> Sophie Bajard (Traducteur)

ISBN : 2743622253
Éditeur : Payot et Rivages (2011)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

En 1685, les jours des pirates regroupés dans la confrérie des Frères de la Côte, aux ordres du roi de France, sont comptés. Louis XIV a fait la paix avec son traditionnel ennemi, l’Espagne, et les menées des flibustiers d... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Beatrice64, le 30 décembre 2011

    Beatrice64

    TUEZ-LES TOUS !
    28% de sang,
    22% de tripes et boyaux,
    34% d'embruns
    16% de soleil,
    sur fond sonore fait de hurlements, de jurons, de blasphèmes, du fracas des coups de canons et de la mitraille, et j'en oublie. Des amateurs ?
    Tortuga c'est un peu comme si CormacMcCarthy s'intéressait au frères de la Flibuste à la place des coboys, sauf que pas tellement. Parce que, sans vouloir en remettre une couche, c'est quand même beaucoup moins bien écrit. Mais vraiment beaucoup.
    Alors l'idée de dynamiter (comme dit l'éditeur inspiré) l'image hollywoodienne du Johnny pirate des Caraïbes Depp est très très séduisante, mais vouloir montrer un monde brutal, cruel, sanguinaire, sadique, qui n'a rien de fraternel, tout en n'osant pas appeler un chat un chat, par égard sans doute pour les chastes yeux du lecteur, je trouve ça bizarre, voire suspect. L”auteur use de périphrases pudiques (pour ne pas dire pudibondes), pour décrire des actes d'une barbarie achevée, et tenez-vous bien, il n'ose même pas citer les blasphèmes du plus effrayant des pirates, le Duc de Grammont, disant seulement qu'il “jure effroyablement”. Ca casse complètement l'ambiance si vous voulez mon avis. Qui est vraiment dégueulasse et sanguinolente la plupart du temps, je vous l'accorde, mais pourquoi cette retenue par moments ? Comme si l'auteur regardait ce spectacle et en était lui même outré et effrayé.
    Alors l'histoire est pas mal, hein, on va d'abordage en pillage de comptoir, bon, en suivant un ancien jésuite enrôlé de force sur un navire pirate, et qui vit ce qui sera la dernière grande aventure de la piraterie sous Louis XIV, on en apprend un peu sur le fonctionnement de cette société (mais je trouve que c'est amené de manière assez maladroite et didactique), et le jésuite, il tombe amoureux au premier regard d'une esclave trop trop belle, ce qui le mènera aux pires extrémités, et à sa perte, parce que la femme est perfide. Voilà. Question récit, l'auteur mène bien sa barque (bon, elle était facile, mais j'avais envie de la faire, merci), il utilise abondamment, et très correctement, il faut le reconnaître, la construction sujet-verbe-complément, du coup c'est un peu plat. Je n'ai pas eu l'impression d'être prise par le suspense ou emportée par un vrai souffle romanesque (et là je pense à l'Ile au trésor, franchement y a des moments faut vraiment se replonger dans les classiques). Pas de coups de théâtre, rien qui fasse sursauter, pour un récit de pirate, franchement, ça craint, et des personnages que j'ai trouvés esquissés à grands traits (peut être pour montrer le côté primitif du pirate ? Mouais)
    Dommage, je trouve la couverture vraiment splendide.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par encoredunoir, le 06 septembre 2011

    encoredunoir
    1685. le portugais et ancien jésuite Rogério de Campos, embarqué sur un galion espagnol, est forcé de rejoindre les pirates qui ont fait main basse sur son navire. Entrainé dans la flibuste qui vit alors ses dernières heures, Rogiéro va écumer les Caraïbes aux côtés des plus grands capitaines pirates du temps et s'enfoncer peu à peu dans ce monde d'une sauvagerie inouïe dans lequel, en fin de compte, il va se fondre avec aisance. Sa passion et son obsession pour une mystérieuse esclave noire vont sceller à la fois son destin et celui de ses compagnons de route.
    Après l'Inquisition (la série « Nicolas Eymerich »), les mineurs de Pennsylvanie (Anthracite), le syndicalisme et le communisme aux États-Unis dans les années 1920 (Nous ne sommes rien, soyons tout), après le Roman noir, le Roman de science-fiction et le fantastique, Valerio Evangelisti s'attaque à une nouvelle période et à un nouveau genre… qu'il dynamite avec talent.
    C'est que le Roman d'aventure et de piraterie vu par Evangelisti n'a pas grand-chose à voir avec le Capitaine Blood campé par Errol Flynn ou même avec les Pirates de Polanski. Tout est sale, puant, suinte de violence gratuite et de pur sadisme. Quant au légendaire code d'honneur des pirates, vous pouvez d'ores et déjà l'oublier : pas un chapitre ne passera sans qu'il soit proprement battu en brèche.
    Comme toujours chez Evangelisti, l'érudition de l'auteur à laquelle vient s'ajouter le talent d'écrivain confère à son Roman intérêt et souffle épique. On se retrouve littéralement happé dans ce monde fascinant et effrayant, et c'est sans rechigner que l'on suit Rogério de Campos, personnage principal (et non pas héros) extrêmement ambigu, d'abordages en massacres, de beuveries en affrontements psychologiques tendus.
    Comme Cormac McCarthy dans Méridien de sang ou James Carlos Blake dans Crépuscule sanglant décrivaient avec réalisme et noirceur la fin du mythe du Far West, Evangelisti bouscule le mythe du pirate et peint le crépuscule des flibustiers. Une peinture faite de sang, de tripaille, de poudre noire et de bile.
    Roman d'aventures passionnant et formidablement bien écrit, Tortuga est sans nul doute un des grands livres de l'année 2011.



    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-le-crepuscule-des-pirates-..
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    • Livres 5.00/5
    Par fredleger, le 04 janvier 2012

    fredleger
    On est, ici, loin de "Pirates des Caraïbes". Ici pas de beau gosse, pas de belle poulette, pas de grandeurs d'âme. Ici, on pille, on viole, on tue. L'âme noire des pirates nous est enfin révélée...
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Citations et extraits

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  • Par fredleger, le 04 janvier 2012

    Le pont du Rey del Reyes ressemblait au sol d'un abattoir. Du sang le maculait et ruisselait de toutes parts, au milieu des mâts abattus, des amas de voiles et des enchevêtrements de haubans fracturés. Çà et là, quelques mourants gémissaient encore ou invoquaient à grands cris le Christ et la Vierge. Les pirates allaient de corps en corps, tranchant avec froideur la gorge des survivants, même lorsqu'il s'agissait de leurs propres compagnons, trop grièvement blessés pour espérer guérir, puis ils jetaient les cadavres à la mer...
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