ISBN : 2742753222
Éditeur : Actes Sud (2005)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Avril 1933. Le pilote Bill Lancaster s'envole de Lympne en direction du Cap pour tenter de battre le record établi sur cette traversée. Peu après, au fortin de Reggane, dans le Sud algérien, on apprend qu'un aviateur s'est écrasé dans les environs. Commence alors une co... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 24 juin 2011

    saphoo
    Une course contre la montre pour tenter de venir secourir un homme échoué dans le désert. Lancaster, aviateur casse-cou, voulant tenter de battre le record de la traversée du désert, s'envole alors que les conditions ne sont pas optimum.
    Le récit est narré en grande partie, d'une part par René à travers les lettres qu'il écrit à sa femme et d'autre part par le cahier de bord de Lancaster, où il note chaque jour sa situation, comment il tente de lutter contre cette mort qui s'approche au fil du temps, mais aussi, son amour pour Chubbie et sa mère.
    C'est un véritable cri de désespérance, quand la fin s'avance à grand pas, comptant les jours ; il faut résister avec la réserve d'eau à limiter malgré cette terrible soif qui l'assaille par des chaleurs frôlant les + 60°, sans vivres et blessé, le seul espoir de voir des secours arrivé le tient suffisamment fort pour combattre au-delà du possible. Il tente d'attirer les secours en allumant des torches la nuit tombée qu'il fabrique avec la voile des ailes de son avion (n'oublions pas l'année de ce périple 1933), il pense qu'un point d'eau est proche car un oiseau et des insectes sont passés, mais il a promis à Chubbie de ne jamais s'éloigner de son engin en cas d'accident.

    Toi qui as comblé la mer de flots, les dunes de sable, le ciel d'étoiles, viens me secourir - Chant nomade

    Les recherches sont lancées, mais en vain, personne ne prend le risque de s'éloigner de la piste et rien ne justifie au périple d'autre vie, de tenter l'affrontement du terrible désert Tanezrouft, même les Touaregs ne s'y aventurent jamais. Une longue étendue sans fin, plate et sans vie, ni point d'eau comme un océan de sable, pierres et chaleur que l'horizon sans fin pour tout point de repère. Une folie qui tente cette aventure de traverser cette partie du désert en s'éloignant de la piste.
    René est basé au fortin de Reggane, dernier lieu de décollage de Lancaster. René décrit l'évènement de cet aviateur à sa femme, puis toute son inquiétude, ses doutes, jusqu'à l'arrivée de Chubbie l'aimée de Lancaster elle-même pilote. A travers son récit, nous avons une version des faits, des secours qui ont été entrepris, et puis aussi cette vision du désert. René dit qu'il s'y ennuie mais il ne peut imaginer reprendre une vie de tout à chacun, après avoir connu cette vie, perdu dans cette immensité, il mesure sa chance d'avoir pu connaitre l'Afrique, et compte profiter de cette opportunité de vivre autrement qu'en France et se contenter d'un train-train monotone. Il demande à sa femme de venir le rejoindre après sa mission et parcourir les contrées africaine. le refus de sa femme le déçoit et ne comprend pas qu'on puisse se contenter de vivoter et ne pas profiter de cette vie si riche et pleine de découvertes et d'expériences. Il lui écrit “je ne comprends pas comment tu peux refuser l'Afrique pour quelques pintades” . Tout bascule dans sa tête, et la présence de Chubbie qui tente tout pour venir secourir son amour à ses risques et périples le bouleverse, il finit par partir avec elle.
    Les articles de journaux nous donnent des informations succinctes, les lettres diverses en réponse à Chubbie qui se démène pour trouver un avion, nous dépeignent le portrait de Lancaster et nous met au fait d'un procès dont il a été le suspect numéro un.
    Que ça soit sa famille, ses ennemis, Chubbie ou René, nous avons tout un ensemble de son de cloches, et sur Lancaster, seul perdu , blessé dans le désert : Lancaster qui crie sa rage de vivre et combien la vie devient importante quand on est sur le point de la perdre. Il demande à Chubbie de renoncer à l'aviation , de ne pas mettre sa vie en danger pour le ridicule d'un exploit de record. C'est toujours dans des moments ultimes, graves qu'on mesure l'importance des choses vraiment essentielles et toutes celles qui deviennent complètement dérisoires voire “du n'importe quoi”…

    Jour après jour, nous vivons ce drame par le cahier de bord de Lancaster, on ressent toute son inquiétude, son angoisse, sa détermination à lutter puis sa résignation. On frémit, on le soutient, en vain :
    « Je ne veux pas mourir, je veux désespérément vivre. J'ai l'amour d'une bonne maman, et papa, et une fiancée… »

    Il égrène ses pensées profondes, son amour pour ses proches pour la vie et tient absolument retranscrire et transmettre ses dernies instants à Chubbie et sa mère pour qu'elles sachent qu'il a lutté jusqu'au bout de ses forces pour elles mais surtout, surtout ne rien regretter. La fin m'a émue énormément par les derniers mots de Lancaster :”Maman chérie, ceci m'a été d'un grand réconfort jusqu'à la fin. “ ces mots étaient notés au dos d'un poème écrit par sa mère que voici :
    Il restera quelque part, dans un ciel de souffrances, le souvenir de ces années, une étoile presque invisible que je regarderai, car je saurai qu'elle abrite, dans la beauté de son silence, la vie que j'ai aimée… MME LANCASTER avril 1933
    Lancaster sera retrouvé bien des années après cet accident en 1962, son carnet de bord retrouvé, son exploit fut-il vain, futile ou ridicule, à mettre sa vie en danger, en briser d'autres… le dérisoire de 'l'Homme à vouloir se mesurer à l'impossible rêve.

    Un superbe livre qui nous invite à méditer sur le sens de notre vie, ne pas la laisser s'échapper dans un train-train monotone mais ne pas non plus la même en périple pour la gloriole qui sera vite dépassée, oubliée… Savoir trouver un juste équilibre entre sagesse et déraison. Un chant d'amour qui s'élève, une rage de combattre, un récit prenant et très touchant… Magnifique !
    Le livre contient des photos, des articles de journaux amplifiant le côté dramatique du sujet, on se sent projeté en 1933 suivant le fil de l'actualité en décalé


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2011/06/20/21432233.h..
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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 04 août 2010

    Folfaerie
    C'est avec une certaine curiosité que j'ai entamé ce roman d'un auteur dont je ne connaissais que le carnet d'entretiens avec le regretté Théodore Monod, homme que j'estime et admire toujours...
    Et ma foi, je n'ai pas été déçue. Quelle bonne idée d'avoir construit ce récit à l'aide de lettres, rapports, articles de presse, extraits de journaux intimes... Bill Lancaster retrouve une dimension humaine, il n'est plus ce simple fait divers. Un homme plein de contradictions et de faiblesses, cerné de zones d'ombres, mais qui, dans sa souffrance et sa dignité, parvient à susciter la sympathie et le respect.
    Cette tragédie, racontée sous divers angles, nous emmène au coeur du Sahara où le pilote s'est crashé. Lancaster va s'efforcer de tenir un journal de bord tout au long de son agonie, le document étant destiné à sa maîtresse et à sa mère, les deux femmes de sa vie. C'est pour battre un record, pour retrouver son honneur et un peu de gloire, que le pilote se lance dans cette périlleuse aventure. Un de ces "conquérants de l'inutile" qui fait rêver et donne des envies de voyages et d'exploits.
    Le désert meurtrier envoûte sans peine le lecteur comme les méharistes et c'est bien la principale qualité du roman d'Estibal. J'aurai aimé davantage de lyrisme ou de poésie dans ces pages, mais au bout du compte, l'auteur arrive si bien à retranscrire les émotions des protagonistes au travers des lettres, et la beauté du désert, malgré la sécheresse de certains documents, que l'on est soi-même étreint par l'angoisse (ces pages où Lancaster tente de repousser la folie et son obsession pour l'eau qu'il s'est obligé à rationner, ou encore cette course désespérée dans le désert, à dos de chameau, qui conduit le méhariste Chauvet aux portes de la mort) et ému par le caractère grandiose et sauvage de ce milieu si inhospitalier pour l'homme.
    C'est enfin une belle histoire d'amour qui unit ce couple, la maîtresse de Lancaster se lançant elle-même dans les recherches pour retrouver son compagnon.
    Il y a eu récemment une adaptation cinéma avec Marion Cotillard. Je ne l'ai pas vue mais il me semble, au travers de la bande-annonce, que le film insiste plus particulièrement sur cette histoire d'amour.
    Une bien belle surprise en tout cas, et j'espère que Sylvain Estibal m'en réservera d'autres...


    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-le-dernier-vol-..
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    • Livres 4.00/5
    Par EmiLIT, le 13 août 2010

    EmiLIT
    Ce roman, je l'ai découvert lorsqu'une adaptation cinématographique avec Marion Cotillard est sortie l'hiver dernier. La librairie avait mis le livre en avant et cela avait éveillé ma curiosité.
    Quelques mois plus tard, j'ai pu obtenir ce livre, en parfait état soit dit en passant grâce à Pochetroc.
    Billy Lancaster est une sorte d'aventurier moderne. Ancien de la Raf, un peu tête brulée. Après une sombre histoire de meurtre, alors qu'il a été blanchie, il décide, - afin de remettre sa carrière à flots, de tenter de battre un record en traversant le Sahara avec son petit avion.
    Nous sommes en Avril 1933 lorsque l'avion de Lancaster est déclaré porté disparu. Chubbie Miller sa compagne décide alors de partir à sa recherche. Au même moment, l'armée Française mobilise ses hommes pour trouver l'aviateur disparu dans la partie la plus inhospitalière du désert.
    Ce livre mélange fiction et faits réels.
    L'auteur a inséré des passages du journal de bord que tenait Lancaster. Il leur a ensuite associé fausses coupures de presse ainsi que des rapports militaires. Cette alternance de différents supports alors que les jours défilent crée une forte tension et une attente chez le lecteur qui se demande si les secours arriveront à temps. Jours après jours, le lecteur suit avec émotion le calvaire qu'endure Lancaster, blessé et seul dans cette immensité brulante.
    Par cette recherche d'aventures à tout prix et par les risques qu'il a pris, Lancaster et son histoire trouvent écho à celle de Christopher McCandless, into the wild de Jon Krakauer. Tous deux partagent à la foi cette soif d'aventures et en même temps une certaine naïveté qui les met en danger.
    Un récit intéressant qui plonge le lecteur dans la chaleur du désert ainsi que dans son histoire et celle de l'aviation.
    Une belle lecture, très émouvante.


    Lien : http://l-ivresque-des-livres.over-blog.com/article-le-dernier-vol-de..
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 27 juin 2011

    litolff
    Le désert et la soif : c'est ce qui m'a le plus marquée dans ce livre, plus que l'histoire d'amour ou les périples de l'aviation. du début jusqu'à la fin, le lecteur est étreint par la soif, la peur de mourir de soif...
    Cette histoire véridique très légèrement romancée nous entraîne dans l'un des déserts les plus arides de la planète et l'on ne peut que partager le supplice de Lancaster.
    Un beau récit où alternent coupures de presse, lettres, comptes-rendus et le journal de Lancaster, ainsi que celui du lieutenant Chauvet : très émouvant !
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    • Livres 3.00/5
    Par anyuka, le 05 juin 2010

    anyuka
    J'ai vraiment apprécié ce petit ouvrage court, dont le point de départ est une histoire vraie, composé d'articles de journaux, d'extraits de journaux intimes et de proverbes nomades, qui retracent les tentatives pour retrouver un aviateur perdu dans le Sahara. Imposible de m'arrêter de tourner les pages tellement j'avais envie de savoir ce qu'il allait advenir de trois personnages assez fous pour s'attaquer au désert.
    Il a depuis été adapté pour le grand écran - avec moins de bonheur ? - avec Guillaume Canet et Marion Cotillard.

    Lien : http://anyuka.canalblog.com/archives/2009/12/22/16242004.html
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Citations et extraits

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  • Par anyuka, le 05 juin 2010

    Je croyais jadis ne pas t'aimer.
    Quand on est revenu me disant que tu es mort là-bas.
    Je suis montée sur la colline où sera mon tombeau,
    J'ai ramassé des pierres, enseveli mon coeur
    (Proverbe touareg)
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  • Par litolff, le 27 septembre 2010

    Sur cette terre de beauté,
    Dieu donne des biens et désole,
    Lui qui a réuni des hommes valeureux,
    Pour les jeter dans le désert en pâture à la soif.

    (Chant touareg)
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  • Par litolff, le 27 septembre 2010

    Fais de ta plainte un chant d'amour pour ne plus savoir que tu souffres.

    (Proverbe touareg)
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  • Par litolff, le 27 septembre 2010

    Les touaregs disent ici : "Dieu a créé des pays pleins d'eau pour y vivre et des déserts pour que les hommes y trouvent leur âme"
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  • Par saphoo, le 24 juin 2011

    Il restera quelque part,
    dans un ciel de souffrances,
    le souvenir de ces années,
    une étoile presque invisible que je regarderai,
    car je saurai qu’elle abrite,
    dans la beauté de son silence,
    la vie que j’ai aimée…

    MME LANCASTER avril 1933

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