> Alexandra Carrasco (Traducteur)

ISBN : 2264033495
Éditeur : 10-18 (2005)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 43 notes) Ajouter à mes livres
" Beatriz tente de faire son chemin amoureux, et son chemin tout court, entre deux lieux, Madrid, sa ville d'origine, et Edimbourg, sa ville d'adoption, et entre deux amies aux corps célestes, Monica, la mangeuse d'hommes compulsive, et Cat, une lesbienne convaincue. A ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 2.00/5
    Par kmouth, le 10 décembre 2010

    kmouth
    Je n'ai pas accroché au style percutant de l'auteur. On sent le pouls de la ville décrite mais les personnages tournent un peu en rond. Pas assez dans les détails, trop redondant, on sait déjà comment ça va se terminer en fait. J'ai envie de dire "tout ça pour ça". Disons qu'une telle tranche de vie ne mérite pas autant de pages à mes yeux. Pourquoi ne pas essayer un autre roman de Lucia Etxebarria?
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    • Livres 2.00/5
    Par Chrys, le 07 juillet 2011

    Chrys
    Il a fallu quelques pages pour que je parvienne à entrer dans l'histoire. Les passages qui comparent les relations entres les personnages aux astres, aux planètes sont, à mon goût, assez ennuyeux. Je les ai donc rapidement sautés.
    Le roman navigue entre passé et présent. Beatriz, enfant unique d'un couple qui ne s'aime plus, est amoureuse de son amie Monica. A ses côtés, elle va connaître le monde de la drogue, de la nuit, du deal, des mauvais coups jusqu'au jour où il va falloir couper avec ce monde pour sa propre survie. Elle part donc étudier la littérature anglaise à Edimbourg où elle rencontre Cat.

    C'est un roman qui se lit mais je n'ai pas retrouvé la qualité d'Amour, Prozac et autres curiosités.

    Lien : http://lejournaldechrys.blogspot.com/2011/07/beatriz-et-les-corps-ce..
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Citations et extraits

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  • Par Aphone, le 24 janvier 2010

    Ralph me quitta aussi par une nuit de pleine lune. On se revit bien des soirs, à la cafétéria. On discutait de choses et d'autres comme si on ne s'était jamais embrassés, comme si on n'avait pas partagé notre sueur, nos orgasmes dans le lit. Comme si nous n'avions pas de mémoire. J'acceptais cette froideur absurde sans broncher, résignée, comme si cela avait été joué d'avance.

    Cela se passa une nuit où Cat travaillait au bar et où je traversais à nouveau un passage à vide. Tout à coup je m'étais retrouvée seule et désemparée, loin de Madrid, loin de chez moi, de Monica, immergée dans une vie que je ne comprenais pas et à laquelle je ne participais pas. J'avais désespérément besoin de parler à quelqu'un, de m'en sentir proche, de traverser les eaux de cet océan boueux, de remonter à la surface et de toucher la lumière du bout des doigts. Je ne pouvais pas me tourner vers Cat car elle n'avait pas le droit de recevoir des appels durant ses heures de travail, sauf en cas d'extrême urgence. J'appelai donc les renseignements et demandai le numéro de Ralph. Mr. Scott-Foreman, 9, Baker Street. Si incroyable que cela puisse paraître, je n'avais pas son numéro, je ne l'avais jamais appelé.

    Sa voix sombre et caverneuse, dissociée de sa personne physique, acquérait une nuance différente, follement bandante. Elle m'attrapait d'une façon aussi immédiate que la musique. Je ressentis soudain un besoin impérieux de l'avoir près de moi, de danser au rythme de cette voix cadencée, de me laisser emporter par son courant de testostérone. Il n'avait pas l'air surpris, alors que je ne l'avais jamais appelé auparavant et qu'il ne m'avait jamais donné son numéro. Comment vas-tu ? demanda-t-il. J'attendis quelques secondes pendant lesquelles j'entendais une musique ambient en toile de fond. Je ne sais pas, dis-je enfin. Pas très bien. Qu'est-ce qu'il t'arrive ? dit-il. Je me sens seule. Nous sommes tous seuls, répondit-il. Plus vite tu t'y habitueras, mieux ça vaudra. Je n'ai pas envie de commencer à m'y habituer cette nuit. Pas vraiment cette nuit. J'espérais qu'il m'inviterait chez lui, mais il se tut. Les synthétiseurs de The Orb reprirent possession du silence. Qu'est-ce que tu fais ce soir ? demandai-je enfin. Je travaille à ma thèse, répondit-il, d'ailleurs je dois m'y remettre. Prends soin de toi. On se voit bientôt. Puis il raccrocha.

    Je sortis dans la rue. La froidure s'abattait, la nuit tombait et la brume s'emparait de la ville aussi vite que l'angoisse qui dévorait mon organisme. Les contours des immeubles se diluaient, menaçants. Le monde semblait léger et un peu vide. Je marchais dans Édimbourg et je me sentais comme dans un rêve. Les points de repère - le château, le pont, la colline - étaient suspendus en l'air comme dans un décor de théâtre, isolés au milieu de la brume. J'avançais à la dérive dans un paysage incomplet, une sorte d'ébauche de Édimbourg que je connaissais, lampadaires et tours flottaient hors contexte, dans l'air tacheté de petits points lumineux.

    Soudain je la vis dans le ciel, immense, pleine de présage, voilée de larmes et de nuages, embuée par ma propre respiration. L'image brouillée de la pleine lune. Superstition absurde, mais le fait est que par tradition, depuis que je connais Cat, je faisais l'amour toutes les nuits de pleine lune. Toutes les nuits de pleine lune, excepté celle-ci. J'aurais pu, pourquoi pas, rentrer à la maison et attendre qu'elle revienne. Mais je n'avais pas envie de Cat : j'étais déprimée et n'avais ni l'énergie ni les sourires nécessaires. Une sorte de fidélité absurde faite chromosome, imprimée dans mon patrimoine génétique, devait me forcer à désirer Ralph et seulement lui, du moins cette nuit. De sorte que je rebroussai chemin en zigzaguant sur les trottoirs, en esquivant des ivrognes et en réfléchissant. Mon rival, mon compétiteur, mon amant, cet homme dont j'enviais l'argent, la tranquillité et le sang-froid qui me manquaient, m'avait fait faux bond au moment où j'avais besoin de lui.

    D'un côté je culpabilisais terriblement de vouloir lui imposer ma présence à toute heure, d'être aussi possessive et pressante, de vouloir qu'il vive pour moi. De l'autre, n'avais-je pas lu dans un tas de livres que cette obsession pour l'objet du désir, cette envie d'exclusivité était un sentiment universel ? On s'était l'un et l'autre comportés comme des lâches. Je ne m'étais pas décidée entre Cat et lui. Il ne s'était pas décidé pour moi.

    Je me suis demandé pourquoi, Beatriz, malgré la clarté de ce qui t'arrive, alors que tu as déjà choisi, que tu restes avec la légitime, avec ta fille-chat, celle qui peut t'offrir une stabilité et un lien solide, fondé sur le temps et les complicités construites pas à pas, pourquoi n'assumes-tu pas ton choix jusqu'au bout ? Pourquoi ne cesses-tu pas d'appeler Ralph, pourquoi es-tu obsédée par ce que tu n'as pas ? Mais bordel, pourquoi n'acceptes-tu pas une fois pour toutes l'impossibilité de ce qui ne peut pas être ?

    Ce qui fait mal, ce qui faisait vraiment mal, c'était cette blessure infectée d'impuissance, ce vouloir et ne pas pouvoir qui me rongeait. L'essence de mon angoisse était dans les désirs réprimés et les rencontres avortées. Tout ce que j'aurais pu mais ne pouvais ni donner ni recevoir. For all the lovers and sweethearts we'll never meet. Et je me demandais : comment osé-je réclamer une exclusivité que je ne peux moi-même offrir ?

    Je me suis arrêtée devant une cabine. J'y suis entrée. J'avais retenu le numéro de Ralph, imprimé dans ma mémoire à l'encre du désir. J'ai introduit une pièce et j'ai composé les sept numéros. Il a décroché.
    - C'est encore moi. J'ai envie de te voir.
    - Je t'ai dit que ce n'était pas possible.
    - Il y a quelqu'un chez toi ? ai-je demandé.
    - Non je suis seul.
    Pause interminable. On entendait The Orb au loin, bande-son de mon anxiété. Au bout d'un moment, j'ai entendu à nouveau sa voix. Beatriz ... Ce prénom sonnait différemment dans sa bouche, ce n'était plus le mien, celui que m'avait choisi ma mère, c'était celui qu'il m'accordait, lui, qui me muait en quelqu'un d'autre par le seul fait de prononcer le z comme un s. Béatrice ... Il ne voulait pas être mon Dante.
    - Beatriz, je crois que tu attends trop de moi. Tu attends ce que je ne peux pas te donner. Il y a des choses que je ne peux pas me permettre.
    - Qu'est-ce que tu ne peux pas te permettre ?
    - Laissons tomber. Beatriz, je ne veux pas aller plus loin. Je ne veux pas t'expliquer ... Et tu es trop intelligente pour continuer à me questionner.
    Je ne soufflai mot.
    - Ca va ? ai-je entendu.
    Je n'ouvris plus la bouche. Je reposai le combiné à sa place. Il ne m'avait jamais rien promis, il avait raison. Je n'avais même pas le droit de poser des questions.
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  • Par malaikat, le 07 janvier 2009

    Car tout ce que l'on écrit n'est finalement qu'une note en bas de page d'un écrit antérieur. Il n'existe qu'un sujet: la vie, et la vie est toujours la même; un même rayonnement imprègne l'univers tout entier et il n'émane d'aucun objet en particulier. Nos actes et nos amours sont la répétition d'actes et d'amours passés, et c'est pourquoi, dans un livre, nous trouverons toujours une réponse à certaines de nos questions. L'ennui c'est que nous ne comprendrons jamais rien à ce qui est écrit avant de l'avoir vécu d'une manière ou d'une autre.
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  • Par lireanimes, le 15 janvier 2009

    Tu penses que tu souffres d’un amour si désespéré que tu t’obstines à garder ton amie coûte que coûte, bien que tu la craignes et parfois la méprises ou même la haïsses, mais la vérité, la triste vérité, c’est que tu l’aimes aussi. Tu l’aimes à la folie, c’est le cas de le dire. Tu te sens incapable de te passer d’elle car tes affects sont très primaires : tu aimes ton amie de la même manière que tu aurais dû aimer ton père ou ta mère, de façon irrationnelle et infantile. Idéalement, tu le sais, les relations doivent être fondées sur une communauté d’idées, d’opinions et d’intérêts, mais toi, tu les établis exclusivement sur ton besoin désespéré d’amour et tu es prêt à tout sacrifier pour te sentir aimée, y compris tes principes et ta propre sécurité. En même temps, tu sais qu’auprès de ton amie et de son jules tu es en train de dépérir comme une petite lampe qui s’éteint.
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  • Par lireanimes, le 15 janvier 2009

    Je ne veux pas m’engager avant d’être sûre de ce que j’éprouve, car je redoute que le pire de moi-même ne finisse par s’installer entre les cercles de nos solitudes respectives. Il n’est pas de pire solitude que celle que l’on partage.

    S’il ne tenait qu’à moi, je passerais mes journées à faire l’amour, pas seulement parce que j’aime ça, mais parce que c’est là que les choses atteignent leur limite ; même si cela ne dure que trois secondes, je fuis, je sors de moi-même, je me gonfle de lumière et je m’éclaircis, heureuse, sans mémoire, accrochée à des lèvres qui inventent de superbes duperies. Je me dis alors que cela a un sens de continuer, malgré la certitude d’être toujours seule.
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  • Par lireanimes, le 15 janvier 2009

    Amour plus frustration égale jalousie.

    Quand on ne se comprend pas soi-même, il est impossible de comprendre que les autres vous aiment, et il est donc impossible de respecter ceux qui vous aiment. Mais le temps ne nous laisse que deux options : assumer ce que nous sommes, ou abandonner.

    Je n’ai jamais eu le droit ni aux questions, ni aux réponses ni aux explications de quelque ordre que ce soit. Ralph ne m’avait pas prise au dépourvu, j’étais habituée à me plier aux décisions des autres sans remettre celles-ci en question, sans exiger ni protester, à croire que je ne méritais pas d’être aimée, respectée, acceptée. C’est pourquoi je ne me suis pas battue pour l’avoir.
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Video de Lucia Etxebarria

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Vidéo de Lucia Etxebarria

Extrait de l'émission "On n'est pas couché" animée par Laurent Ruquier et diffusée le 12 avril 2008 sur France 2.
Eric Zemmour et Eric Naulleau interrogent Lucia Etxebarria











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