" Je ne me suis pas toujours appelé du nom que je porte, et c'est comme si j'avais vécu une autre fois. C'est comme si j'avais été un autre. Mais de cet autre, je n'ai aucun souvenir. Rien qui puisse se dire tel, plu-tôt les ombres floues des réminiscences où s'évanouis... > voir plus
Jean-Louis Ezine excellent journaliste et chroniqueur nous dévoile le secret de son existence avec ce magnifique récit d'un homme qui s'est longtemps réfugié dans la solitude. Avec un beau-père alcoolique et violent qui obtint que Jean-Louis devienne Ezine lui qui portait le nom de sa mère (Bunel). Cet homme leur fera vivre un enfer et l'enfant qu'il était, ne lui adressera plus jamais la parole. Lui qu'on enverra en pension sans donner la moindre nouvelles. Mais Ezine ne courbe pas l'échine et tente de retrouver les traces de ce géniteur tant fantasmé, mais même ce moment se soldera par un drame.
On peut se demander comment Ezine à réussi à rester debout avec de tels fantômes, car cette recherche de l'origine est marqué à jamais par le signe du malheur. Un livre remarquablement écrit, poignant et juste.
Jean-Louis Ezine ne s'est pas toujours appelé ainsi. Auparavant, son nom était Jean-Louis Bunel. Auparavant,il était un petit garçon heureux.
Au nom de ce passé, Ezine part à la recherche de son père.
Sa mère, bribe par bribe, lui délivre des témoignages de l'existence de ce père fantasmé, idéalisé : une photo, une casque d'aviateur, une chemise...
Ses découvertes seront stupéfiantes. Ecrit dans une belle langue, ce livre parle de la douleur de l'absence, de la douleur du silence...
C'est aussi une promenade nostalgique dans le pays d'Auge Normand.
Ce triptyque est éminemment touchant : l'écriture, superbe, poétique, saisit le lecteur dès l'incipit et l'invite à accompagner le petit Jean-Louis dans sa recherche de l'enfant ayant un père qu'il a été durant ses toutes premières années. Au récit autobiographique se mêle une réflexion sur le secret de famille, sur l'importance de l'origine, sur le mystère et ses implications.
Bien qu'ayant eu un peu de mal à me repérer parmi les personnages dans la troisième partie, j'ai été très émue par ce récit et j'ai ressenti la fébrilité de l'enfant découvrant derrière son rideau une relique déposée là par sa mère et racontant son père ; j'ai partagé l'impatience mêlée d'inquiétude de l'homme allant sonner chez une inconnue partageant avec lui une partie de ses gênes ; j'ai été saisie comme lui par cette frappante répétition d'un même mystère par-delà les générations.
Ecrivain, journaliste et chroniqueur radio, Jean-Louis Ezine livre le secret de son existence dans Les Taiseux, un récit autobiographique bouleversant, qui a été récompensé en 2010 par le prix Maurice Genevoix. Dans un texte qui s'articule en trois temps, l'écrivain nous livre les grandes étapes qui ont marqué son cheminement personnel pour reconstituer le puzzle de ses origines et accéder tant bien que mal à la vérité. Commencée dès l'enfance, l'enquête de Jean-Louis Ezine se heurte d'abord au silence de la mère, une taiseuse, comme on les appelle en Normandie. Pourtant, dès cette époque, les indices ne manquent pas et c'est à l'occasion d'une conversation surprise entre ses grands-parents qu'il apprend enfin ...
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Je ne me suis pas toujours appelé du nom que je porte, et c'est comme si j'avais vécu une autre fois. C'est comme si j'avais été un autre. Mais de cet autre, je n'ai aucun souvenir. Rien qui puisse se dire tel, plutôt les ombres floues des réminiscences où s'évanouissent, aux limites de la mémoire, les ultimes rayons d'un monde éteint. J'étais trop jeune pour les souvenirs, quand j'ai cessé d'être lui. Et cependant il a toujours occupé ma pensée, toute ma pensée. Il ne m'arrive rien d'important, ou de misérable, ou de triste ou d'heureux que je n'aie le sentiment étrange de recevoir par délégation. Nous sommes pourtant très différents, lui et moi. Pour commencer, lui avait un père, tandis que moi, je n'ai eu que le manque.
Je ne me suis pas toujours appelé du nom que je porte, et c’est comme si j’avais vécu une autre fois. C’est comme si j’avais été un autre. Mais de cet autre, je n’ai aucun souvenir. Rien qui puisse se dire tel, plutôt les ombres floues des réminiscences ou s’évanouissent, aux limites de la mémoire, les ultimes rayons d’un monde éteint. J’étais trop jeune pour les souvenirs, quand j’ai cessé d’être lui. Et cependant il a toujours occupé ma pensée, toute ma pensée. Il ne m’arrive rien d’important, ou de misérable, ou de triste ou d’heureux que je n’aie le sentiment étrange de recevoir par délégation. Nous sommes pourtant très différents, lui et moi. Pour commencer, lui avait un père, tandis que moi, je n’ai eu que le manque. Tout, depuis toujours, a gravité autour de ce trou noir.
Je me heurte tous les jours au fantôme de celui que je fus quand je portais un autre nom.