> Anne-Laure Tissut (Traducteur)

ISBN : 2742794794
Éditeur : Actes Sud (2011)


Note moyenne : 3.31/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Venu au monde au terme d'une ahurissante grossesse de vingt-quatre mois, un enfant répondant au patronyme de Poitier se voit affublé par une mère aussi rebelle qu'excentrique de l'impossible prénom de Pas Sidney, lequel semble n'avoir d'autre vertu, le temps passant, qu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par narmiz, le 15 octobre 2011

    narmiz
    I am Not Sidney Poitier, ou je suis « Pas Sidney Poitier ». Car c'est ainsi que la mère de « Pas Sidney » l'a appelé, sans raison particulière, sinon celle qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau à l'acteur, et 24 mois de grossesse ! On comprend d'entrée que le roman va évoluer entre l'absurde, le philosophique et le bizarre, et c'est très bien comme ça.
    Donc la mère de Pas Sidney (on s'habitue finalement assez vite à ce qu'un personnage s'appelle ainsi, c'est fou…) meurt alors qu'il n'est qu'adolescent ; mais comme elle avait eu la riche idée d'investir toutes ces économies en actions CNN de Ted Turner, celui-ci devient son légataire universel et Pas Sidney vit non loin de lui et de Jane Fonda. Cela nous vaut de savoureuses pages de dialogues où Ted Turner donne quelques leçons de vie à Pas Sidney, dans un coq-à-l'âne permanent, drôlatique et addictif !
    Pas Sidney devient aussi expert en « fesmérisme », capacité à hypnotiser au bout de quelques secondes et à faire agir à sa guise qui le subit ; qu'il utilise à plusieurs reprises dans les nombreux déboires qu'il rencontre (et joli pirouette narrative). Puis les pas de Pas ( ! ) le mèneront au Lycée, à la fac, dans le comté reculé de Négroblanc County, en week-end chez les parents de sa petite amie, à Tête de Suie, Alabama où il se mettra en tête de construire une église, etc.
    On se rend compte à la lecture que ces différentes étapes (ainsi que certaines séquences oniriques, glissées ça et là) sont en fait des interprétations / hommages / parodies de film de Sidney Poitier (le « vrai ») , comme « Devine qui vient dîner », « Duel à El Diablo », ou « Dans la chaleur de la nuit ». A vrai dire, qu'on ne connaisse pas les films en question – et c'est mon cas pour la plupart – ne gâche rien au plaisir du livre, car l'auteur prend un malin plaisir à détourner les histoires originales conformément à sa trame. Mais si le sujet de livre est (aussi) la quête d'identité, il est important de comprendre que les histoires que vit le héros existent déjà, vécues par son quasi double.
    La mise en abyme est aussi présente par le personnage du professeur de non sens Percival Everett, qui se met donc lui-même en scène, dans un rôle très ambivalent de conseiller personnel, professeur fumiste, ou pédagogue génial, vrai sage, et finalement un des rares à qui Pas Sidney fera vraiment conscience.
    Au global, on a une livre d'une grande fantaisie et d'une vraie originalité, d'un rythme soutenu voire haletant et jamais ennuyeux, mais aussi qui est l'occasion d'un retour sur la place des noirs aux Etats Unis et son évolution depuis les années 60, avec des personnages réellement marquants (la mère, Pas Sidney, Percival, Ted Turner !) ; bref un bonheur de lecture.
    Quelques autres avis sur ce livre :
    Tournez les pages y voit « une fable sur l'identité et le difficile devoir d'être en dehors des normes » http://tournezlespages.wordpress.com/2011/03/08/percival-everett-%E2%80%93-pas-sidney-poitier-trad-anne-laure-tissut-%E2%80%93-actes-sud/
    Inganmic a beaucoup apprécié http://bookin-ingannmic.blogspot.com/2011/05/pas-sidney-poitier-percival-everett.html
    Racines y voit une « fable absurde et futée » http://racines.canalblog.com/archives/2011/03/25/20681804.html
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    • Livres 4.00/5
    Par gilles3822, le 06 mars 2011

    gilles3822
    Quoi de plus absurde qu'un livre de Percival Everett ? Un autre livre de Percival Everett. A chaque fois, je me fais prendre par cet entrelacs de situations cocasses, de non sens assumé et d'analyse politico-sociologique finement troussé, l'air de rien. Et tout se tient, on se demande comment, ou plutôt oui, on sait : le rythme . De bout en bout, l'action se déroule sous vos yeux ébahis, L'image d'un trajet en 4X4 sur une piste cahotique me paraît la plus appropriée pour illustrer la trajectoire narrative de ce roman. C'est plus qu'une image, le héros-il y en a un- débarque sur Terre sans se presser ( 24 mois de grossesse tout de même!) , devient riche sans le vouloir, célèbre sans faire exprès et quand il fait quelque chose, tout va de travers.
    Et l'auteur de se mettre en scène, second rôle dont la crédibilité nous porte à croire que de la réalité à la fiction, il n'y a qu'un pas.
    Nous sommes très loin de Russell Banks et de Paul Auster, quelque part entre Tom Robbins et les frères Coen, drôle, distancié et intelligent.
    Philosophiquement, la morale de l'histoire serait que nous ne maîtrisons rien de nos existences et que le destin n'est qu'un mot creux destiné à habiller nos illusions.
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    • Livres 4.00/5
    Par austen, le 17 octobre 2011

    austen
    Pas Sydney, nom de famille Poitier n'a pas la vie tellement facile. Sa mère, Portia, est une originale, cf le prénom de son fils, activiste et qui ne fait aucune concession. Elle est également très riche. C'est peu de dire que l'enfance de Pas sydney est tout sauf conventionnelle avec cette mère militante et plus tard, à la mort de celle-ci, Teddy Turner un "ami", blanc et riche de Portia.
    Pas Sydney, héritier d'une grosse fortune part donc à Atlanta avec Teddy faute d'autre famille. Leur relation, pour amicale qu'elle paraisse n'en est pas moins un peu étrange puisque le petit garçon vit seul avec des employés dans une maison et Teddy dans une autre.
    On assiste au passage (assez difficile) à l'âge adulte de Pas Sydney, avec toutes sortes de mésaventures tragi-comiques, et même à sa rencontre avec un professeur un peu abscons: Percival Everett himself , professeur de "philosophie du non-sens. Tout un programme!
    C'est un roman drôle et absurde qui nous fait traverser l'Amérique contemporaine à la suite d'un garçon noir et riche.
    Malgré sa richesse, il va devoir affronter son statut d'homme noir en Amérique. Peu de choses semblent avoir changé depuis les luttes pour les droits civiques des années soixante. Pas Sydney est sans cesse confronté à l'image de son célèbre homonyme, Sydney Poitier et il y a plusieurs scènes du livres qui renvoient aux films les plus célèbres de l'acteur.
    Percival Everett, par le biais de l'humour essaie de montrer toute l'absurdité de la vie d'un noir en aux Etats unis, fut-il riche et séduisant. Que ce soit les rapports aux autres, au sexe, à l'argent... tout est matière à difficultés.
    C'est drôle et poignant à la fois. J'ai beaucoup ri, mais, souvent, il m'est resté une légère amertume près le rire; c'est vrai qu'en général on ne pense pas à soi en terme de couleur de peau, mais quand la couleur de la peau devient une difficulté, alors c'est ce qui va nous définir, et du coup limiter notre identité.
    J'ai beaucoup aimé ce roman, initiatique et identitaire. Contrairement à beaucoup de roman du genre il est drôle et n'enferme pas trop les personnage dans des carcans identitaires. Et puis j'ai découvert, encore grâce à Babelio, un nouvel écrivain, à la voix légère et ironique.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lagagne, le 24 septembre 2011

    Lagagne
    Encore une excellente lecture grâce au club Babélio!
    Que trouve-t-on dans ce livre? Critique de la société américaine? oui. Quête de l'identité? oui. Dénonciation de la persistance des préjugés raciaux? oui. Références culturelles populaires? oui. Mais surtout : drôlerie? absurde? humour? oui, oui, oui!
    Ce qui m'a le plus marqué dans cette lecture, c'est la découverte des personnages tous plus loufoques et tordus les uns les autres. La mère d'abord. Elle meurt rapidement dans le récit mais est présente tout le long du roman. Son caractère insoumi et rebelle fait merveille. J'ai adoré Ted Turner et ses phrases dont la fin n'a rien à voir avec le début! Il passe du coq à l'âne, sans rien à voir avec le schmilblick! Et Percival Everett alors! Royal en prof du non-sens. Je dois moi même être complètement tordue, car à certains moments je pense avoir compris ce qu'il voulait dire... Docteur? Et le pauvre Pas Sidney au milieu de tout ça... C'est peut-être le plus lucide de tous, débarqué dans un monde de fous : co-détenu, shérif, bonnes soeurs, beaux-parents... Il n'y a que des personnages complètement décalés pour croiser sa route, alors que lui recherche plutôt une vie normale : il veut faire des études, il ne sait pas pourquoi mais cela semble la chose à faire! (tiens ça me rappelle quelque chose...).
    Bref, une lecture captivante et drôle, qu'une fois lancée j'ai eu du mal à lâcher!
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    • Livres 2.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Et les demi-étoiles c'est pour quand ?! Je lui mettrais plutôt 2.5/5, même si au final ça veut toujours dire que je ne suis pas hyper enthousiaste.En vérité, le dernier paragraphe est vraisemblablement ce qu'il y a de meilleur dans le livre. C'est déjà pas mal, sauf que sur 300 pages c'est un peu léger...Le livre est trèèèèès inégal, même si globalement les bons morceaux sont plutôt rares. Rien que le passage entre l'avant-dernier chapitre et le dernier chapitre est mal fichu (et pourtant j'ai très bien compris ce qu'a tenté de formuler l'auteur mais je n'ai pas été convaincue par le procédé - un coup d'avion qui fait passer le héros d'un Etat où les Noirs sont mal vus à un Etat où il est "connu" et donc traité très différemment, mais la transition est pour ainsi dire inexistante).Everett dénonce les préjugés liés à la couleur de peau des individus et donc à tout ce que les Noirs doivent encore supporter aujourd'hui que ce soit le fait des racistes "purs et durs" ou celui des Blancs qui sans être franchement racistes ont, en s'en rendant plus ou moins compte, des comportements témoignant qu'il y a une différence entre eux et "les autres". Everett y ajoute la dimension financière, à savoir que si vous avez de l'argent, on peut s'arranger, bien qu'un Noir vraiment noir ayant de l'argent c'est louche (je résume). Il n'oublie pas d'évoquer ce que j'appellerai le "racisme entre Noirs" à défaut de meilleure formulation, soit la façon de traiter les individus en fonction de la nuance de leur couleur de peau (un Noir café au lait va snober un Noir vraiment noir - ces appellations sont tirées du livre et n'ont rien à voir avec une appréciation personnelle).Sur le fond, ça pourrait être intéressant à défaut d'être révolutionnaire, mais sur la forme ça part dans tous les sens et parfois c'est franchement lourd. Cela dit, j'ai peut-être raté le coche de l'humour et donc tout ce qui m'a paru indigeste était peut-être on ne peut plus spirituel...J'ai ré-emprunté "Effacement" à la biblio. Je ne vais pas le commencer de suite mais je voudrais quand même vérifier si c'est ce livre en particulier qui est mal fichu ou si c'est moi qui suis moins sensible au style d'Everett.
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Citations et extraits

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  • Par stefferon, le 11 avril 2012

    L'examen :
    1- Imaginez un contextualisme radical et formidable, décrivant d'une hypostasie du langage et en anticipant une forme liquéfiée, un langage qui n'existerait que sous sa forme de flux. Comment le locuteur peut il éviter de se laisser happer dans le tourbillon de ce flux de langage dépourvu d'orientation ?
    2- Le "je" est-il mon corps ? Et le rêve, l'image spéculaire ? Quel rapport au noeud borroméen ? En d'autres termes, pourquoi n'y a-t-il pas de symptôme trop grand pour ses caleçons ?
    3- Quel peut bien être le ressenti de qui brûle du feu d'une ardeur missionnaire ? Ne soyez pas timide dans votre réponse.

    Nous nous regardâmes les uns les autres, en proie à des degrés divers de confusion, de panique et de colère. Et, comme des imbéciles, nous nous mîmes au travail. Ou du moins les autres s'y mirent. Après avoir lu et relu les questions 1 et 2, j'écrivis sur ma feuille "Je ne sais pas". A la question 3, je répondis : "Atroce", puis ajouter "Putain".
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  • Par stefferon, le 11 avril 2012

    J'étais donc de mauvaise humeur à l'atterrissage à National Airport mais, comme à l'accoutumée, n'en laissai rien paraître à Maggie. On pourrait dès lors s'interroger sur la fonction qu'occupait dès lors ladite mauvaise humeur, et ma seule réponse est : satisfaire un tourment personnel.
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  • Par alicejo, le 05 septembre 2011

    Comme la plupart des gens, je suis plus intelligent que certains, moins que d'autres, plus maigrichon que la plupart, plus gros qu'un petit nombre, mais plus troublé que moi, ça ne s'est jamais vu.
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  • Par stefferon, le 12 avril 2012

    En sortant de la morgue de fortune, je songeai que, si le corps allongé dans le coffre était Pas Sidney Poitier, alors je n'étais pas Pas Sidney Poitier, ce qui, d'après mon savoir en matière de logique et de double négation, faisait de moi Sidney Poitier. J'étais Sidney Poitier.
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  • Par alicejo, le 14 septembre 2011

    "Percival Everett. Vous n'avez pas écrit un livre qui s'appelle Effacement ?"
    Everett hocha la tête.
    "Ça ne m'a pas plu, dit Ted.
    - A moi non plus. Je n'ai pas aimé l'écriture, et je ne l'ai pas plus aimé quand je l'ai eu fini.
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Videos de Percival Everett

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Vidéo de Percival Everett

Percival Everett itw .
Entretien avec Percival Everett filmé au Publicis Drugstore (Paris 8ème) le 30 septembre 2008. Interview Isabelle Rabineau / Interprète Dominique Chevalier.Vidéo sous-titrée en français :http://www.dailymotion.com/video/x71nz3?subtitle=frArticle sur Percival Everett :http://blog.topolivres.com/blogtopolivres/2015/








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