens lorsqu'on en ignore le contexte, comme on peut en dire entre amis, entre collègues, voire tout seul lorsqu'on ignore qu'on est écouté. Un travail d'espionnage, mais tellement révélateur de la vraie vie. Au fil des pages, on se rend compte du décalage énorme qui existe avec ces banlieusards des années 80, qui se parlent dans le train, dans les magasins, sans casques, sans écrans les isolant d'autrui et d'un univers devenu, en grande partie à cause de ces mêmes habitudes, passablement inhumain...
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina5315 juillet 2014
Quand je suis au dehors, ma personne est néantisée. Je n’existe pas. Je suis traversée par les gens et leur existence, j’ai vraiment cette impression d’être moi-même un lieu de passage. Et ce Journal est une tentative de dire l’extériorité pour exprimer l’intériorité. C’est un journal intime extérieur. Je crois très fortement que c’est dans les autres que l’on découvre des vérités sur soi.
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FRANGAFRANGA06 juin 2012
Le Président de la République a parlé à la télévision dimanche. Plusieurs fois il a dit "beaucoup de petites gens" (pensent ceci, souffrent de cela, etc), comme si ces gens qu'il qualifie ainsi ne l'écoutaient ni le regardaient, puisqu'il est inouï de laisser entendre à une catégorie de citoyens qu'ils sont des inférieurs, encore plus inouï qu'ils acceptent d'être traités ainsi. Cela signifiait aussi qu'il appartenait, lui, "aux grandes gens".
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FRANGAFRANGA08 juin 2012
A partir de quand, lorsqu'on n'a plus de domicile ni de travail, le regard des autres ne nous empêche plus de faire des choses naturelles mais déplacées au-dehors dans notre culture. Par quoi commence l'indifférence à un "savoir-vivre" appris enfant à l'école, à la table familiale, quand l'avenir était un grand rêve le soir en s'endormant.
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fanfan50fanfan5031 mars 2014
Après Noël, Marguerite Duras et Jean-Luc Godard ont eu un "dialogue" à la télé. C'est-à-dire qu'une conversation, normalement privée, chez soi, ou au café, entre artistes, est montrée à tout le monde. Ils parlent sans aucune gêne, comme s'il n'y avait pas de caméras, de techniciens plein le salon (forme supérieure de "naturel"). Duras dit à Godard : "Tu as un problème avec l'écriture, c'est ton infirmité." Il dit oui, non. Ce qu'ils disent n'a pas d'importance mais seulement le fait qu'il s'agisse d'une conversation d'intellectuels, d'artistes offerte aux gens. Un modèle idéal de conversation.
Respect inspiré par Godard et Duras. Est culturel ce qui provoque le respect. Aucun respect pour Bourvil, Fernandel autrefois, pour Coluche naguère. La mort rend aussi culturel. (pages 67 / 68)
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FRANGAFRANGA06 juin 2012
Toutes les coiffeuses ont des têtes de fête, maquillages vifs, boucles d'oreilles lourdes et rutilantes, cheveux rouges, mèches bleues. Elles représentent leur fonction et leur visée ; transformer toute tête en boucles, volutes, éclat de jais ou de soleil, éblouissement d'un jour (le lendemain ce n'est déjà plus ça). Coiffeurs et coiffeuses appartiennent à un monde en couleurs, théâtral, tous vêtus à la pointe de la mode, excentriques hors du salon.
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Videos de Annie Ernaux (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Annie Ernaux
https://www.librairiedialogues.fr/livre/9293268-memoire-de-fille-annie-ernaux-gallimard Reportage spécial de l'émission Dialogues littéraires autour d'Annie Ernaux qui était venue présenter son livre "Mémoire de fille" (éditions Gallimard) à la librairie. Nous sommes guidés par Delphine et Nolwenn qui nous offrent deux regards sur cette ?uvre complexe et passionnante. Réalisation : Ronan Loup. Interview par Laurence Bellon.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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