Si l'autobiographie est considérée comme le parent pauvre de la littérature Annie Ernaux entend bien lui donner ses lettres de noblesse"... Ainsi pourrait être résumée cette oeuvre simple et poétique tout en finesse et en soupirs...
Parce qu'il s'agit bien d'évoquer la solitude et la souffrance dans ces courtes pages, comme une tranche de vie arrachée à son quotidien. le lecteur devient témoin et partie intégrante de cette douloureuse attente et se surprend à compatir de solitude...
Un pur moment de simplicité.
Quelquefois, je me disais qu'il passait peut-être toute une journée sans penser une seconde à moi. Je le voyais se lever, prendre son café, parler, rire, comme si je n'existais pas. Ce décalage avec ma propre obsession me remplissait d'étonnement. Comment était-ce possible. Mais lui-même aurait été stupéfait d'apprendre qu'il ne quittait pas ma tête du matin au soir. Il n'y avait pas de raison de trouver plus juste mon attitude ou la sienne. En un sens, j'avais plus de chance que lui.
Quand j’étais enfant, le luxe, c’était pour moi les manteaux de fourrure, les robes longues et les villas au bord de la mer. Plus tard, j’ai cru que c’était de mener une vie d’intellectuel. Il me semble maintenant que c’est aussi de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme.