Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Anne Plantagenet (Traducteur)

ISBN : 2221107810
Éditeur : Robert Laffont (2008)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 334 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Fresque historique d une qualité rare,
La Cathédrale de la mer, véritable phénomène éditorial, est enfin publié en France.

Au cour de la Barcelone médiévale, de la Grande Peste à l Inquisition, Arnau, jeune paysan, endure les pires tourments et hum... > Voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (64)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Ode, le 17 août 2012

    Ode
    Epoustouflant ! Si vous commencez la Cathédrale de la Mer, ne prévoyez rien d'important dans les jours qui suivent... Il y a fort à parier que vous ne pourrez pas lâcher ce roman avant la fin. Ce fut le cas pour moi et j'ai passé quelques jours intenses à Barcelone, au XIVe siècle.
    À première vue, la Cathédrale de la Mer ressemble à une version catalane des Piliers de la terre. Comme dans la fresque de Ken Follett, on y suit la construction d'une cathédrale, Santa Maria del Mar, ainsi que les aventures tragiques de gens du peuple, le serf Bernat Estanyol et son fils Arnau, malmenés par une noblesse à la cruauté implacable. Citons Llhorrenç de Bellera qui utilise son droit féodal pour violer la jeune épouse de Bernat le jour de ses noces, ou Isabel et Grau Puig (oncle par alliance d'Arnau) qui exploitent Arnau et son père sous prétexte de les aider...
    Mais bien vite, il se dégage de l'aventure créée par Ildefonso Falcones une identité et un charme propres, liés aux lieux et à la progression du récit. 
    Barcelone, avec son port (en réalité une plage), ses "barrios" populaires, son quartier juif de Montjuïc et tous ses habitants.... constitue un personnage à part entière. À la suite d'Arnau et de son frère de misère, Joanet, j'ai vraiment eu l'impression de me promener dans cette ville, dont l'histoire (tirée de la crónica du roi Pierre IV) et la topographie sont extrêmement bien documentées par l'auteur.
    Quant au récit, il est structuré de manière à montrer le maximum d'éléments sur cette époque, tout en entretenant l'intérêt croissant du lecteur. Les deux premières parties, "Serfs de la terre" et "Serfs de la noblesse" ont les attributs d'un roman picaresque - si ce n'est l'utilisation d'un narrateur omniscient. À partir des mésaventures de Bernat et d'Arnau, on découvre avec effroi l'arbitraire des mauvais usages en place dans les domaines seigneuriaux, ainsi que les conditions de vie particulièrement difficiles du petit peuple. Et avec Arnau, l'on s'attache à cette confrérie des "bastaixos", qui déchargent les bateaux et, sur leur temps libre, portent les pierres destinées à "leur" cathédrale.
    Les deux dernières parties, "Serfs de la passion" et "Serfs du destin", s'animent d'un souffle épique. Tandis que Joan choisit l'habit religieux, Arnau se marie puis part à la guerre où son courage lui attire les honneurs. Là commence son ascension. Elle se poursuivra à la faveur de la rencontre d'un Juif sage et fortuné, qui le lancera dans le métier de cambiste, jusqu'à amasser une fortune considérable. Mais une telle réussite suscite bien des jalousies et des trahisons...
    Difficile de ne pas se prendre d'affection pour Arnau : son courage, son honnêteté, sa fidélité à ses idéaux en font le frère ou l'ami que l'on aimerait avoir. le destin des deux frères offre aussi une habile leçon de vie. Marqué par les injustices subies dans son enfance, Arnau emploiera son pouvoir et son argent pour aider les plus faibles et réformer les mauvais usages. Tandis que Joan, devenu inquisiteur, n'aura pas ce recul et se contentera de perpétuer l'arbitraire et l'infamie.
    Et en toile de fond, l'on suit, étape par étape jusqu'à son inauguration en 1384, l'édification de la cathédrale Santa Maria del Mar, montrant qu'une vie humaine suffit à peine à voir l'achèvement d'un tel chef d'oeuvre. Les 800 petites pages de celui-ci paraissent bien légères à côté !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          3 41         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par gouelan, le 16 avril 2015

    gouelan
    La cathédrale de la mer est un roman historique qui se déroule au XIV è siècle à Barcelone.
    Aranu Estanyol est le fils d'un paysan serf qui a fui sa ferme, poursuivi par la tyrannie d'un seigneur.
    En ce temps-là, les paysans esclaves des nobles étaient soumis aux coutumes connues sous le nom de mauvais usages , permettant aux seigneurs d'hériter en partie ou en totalité d'une partie des biens de leurs vassaux, mais aussi le droit de jouir d'une mariée lors de sa nuit de noces, et de bien d'autres encore, faisant ployer les paysans sous le travail, la pauvreté , la soumission totale.
    La vie à Barcelone est prospère pour les riches commerçants, les nobles et le clergé jouissant de tous les droits. Ils s'entendent à merveille pour manipuler les petites gens. Ils sont des marionnettes entre leurs mains, soumis à leurs esprits cupides et vils.
    L'inquisition fait des ravages. Ceux qui tombent entre ses mains n'ont aucun moyen de se défendre. Les procès contre les hérétiques sont impitoyables.
    Les juifs sont haïs et accusés à tort de profanation d'hostie ou de sacrifices d'enfants chrétiens.
    La position des femmes est peu enviable à cette époque. Séquestrées, battues, violées, mariées de force, rien ne leur est épargné.
    Arnau Estanyol va peu à peu quitter sa vie misérable et acquérir de la richesse et du pouvoir qui lui permettront de lutter contre toutes ces injustices. Mais cette ascension sera entravée par cette noblesse qui n'est pas prête à abandonner ses privilèges et ne reconnaîtra jamais en Arnau, ce paysan serf et fugitif, leur égal. Il soulèvera les foules, réveillera la colère qui sommeille dans le coeur de ses ventres affamés. Il leur donnera la soif de la liberté.
    Il travaillera aux côtés des humbles bastaixos, transportant de lourdes pierres pour l'édification de la cathédrale Santa Maria. La Vierge Marie est pour lui l'image de sa mère, il y puisera sa force. Elle le guidera tout au long de sa vie.
    Amour, amitié, désespoir, trahisons, complots, vengeances, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman une lecture captivante nous transportant au temps de Pierre IV, dans une Barcelone qui se soulève à l'appel à « l'host » et au cri de « Via fora ».

    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 38         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par bilodoh, le 13 février 2014

    bilodoh
    Il est des lieux qui nous charment et où une partie de notre coeur demeure captif. Barcelone est de ceux-là et c'est un plaisir de s'y retrouver dans « La cathédrale de la mer »
    Barcelone, c'est l'Espagne, ou plutôt la Catalogne… Barcelone, c'est la mer et presque la montagne, c'est la ville Olympique moderne et c'est la promenade sur la Rambla et dans le barri Gòtic. C'est aussi l'architecture de Gaudi, mais plusieurs siècles avant ce bâtisseur qui a imaginé la célèbre Sagrada familià, on a construit une autre cathédrale grâce aux dons des fidèles. (En passant, la Sagrada familià, encore en construction après plus de cent ans, c'est vraiment quelque chose d'impensable pour un Nord-Américain!)
    La Cadetral del Mar est donc un pivot autour duquel tournera l'histoire de la ville au 14e siècle, avec des personnages au destin tragique comme la pauvre Francesca victime du droit de cuissage du seigneur, mais aussi des personnalités fortes et résilientes, de fiers Catalans qui vont aimer, survivre et prospérer malgré les dangers de la peste, de l'Inquisition et de la guerre.
    Une grande fresque bien documentée et bien écrite, qui ravira les amateurs de sagas médiévales et les amoureux de Barcelone.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 41         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Moan, le 24 février 2015

    Moan
    1320, Bernat Estanyol a tout prévu pour une superbe fête pour son mariage avec Francesca. C'est sans compter sur le seigneur de Navarcles qui vient réclamer son dû et cherchera à s'emparer de ses terres.
    Bernat s'enfuira avec son fils Arnau à Barcelone où se construit Santa Maria del Mar, la Cathédrale de la mer.
    Arnau fasciné par cet édifice participe à sa construction et portera toujours un amour sans mesure pour Santa Maria qui sera témoin de son ascension dans un monde où personne n'est à l'abri de la Grande Peste, de la Sainte Inquisition.
    J'ai bien aimé ce livre qui m'a fait pensé aux Piliers de la Terre. Ses 820 pages se lisent avec plaisir: celui de découvrir la construction de cathédrale, la vie terrible des paysans sans droits, l'Inquisition et celui de déambuler dans Barcelone comme dans l'Ombre du vent!
    Il ne me reste plus qu'à aller voir cette cathédrale !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 37         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Marple, le 11 mai 2012

    Marple
    Pourquoi certains livres nous emportent-ils complètement, alors que d'autres, en apparence similaires, ne font que nous distraire ?
    Cela tient probablement à des personnages bien choisis et bien brossés, à un style qui nous parle plus, et au souffle que l'auteur parvient à mettre dans le récit. À mes yeux, 'La cathédrale de la mer' rassemble tous ces éléments, et bien d'autres encore ! de fait, cette grande fresque barcelonaise se distingue des nombreux romans historiques que j'ai lus ces derniers temps. Séduite, je la classerais dans mon top 3 du genre, aux côtés des Trois mousquetaires et du Clan des Otori, donc devant Ken Follett et autres Médecins d'Ispahan.
    J'ai adoré la peinture de la Barcelone du XIV siècle : les bastaixos, la 'via fora' et l'host, les 'usatges'... Avec une plume poétique et plein de termes espagnols chantants, l'auteur nous montre toute l'injustice de la vie des serfs, des juifs et des femmes, mais aussi les batailles, les mariages forces, les filles de joie, l'Inquisition et la Peste noire... On peut en plus démêler le vrai du faux dans les références historiques grâce aux quelques pages de notes glissées à la fin par l'auteur.
    J'ai aussi adoré l'histoire d'Arnau Estanyol. Je ne sais pas exactement quelle était l'espérance de vie à cette époque, mais une vie aussi longue et remplie que la sienne me paraît bien improbable, surtout avec le mauvais départ qu'il avait pris... C'est peut-être d'ailleurs justement ce qui la rend si forte et passionnante ! Paysan, fugitif, palefrenier, bastaix, gambiste, consul, survivant de la peste et de la sainte inquisition, marié 3 fois, ami des Juifs et d'un esclave maure, entouré de sa grande vraie/fausse famille (frère choisi, mère inconnue, fille adoptive, cousins vindicatifs...), Arnau vit mille et un destins, pour notre plus grand plaisir !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          2 24         Page de la critique

> voir toutes (32)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Ode, le 11 août 2012

    Après un mois d'angoisse, la peste arriva à Barcelone.
    La première victime fut un calfat qui travaillait aux arsenaux. Les médecins qui se rendirent auprès de lui purent seulement constater ce qu'ils savaient par les livres et les traités.
    - Ils ont la taille de petites mandarines, fit observer l'un en montrant les gros bubons que l'homme avait dans le cou.
    - Noirs, durs et chauds, ajouta un autre après les avoir touchés.
    - Serviettes d'eau froide pour la fièvre.
    - Nous devrions le saigner pour faire disparaître les hémorragies autour des bubons.
    - Il faut inciser les bubons, conseilla un troisième.
    Les autres médecins regardèrent celui qui venait de parler.
    - Les livres disent qu'ils ne s'incisent pas.
    - Après tout, ce n'est qu'un calfat. Vérifions ses aisselles et l'aine.
    Là aussi, de gros bubons noirs, durs et chauds, avaient surgi. Dans des hurlements de douleur, le malade fut saigné et le peu de vie qui lui restait s'échappa des incisions que les médecins avaient pratiquées sur son corps.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la citation

  • Par Dionysos89, le 29 mars 2012

    La ville s'étendait à leurs pieds.
    - Regarde, Arnau, dit Bernat à son petit qui dormait paisiblement contre sa poitrine. Barcelone. Ici, nous serons livres.
    Depuis leur fuite, Bernat n'avait cessé de penser à la capitale catalane, espérance de tous les serfs. Quand ils étaient obligés de travailler les terres du seigneur, de réparer les remparts du château ou d'accomplir n'importe quelle tâche pour Llhorenç de Bellera, les paysans ne parlaient que de cela, en prenant garde de ne pas être entendus par l'alguazil ou les soldats. Mais leurs conciliabules n'éveillaient chez Bernat qu'une simple curiosité. Il était heureux sur ses terres et n'aurait jamais abandonné son père. Et comme il n'aurait pas pu fuir avec lui... Cependant, depuis qu'il avait tout perdu, les paroles qu'il avait souvent écoutées distraitement lui étaient revenues puissamment en mémoire quand, la nuit, à l'intérieur de la grotte des Estanyol, il regardait son fils dormir.
    « Si on réussit à vivre à Barcelone un an et un jour sans être arrêté, se souvenait-il d'avoir entendu une fois, on acquiert un certificat de résidence et on obtient la liberté. » Tous les serfs avaient gardé le silence. Certains avaient les yeux fermés et les lèvres pincées, ou bien hochaient la tête, d'autres encore souriaient en regardant le ciel.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par gouelan, le 16 avril 2015

    Arnau se souvenait des harangues de Santa Maria del Mar : « La Catalogne a besoin de vous ! Le roi Pierre a besoin de vous ! Partez à la guerre ! » Il n’y avait eu que des massacres, des échauffourées où les seuls perdants avaient été les petites gens, les soldats loyaux…et les enfants, qui souffriraient de la faim l’hiver suivant par manque de grain. Quelle guerre ? Celle qu’avaient livrée évêques et cardinaux, entremetteurs de rois rusés ? Le prêtre poursuivait son homélie, amis Arnau ne l’écoutait toujours pas. Pourquoi avait-il dû tuer ?
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par Ode, le 08 août 2012

    Le port de Barcelone n'était pas préparé au débarquement de grands personnages, qui n'allaient pas, comme les marchands, faire leur entrée dans les humbles esquifs des bateliers pour ne pas mouiller leurs vêtements. C'est pourquoi, quand une personnalité accostait à Barcelone, les bateliers serraient leurs petites barques les unes contre les autres, de la rive jusqu'à la haute mer, et construisaient au-dessus un pont pour que rois et princes accèdent à la plage de Barcelone avec les égards dus à leur rang.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la citation

  • Par gouelan, le 13 avril 2015

    - Où allez-vous père ? cria-t-il alors qu'il l'avait déjà perdu de vue.
    - Chercher la liberté, répondit une femme qui observait la foule s'élancer à l'assaut des rues de la ville.
    - nous sommes déjà libres osa, affirmer Arnau
    - Il n'y a pas de liberté quand on a faim, mon garçon.

    Commenter     J’apprécie          2 20         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
21,19 € (neuf)
10,79 € (occasion)

   

Faire découvrir La Cathédrale de la Mer par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (698)

> voir plus

Quiz