ISBN : 2350871134
Éditeur : Editions Héloïse d'Ormesson
(2009)
Note moyenne : 2.82/5 (sur 17 notes)
Ce que les hommes ne savent pas : Le sexe vu par les femmes2Ajouter à mes livres
Le sexe vu par les femmes est le point commun de ces nouvelles érotiques, prêtes à en découdre avec les conventions. Tour à tour dominatrice, libertine, experte en sex toys, les narratrices lèvent bien des tabous sur la sexualité féminine et visitent avec humour l'Éros ... > voir plus
Très déçue par ce livre!! Des nouvelles sans intérêts contrairement à d'autres qui sont intéressantes mais qui se sont fait rares dans ce recueil ... Dommage!
Quand les gens sont mal dans leur peau, ils se raccrochent à n'importe quoi. A l'alcool, au hasch, à la coke, aux chats, aux blogs, à n'importe quoi pour ne plus rester seuls, avec quelqu'un qu'ils ne supportent plus: eux-mêmes. C'est pour cela qu'ils sont si nombreux à rechercher maladivement une façon de sortir de soi, d'échapper à ce tohu-bohu d'idées qui se bousculent dans leur tête jusqu'à les rendre fous. Ils se raccrochent aussi au sexe.
Car le sexe, nous le savons bien, est capable de procurer l'illusion de ne plus être. Il nous donne ce sentiment de fusion, qui fait croire que l'on cesse d'être soi pour faire partie d'un autre. Ou que l'on quitte son corps pour entrer dans une autre dimension.
De nos jours, la nudité féminine n'a plus rien d'obscène. Elle est même courante en publicité, qu'il s'agisse de vendre des shampooings, des produits de beauté, de la lingerie fine, des soins de chirurgie esthétique ou même des voitures. Mais on nous montre toujours un type de corps bien particulier, très normatif, svelte avec peu de hanches et de poitrine. Si, en revanche, le modèle avait dix kilos de plus, des seins qui tombent et des fesses en forme de tambour, la même image nous paraîtrait bel et bien obscène. Car le sexe ne se situe pas seulement dans nos parties génitales, mais d'abord et surtout dans notre tête, et notre cerveau, hélas, pense le plus souvent comme on lui a appris à penser.
Les féministes ont fait un effort louable pour établir un distinguo entre les deux, alléguant que l'érotisme reposerait sur la réciprocité et l'égalité, la pornographie sur la domination et la violence. Mais, dans le lexique sexuel masculin, c'est-à-dire le lexique du pouvoir, l'érotisme n'est en réalité qu'une pornographie de luxe, habilement conçue et mise en valeur pour une classe de consommateurs plus sophistiqués. La différence est la même qu'entre une call-girl et une fille qui fait le trottoir: la première est plus chic mais les deux fournissent les mêmes services.
Reste que, pour écrire, il faut avoir lu. Pour écrire sur notre propre sexualité, il nous faut d'abord connaître et méditer l'apport de la littérature érotique féminine. Lorsque nous aurons pris conscience du chemin qu'il nous a fallu parcourir, nous pourrons avancer, revendiquer, assumer complètement notre corps et ses possibilités. C'est en cela que le fait d'écrire des récits érotiques a une portée politique et non pas seulement littéraire.
Plusieurs critiques, hommes et femmes, qui ont étudié le sujet, estiment que la littérature érotique féminine continue de refléter une économie du désir orientée vers la satisfaction de l'homme, et il est vrai que certaines nouvelles érotiques écrites par des femmes semblent chercher davantage à plaire à un public masculin qu'à mettre en scène le désir féminin. Reste que l'appropriation du genre érotique par les femmes constitue en soi une remise en cause radicale des conceptions en vigueur de la sexualité, du désir, de leur interaction avec la place de la femme dans la société.
Extrait de l'émission "On n'est pas couché" animée par Laurent Ruquier et diffusée le 12 avril 2008 sur France 2. Eric Zemmour et Eric Naulleau interrogent Lucia Etxebarria