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> Anne Plantagenet (Traducteur)

ISBN : 2221107810
Éditeur : Robert Laffont (2008)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 155 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Fresque historique d une qualité rare,
La Cathédrale de la mer, véritable phénomène éditorial, est enfin publié en France.

Au cour de la Barcelone médiévale, de la Grande Peste à l Inquisition, Arnau, jeune paysan, endure les pires tourments et hum... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Ode, le 17 août 2012

    Ode
    Epoustouflant ! Si vous commencez La Cathédrale de la Mer, ne prévoyez rien d'important dans les jours qui suivent... Il y a fort à parier que vous ne pourrez pas lâcher ce roman avant la fin. Ce fut le cas pour moi et j'ai passé quelques jours intenses à Barcelone, au XIVe siècle.
    À première vue, La Cathédrale de la Mer ressemble à une version catalane des Piliers de la terre. Comme dans la fresque de Ken Follett, on y suit la construction d'une cathédrale, Santa Maria del Mar, ainsi que les aventures tragiques de gens du peuple, le serf Bernat Estanyol et son fils Arnau, malmenés par une noblesse à la cruauté implacable. Citons Llhorrenç de Bellera qui utilise son droit féodal pour violer la jeune épouse de Bernat le jour de ses noces, ou Isabel et Grau Puig (oncle par alliance d'Arnau) qui exploitent Arnau et son père sous prétexte de les aider...
    Mais bien vite, il se dégage de l'aventure créée par Ildefonso Falcones une identité et un charme propres, liés aux lieux et à la progression du récit. 
    Barcelone, avec son port (en réalité une plage), ses "barrios" populaires, son quartier juif de Montjuïc et tous ses habitants.... constitue un personnage à part entière. À la suite d'Arnau et de son frère de misère, Joanet, j'ai vraiment eu l'impression de me promener dans cette ville, dont l'histoire (tirée de la crónica du roi Pierre IV) et la topographie sont extrêmement bien documentées par l'auteur.
    Quant au récit, il est structuré de manière à montrer le maximum d'éléments sur cette époque, tout en entretenant l'intérêt croissant du lecteur. Les deux premières parties, "Serfs de la terre" et "Serfs de la noblesse" ont les attributs d'un roman picaresque - si ce n'est l'utilisation d'un narrateur omniscient. À partir des mésaventures de Bernat et d'Arnau, on découvre avec effroi l'arbitraire des mauvais usages en place dans les domaines seigneuriaux, ainsi que les conditions de vie particulièrement difficiles du petit peuple. Et avec Arnau, l'on s'attache à cette confrérie des "bastaixos", qui déchargent les bateaux et, sur leur temps libre, portent les pierres destinées à "leur" cathédrale.
    Les deux dernières parties, "Serfs de la passion" et "Serfs du destin", s'animent d'un souffle épique. Tandis que Joan choisit l'habit religieux, Arnau se marie puis part à la guerre où son courage lui attire les honneurs. Là commence son ascension. Elle se poursuivra à la faveur de la rencontre d'un Juif sage et fortuné, qui le lancera dans le métier de cambiste, jusqu'à amasser une fortune considérable. Mais une telle réussite suscite bien des jalousies et des trahisons...
    Difficile de ne pas se prendre d'affection pour Arnau : son courage, son honnêteté, sa fidélité à ses idéaux en font le frère ou l'ami que l'on aimerait avoir. le destin des deux frères offre aussi une habile leçon de vie. Marqué par les injustices subies dans son enfance, Arnau emploiera son pouvoir et son argent pour aider les plus faibles et réformer les mauvais usages. Tandis que Joan, devenu inquisiteur, n'aura pas ce recul et se contentera de perpétuer l'arbitraire et l'infamie.
    Et en toile de fond, l'on suit, étape par étape jusqu'à son inauguration en 1384, l'édification de la cathédrale Santa Maria del Mar, montrant qu'une vie humaine suffit à peine à voir l'achèvement d'un tel chef d'œuvre. Les 800 petites pages de celui-ci paraissent bien légères à côté !
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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 02 avril 2012

    Aline1102
    Bernat Estanyol a fui sa condition de serf afin de sauver la vie de son jeune fils, Arnau. Ils trouvent refuge à Barcelone, chez la soeur de Bernat, mais le mari de celle-ci, Grau Puig, se révèle insensible à la misère du père et du fils.
    Pendant que son père travaille chez Grau, Arnau grandit et se lie d'amitié avec Joan, enfant illégitime rejeté par son père. Les deux garçons commencent à explorer la cité.
    Durant leurs courses dans la ville, les deux enfants se retrouvent sur le chantier de la Cathédrale de la Vierge de la Mer. Cette Vierge devient la protectrice d'Arnau. Lui et Joan se lient d'amitié avec les bastaixos, les hommes amenant les pierres nécessaires à la construction de l'édifice.

    "La Catedral del Mar" (son titre original, en espagnol) est un roman très prenant, mais également émouvant.
    Le destin des serfs dont il est question dans les premières pages du roman est particulièrement injuste et décrit par un Falcones qui ne minimise pas le drame de cette existence dont la valeur n'est reconnue que comme main d'oeuvre bon marché.
    Et même si Bernat dépeint son arrivée à Barcelone comme une libération, on a du mal à ressentir un enthousiasme équivalent au sien. Loin de s'améliorer, sa situation et celle de son fils sont aussi dramatiques qu'avant, sauf que, cette fois-ci, ils sont exploités par leur propre famille...
    "La Catedral del Mar", c'est aussi le récit de la construction d'une cathédrale, avec tous les sacrifices qu'une oeuvre aussi grandiose réclame en argent, en temps et, encore une fois, en main d'oeuvre humaine. Arnau, le fils de Bernat, restera toute sa vie attaché à cette Cathédrale bâtie avec son sang et sa sueur.
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    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 08 juin 2011

    joedi
    Merveilleux roman . En fait, j'ai envie de mettre "roman" au pluriel. Nous sommes au XIVe siècle, l'histoire débute par un mariage, ce jour devrait être le plus beau pour les mariés mais il vire au cauchemar quand le seigneur des terres use de son droit à violer la mariée le jour des noces. Plus tard, après la naissance de son fils, Arnau, Bernat prendra la fuite et, c'est à Barcelone que débute leur vie. "Romans" au pluriel, car la vie d'Arnau est une succession d'aventures, riche en émotions, riche en couleurs. Pendant tout le récit, la construction de La Cathédrale de la Mer est omniprésente. L'auteur qui a mis dix années à l'écriture de ce livre, termine par des notes qui révèlent la part de fiction mais surtout les faits historiques révélés dans le roman. Un chef d'oeuvre à lire !
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    • Livres 5.00/5
    Par Marple, le 11 mai 2012

    Marple
    Pourquoi certains livres nous emportent-ils complètement, alors que d'autres, en apparence similaires, ne font que nous distraire ?
    Cela tient probablement à des personnages bien choisis et bien brossés, à un style qui nous parle plus, et au souffle que l'auteur parvient à mettre dans le récit. À mes yeux, 'La Cathédrale de la Mer' rassemble tous ces éléments, et bien d'autres encore ! de fait, cette grande fresque barcelonaise se distingue des nombreux romans historiques que j'ai lus ces derniers temps. Séduite, je la classerais dans mon top 3 du genre, aux côtés des Trois mousquetaires et du Clan des Otori, donc devant Ken Follett et autres Médecins d'Ispahan.
    J'ai adoré la peinture de la Barcelone du XIV siècle : les bastaixos, la 'via fora' et l'host, les 'usatges'... Avec une plume poétique et plein de termes espagnols chantants, l'auteur nous montre toute l'injustice de la vie des serfs, des juifs et des femmes, mais aussi les batailles, les mariages forces, les filles de joie, l'Inquisition et la Peste noire... On peut en plus démêler le vrai du faux dans les références historiques grâce aux quelques pages de notes glissées à la fin par l'auteur.
    J'ai aussi adoré l'histoire d'Arnau Estanyol. Je ne sais pas exactement quelle était l'espérance de vie à cette époque, mais une vie aussi longue et remplie que la sienne me paraît bien improbable, surtout avec le mauvais départ qu'il avait pris... C'est peut-être d'ailleurs justement ce qui la rend certainement si forte et passionnante ! Paysan, fugitif, palefrenier, bastaix, gambiste, consul, survivant de la peste et de la sainte inquisition, marié 3 fois, ami des Juifs et d'un esclave maure, entouré de sa grande vraie/fausse famille (frère choisi, mère inconnue, fille adoptive, cousins vindicatifs...), Arnau vit mille et un destins, pour notre plus grand plaisir !
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    • Livres 5.00/5
    Par Sara2a, le 24 novembre 2012

    Sara2a
    Barcelone, XIV siècle, Ildefonso Falcones m'y a emmenée en me susurrant une histoire avec un vocabulaire riche et un accent de sincérité. Une histoire passionnante, intrigante, celle d'Arnau Estanyol, fils d'un paysan en fuite qui trouve refuge dans la ville de Barcelone.
    C'est une histoire que me raconte l'auteur d'accord, mais les personnages nés de sa plume que l'on découvre au fil des pages et qu'on voit évoluer sont si terriblement humains, qu'on s'y attache, on voudrait parfois leur tendre la main, pleurer avec eux, rire de leur bonheur . L'auteur ne leur épargne rien, en fait-il de trop? Sans doute mais on se laisse prendre au jeu.
    Barcelone la Grande ; Barcelone la puissante ; Barcelone passionnée. Ce peuple catalan qui lutte page après page contre les attaques extérieures, les aléas de la vie. Barcelone qui construit son autonomie et son identité si spéciale, bien des siècles plus tard on ne peut que constater que cette union continue à faire sa force, pour grandir et perdurer. Pour maintenir ce titre de grande province autonome qui crie haut et fort son identité à part entière.
    D'un point de vue historique ce roman est un immense puit d'informations, tout y est très justement rapporté : l'histoire de l'Espagne, de l'inquisition, de la condition des femmes, des paysans, artisans et commerçants, la condition des juifs et leur perpétuelle persécution. Idelfonso Falcones raconte intelligemment l'Histoire .
    On y suit également de près la construction de La Cathédrale de la Mer, cette cathédrale érigée par le peuple pour le peuple, symbole de l'union des catalans et de la foi Chrétienne. Cet élément rappellera indubitablement « Les piliers de la terre » de Ken Follet, les deux romans se valent sur certains points mais ma préférence va pour « La Cathédrale de la Mer » que j'ai trouvé plus passionnée, moins larmoyante et d'une richesse historique très dense.
    Un incontournable pour les amoureux de l'Histoire, de Barcelone et des belles histoires
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Citations et extraits

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  • Par Ode, le 11 août 2012

    Après un mois d'angoisse, la peste arriva à Barcelone.
    La première victime fut un calfat qui travaillait aux arsenaux. Les médecins qui se rendirent auprès de lui purent seulement constater ce qu'ils savaient par les livres et les traités.
    - Ils ont la taille de petites mandarines, fit observer l'un en montrant les gros bubons que l'homme avait dans le cou.
    - Noirs, durs et chauds, ajouta un autre après les avoir touchés.
    - Serviettes d'eau froide pour la fièvre.
    - Nous devrions le saigner pour faire disparaître les hémorragies autour des bubons.
    - Il faut inciser les bubons, conseilla un troisième.
    Les autres médecins regardèrent celui qui venait de parler.
    - Les livres disent qu'ils ne s'incisent pas.
    - Après tout, ce n'est qu'un calfat. Vérifions ses aisselles et l'aine.
    Là aussi, de gros bubons noirs, durs et chauds, avaient surgi. Dans des hurlements de douleur, le malade fut saigné et le peu de vie qui lui restait s'échappa des incisions que les médecins avaient pratiquées sur son corps.
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  • Par Dionysos89, le 29 mars 2012

    La ville s'étendait à leurs pieds.
    - Regarde, Arnau, dit Bernat à son petit qui dormait paisiblement contre sa poitrine. Barcelone. Ici, nous serons livres.
    Depuis leur fuite, Bernat n'avait cessé de penser à la capitale catalane, espérance de tous les serfs. Quand ils étaient obligés de travailler les terres du seigneur, de réparer les remparts du château ou d'accomplir n'importe quelle tâche pour Llhorenç de Bellera, les paysans ne parlaient que de cela, en prenant garde de ne pas être entendus par l'alguazil ou les soldats. Mais leurs conciliabules n'éveillaient chez Bernat qu'une simple curiosité. Il était heureux sur ses terres et n'aurait jamais abandonné son père. Et comme il n'aurait pas pu fuir avec lui... Cependant, depuis qu'il avait tout perdu, les paroles qu'il avait souvent écoutées distraitement lui étaient revenues puissamment en mémoire quand, la nuit, à l'intérieur de la grotte des Estanyol, il regardait son fils dormir.
    « Si on réussit à vivre à Barcelone un an et un jour sans être arrêté, se souvenait-il d'avoir entendu une fois, on acquiert un certificat de résidence et on obtient la liberté. » Tous les serfs avaient gardé le silence. Certains avaient les yeux fermés et les lèvres pincées, ou bien hochaient la tête, d'autres encore souriaient en regardant le ciel.
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  • Par Ode, le 08 août 2012

    Le port de Barcelone n'était pas préparé au débarquement de grands personnages, qui n'allaient pas, comme les marchands, faire leur entrée dans les humbles esquifs des bateliers pour ne pas mouiller leurs vêtements. C'est pourquoi, quand une personnalité accostait à Barcelone, les bateliers serraient leurs petites barques les unes contre les autres, de la rive jusqu'à la haute mer, et construisaient au-dessus un pont pour que rois et princes accèdent à la plage de Barcelone avec les égards dus à leur rang.
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  • Par Ode, le 13 août 2012

    - "Inquisition" signifie "recherche". L'inquisiteur doit traquer l'hérésie, le péché. Même en cas de dénonciations, le procès ne se fonde pas exclusivement sur elles. Si le présumé coupable n'avoue pas, il faut lui arracher la vérité qu'il cache.
    - De quelle manière ?
    Joan ferma les yeux avant de répondre.
    - Si tu fais allusion à la torture, en effet, c'est une des méthodes employées.
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  • Par joedi, le 05 juin 2011

    Regarde bien : les vitraux orientés au soleil sont de couleurs vives, rouge, jaune et vert, afin de tirer profit de la puissante lumière de la Méditérranée ; les autres sont blancs ou bleus. Et toutes les heures, à mesure que le soleil avance dans le ciel, le temple change de couleur et les pierres reflètent l'une ou l'autre teinte. Comme le maître avait raison ! C'est comme si une nouvelle église apparaissait chaque jour, chaque heure, comme si un nouveau temple naissait en permanence car, à l'inverse des pierres, le soleil est vivant et chaque jour différent. On ne voit jamais les mêmes reflets.
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