Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Esther Sermage (Traducteur)

ISBN : 9782847202021
Éditeur : Gaïa (2011)


Note moyenne : 4.04/5 (sur 259 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Eva cultive ses rosiers. À cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. ... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (71)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 05 avril 2013

    latina
    Les yeux verts d'Eva, scintillants d'intelligence
    La chevelure d'Eva, luxuriante
    Le nez d'Eva, sensible aux odeurs de son enfance dévastée
    Le ventre d'Eva, déchiqueté par le manque d'amour
    La bouche rouge de la mère d'Eva, ouverte sur d'abjectes paroles...
    Et Les oreilles de Buster, toujours, toujours, à l'écoute d'Eva, bien enfermées dans leur sac hermétique.
    Heureusement qu'elle les a, les oreilles du chien Buster, Eva, pour survivre à une mère ignoble, pour se relever après une trahison amoureuse, pour fuir enfin ce lieu pourri qu'est la maison de son enfance et de son adolescence.
    Son refuge ? Les roses, qu'elle cultive avec tendresse, dans la maison de campagne près de la mer.
    Et à 56 ans, elle entame son journal intime, dans lequel elle narre l'innommable : « J'avais 7 ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et 17 ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution. »
    « Les oreilles de Buster » est un roman psychologique qui décortique avec délectation tous les mécanismes de la méchanceté d'une mère envers sa fille mais qui montre aussi comment une enfant puis une adolescente, va puiser dans une volonté hors du commun pour s'en sortir.
    J'en suis ressortie sonnée, abasourdie et complètement acquise à la cause de Maria Ernestam, son auteure.

    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 49         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par missmolko1, le 25 novembre 2012

    missmolko1
    Les oreilles de Buster est une lecture qui m'a beaucoup plu. La narratrice Eva se confie à nous à travers son journal intime. Des confessions parfois lourdes comme le meurtre de sa mère qu'elle nous avoue sans détours des la première page ou encore le sort réservé à Buster justement.
    Malgré son passé de meurtrière, j'ai trouvé cette femme très attachante et c'est avec regret qu'on referme la dernière page.
    Ce roman m'a énormément plu pour une deuxième raison : il éveille en nous énormément de sentiments. J'ai beaucoup ri (notamment avec l'histoire de Bjorn), j'ai parfois été triste ou révoltée.
    Et puis surtout j'ai souvent été surprise par les rebondissements successifs et les révélations faites tout au long du roman (principalement quand j'ai découvert le vrai visage de Sven).
    Un roman que je ne regrette absolument pas d'avoir lu et que j'aurai voulu plus long car vraiment, je me suis bien amusée avec Eva.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 44         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 12 novembre 2012

    canel
    On l'apprend dès les premières lignes : la narratrice Eva a tué sa mère à dix-sept ans, elle en avait pris la décision à sept ans. S'agit-il réellement d'une mise à mort, ou d'un meurtre purement symbolique, d'une simple rupture ? Grâce à un carnet offert par sa petite-fille, et destiné à devenir un journal intime, Eva se délivre à cinquante-six ans de ses blessures de jeunesse. Elle écrit sur ses années d'enfance aux côtés d'une mère toxique et d'un père aimant, attentionné...
    C'est toujours avec une certaine appréhension que j'aborde un(e) auteur nordique. Mes échecs de lecture sont nombreux en la matière (Herbjørg Wassmo, Hanne Ørstavik, Steinunn Sigurdardóttir, Anne B. Ragde...).
    Et ouf ! Ce roman-ci m'a immédiatement conquise. Malgré l'humeur sombre de la narratrice, elles m'ont vite touchée, émue, elle et son histoire traumatisante. Eva était une petite fille sensible, à vif, élevée à coup de paroles maternelles empoisonnées, donc partagée entre des sentiments d'amour et de haine pour cette mère dure, méchante - ou tout simplement femme malade, bipolaire et alcoolique ? quoi qu'il en soit, le résultat fut le même, les ravages sur l'enfant identiques.
    On découvre avec horreur et jubilation la jeune fille meurtrie tisser patiemment ses toiles pour se protéger de ceux qui la blessent, et pour se forger une carapace. On peut trouver le comportement maternel excessif, mais nous en lisons des souvenirs, probablement déformés et partiels, et la caricature est de toute façon un moyen de mettre en évidence certains travers. On a parfois du mal à relier cette adolescente à la femme à la fois dure et vulnérable qu'elle est devenue, mais on comprend la genèse du hiatus au fil des événements endurés.
    J'aurais préféré une autre fin, quelques rebondissements m'ont paru trop spectaculaires, mais ils ont le mérite de bouleverser la lecture qu'on a eue jusqu'alors du récit, et de donner envie de le redécouvrir entièrement. Les toute dernières pages sont superbes et ont racheté ce qui avait pu légèrement m'agacer.
    Un excellent roman - bouleversant mais non dénué d'humour - sur les relations mère-fille, les traumatismes de l'enfance, le couple, le vieillissement, les regrets des amours passées, les vertus thérapeutiques de l'écriture... et sur les roses.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 30         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 19 juillet 2013

    Kittiwake
    Quand le bilan d'une vie s'écrit sur les pages d'un petit cahier orné de roses, les révélations peuvent faire voler en éclats les apparences. L'enfance d'Eva se déroule aux côtés d'une mère hystérique et machiavélique et d'un père laxiste. Elle fait rapidement le constat qu'il est préférable de ne compter que sur soi-même. Et que toute offense mérite châtiment. Buster, l'horrible chien des voisins lui servira de modèle. C'est à 56 ans que tous ces traumatismes refont surface, quand Eva prend la plume et se confie aux pages blanches.
    On sait dès les premières lignes qu'Eva a tué sa mère. Ce qui sera révélé est le long chemin de souffrance de cette petite fille au destin de Blanche-Neige (miroir, mon beau miroir...). Avec une grande puissance d'évocation, et une intensité psychologique qui sollicite sans relâche les émotions du lecteur.
    L'auteur dresse également un constat sur les effets pervers de l'éducation : que les parents reproduisent des schèmes de maltraitance ou qu'ils adoptent une conduite opposée à celle qui les a fait souffrir, le résultat sur leur progéniture est imprévisible.
    Le défilé des couples qui constituent le réseau social d'Eva a quelque chose de pathétique , et c'est l'humour qui sauve le récit du désabusement.
    Quelques remarques acerbes sur les insuffisances du système social danois complètent l'ensemble, bien repéré dans le cadre historique des 50 dernières années.
    C'est donc un roman d'une grande intensité psychologique , habilement mené pour ménager une attente interrogative chez le lecteur, piégé et heureux de l'être.

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2013/07/les-oreilles-de-buster.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 31         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 05 mars 2012

    caro64
    "J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix -sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution. A travers ce simple constat, je viens de m'exprimer sur cette page avec une sincérité dont je n'ai pas l'habitude." , sans être un roman policier, l'ambiance est lancée ...
    Eva a 56 ans, elle fête son anniversaire avec ses amis et sa famille. Sa petite-fille, la seule qui semble vraiment la comprendre, lui offre un journal intime dont les pages blanches "exigeraient leur lot de sacrifices, de témoignages et de victimes". Eva a effectivement plus d'un cadavre dans son placard et va en enfin pouvoir livrer ses secrets les plus profondément cachés dans le but, peut-être, de se délivrer de ses fantômes. Pendant trois mois, elle relate son quotidien, la vie avec Sven, son compagnon, les discussions avec ses copines, les moments passés avec Irène, une vieille dame qui perd sérieusement la boule… Surtout, elle expose enfin sa vie, son enfance terrible au côté d'une mère sublime, séductrice et destructrice. Les rapports complexes entre la mère et la fille étriquent l'espace de la vie d'Eva, jusqu'à sa rencontre avec John, jeune marin anglais avec qui elle vivra une magnifique histoire d'amour.
    Maria Ernestam nous offre un texte dense, puissant, intense, plein d'arômes et de sentiments contradictoires, parfois tendre, sucré, mais aussi amer, âcre comme peut l'être du chocolat chaud. La relation d'amour-haine entre la mère et sa fille est d'une puissance incroyable, admirablement restituée par le talent de l'auteur. Il y a de la candeur et de la perversion, c'est torturé et tortueux. 
 Bien des surprises attendent le lecteur au fils des pages, qui doit s'attendre à voir ses suppositions tout à coup balayés d'un revers de mots. 
Car les apparences sont forcément trompeuses. Un roman remarquable et passionnant.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 18         Page de la critique


Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 01 septembre 2011
    Un livre émouvant mais déstabilisant à certains égards.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

> voir toutes (49)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par canel, le 11 novembre 2012

    - Les Rois mages, disait Petra [au prêtre], ces trois hommes qui sont venus faire des offrandes à Jésus, tu as parlé d'eux dans ton prêche l'autre jour. Tu sais à quoi ça m'a fait penser ? Eh bien si ça avait été des reines mages à la place, elles n'auraient pas fait des cadeaux qui ne servent à rien, de la myrrhe, de l'encens et je ne sais plus quoi. Non, d'abord, elles auraient demandé leur chemin pour arriver à temps et donner un coup de main pendant l'accouchement. Ensuite, elles auraient fait le ménage dans l'étable. Elles auraient apporté du linge propre, des habits, des couches et puis à manger. Et puis...
    (...) [ Riposte masculine : ]
    - Et après ? Qu'est-ce qui serait arrivé ? Eh bien je vais te le dire. A peine sorties de l'étable, elles se seraient mises à jacasser : "Les sandales de Marie ne vont pas avec sa tunique, le bébé ne ressemble pas du tout à Joseph, leur âne paraît bien usé, Joseph est sûrement au chômage, on ne va jamais récupérer le plat dans lequel on a apporté les boulettes de viande..." Et pour finir : "Marie, vierge ? C'est la meilleure de l'année ! Je la connais depuis l'école, celle-là, je ne vous dis pas le genre.."
    (p. 264)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 12         Page de la citation

  • Par canel, le 10 novembre 2012

    J'ai répliqué que si Petra avait tellement besoin de parler, c'était peut-être justement parce qu'elle vivait avec un homme pathologiquement taciturne. Sven a protesté :
    - Pas du tout. Les femmes ont une réserve de quatre mille mots à épuiser quotidiennement, je veux dire en moyenne, quatre mille mots par jour, et nous les hommes, nous n'en avons que deux mille. A un moment ou à un autre au cours de la journée, nos mots sont tout simplement épuisés, alors que vous, il vous en reste encore la moitié. Et voilà ce qui arrive. Pas étonnant que tant d'hommes soient fatigués. (p. 122-123)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la citation

  • Par Aproposdelivres, le 05 octobre 2014

    J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution.
    À travers ce simple constat, je viens de m’exprimer sur cette page avec une sincérité dont je n’ai pas l’habitude. À vrai dire, je n’ai jamais été aussi franche. Cela fait un moment que je n’écris plus de cartes postales, sans parler de lettres, et je n’ai jamais tenu de journal intime. Les mots m’ont toujours narguée, tournoyant sans répit dans ma tête. Des pensées qui me paraissaient révélatrices, originales tant que je les gardais prisonnières, s’effritaient durant leur brève course dans l’atmosphère et mouraient dès qu’elles touchaient le papier. Comme si le simple passage de mon for intérieur au dehors suffisait à les flétrir.
    L’écart impitoyable entre inspiration et insignifiance qu’ont cruellement révélé mes rares tentatives d’écriture, m’a incitée à délaisser la plume, hormis pour consigner des faits purs et durs. Beurre, œufs, tomates, radis. Dentiste, ne pas oublier d’appeler. Il peut donc sembler pathétique de se mettre ainsi à rédiger un journal intime à l’âge de cinquante-six ans, mais je m’en arroge le droit. Ce cadeau doit bien avoir un sens, surtout venant d’Anna-Clara. Il implique un engagement de ma part – cela fait si longtemps que je ne me suis pas sentie redevable de quoi que ce soit… Les obligations ont cessé de dicter mon comportement bien avant que je n’arrête d’écrire des lettres. Mais je m’égare.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par Aproposdelivres, le 05 octobre 2014

    Aujourd’hui, elle a donc passé le plus clair des festivités enfermée dans ma chambre en train de lire. Elle s’est hissée dans mon lit, a placé un oreiller derrière son dos, enroulé mon plaid jaune autour de ses jambes, posé sa part de gâteau et son verre de sirop sur la table de chevet, et avalé méthodiquement un journal après l’autre : les colonnes nécrologiques sans bavures des conflits armés dans la presse du matin ; les enquêtes criminelles et les rubriques mondaines dans celle du soir. Quel âge a-t-elle maintenant ? Huit ans, bientôt neuf ? Sa soif de lecture est certainement digne d’éloges. D’ailleurs, on ne manque pas de la souligner dès que l’occasion se présente, puisqu’il n’y a rien d’autre à dire. « Per a marqué trois buts au match de foot vendredi, Mari a joué de la flûte au spectacle de fin d’année, les arbres bourgeonnent et Anna-Clara… c’est incroyable, ce qu’elle peut lire ! Elle aura bientôt dévoré tous ce que nous avons à la maison et après, ce sera au tour de la bibliothèque communale. Ça lui ressemblerait. Parcourir systématiquement une étagère après l’autre, un livre après l’autre, phrase après phrase, mot après mot. Elle lit vraiment énormément, Anna-Clara. » Puis le silence.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par Aproposdelivres, le 05 octobre 2014

    Ce carnet vierge m’a donc été offert par Anna-Clara, la plus jeune et la plus caractérielle de mes petits-enfants. C’est la raison pour laquelle j’apprécie tant cette petite. Parce qu’elle est considérée comme une enfant difficile. Alors que ses aînés Per et Mari sont joyeux et communicatifs – des âmes simples aux yeux pleins de bonté – Anna-Clara est renfermée, sombre et tranchante. Elle ouvre rarement la bouche. Quand elle le fait, c’est généralement laconique. Je peux avoir le pain ? Tu peux me verser du sirop ? Je peux aller lire dans la chambre ?
    Aussi loin que je me souvienne, elle m’a toujours demandé la permission de se retirer pour lire. Quand j’acquiesce, comme je le fais immanquablement, elle monte dans ma chambre et s’installe à côté de la table de chevet encombrée de bouquins et de vieux journaux. Pendant que nous autres continuons à bavarder à table, autour d’un thé ou d’un dîner accompagné de bon vin, elle se plonge dans la lecture avec une obstination et une faculté de concentration que je lui envie. Je ne lui ai jamais exprimé mon admiration, cela pourrait paraître condescendant. Mais elle sait bien qu’au fond, mon consentement est aussi une approbation. Voilà pourquoi j’adore Anna-Clara. Elle n’a pas besoin de mots pour être soi-même.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
9,31 € (neuf)
9,21 € (occasion)

   

Faire découvrir Les oreilles de Buster par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (406)

> voir plus

Quiz