ISBN : 207077922X
Éditeur : Editions Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 121 notes) Ajouter à mes livres
"La photo en noir et blanc d'une petite fille en maillot de bain foncé, sur une plage de galets. En fond, des falaises. Elle est assise sur un rocher plat, ses jambes robustes étendues bien droites devant elle, les bras en appui sur le rocher, les yeux fermés, la tête l... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par sylvie, le 22 novembre 2008

    sylvie
    Le premier livre que j'ai lu d'Annie Ernaux est "La place".
    Cette lecture m'avait bouleversée, sans doute par quelque effet de miroir que les livres de cette auteur ne manquent jamais de nous tendre.
    Pourtant, elle ne cherche pas à émouvoir son lecteur, au contraire, son travail se caractérise par une sorte de mise à plat des faits et des situations hors contexte affectif.
    Écrivain, elle met l'émotion à distance, elle la bride, elle la tient tellement en respect qu'elle l'efface. Elle se force à dire la vie sans émois...
    Et elle y va de sa magistrale "écriture blanche", "plate", "au couteau", et elle me bouleverse... et elle m'impressionne...
    Parce que c'est sans concessions, sans faux fuyant, sans mensonges.
    C'est un travail de forçat et d'ascète. Une ligne et une méthode tenue jusqu'au bout sans défaillir.
    Dans ce premier livre lu d'elle (et c'est un hasard bienvenu) cette forme de travail était déjà en marche pour aboutir semble-t-il à l'œuvre d'une vie qui s'appelle "Les années".
    Annie Ernaux est la reine du paradoxe et si elle était une figure de style, elle serait un Oxymoron.
    Ce livre qui ne parle que d'elle est un miroir sans tain dans lequel elle s'efface comme pour mieux nous révéler à nous mêmes.
    C'est une autobiographie impersonnelle, une forme donnée à une prochaine absence/disparition, un abîme mis à plat.
    Il tente d'approcher la profondeur du temps dans la linéarité chronologique.
    C'est un récit de vie sans "vécu" et qui fait abstraction de l'affect, ne se concentrant que sur la description des choses, du monde comme il va.
    Ce texte a l'ambition de rendre palpable l'histoire sociale d'une époque en la passant au tamis d'un "je" omniprésent et qui semble pourtant constamment nié.
    C'est une histoire individuelle écrite à la troisième personne du singulier et la première personne du pluriel.
    Elle et nous sont Annie Ernaux.
    Elle ,c'est celle qui est sur les douze photos décrites et soigneusement choisies pour nous faire passer de décennie en décennie.
    Ce n'est déjà plus Annie Ernaux et ce ne le sera jamais plus.
    C'est à partir d'objets qui produisent du paradoxe que ce texte est construit : des photographies du sujet qui est en train de s'écrire et qui d'un même mouvement en posent l'absence et la présence passée...
    Rajoutons à cela que ces images ne nous sont pas montrées, mais dévoilées par le texte.
    Consciencieusement et courageusement l'auteur les décrit en y cherchant sans relâche le "punctum "que Barthes explique dans "La chambre claire".
    Elle traque la “blessure”, la “piqûre”, “la marque faite par un instrument pointu”. “Le punctum d'une photo c'est ce hasard en elle qui me point (mais aussi me meurtrit, me poigne)”.
    Par ce travail remarquable que j'imagine douloureux, s'ouvre la mémoire, les réminiscences, les images et les sons d'une époque et petit à petit, par le jeu de la lecture et de nos propres souvenirs, le ELLE se transforme en NOUS... C'est presque magique, toujours extrêmement troublant !
    Chacune de ces photos sont comme des portes pour la mémoire individuelle de l'auteur qui trace le chemin. Ce passé singulier devient collectif à la lecture, parce c'est un fait, nous nous reconnaissons tous en passant par ces portes.
    Suivant celle que nous prenons, en fonction de notre génération, nous plongeons dans des souvenirs virevoltants, et toutes les autres font échos à un passé proche ou lointain de gens connus, parents, grands parents ou autres, qui nous a été plus ou moins transmis...
    L'image qui symbolise la quête d'une forme pour son travail, Annie Ernaux nous la propose, et voici ce qu'elle en dit :
    "...le tableau de Dorothea Tanning, Anniversaire, qu'elle peignit juste après sa rencontre avec Max Ernst. Il est également en creux dans mon livre. Ce tableau représente Une Femme presque nue et, derrière elle, des portes à l'infini. Cette œuvre m'accompagne depuis que je l'ai vue lorsque je préparais mon diplôme sur «La femme et l'amour dans le surréalisme».
    J'ai été prise dans les filets de ce récit époustouflant, qui en quelques 241 pages nous fait vivre par le menu soixante années en réussissant l'exploit de faire resurgir en nous des images qui sont les nôtres.
    Assez brutalement, elle nous fait toucher du doigt notre grégarité et notre contingence.
    Ce travail exceptionnel dans sa forme et courageux dans son engagement force l'admiration.
    J'avais fini "La place" la gorge nouée et les larmes aux yeux, j'ai terminé les "Années", admirative et envahie d'une grande tristesse.
    Ce texte est nimbé d'une grande douleur qui ne se dit pas, les larmes sont ravalées, les rêves n'affleurent pas, l'amour ne s'y raconte pas, et du coup, la pilule est bien amère.
    Annie Ernaux a l'art de toucher là où ça fait mal, et on ne lui en veut pas.
    On a même envie de lui dire merci !
    des liens et des images sur le blog

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/11/les-annes-annie-ernaux.h..
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 29 juillet 2011

    Missbouquin

    L'auteur : Originaire de Normandie, dans un milieu social modeste, elle est successivement institutrice, professeur certifié et agrégée de lettres. Très tôt dans sa carrière littéraire, elle délaisse le genre romanesque pour se concentrer sur l'autobiographie.
    Le livre : Publié en 2008, il a reçu le Prix Marguerite Duras et le Prix François Mauriac. Il retrace à la fois la vie d'une jeUne Femme (l'auteur ?) née dans Les années 1950 en France, jusqu'à 2006; en parallèle avec la vie sociale, culture et politique française.
    Ce que j'en dis :
    Attention, chef d'oeuvre !
    A première vue, je n'étais pas très motivée pour le lire, malgré les bonnes critiques que j'avais lu, car je n'adhère habituellement pas aux projets autobiographiques menés par les auteurs contemporains. Cependant, les premières pages m'ont surpris, et puis rapidement accrochées au moment de la Plongée au coeur de l'histoire et de l'Histoire. En réalité, la dimension autobiographique n'existe que pour donner l'occasion de faire l'analyse sociologique de l'évolution de la société française.
    Ce livre se lit d'une traite, dans un grand mouvement où l'on embrasse en 200 pages un demi-siècle d'histoire, raconté par une écriture efficace et prenante. Mais surtout on est pris dans le grand mouvement du temps qui passe, de la mémoire qui risque de s'effacer, de la nécessité d'écrire pour se souvenir. On est saisi par le passage incessant et rapide des années décrites, qui ne se ressemblent pas, mais passent également.
    Un grand frisson. Un vertige.
    Par-dessus tout, ce livre permet de mesurer les changements énormes qu'a subi la société française, mais surtout de les vivre au quotidien à travers les yeux d'Une Femme qui y a assisté. Cela m'a fait prendre du recul vis-à-vis de certains événements qui sont magnifiés aujourd'hui et qui ont semblé si peu importants à l'époque.
    J'ai également particulièrement aimé voir la manière dont la condition féminine a changé (alors que je suis très peu féministe ...), à travers la psychologie du "personnage"; ainsi que les moeurs et habitudes des jeunes à travers ce demi-siècle.
    Pour conclure, c'est une magnifique fresque que nous a peinte Annie Ernaux dans Les années; une fresque que, d'après moi, il est nécessaire de relire régulièrement pour s'interroger sur la manière dont on vit aujourd'hui dans la société. Lorsque l'on voit tous les bouleversements qui sont survenus depuis 1950, on peut relativiser ce que l'on vit à présent.
    Il y a tellement de choses à dire sur ce livre, que je vais vous laisser les découvrir, avec ce conseil :
    A lire (et à relire) à tout prix !
    Plongée au coeur du livre :
    "L'apparition de la nouveauté laissait les gens calmes et la certitude d'un progrès continu ôtait l'envie de l'imaginer."
    "Les faits s'éclipsaient avant d'accéder au récit. L'impassibilité augmentait."
    "Et on ne vieillissait pas. Rien des choses autour de nous ne durait assez pour accéder au vieillissement, elles étaient remplacées, réhabilitées à toute allure. La mémoire n'avait pas le temps de les associer à des moments de l'existence".
    "Nous étions débordés par le temps des choses".
    "Le clic sautillant et rapide de la souris sur l'écran était la mesure du temps."
    "La forme de son livre ne peut donc surgir que d'une immersion dans les images de sa mémoire pour détailler les signes spécifiques de l'époque, l'année, plus ou moins certaine, dans laquelle elles se situent."

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2011/07/22/les-annees-annie-erna..
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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 02 juin 2008

    Lune
    Lecture vertigineuse qu'on ne peut surseoir tant on découvre, tant aussi on re/connaît, soit par ce qu'on a soi-même vécu, soit par les histoires entendues et que notre oreille d'enfant puis d'adolescente a mémorisées. Annie Ernaux les ramène à notre conscience. Aucune nostalgie (tant mieux!), aucun attendrissement : les "années" coulent, charriant petite histoire, Histoire dans toutes ses acceptions, évolution de la société et aventure féminine à travers les décennies commençant juste après la seconde guerre mondiale jusqu'à nos jours. Ecriture, style, pensée, réflexions sont sans conteste ceux d'Une Femme. Les noms oubliés, les habitudes langagières, les gestes d'une époque, les rêves et idéaux disparus parsèment ce ruban qui se déploie, tour à tour émouvant, interpellant, remuant, sous nos yeux de lecteurs et lectrices. Ce livre est à mettre entre les mains de celles et ceux qui ne savent où se situer dans cette décennie individualiste, moins passionnée peut-être, souvent en attente de promesses où le miroir aux alouettes se dissimule derrière ces pépites vite consommées qui ne font pas le bonheur (mot suspect), ni la vie... Tout s'enchaîne et s'explique : chaque période renferme les germes de la suivante dont les générations successives tirent les enseignements et conséquences. On ne peut éviter de se poser beaucoup de questions sur Les années actuelles. A quoi aboutiront-elles et qu'offriront-elles? L'autobiographie n'empêche nullement que chacun y trouve et y retrouve quelque chose qui l'apparente à la grande famille humaine, quels que soient les goûts, les choix, les désirs, les réalisations, les chemins qu'il ait pris. "Toutes les images disparaîtront", pas toutes, puisque cette oeuvre dense existe ("Le Temps retrouvé").
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    • Livres 4.00/5
    Par zembla, le 13 février 2011

    zembla
    Ce livre est le regard porté sur son époque par l'auteure et en filigrane sur sa propre existence. Tout commence par des photos d'elle a diverses périodes de sa vie et qui déclenchent dans sa mémoire des souvenirs plus ou moins importants que ce soit de simple publicité ou des évènements historiques. Mais c'est un regard distancié sur elle même et son époque puisqu'à aucun moment elle n'utilise le "je", c'est une sorte d'autobiographie impersonnelle. Ce qui m'a gêné c'est cette impression d'inventaire a la Prévert où les noms ou les évènements cités sont écrits sans explications laissant le lecteur face a sa culture et a ses lacunes. La partie de son enfance m'a été plus difficile d'accès car c'est une période que je n'ai pas connu et dont mes connaissances sont très fragmentaires. A partir des années 70, ce qu'elle écrit éveille un écho en moi car c'est le début de mon enfance . Mais si le ton employé est impersonnelle ce sont des souvenirs et des opinions subjectifs qu'elle nous propose que ce soit d'un point de vue politique ou même personnel.
    C'est un regard intéressant sur l'évolution de cette société qu'elle a vu changer de manière significative surtout pour les femmes. Elle qui a connu les avortements clandestins, a vu arriver la pilule contraceptive et la légalisation de l'IVG.
    C'est aussi un regard sans nostalgie sur ce temps qui passe et qui la voit passer de l'état de jeune fille a cette grand mère tenant dans ses bras sa petite fille. Dommage qu'elle n'ai pas su éviter quelques répétitions et que ce livre relate certains faits qu'elle avait déja évoqué dans ces livres précédents (la mort de son père, la maladie de sa mère, son divorce, ...).
    Il en reste un livre plaisant a lire et qui résonne en nous car ce livre est un peu le notre. Ma note 7/10.
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    • Livres 5.00/5
    Par Eric75019, le 29 janvier 2011

    Eric75019
    Annie Ernaux, spécialiste de l'autofiction, puise sans relâche et depuis toujours dans son vécu personnel. C'est encore le cas avec ce livre mais ici, l'ambition est bien plus élevée et le résultat confirme un véritable talent d'écrivain, témoin de son époque et identifiable par un style d'écriture innovant. Elle brosse le tableau d'une vie entière, en faisant resurgir ses souvenirs au moyen de photographies anciennes commentées et datées. Au rythme des pages tournées, comme en feuilletant un album de photos de famille, elle revisite les moments clés de son histoire. Elle parle à la troisième personne comme pour prendre de la distance devant une matière aussi intime. Et ses souvenirs, si personnels, sont inextricablement mêlés à la mémoire collective de tous ses contemporains. On explore ainsi non seulement l'évolution de sa vie, mais aussi celle de son époque, avec les courants de pensée, les comportements, les crises, les anecdotes, les modes de consommation, depuis l'après-guerre jusqu'à aujourd'hui. Éblouissant.
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Citations et extraits

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  • Par lireanimes, le 22 mai 2008

    Et les jeunes arrivaient, de plus en plus nombreux. Les maîtres d’école manquaient, il suffisait d’avoir dix-huit ans et le bas pour être envoyé dans un cours préparatoire faire lire Rémi et Colette. On nous fournissait de quoi nous amuser, le hula hoop, Salut les copains, Age tendre et tête de bois, on n’avait le droit de rien, ni voter ni faire l’amour ni même donner son avis. Pour avoir le droit à la parole, il fallait d’abord faire ses preuves d’intégration au modèle social dominant, « entrer » dans l’enseignement, à la Poste ou à la SNCF, chez Michelin, Gillette, dans les assurances : « gagner sa vie ». L’avenir n’était qu’une somme d’expériences à reconduire, service militaire de vingt-quatre mois, travail, mariage, enfants. On attendait de nous l’acceptation naturelle de la transmission. Devant ce futur assigné, on avait confusément envie de rester jeunes longtemps. Les discours et les institutions étaient en retard sur nos désirs mais le fossé entre le dicible de la société et notre indicible paraissait normal et irrémédiable. Ce n’était pas même quelque chose qu’on pouvait penser, seulement ressentir chacun dans son for intérieur en regardant A bout de souffle.
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  • Par sylvie, le 22 novembre 2008

    "La forme de son livre ne peut donc surgir que d'une immersion dans les images de sa mémoire pour détailler les signes spécifiques de l'époque, l'année, plus ou moins certaine, dans laquelle elles se situent - les raccorder de proche en proche à d'autres, s'efforcer de réentendre les paroles des gens, les commentaires sur les évènements et les objets, prélevés dans la masse des discours flottants, cette rumeur qui apporte sans relâche les formulations incessantes de ce que nous sommes et devons être, penser, croire, craindre, espérer. Ce que ce monde a imprimé en elle et ses contemporains, elle s'en servira pour reconstituer un temps commun, celui qui a glissé d'il y a si longtemps à aujourd'hui - pour, en retrouvant la mémoire de la mémoire collective dans une mémoire individuelle, rendre la dimension vécue de l'Histoire"
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  • Par claracambry, le 23 décembre 2010

    Le progrès était dans l’horizon des existences. Il signifiait le bien-être, la santé des enfants, le savoir, tout ce qui tournait le dos aux choses noires de la campagne et à la guerre. Il était dans le plastique et le Formica, les antibiotiques et les indemnités de la sécurité sociale, l’eau courante sur l’évier et le tout- à-l’égout, les colonies de vacances, la continuation des études et l’atome. Il faut être de son temps, disait-on à l’envi, comme une preuve d’intelligence et d’ouverture d’esprit.
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  • Par Aela, le 30 janvier 2011

    Les jeunesses du monde donnaient de leurs nouvelles avec violence. Elles trouvaient dans la guerre du Vietnam des raisons de se révolter et dans les Cent Fleurs de Mao celles de rêver. Il y avait un éveil de joie pure, qu'exprimaient les Beatles. Rien qu'à les entendre, on avait envie d'être heureux. Avec Antoine, Nino Ferrer et Dutronc, la loufoquerie gagnait.
    Les adultes installés faisaient mine de ne rien voir.
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  • Par Musikant, le 28 juillet 2008

    Dans les déjeuners de fête, les références au passé se raréfiaient. Il était hors d'intérêt d'exhumer pour les jeunes convives les grands récits de notre entrée dans le monde, et nous avions autant horreur qu'eux des guerres et de la haine entre les peuples. Nous n'évoquions pas davantage l'Algérie, le Chili ou le Vietnam, ni Mai 68 ni la lutte pour l'avortement libre. Nous n'étions contemporains que de nos enfants.
    Le temps d'avant quittait les tables familiales, s'évadait du corps et des voix des témoins. Il était à la télévision dans des documents d'archives commentés en voix de nulle part.
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La grande librairie 01/12/2011 sur France 5 de François Busnel, Annie Ernaux parle de son nouveau livre "Ecrire la vie"








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