Comme dans toute anthologie, pour les quelques pays connus, j'aurais voulu ajouter d'autres noms, mais ce choix, forcément personnel, est déjà très large. Un tour de la mare nostrum source de découvertes, d'envies de prolonger avec bon nombre des écritures.
Quelqu'un n'a pas posé sa main sur ma nuque
aussi le manque n'à t il pas de visage
il est là simplement comme un toucher froid
un rappel de la parfaite solitude
Villes de papier noir et de fil dans des vallées sans air.
Trains bloqués dans des lacs de goudron.
Aérodromes couverts de toiles d’araignées.
Mousse qui envahit les toits des automobiles.
Maisons où des statues de pierre gisent emmaillotées.
Nuages entrés par les portes sortant par les fenêtres.
Couchers de soleil qui durent des siècles.
Depuis toujours j’ai rêvé d’une chanson
Dont les vers
Seraient comme les dunes en bordure de mer,
Édifiées sans rime ni raison
Par l’eau et par le vent
au gré des belles et des mauvaises saisons.
Une chanson venue au monde naturellement
Et qui mourrait aussi de sa belle mort
(Pour autant qu’elle soit promise à ce sort)
Comme les dunes au bord de la mer.
Je reste dans le désordre, l’été
revient avec ses matins solitaires.
Si tu m’avais perdue dans la rue
comme il arrive aux choses les plus importantes
quand par mégarde elles tombent d’une poche
ou pire encore quand on nous les vole,
c’eût été mieux que de t’appartenir encore
saine et sauve sur une étagère qui s’emplit
à mesure que s’accroît le monceau des heures.
Je bouge autour de toi comme la poussière
et tu ne m’as jamais entendue marcher.