> Esther Sermage (Traducteur)

ISBN : 2847201637
Éditeur : Gaïa (2010)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
J'ai froid. Je me retourne pour calmer la douleur. Je resserre la couverture autour de moi. Alors, j'entends un rire. Mes yeux s'embuent. J'ai aimé. Personne ne m'enlèvera ça. Pas même la mer capable tantôt d'engloutir les traces des ravages provoqués par l'homme, tantô... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 27 mai 2011

    Seraphita
    2005 est une année sombre pour Inga : son mari Mårten meurt brutalement. Elle décide alors de se replonger dans le passé, et, pour ce faire, gagne l'île de Mastrand, sur la côte ouest de la Suède, et se réfugie dans la demeure familiale. Là, elle découvre une lettre datée du début du XXème siècle. Commence une plongée dans les souvenirs qui permet de toucher du doigt des secrets familiaux jusque là bien gardés…
    Une rencontre avec l'auteure suédoise, Maria Ernestam, m'a permis d'éclairer ma lecture. Elle vit à Stockholm et a commencé l'écriture avec le journalisme. « Toujours avec toi » publié aux Editions Gaïa, éditeur spécialisé dans la littérature scandinave, s'origine dans un vécu personnel. Comme l'auteure l'écrit dans la postface : « Ce livre est dédié à mon père Arne. Il est mort le 31 mai 2006, au jour près quatre-vingt-dix ans après l'ouverture des hostilités en mer du Nord » (p. 410).
    Le livre se propose de plonger dans le passé, celui de sa famille tout d'abord, celui de la Suède ensuite. Maria Ernestam est en effet persuadée que c'est notre passé, notamment notre enfance, qui détermine la trame de notre devenir. Son roman est ainsi construit selon une structure classique (procédé qu'on retrouve dans « L'île des chasseurs d'oiseaux » de l'écossais Peter May) : des chapitres contemporains (années 2005-2008) alternent avec des chapitres datant de 1959. Ces derniers donnent la parole à Rakel, une femme âgée atteinte d'une leucémie, qui se sait condamnée et raconte ses souvenirs, notamment ceux de l'année 1916. le récit des années 1959 permet de mettre en lumière le présent de la narratrice.
    Cela nous amène à l'évocation du passé de la Suède : 1916, c'est la période sombre de la première guerre mondiale. La Suède reste neutre, quoique, comme le souligne Maria Ernestam, cette neutralité puisse être interrogée. L'auteure s'est beaucoup documentée (en témoigne la bibliographie en fin de roman) pour conter, en toile de fond du roman, une histoire qui a marqué la Suède à l'époque : la bataille du Jutland ou grande bataille de la mer du Nord. La postface délivre des détails historiques précis. L'auteure souligne notamment que cette bataille « fut le plus grand affrontement naval des temps modernes. Elle ce déroula du 31 mai au 1er juillet de l'an 1916, entre la flotte de haute mer allemande […] et la flotte de la Royal Navy […] Les flottes allemande et anglaise s'affrontent. […] Environ huit mille hommes périssent, et de nombreux cadavres échouent sur les côtes suédoises, norvégiennes et danoises, où ils sont ensevelis » (p. 407-408).
    La lecture de ce long roman (environ 400 pages) m'a laissé des impressions partagées, d'où cette appréciation finale de 3 étoiles sur 5. J'ai moins apprécié les chapitres contemporains, décrivant le travail de deuil d'Inga, en quête de son passé. J'ai trouvé ces chapitres peut-être moins aboutis que les chapitres racontant l'histoire de Rakel. Il m'a semblé que l'auteure avait peut-être plus de difficultés à traduire, par l'écriture, les émotions d'Inga, une femme devenue dépressive suite au décès brutal de son mari. le vécu personnel de l'auteure empêchait-il une mise à distance qui s'est répercuté sur l'écriture de ces chapitres contemporains ? J'ai trouvé que les chapitres donnant la parole à Rakel étaient plus riches sur le plan de la palette des émotions retranscrites : amour (des mouvements passionnels animent les deux femmes marquantes du récit : Lea et Rakel) / haine, notamment. Vers la fin du roman, à l'occasion d'un chapitre où Rakel raconte un basculement décisif dans son histoire avec Anton, il m'a semblé que soudain, la crédibilité de l'histoire se perdait, cédant la place à un cliché, visible dans tout roman d'amour. Puis un événement surnaturel présent dans le récit est venu corroborer cette impression : j'ai alors été très déçue, alors qu'avant, je trouvais l'histoire de Rakel émouvante et poignante. Comme si l'auteure avait souhaité forcer la dose des émotions pour que son lecteur adhère encore plus au récit. de mon côté, je n'ai pas adhéré à cet effet.
    La construction du roman, sur le mode d'une histoire à deux voix, en deux périodes temporelles bien distinctes, dont l'une a des répercussions sur l'autre, peut paraître complexe. L'auteure témoigne qu'elle n'a pas écrit les deux périodes séparément, mais l'une en même temps que l'autre : chaque chapitre éclaire le suivant, inscrit dans une période différente. Elle s'est beaucoup documentée et a réalisé tout un travail journalistique pour rendre cette période sombre de la première guerre mondiale. Elle a réalisé de nombreuses fiches concernant chaque personnage : avant même d'écrire son roman, elle savait déjà ce qu'elle voulait y trouver.
    Un roman qui m'a laissé une impression en demi-teinte, mais une rencontre inoubliable avec l'auteure, très sympathique, chaleureuse et ouverte.
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    • Livres 5.00/5
    Par jmfhcb, le 15 avril 2010

    jmfhcb
    Inga est une photographe de talent reconnue. Elle a Peter, son fils de vingt-ans, qui fait des études de médecine. Elle a un mari Mårten, lui aussi parfait : il l'aime, il la rassure et la réconforte. On est dans un roman donc tout va basculer.
    Izabella, sa galeriste, lui dit que ses photos sont peut être un peu trop parfaites, qu'elle manque de naïveté et de spontanéité. Inga s'apprête déjà à en parler à Mårten pour qu'il puisse situer ce petit malheur dans les grands malheurs du monde. Elle rentre donc chez elle où arrive un pasteur. Il vient lui apprendre la mort de Mårten par une crise cardiaque.
    Inga va mettre deux ans à vouloir se reconstruire (j'ai aimé cette idée car cela m'a semblé réaliste. On ne comprend un décès qu'après une période de flottement à mon avis, une période où l'on veut agir pour ne pas voir). Pendant deux ans, elle travaille moins mais toujours, fait des photos, des expositions ... Mais ensuite elle s'effondre et se réfugie dans la maison familiale de Marstand, rendue accueillante par Nikklas un ami d'enfance (qui a une fiancée). Elle décide de faire du rangement dans la remise après quelques jours de repos. Elle trouve un dossier où il y a des articles de presse sur la première guerre mondiale et en particulier la bataille du Jutland. On découvre en particulier que cette bataille a envoyé plein de cadavres de soldats morts sur les plages d'Europe du Nord. Il y a aussi une lettre adressée à la grand-mère d'Inga, Rakel, par une missionnaire en Afrique, faisant allusion à une nuit où elles se seraient substituées à Dieu. Commence alors pour Inga une recherche pour comprendre fameux secret, qui elle le pense va l'aider à se reconstruire.
    La narration se fait alternativement par Inga, en 2007, et Rakel, en 1959 (sur son lit de mort : elle est morte d'une leucémie une semaine avant la naissance d'Inga). Ainsi, on a l'enquête d'Inga mais aussi la jeunesse heureuse dans une ferme (le premier étage étant une salle de prière) et la vie de jeune femme de Rakel : son amitié avec Léa, ses relations amoureuse avec Anton, qui est en fuite permanente à la faute d'un meurtre, avec Jakob, qui travaille pour payer à sa sœur une chaise roulante. On fait aussi la connaissance de la famille Otto, la famille dans laquelle Rakel sera bonne avec Léa.
    J'ai beaucoup aimé ce livre pour deux raisons : l'originalité et la bonne construction de l'intrigue mais aussi pour le ton reposant du livre. En effet, pour ce qui est de l'intrigue, aucun personnage, aucun détail n'est superflu. le thème de la Première Guerre mondiale, vu de l'arrière et d'un pays neutre, est rarement abordé : c'est ce qui rend à mon avis ce livre si particulier. Pour le ton, c'est simple : vous suivez l'intrigue sans que l'on cherche à vous faire ressentir des émotions. On vous raconte c'est tout. Cela donne un livre qui n'a rien de calculer et qui est profondément original.

    Lien : http://cecile.ch-baudry.com/2010/04/15/toujours-avec-toi-de-maria-er..
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    • Livres 5.00/5
    Par parmifil, le 01 mars 2011

    parmifil
    Une grand-mère Rakel en 1959 et sa petite-fille Inga en 2007 se tournent vers leur passé dans l'adversité : la première hospitalisée et en fin de vie, la seconde en deuil de son mari.
    L'auteur narre le passé de ses héroïnes en leur consacrant des chapitres séparés mais qui se croisent par leur filiation. Et peu à peu elle peaufine leurs personnalités à travers leurs relations avec en toile de fonds l'Histoire de la Suède.
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    • Livres 4.00/5
    Par VivianeB, le 20 juillet 2011

    VivianeB
    Un très beau livre sur la quête des origines, sur le deuil et la vie d'une femme en proie à la perte d'un être cher.
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    • Livres 4.00/5
    Par Idefix, le 07 mai 2011

    Idefix
    Qui nous amène à réfléchir sur la droiture des personnages... J'ai adoré être la confidente de tous ces personnages !
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Citations et extraits

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  • Par veronique55, le 08 juillet 2010

    Une ombre planait sur le jardin, sur ses feuilles mortes et ses branchages nus. Des gouttelettes d'eau scintillaient sur les tiges. Les pierres luisaient, humides. Réminiscence de la première bouffée d'air matinal, au commencement des vacances, lorsque l'on a encore de longues semaines devant soi pour profiter de l'été. Une sensation d'ouverture, de libre circulation entre intérieur et extérieur.
    Elle s'assit sur les marches, but une gorgée de thé et se remémora le passé.
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  • Par Marsup, le 20 avril 2011

    J'ai froid. Je me retourne pour calmer la douleur. Je resserre la couverture autour de moi. Alors, j'entends un rire. Mes yeux s'embuent. J'ai aimé. Personne ne m'enlèvera ça. Pas même la mer capable tantôt d'engloutir les traces des ravages provoqués par l'homme, tantôt de les recracher - elle a emporté ce que j'avais de plus cher. (...) Je résiste et je me laisse aller, je tergiverse, mais au fond, je sais que tout sera bientôt fini. Les méfaits des aïeux reviennent nous hanter, dit-on, mais je n'y crois pas. Si des méfaits nous hantent, ce sont les nôtres.
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  • Par Marsup, le 26 avril 2011

    Une ombre planait sur le jardin, sur ses feuilles mortes et ses branchages nus. Des gouttelettes d'eau scintillaient sur les tiges. Les pierres luisaient, humides. Réminiscence de la première bouffée d'air matinal, au commencement des vacances, lorsque l'on a encore de longues semaines devant soi pour profiter de l'été. Une sensation d'ouverture, de libre circulation entre intérieur et extérieur. Elle s'assit sur les marches, but une gorgée de thé et se remémora le passé.

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  • Par parmifil, le 01 mars 2011

    Si des méfaits nous hantent, ce sont les nôtres.
    Lorsque la fin approche, la vie se dresse une dernière fois contre le sort... Peut-être la mort offre-t-elle ainsi une dernière douceur à la vie, en guise de dessert, avant de faire payer la note.
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  • Par Marsup, le 26 avril 2011

    Malgré tout, je suis heureuse ici. La Suède ne me manque pas. Je n’échangerais ce privilège contre rien au monde, et je ne renierai jamais le signe qu’il m’a été donné de voir en cette nuit que ni toi ni moi n’oublierons, et dont nous devrons endurer le souvenir pendant le restant de nos jours. Cela n’avait rien à envier aux flammes de l’enfer. Que personne ne s’avise de juger nos actes. Quelqu’un prétendrait-il que nous nous sommes substituées à Dieu ? Que nous avons usurpé le droit de condamner morts et vivants ? Il ne manquerait plus que cela, lui répondrais-je. C’est qu’on ne m’a jamais appris à me fier qu’à moi-même. Les puissances célestes devront s’y faire. Je ne regrette rien, et vous ne le devez pas non plus.
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