> Esther Sermage (Traducteur)

ISBN : 9782847202021
Éditeur : Gaïa (2011)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 55 notes) Ajouter à mes livres
Eva cultive ses rosiers. À cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 05 mars 2012

    caro64
    "J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix -sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution. A travers ce simple constat, je viens de m'exprimer sur cette page avec une sincérité dont je n'ai pas l'habitude." , sans être un roman policier, l'ambiance est lancée ...
    Eva a 56 ans, elle fête son anniversaire avec ses amis et sa famille. Sa petite-fille, la seule qui semble vraiment la comprendre, lui offre un journal intime dont les pages blanches "exigeraient leur lot de sacrifices, de témoignages et de victimes". Eva a effectivement plus d'un cadavre dans son placard et va en enfin pouvoir livrer ses secrets les plus profondément cachés dans le but, peut-être, de se délivrer de ses fantômes. Pendant trois mois, elle relate son quotidien, la vie avec Sven, son compagnon, les discussions avec ses copines, les moments passés avec Irène, une vieille dame qui perd sérieusement la boule… Surtout, elle expose enfin sa vie, son enfance terrible au côté d'une mère sublime, séductrice et destructrice. Les rapports complexes entre la mère et la fille étriquent l'espace de la vie d'Eva, jusqu'à sa rencontre avec John, jeune marin anglais avec qui elle vivra une magnifique histoire d'amour.
    Maria Ernestam nous offre un texte dense, puissant, intense, plein d'arômes et de sentiments contradictoires, parfois tendre, sucré, mais aussi amer, âcre comme peut l'être du chocolat chaud. La relation d'amour-haine entre la mère et sa fille est d'une puissance incroyable, admirablement restituée par le talent de l'auteur. Il y a de la candeur et de la perversion, c'est torturé et tortueux. 
 Bien des surprises attendent le lecteur au fils des pages, qui doit s'attendre à voir ses suppositions tout à coup balayés d'un revers de mots. 
Car les apparences sont forcément trompeuses. Un roman remarquable et passionnant.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Deuzenn, le 21 février 2012

    Deuzenn
    Paru aux éditions Gaïa en 2011, Les oreilles de Buster a de quoi intriguer : une couverture rose et violette, une petite fille taillant une haie formant un cœur...
    Cette petite fille, c'est Eva, âgée de huit ans, qui vit à Stokholm avec son père, aimant et faible, et sa mère, véritable tornade séductrice et égocentrique. Une mère qui ne la supporte pas et ne rate pas une seule occasion de l'humilier en public. Une mère dont elle cherche désespérément l'affection et la reconnaissance et chez qui elle ne trouve que mépris et mesquinerie.Et c'est ainsi qu'à l'âge de huit ans, Eva a pris la décision de tuer sa mère.
    L'histoire est relatée par Eva elle-même, désormais âgée de cinquante-six ans, et ne se découvre que petit à petit, sous la forme d'un journal intime un peu tardif.
    Il y a quelque chose dans ce roman d'enfantin et de démoniaque. de façon froide et calculatrice, mais avec l'énergie du désespoir, Eva se prépare au crime avec raffinement mais sans jamais mettre le lecteur mal à l'aise. Une histoire de famille sombre mais libératrice, qui a reçu un très bon accueil de la part des libraires et qu'il faut découvrir sans tarder... ne serait-ce que pour savoir qui est Buster et à quoi servent ses oreilles!
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 03 décembre 2011

    kathel
    Ce roman est comme sa couverture, tout en contradiction entre le rose et le piquant, le doux et le mystérieux… Eva est une femme de cinquante-six ans, qui partage sa retraite entre sa maison sur la côte ouest de la Suède, ses rosiers, son compagnon Sven, ses enfants, ses amies, quelques petites occupations bénévoles, rien de bien subversif ni étonnant.
    Et pourtant, un carnet offert par sa petite-fille pour son anniversaire provoque chez elle une envie d'écrire jusque là bien enfouie. Elle commence, au long de nuits d'insomnie, à raconter son enfance, avec une mère tout sauf aimante, puis sa jeunesse toujours sous le joug de cette mère qui la dévalorise sans cesse.
    Je n'ai pas envie d'en dire plus, dès les premières pages de son journal, Eva avoue qu'elle n'a pas pu se laisser humilier de la sorte trop longtemps. On apprend comment cette fillette qui ne se trouvait pas comme les autres a décidé un jour de surmonter peurs et dégoûts pour passer à l'acte. Laissez-vous emporter par le quotidien et les souvenirs d'Eva, qu'une très jolie écriture rendent vivants et attachants, à tel point que je me suis sentie bien des affinités avec elle, et ai dévoré ce livre ! Les thèmes abordés sont nombreux et intéressants, la construction laisse deviner certaines choses qui ne se révèlent que petit à petit, très astucieusement. Et que sont donc Les oreilles de Buster, et pourquoi sont-elles si importantes pour Eva ? Ne comptez pas sur moi pour le dire !

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-maria-ernestam-les-oreil..
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ancoline, le 27 mars 2012

    ancoline
    Eva est une grand-mère qui se reconnait en sa petite fille introvertie. Elle se remémore alors son enfance. Sa petite-fille lui offre un journal intime. Elle va alors se prendre au jeu au cours de ses insomnies pour essayer de se raconter et de comprendre comment elle en est venue à tuer sa mère.
    On comprend alors qu'à force d'être repoussée par sa mère, humiliée devant chaque étranger présent elle décide même jeune de se protéger et petit à petit apprend à ne pas l'aimer pour être sûre de ne plus souffrir. Elle se forge une carapace avec un courage d'adulte.
    Tout le livre j'ai été bluffée par la nouvelle vie de d'Eva. Je n'en dévoilerai pas plus.
    J'ai adoré ce livre après avoir été attiré par la couverture.
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    • Livres 2.00/5
    Par litolff, le 07 décembre 2011

    litolff
    Bon, eh bien je ne me joindrai pas à ce concert de louanges... j'ai persévéré jusqu'à la moitié du roman... et abandonné ! Franchement, toutes ces critiques élogieuses me laissent perplexe car je trouve ce livre sans grand intérêt, pas particulièrement bien écrit et assez pervers, ainsi que l'annonce la 4ème de couverture "un délicieux mélange de candeur et de perversion".
    Il me semble que la perversion ne peut en aucun cas être "délicieuse" : une petite fille de 7 ans qui prend la décision de tuer sa mère, ça ne me branche pas particulièrement comme sujet, et le récit de la petite fille devenue adulte m'a paru assez soporifique... Classé sans suite.
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Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 01 septembre 2011
    Un livre émouvant mais déstabilisant à certains égards.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par Theoma, le 04 avril 2012

    Sven. Comment en sommes-nous arrivés là ? Sans doute sa présence m'a-t-elle toujours rassurée. Il m'accepte comme je suis, avec une telle générosité que les années passant, je suis parvenue à m'accepter comme moi-même. Autrefois, je croyais qu'il recelait des secrets, des trésors cachés. Que dans des profondeurs que je devinais à peine, avec un petit effort, je trouverais des joyaux merveilleux. Aujourd'hui, je sais que c'est un être pensant, mais insondable. Jetez-y une pièce, vous la verrez sombrer. Elle se posera sans doute au fond. En tout cas, elle ne refera jamais surface – sauf si Sven en a besoin.

    Ainsi notre vie commune se limite à ce que Sven accepte de recracher à la surface, à peu près comme le souffle humide d'une baleine jaillit de ses poumons, à la verticale. Mais notre couple n'est ni meilleur ni pire que bien d'autres. En réalité, nous partageons un quotidien agréable, rempli de vétilles et de banalités. Et nous veillons jalousement sur les secrets que nous sommes seuls à pouvoir connaître.
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  • Par emmyne, le 22 octobre 2011

    Quel est le goût de l'effroi ? L'odeur de la peur ? La sensation d'une chute sans fin ? Qu'advient-il des larmes qui ne quittent pas le corps ? Nappent-elles de givre ses parois internes, de manières à ce que les organes gèlent et finissent par s'arrêter, sombrant lentement dans l'ultime repos ? Où finissent les mots qui traversent l'esprit sans être prononcés ? Existe-t-il un dépôt où s'entassent les souhaits inexprimés ? Peut-on respirer une fois de trop ?
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  • Par Myrtle, le 01 août 2011

    Immobile dans l'embrasure de la porte, je les regardais. Le dos de mon père et le visage barbouillé de ma mère. Je sentais une partie de moi s'éloigner, flotter, les observer d'en dessus, songeant que ce spectacle était inconcevable. J'avais raconté qu'un inconnu m'avait, comme disait ma mère, tripotée, et elle ne me croyait pas. Que serait-il advenu si j'avais dit que j'avais été réveillée par un baiser et qu'il m'avait dit vouloir "toucher une jeune fille"? A cet instant, je sus que je ne pourrais jamais plus poser sur elle le regard d'une fille sur sa mère. Elle ne pouvait pas être ma mère. C'était impossible. Cette femme, je devais à tout prix la tuer, je devais mettre à exécution la décision que j'avais jadis prise. Faute de quoi, je ne survivrais pas.
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  • Par csapin, le 10 janvier 2012

    J'ai appris à me débrouiller par mes propres moyens. Il y a tant de choses que Sven ne sait pas. De toute façon, il ne peut rien pour m'aider. Chacun doit affronter seul la vieillesse. Il paraît qu'on garde toujours une part de l'autre au fond de soi, mais plus le temps passe, plus j'ai l'impression du contraire. Nous sommes seuls. Nous venons seuls au monde et nous le quittons seuls, même si nous vivons entourés d'amour, de dévotion et de bienveillance. Le temps venu, dans les moments décisifs où nos chemins se séparent, nous sommes isolés, comme des insectes piégés dans le sable. Plus ils tentent d'avancer, plus ils creusent leur propre trou.
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  • Par Eipoca, le 07 septembre 2011

    Je suis poursuivie par l'image d'un flacon d'huile et de vinaigre, deux liquides qui se superposent, séparés par leurs densités respectives. Il faut que quelqu'un secoue le flacon pour que les liquides se mélangent et qu'ils prennent une couleur qu'aucun d'eux ne possédait au départ. Eh bien, cela peut aussi arriver avec les bonnes et les mauvaises expériences. Au fond reposent les mauvaises, et si personne ne secoue la bouteille, elles y restent, constituant une sorte de fondation aux bonnes, qui demeurent au-dessus. Le pire et le meilleur coexistent ainsi paisiblement, sans déteindre l'un sur l'autre.
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