> Philippe Aronson (Traducteur)
> Jérôme Schmidt (Traducteur)
> Nick Hornby (Préfacier, etc.)

ISBN : 2953366431
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (2011)


Note moyenne : 4.47/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres

Avec mordant et poigne, Exley décrit les profonds échecs de sa vie professionnelle, sociale et sexuelle. Ses tentatives pour trouver sa place dans un monde inflexible le mènent aux quatre coins du pays, mais surtout à l'hôpital psychi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Akeera, le 30 septembre 2011

    Akeera
    Grâce à Babelio et à son opération de Masse Critique, j'ai pu recevoir gratuitement le magnifique roman de Frederick Exley, Le Dernier stade de la soif (Editions Toussaint Louverture). J'avoue que j'ai été particulièrement contente de recevoir celui-ci parmi tous ceux que j'avais souhaités, parce qu'il était justement le seul que j'avais déjà tenu entre les mains et qu'il m'avait laissé un souvenir très profond sans même l'avoir lu!
    Je m'explique: Monsieur Toussaint Louverture est l'un des rares éditeurs à proposer des livres extrêmement soignés à prix abordable (23,50€) , et celui-ci est un excellent exemple. La première fois qu'on voit Le Dernier stade de la soif, on n'a qu'une seule envie avant même de le lire: le toucher, passer ses doigts sur la couverture et sentir tout le soin qui a été mis dans sa conception. Quand nous l'avions reçu dans la librairie où j'ai fait mon apprentissage et que nous l'avions sur table, je ne pouvais pas m'empêcher d'effleurer l'illustration "gravée" dans la couverture et de passer mes doigts sur le résumé à l'arrière quand j'en rajoutais sur la pile.
    Et oui, ça fait un peu psychopathe, mais certains livres sont vraiment de très beaux objets, et celui-ci fait partie des plus beaux que j'ai pu voir pendant ces 2 ans passés en librairie.
    Et l'enchantement s'est poursuivi quand je l'ai reçu dans mon humble demeure...je l'ai ouvert et là j'ai de nouveau été frappée par la qualité du papier et de l'impression, un vrai plaisir!
    J'étais donc déjà toute disposée à en apprécier le contenu...
    Bon, je n'étais pas tout à fait objective au début puisque ma collègue J. m'en avait dit beaucoup de bien ainsi que certains de nos clients mais j'ai pu me faire mon propre avis en me plongeant dedans, et j'avoue ne pas être très originale malheureusement puisque je l'ai beaucoup aimé moi aussi!
    Le style d'Exley est vraiment très agréable à lire, j'ai eu le même sentiment d'être face à un véritable auteur naturellement doué comme lorsque j'ai pu lire Requiem pour un paysan espagnol de Ramon Sender - (Editions Attila), dans un style pourtant très différent! Sûrement comme un numéro d'acrobates parfait, extrêmement difficile à réaliser et pourtant le travail apporté en amont donne l'impression au spectateur qu'il est accompli sans efforts.
    On se laisse absorber par le quotidien torturé et désespéré sans impression de lourdeur malgré la noirceur de l'existence et la chute inéluctable de ce double imaginaire d'Exley. Personnellement j'ai beaucoup apprécié la galerie de personnages très variés qui croisent le chemin de notre anti-héros, et particulièrement les personnages féminins dont chaque description est un délice. Les femmes d'Exley sont charmantes, magnifiquement appétissantes et malheureusement pas toujours à la hauteur de ses espérances. Qu'importe! On se régale à chaque nouvelle apparition, entre caramel et poivre et sel.
    Mais loin d'être un roman d'amour (en tout cas pas entre Exley et ses conquêtes féminines), ce roman parle de la difficulté d'exister aux yeux des autres en tant qu'individu digne d'intérêt, et surtout aux yeux de ceux qu'on aime. de la douleur de réaliser qu'on n'est peut être pas à la hauteur de ses rêves, de dévisager avec horreur son reflet peu flatteur dans le regard des autres et du long chemin du retour lorsqu'on est allé tout au fond du gouffre et de l'auto-destruction.
    Le Dernier stade de la soif baigne dans une douce lumière d'automne malgré la violence du combat que le personnage mène contre lui-même et qui rend ce spectacle supportable pour le lecteur grâce au lâcher prise dont Exley semble faire preuve la plupart du temps, tristement résigné devant ce sombre avenir qu'il connaît déjà dès les premières pages du roman.
    En bref, j'ai beaucoup aimé ce livre, tant au niveau de la forme que du fond et j'en suis très reconnaissante envers son éditeur d'avoir eu l'idée lumineuse de le rendre accessible aux lecteurs francophones, qui plus est dans la plus belle édition qu'il soit!
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 22 octobre 2011

    Sando
    Dans « Le Dernier stade de la soif », Exley revient sur sa jeunesse et nous livre sa perception de l'Amérique des années 50-70. Il dissèque sa vie de galères, de folies et de beuveries. Il confie ses rêves de gloire, ses ambitions démesurées et sa mégalomanie. Autant de fantasmes avortés, brisés par ses pulsions autodestructrices. C'est en abandonnant l'idée d'être un jour reconnu pour son talent qu'Exley nous délivre une œuvre poignante, parfois décousue mais qui lui ressemble.
    Exley a tout du looser sublime à la Bukowski ou à la Burroughs. Son autoportrait est celui d'un homme intelligent, ambitieux, qui se voit déjà acclamé par la critique littéraire mais qui en fait va d'échec en échec, rate tout ce qu'il entreprend et ne parvient pas à aller au bout de ses projets. La conséquence de ce décalage entre ses fantasmes et la réalité de sa vie se traduira par plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, à Avalon Valley, où il sera diagnostiqué comme « paranoïaque schizophrène » ou « schizophrène paranoïaque », au choix. Ces internements ponctueront sa vie durant de nombreuses années, sans pour autant l'aider à soigner ses angoisses ni son alcoolisme. Ils constitueront, au contraire, un refuge face à sa difficulté à s'adapter dans le monde réel. Il nous parle de ses rencontres atypiques et marquantes, des traitements encore expérimentaux des médecins sur les patients (il restera traumatisé par son traitement à l'insuline et aux électrochocs) et de ses remises en question.
    Chaque sortie d'hôpital le replonge dans ses angoisses et ses échecs. Incapable de garder un travail, Exley vivra toujours aux crochets des autres, tel un parasite. Son obsession pour Gifford, joueur de foot talentueux qu'il considère comme son alter ego, sera un leitmotiv tout au long du roman. Mais tandis que le footballeur connait la gloire, Exley se contente de vivre sa réussite par procuration, fantasmant son propre succès.
    Exley a recours à la digression tout au long de son récit. Il passe ainsi en revue toute sa vie : sa relation difficile avec un père estimé de tous, ses échecs avec les femmes, ses ambitions déçues, ou encore son problème avec la boisson. Loin de chercher la compassion du lecteur, il parle de lui-même avec un certain cynisme. Il n'épargne personne dans son livre et n'hésite pas à dénoncer les déviances de la société américaine et à pointer du doigt ses propres défauts (qui sont relativement nombreux !). On le découvre odieux, tourmenté, égocentrique, pathétique, vaniteux et complètement paumé. Au final, ce n'est pas un personnage tellement sympathique aux yeux du lecteur, et pourtant, il y a une réelle envie de connaître toutes les embuches que la vie a réservées à cet être malchanceux. de plus, l'écriture est incisive, directe, parfois brutale et happe le lecteur au sein même du récit. Au final, un texte fort et percutant !
    Je tiens à souligner la qualité d'édition réalisée par Monsieur Toussaint Louverture. C'est le premier livre que je lisais chez cet éditeur et j'ai réellement été séduite par la beauté même du livre en tant qu'objet : couverture cartonnée agréable au toucher, papier de qualité et mise en page du texte aérée et soignée ! Un double plaisir de lecture en somme !
    En tout cas, un grand merci à Babelio et à Monsieur Toussaint Louverture pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir un nouvel auteur, un nouveau roman et un nouvel éditeur !
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 02 septembre 2011

    chocobogirl
    Les Editions Monsieur Toussaint Louverture continuent leur travail d'édition hors-norme en éditant pour la première fois en France, 43 ans après sa parution américaine, le texte de Fréderick Exley, A fan's notes.
    Le Dernier stade de la soif est un étonnant texte d'inspiration autobiographique qui tend vers le roman. Son auteur, alcoolique patenté et inadapté social notoire qui passe de fréquents séjours en hôpitaux psychiatriques, nous narre ses aventures pour le moins aberrantes. Voguant entre bars miteux où il laisse s'épancher sa passion pour le football et un certain joueur nommé Frank Gifford, jobs improbables où il ne fait rien, squats et échouages divers chez des amis, quotidien vissé au canapé maternel, Exley a tout du perdant qui ne trouve pas sa place dans l'Amérique conquérante du XXème siècle.
    Sans suivre la chronologie de sa vie, l'auteur retrace les périodes de sa vie : sa jeunesse auprès d'un père admiré, grand footballeur adulé ; ses années d'étudiant où, rêvant à un avenir littéraire grandiose, il passe plus de temps à deviser avec les amis ; ses premiers emplois décrochés par hasard ou par culot en construisant un faux CV. Puis il sera question de sa douce folie, de son goût immodéré pour l'alcool et les femmes ; de la déroute de son couple avec Patience qui lui donnera 2 jumeaux dont il ne sait que faire ; de ses différents séjours en hôpitaux psychiatriques enfin où il croit trouver l'apaisement sans faire le point sur lui-même.
    Loin d'être une autofiction pourtant, Le Dernier stade de la soif est le parcours romancé d'un homme qui se voit tomber dans tout ce que l'Amérique exècre : une déchéance lucide que son protagoniste lui-même suit et décrit avec ironie. Texte très écrit, emprunt de nombreuses références littéraires et culturelles,nous sommes devant une sorte de confession, de testament littéraire d'un homme qui transforma sa vie chaotique en oeuvre.
    Fils d'un père fort admiré, Exley semble se sentir inférieur à ce père disparu. Il reporte sa personne dans la figure d'un joueur de football qui va désormais représenter tout ce qu'il n'est pas.
    Loser, écrivain raté qui fait semblant de noircir des pages, alcoolique qui réclame à tout le monde de l'argent pour se saouler et oublier ce monde qui lui déplaît tant, Exley est une figure pathétique et désabusé qui provoque la pitié.
    Un homme détestable parfois par son parasitisme, sa vulgarité, son laissez-aller, sa violence raciste et homophobe même. Exley se décrit sans concessions, sans pudeur avec un égoïsme qu'il abandonne parfois pour reconnaître qu'il en fait baver aux siens.
    Le Dernier stade de la soif est finalement le livre de l'échec d'une vie, un échec qui pourtant se transforme bien malgré lui en succès littéraire. N'est-il pas le plus beau pied de nez que l'auteur, mort en 1992 de ses affres passées, pouvait faire à l'Amérique ?
    Contrairement aux apparences, l'ouvrage est loin d'être plombant dans sa narration. L'auteur y introduit beaucoup d'humour, de par le regard un peu cynique qu'il porte sur sa vie et sur ce qui l'entoure de manière générale. Il est bourré de personnages tous plus improbables les uns que les autres et transforme une vie de déchéance en épopée coloré.
    Je conseille néanmoins de ne pas ingurgiter en une fois la somme de cette vie qui, à la longue, finit par devenir un peu lourde.
    Bref, voilà un ouvrage hors-norme, délicat à conseiller, par son étrangeté et son parti-pris extrême que les curieux, les amateurs de bukowski et autres amateur de curiosités littéraires devraient découvrir !
    il est à noter une fois de plus, un remarquable travail d'édition sur l'objet livre lui même avec une magnifique couverture cartonnée( "en carton gris de 400 grammes imprimé en offset, puis durement foulé pour lui donner la vie" ) enrichie d'une illustration très graphique reprenant le visage de l'auteur fabriqué avec le nom de son joueur de football préféré, Gifford.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-le-dernier-stade-de-la..
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    • Livres 5.00/5
    Par kanterror, le 06 décembre 2011

    kanterror
    Sacré livre. Et superbement mis en valeur par l'édition de Monsieur Toussaint Louverture, dont on ne peut que guetter les prochaines sorties au vu de la qualité de celle là. L'histoire d'Exley, avatar de l'auteur on s'en doute, auteur qui nous met pourtant en garde dans un préambule sur les libertés existantes entre sa vie et son œuvre ("Je souhaite qu'on me considère comme un écrivain de fiction"), est une histoire à la fois renversante et touchante. C'est un grand écart permanent : écart entre le manque d'autonomie du narrateur, réduit à un état de nourrisson monstrueux par l'alcool, l'échec, les illusions perdues, la fonction de spectacteur de sa propre vie, et les envolées proprement stupéfiantes de lucidité sur la condition humaine et sur la manière de la sublimer. Au final une grande oeuvre, qui marque. Lue en trois ou quatre fois, j'ai été fasciné de découvrir, à chaque reprise de lecture, qu'il ne fallait pas plus d'une ou deux pages de texte pour y trouver une phrase, une citation bluffante, gorgée de talent.
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    • Livres 4.00/5
    Par Litterature_et_Chocolat, le 16 octobre 2011

    Litterature_et_Chocolat
    Splendeur et décadence de l'Amérique...
    .
    Frederick Exley, c'est tout à la fois Balzac pour l'écriture, Bret Easton Ellis pour le côté déjanté, Frédéric Beigbeder pour l'humour... un chef d'œuvre, me direz-vous? Peut-être...
    .
    Lire Le Dernier stade de la soif, c'est s'enfermer dans un huit-clos avec l'auteur et pénétrer un univers décalé, parfois sombre et glauque, désabusé, mais plein d'humour et d'espérance. On y rencontre toute sorte de personnages décadents, blasés, fatalistes, paumés ou en pleine ascension, qui ont tous un point commun avec le narrateur : des failles et des imperfections qui les rendent attachants. Frederick Exley nous fait aimer ses compagnons de bonne ou mauvaise fortune, bancales et imparfaits.
    .
    On trépigne devant la rare application dont fait preuve le narrateur à rater sa vie, à se mettre dans des situations inextricables, à se détruire. On comprend, on compatit, on sombre avec lui, on prend peur face à la fascinante facilité avec laquelle une vie semble pouvoir basculer du côté obscur.
    .
    [...] Ce qui hisse Le Dernier stade de la soif au-dessus de la mêlée, c'est son antériorité (le livre est paru en 1968) et le style prodigieux que l'auteur manie avec une rare virtuosité. La prose est précise, riche, intense et le vocabulaire est étoffé et très travaillé; les traducteurs (Philippe Aronson et Jérôme Schmidt) ont fait preuve d'un travail remarquable pour restituer ce texte vivant et dense.
    .
    Les cent dernières pages semblent longues, car finalement il ne se passe pas grand chose dans la vie du héros. [...] Outre le fait que l'objet est absolument magnifique, les pages dégageant une douceur sensuelle, il est vivement conseillé de se procurer ce livre et de découvrir ce qui ressemble fort à un chef d'œuvre.
    Un grand merci à Babelio pour l'organisation de son opération Masse critique qui m'a permis de découvrir ce livre, et à l'éditeur Monsieur Toussaint Louverture pour me l'avoir envoyé.

    Lien : http://litteratureetchocolat.wordpress.com/2011/10/16/le-dernier-sta..
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Critiques presse (1)


  • Bibliobs , le 03 août 2011
    Un classique de la littérature américaine publié outre Atlantique en 1968. Il aura donc attendu 43 ans avant de traverser l'Atlantique. [..] le livre de l'été. Il ne vous distraira pas de vous-même. A lire d'une traite. Cul sec.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 16 octobre 2011

    Arrivé à l’asile d’Avallon, Frederick Exley découvre ces visages que la nation cache et enferme, les multirécidivistes des séjours psychiatriques :

    "Ces récidivistes incarnaient la laideur, la décrépitude et la putréfaction. Ils avaient les yeux qui louchaient, des yeux caverneux d’insectes; leurs pieds étaient bots et leurs membres tordus – lorsqu’ils en avaient. Ces gents étaient grotesques. A présent, j’étais persuadé de comprendre : ils n’avaient pas leur place dans l’Amérique d’aujourd’hui. Cette Amérique était ivre de beauté physique. L’Amérique était au régime. L’Amérique faisait du sport. L’Amérique, en effet, élevait au rang de religion son culte du teint frais, des jambes droites, du regard clair et dégagé, et d’une séduction éclatante de santé – un culte féroce et strident."
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  • Par chocobogirl, le 02 septembre 2011

    Ces gens étaient grotesques. A présent, j'étais persuadé de comprendre : ils n'avaient pas leur place dans l'Amérique d'aujourd'hui. Cette Amérique était ivre de beauté physique. L'Amérique était au régime. L'Amérique faisait du sport. L'Amérique, en effet, élevait au rang de religion son culte du teint frais, des jambes droites, du regard clair et dégagé, et d'une séduction éclatante de santé - un culte féroce et strident. (...) Nous rendant la monnaie de leur pièce, ils jouissaient de pouvoir nous rendre hideux à notre tour. Si nous ne faisions pas preuve de l'humanité de base telle que l'Amérique la prônait (...), alors ils nous transfigureraient par la laideur du désespoir, et une fois atteint ce piteux niveau, nous nous rejoindrions et nous unirions à tout jamais.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Sando, le 27 novembre 2011

    C'était certainement ça, le rêve américain: ces joues roses, ces yeux d'un bleu profond, ces larges sourires dépourvus de chaleur et des regards sans gravité, incapables du moindre sentiment, des regards qui ne pouvaient même pas afficher un soupçon de perplexité. Mais ce n'était pas l'Amérique dont je rêvais. Je savais bien que mes prétentions intellectuelles et mes humeurs étaient irrémédiablement sombres, d'une noirceur teintée d'auto-apitoiement. Mais c'était mieux ainsi, car mieux valait vivre en martyr que de se vautrer dans la fange écervelée de ces mannequins en Technicolor.
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    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par chocobogirl, le 02 septembre 2011

    Dans un pays où le mouvement est la plus grande des vertus, où le claquement rapide des talons sur le bitume est érigé en sainte valeur, rester allongé pendant six mois relève du geste grandiose, rebelle et édifiant.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par chocobogirl, le 02 septembre 2011

    Je ne suis pas mêlé à tout cela, ma vie n'est que détachement, ironie et frivolité, ce qui n'est peut-être pas une posture particulièrement noble, mais elle a au moins le mérite de ne pas prétendre savoir ce qui est bien pour autrui.
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