ISBN : 284337474X
Éditeur : Anne Carrière (2007)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Quand elle a épousé le monstre, elle n'avait que vingt-deux ans. Elle admirait sa force, son charme, n'en revenait pas qu'il ait pu la choisir, elle qui n'était pas belle, que personne n'avait jamais remarquée. Quand la police est venue arrêter le monstre, le pays tout ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par beeshop, le 26 avril 2010

    beeshop
    J'ai lu ce livre d'une traite à la fois fascinée et en proie à un profond malaise.
    Ce livre est le plaidoyer d'une femme, La femme du monstre. Elle nous raconte sa vie, elle tente de nous prouver qu'elle est, elle aussi, une victime, elle explique les dilemmes, les ressentis refoulés, la complicité inconsciente pour sauver le « paraitre ».
    Le monstre, son mari est dans le box des accusés. Il est jugé pour le viol et le meurtre d'une adolescente. La femme est sur le banc des témoins. le livre alterne entre moment du procès et moment de souvenir de cette femme.
    Elle raconte cet homme beau, charmeur, ce tombeur qui s'intéresse à elle, elle si transparente, si insignifiante. Cet homme c'est elle qu'il a choisi, c'est elle qui va avoir « l'honneur » de devenir sa femme, la mère de ses deux enfants. Elle se raconte oie blanche arrivant vierge au mariage et n'ayant jamais connu un homme. Elle se raconte, candide, sure que les brutalités sexuelles, les insultes répétés durant l'acte, les humiliations sont normales… c'est un homme après tout son rôle d'épouse est de le contenter.
    Elle raconte cet homme qui réussit professionnellement, qui ramène de l'argent à la maison, qui la fait vivre en petite bourgeoise dans son confort coquet et pour cela elle accepte tout. Cet homme qui l'amène à fréquenter du beau monde, cet homme qui a fait de leur barbecue du dimanche un rendez-vous prisé par leurs amis et connaissances. Cet homme qui renvoi à la société l'image d'une famille idéale et parfaite.
    Cette femme si soumise, parfois à la limite de la beauferie racontant que son modèle de féminité est Claire Chazal, que son émission fétiche est « le plus grand cabaret du monde », que son rôle est d'avoir toujours une part de sauté de lapin au congélateur car c'est le plat préféré de son époux et qui prend garde de ne pas oublier la petite fellation du samedi soir car « il aime tant cela » est une victime effectivement, une victime de son éducation, une victime des apparences mais c'est également une femme qui se pose des questions et qui préfère laisser les réponses enfouies au fond de son inconscient.
    Pourquoi tant de déménagements ?
    Pourquoi son mari rentre t-il le nuit sentant le parfum bas de gamme et l'alcool ?
    Pourquoi entend-elle parler de viol en série partout où ils sont ?
    Pourquoi accepte-t-elle les humiliations de plus en plus fréquentes ? Les disparitions de son mari ?
    Pourquoi doute-elle ?
    Au procès elle est face à un homme qui n'assume rien, une loque qui se dit malade, qui la supplie de l'aider. Et là, elle sort de sa torpeur. Il est victime de violence en prison, elle s'en réjouit; il lui dit l'aimer ainsi que ses enfants, elle leur a dit la vérité sur leur père et il ne les reverra jamais. Elle assiste à la lâcheté de cet homme qui n'a même pas le courage de reconnaitre ses actes.
    Elle va témoigner, elle veut que tout le monde sache qu'elle est aussi une victime même si sa peine ne sera jamais aussi grande que celle des parents de la victime.
    Mais elle ne parlera pas de ses doutes, de ses accusassions. Une victime de viol n'a pas survécu, cela ne change rien. Elle a plusieurs fois fait disparaitre des preuves en lavant des vêtements tachés, elle reste une victime, elle n'avait pas le choix, elle ne savait pas « vraiment ». D'autres seront condamnés pour ces crimes, elle estime qu'ils ont surement autre chose à payer. Dans ce cas comment la considérer comme une victime ?
    Elle n'a commis aucun crime mais elle savait depuis longtemps, elle aurait pu sauver des vies.
    Ce livre est bouleversant car il est facile de ce dire « à sa place j'aurai…. » Mais comment savoir ?
    Je n'arrive pas à la voir comme une victime entière, c'est une victime mais pour moi coupable de s'être tût trop longtemps.
    Le fait que tout au long de ma lecture je pensai à Monique Olivier, la femme de Michel Fourniret, et à Michèle Martin la femme de Marc Dutroux pour ne citer qu'elle a surement influencé mon ressenti.
    Dans son style ce livre est souvent brutal, vulgaire, cela intensifie et rend très réaliste le discours mais m'a parfois dérangé.

    Lien : http://mespetitesidees.wordpress.com/2010/10/03/la-femme-du-monstre-..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 01 avril 2012

    Zazette97
    Publié en 2007, "La femme du monstre" est le premier roman du journaliste français Jacques Expert, également auteur de "La théorie des six" et de " Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils".
    Un samedi matin, Madame Darget ouvre sa porte au brigadier-chef venu interroger son mari à propos de la disparition d'une fillette.
    Deux ans plus tard, Simon Darget comparaît au tribunal pour attentats à la pudeur, viol avec violence, tortures et actes de barbarie et homicide volontaire avec préméditation.
    Sa femme, à présent redevenue Madame Delecourt, raconte le déroulement du procès et témoigne de ce que fut leur vie de couple durant 16 années.
    J'ai reçu ce livre lors d'un passage en librairie alors que la libraire ajoutait à mes achats 2 livres cadeaux choisis au hasard. J'aurais préféré qu'elle me demande mon avis mais en découvrant ce titre à la maison, je me suis dit pourquoi pas !
    Je dois dire que ce livre m'a plutôt déconcertée par rapport à l'idée que je m'en étais fait au départ.
    Alors que je m'attendais à découvrir le récit d'une épouse bouleversée, victime naïve d'un homme à l'abri de tout soupçon, je me suis retrouvée face à une épouse humiliée au quotidien par un mari colérique et cruel mais surtout une femme méchante, raciste, matérialiste et pas forcément droite dans ses bottes, comme si son mari avait réussi à déteindre sur elle.
    Malgré l'autorité et le manque de respect de cet homme dès les premiers jours de leur rencontre, elle lui passe tout par amour, trop contente de s'être attirée les faveurs de cet homme beau et brillant que les autres femmes lui envient tant.
    Pendant toutes ces années, elle s'accrochera à un rêve de famille parfaite, fermant les yeux sur les accès de colère, les absences et les infidélités répétées de son mari, les nombreuses accusations d'harcèlement sexuel qui les forcent à déménager tous les ans, les viols et meurtres perpétrés dans leur région et les preuves formelles à peine dissimulées par son mari.
    On pourrait s'attacher à cette femme et à son aveuglement volontaire sauf que c'est tout le contraire.
    Dans les chapitres consacrés au procès, elle joue l'épouse choquée mais lorsqu'elle détaille sa vie conjugale, c'est une toute autre histoire qui se joue devant nous.
    Madame Delecourt apparaît comme une femme vulgaire sur bien des aspects. Hypocrite, elle participe à des collectes de vêtements envoyés en Afrique mais se plaint que les "nègres" envahissent la France. Futile, elle ne s'intéresse qu'à la décoration et s'attache à mentionner la valeur des objets dans sa maison, ne regarde les infos que pour apercevoir la tenue de Claire Chazal qu'elle admire tant. Elle suit Patrick Sébastien et "Plus belle la vie" mais trouve Ardisson vulgaire.
    Elle se plaint du manque de respect des gens mais par contre les "ferme-la salope" de son mari passent très bien (sa violence aussi, qu'elle n'hésite pas à stimuler quand ça l'arrange)...
    Quant aux victimes, elles n'avaient qu'à pas aguicher son mari avec leurs tenues scandaleuses, qu'elles ne s'étonnent pas après. de toute façon pour cette femme, toutes les autres sont des putes.
    Même lorsqu'elle plaint les parents de la victime au procès, on n'y croit pas. L'ambivalence de son discours trahit très vite un simple souci du qu'en dira-t-on, du moment qu'elle réhabilite son image de femme respectable. Extrême, elle passe de l'amour absolu pour son mari au mépris le plus total, indifférente au sort que lui réserve la prison.
    Cette femme avait toutes les cartes en mains pour pouvoir arrêter son mari mais a choisi de ne rien voir.
    A moins d'avoir connu une situation similaire, je ne pense pas que quiconque puisse comprendre une femme pareille.
    Le style de ce roman n'a rien d'exceptionnel mais colle toutefois parfaitement à la personnalité exécrable de la narratrice dont certains traits caricaturaux hantent régulièrement la rubrique des faits divers comme nous le rappelle d'ailleurs le titre racoleur de ce roman.
    Il semble presque indécent de prétendre avoir aimé ce roman mais je dois reconnaître l'avoir trouvé fort réussi dans son genre tant je me suis insurgée contre le mode de pensée de cette femme.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2012/03/la-femme-du-monstre-jacque..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yv1, le 23 mars 2012

    yv1
    Simon Darget est un homme bien, apprécié de ses collègues, bon vivant, blagueur, boute-en-train, aimé de sa femme et de ses enfants. Un matin, les gendarmes viennent l'arrêter chez lui et l'enferment en prison pour le viol et le meurtre d'une petite voisine, adolescente. Ce roman, très bien chroniqué par Finette qui m'a donné envie de le lire, est en fait le point de vue de son épouse. Elle raconte sa rencontre avec cet homme si beau ; inéspérée pour elle, femme très effacée. Elle raconte aussi le procès de son ex-mari (ils ont divorcé suite à l'emprisonnement de Simon). Ce roman est très dérangeant : on y suit une femme qui sous des dehors de femme soumise et effacée cache les agissements de son mari, qu'elle devine au hasard de ses lectures de journaux (un violeur agit systématiquement dans toutes les villes dans lesquelles ils passent). Lors du procès, elle se pose en victime, femme abusée et faible. Elle n'informera jamais la police de ses doutes quant aux viols et meurtres que perpétue Simon, préférant donner aux autres l'image d'une famille et d'un couple modèles et enviés, sa seule vraie ambition dans la vie. Au fil des pages, on découvre une femme calculatrice, détestable : qui "flique" ses enfants, ne supporte pas ceux des autres, est raciste et ne s'intéresse à rien d'autre qu'à son intérieur. Elle trouve même des circonstances atténuantes à son mari pour le meurtre pour lequel il est accusé (la jeune fille de 14/15 ans est bien sûr dans ce cas, provocante), mais aucune pour avoir brisé son rêve de femme et mère comblée.
    Un livre, je l'ai dit, dérangeant, bien écrit, sans fioriture, sans effet de style -et c'est heureux pour une histoire si lourde. Alors, certes, ce n'est pas drôle, mais parfois la lecture sert aussi à être surpris, dérangé ou choqué pour certains qui pourraient l'être par celle-ci.
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    • Livres 5.00/5
    Par fee-tish, le 13 septembre 2011

    fee-tish
    Après avoir lu La théorie des six de Jacques Expert, j'ai tout de suite saisi l'opportunité de découvrir un autre de ces thrillers. Et là, je dois dire que c'est un coup de coeur. Ce petit livre ne paie pas de mine avec ces 219 pages, mais en même temps, il a l'avantage de ne pas faire peur comme c'est le cas de certains pavés ! Donc, pas d'hésitation, jetez-vous sur ce petit bijoux. Car, quel talent que celui de cet auteur français. Il nous propose encore une fois une approche inédite du tueur en série. Et pour cause, il choisit comme narrateur La femme du monstre.
    L'idée du livre est de savoir si cette femme ; qui se dit victime, qui n'avait rien vu en seize ans de mariage, qui a sa vie détruite ; n'aurait pas pu voir venir la dangerosité de son mari. Madame Darget nous raconte sa vie depuis son mariage, avec parfois des piques de conscience sur la nature de son mari mais très souvent une politique de l'autruche assez tragique. Je dis tragique car que ne ferait-on pas pas amour, lorsque l'on est aussi maléable, lorsque l'on ne veut pas perdre la personne aimée ?
    Cette histoire est particulièrement saisissante, d'autant plus que l'on se pose souvent la question lorsque l'on nous parle d'un tueur en série : "Comment la famille n'a-t-elle pas pu se rendre compte de quelque chose ?". L'auteur ne porte pas un jugement. Il fait s'interroger son lecteur : à certains moments j'ai été terriblement attristée par l'histoire de cette jeune femme, puis à d'autres elle m'a littéralement horripilé ! Comme une envie de la secouer. C'est pourquoi je trouve qu'il s'agit d'un très bon livre : il m'a fait réfléchir, m'a ému et je le recommanderai certainement.
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    • Livres 5.00/5
    Par Plouf_le_loup, le 20 mars 2012

    Plouf_le_loup
    Il y a 16 ans, la narratrice, alors âgée de 22 ans, a épousé le monstre qui aujourd'hui se voit jugé pour un crime épouvantable et atroce. le livre commence par son arrestation, et elle va ensuite nous retracer à la fois le procès et leur histoire, de couple puis de famille, puisqu'ils vont avoir 2 enfants. Rien ou presque ne nous sera épargné de leur intimité trash et grossière, indispensable. Entre les démanagements, les altercations, la grave obsession sexuelle perverse de son époux, etc., pas un soupçon ne semble poindre malgré l'énormité des ignominies petites et grandes... à moins que...

    Jacques Expert construit ici un personnage de narratrice incroyable, cohérent, crédible, d'une humanité criante et révoltante. On est d'abord "de son côté", puis plus du tout, et on se demande si, etc. On la pense naïve, stupide, puis... On se dit qu'elle ne savait pas, forcément, mais... On a un peu pitié de ce qu'elle a subi, mais finalement... et ainsi pour tout, le doute s'intalle, s'insinue, sournois et discret d'abord, ferme et clair ensuite. L'image de couverture du livre, avec cette jolie poupée inquiétante, est particulièrement bien choisie. C'est exactement ça : inquiétant. Pourtant, pas de suspens haletant, pas d'enquête, rien qu'un récit, un simple récit, au rythme uniforme, même pas angoissant. Juste glaçant. Les méandres psychologiques d'une femme de monstre, pas épouse de cet homme-là par hasard, en définitive. Mais méandres psy sans analyse de comptoir, sans prise de tête blablateuse, juste le récit brut, par elle-même. Stupéfiant ! D'une crédibilité sidérante, cette femme on la voit, elle existe, à n'en pas douter ! Et cette crédibilité nous interroge forcément, aussi, nous, parce que cette femme à la fois bien-sous-tout-rapport, abjecte, ignoble, égocentrique, mysogine, raciste et cynique (et j'en passe !), on la comprend aussi parfois dans sa lâcheté, avec ses bassesses et ses perversités, son humanité finalement ; et puis cette espèce de course à la manipulation, son souci des convenances sociales et des apparences, la fascination pour le "mal" et malgré tout une forme de rejet de l'horreur par aveuglement ; et bien malin qui pourrait dire comment il/elle se comporterait dans une telle situation sans l'avoir vécue "pour de vrai"...

    Bref : un livre épatant, il y a très très longtemps que je n'avais pas lu quelque chose de cette qualité, bien écrit, fluide, sans pathos excessif, sans aucun temps mort mais aussi sans action , avec un personnage principal d'une vérité terrible qu'on voit évoluer dans son récit, un sujet original, une concision chirurgicale. Vraiment un excellentissime roman !!
    (extraits sur mon blog)

    Lien : http://ploufetreplouf.over-blog.com/article-la-femme-du-monstre-de-j..
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 01 avril 2012

    Ah ! ces derniers mots ! Je les ai si bien travaillés ces dernières semaines, tant répétés, que je les prononce sans rien oublier. C'est ainsi que je mets fin à deux heures et demie environ d'interrogatoire (cette fois, bêtement, j'ai oublié de mettre en route la trotteuse de ma montre pour avoir un minutage précis) parfois tendu, souvent émouvant à évoquer nos seize années de vie commune.
    J'ai beaucoup pleuré mais, pour ces mots finals, je n'ai plus de larmes, ni même l'envie d'en verser.
    Je termine avec le sentiment presque jouissif d'avoir conquis la salle. J'ai déjà hâte d'être à ce soir pour voir le compte rendu du procès dans le journal de PPDA.
    Je ne doute pas que mon témoignage si puissant y sera relaté comme l''événement de la journée, à l'inverse de ce pauvre Simon qui a été pitoyable une fois de plus.
    J'en viendrais presque à me demander comment j'ai pu être mariée à un pareil minable.
    Les journalistes auront sans doute noté qu'il a à peine osé relever la tête et qu'il a répondu aux rares questions par de pathétiques mono-syllabes. p.103
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  • Par Plouf_le_loup, le 20 mars 2012

    Je savais bien que ce n'était pas vrai. Simon s'était longuement absenté en ce milieu d'après-midi. J'aurais aussi pu dire au juge que nous ne faisions plus l'amour depuis longtemps. Que j'avais bien remarqué les petites traînées de sang quand il m'avait donné sa chemise canadienne à laver. Mais que ce n'était pas le jour de la couleur, et que j'avais laissé la chemise au fond du panier.
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