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ISBN : 2264033029
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 692 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
JOHN FANTE DEMANDE A LA POUSSIERE

« Un jour j'ai sorti un livre, je l'ai ouvert et c'était ça. Je restais planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l'or à la décharge publique. J'ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilem... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 05 septembre 2012

    Nastasia-B
    Revoilà John Fante, alias Arturo Bandini, au sommet de sa forme qui nous livre un roman, certes, pas exclusivement autobiographique, mais tout de même largement imbibé des expériences et du vécu propres de l'auteur.
    Arturo Bandini est fils d'émigrés italiens dans l'ouest des États-Unis du début du XXème siècle. Il faut s'imaginer la vraie famille italienne caricaturale, croyante jusqu'à la racine des ongles, avec une flopée d'enfants, une mama charismatique et un papa qu'on ne voit jamais beaucoup, qui travaille dans le bâtiment quand il y a du travail, et qui, s'il n'y en a pas, boit un bon coup et donne des taloches.
    Pas facile d'exister, d'être quelqu'un d'important dans la famille quand on n'est qu'un bambino parmi plein de bambini. Arrivé en fin d'adolescence, Arturo n'a qu'une envie, qu'un leitmotiv : se faire un nom. Pas de bol, c'est peut-être encore plus difficile de creuser son trou au soleil dans l'Amérique d'entre deux guerres quand on n'est qu'un petit rital sans le sou que d'exister dans la famille. Car dans l'Amérique, il n'y a jamais une mama bienveillante qui vous ressert une triple portion de spaghetti dans les journées fastes. Non, rien que des jours néfastes. Mais Arturo a un talent, un talent rare (donc précieux) il sait écrire ; il est l'intellectuel de la famille aux yeux de la mama. Il quitte le foyer familial pour Los Angeles où il parvient à se faire éditer une petite nouvelle. Ça y est c'est la fortune, c'est la célébrité se dit Arturo ; on l'appellera MISTER Bandini et il pourra envoyer des enveloppes bourrées de billets à sa mère, murmurent son égo et ses espérances gonflés à bloc…
    John Fante dans un style incroyablement tonique nous livre ce parcours de misère, nous la fait toucher du doigt, une certaine forme de misère, dans la Californie de la fin des années 1930. le jeune auteur peine à se faire connaître en tant qu'auteur et échoue dans un appartement miteux au fond d'un quartier obscur. Il faut faire croire à tout le monde qu'on a de l'argent ou qu'on est en passe d'en avoir, une vraie pluie de dollars car les éditeurs s'arrachent votre toute dernière composition.
    Arturo se ment à lui-même, souffre dans ses chairs du décalage qui existe entre ce qu'il sait être son potentiel et la rude réalité, aux personnages insignifiants et rébarbatifs qu'il côtoie.
    Chemin faisant, il rencontre une petite serveuse mexicaine, fille de rien, dont il tombe éperdument amoureux.
    Lui bâtit des châteaux en Espagne mais elle en aime un autre à s'en rendre folle… Je vous laisse le plaisir de découvrir la fin particulièrement poignante.
    Fante sait, avec son style comique, cynique, presque grossier parfois, transcrire ces souffrances, ces déceptions avec toujours ce vague espoir derrière tout en développant une belle énergie littéraire très communicative.
    En guise de conclusion, un bon livre, très pêchu, mais où il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour m'y attacher totalement. Néanmoins, vous aurez compris que ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou, le 20 septembre 2011

    Petitebijou
    A l'origine de ma vie de lectrice, il y eut l'histoire : celle que l'on me racontait, puis celle que j'ai appris à déchiffrer. Puis l'habitude de ne jamais s'endormir sans avoir lu quelques pages : contes, bibliothèque rose, verte, premiers romans. Ensuite vint le temps de l'apprentissage : romans initiatiques, identification aux personnages, héros que l'on se choisit comme modèles. Une première conscience de l'importance du style, qui fait toute la différence.
    Aujourd'hui, après bien des années de voisinage avec les livres, j'ai un peu l'impression que tout a été dit, pensé, créé. Certains livres m'étonnent, d'autres m'enchantent, les relectures me permettent de retrouver mes premières amours et de vérifier si je leur suis restée fidèle. Certains autres me déçoivent, par l'ennui que j'éprouve à parcourir des pages prévisibles, dans l'air du temps, à la mode, et donc démodées. Parfois survient une fulgurance, comme un accident, mais qui ne dure pas.
    Et puis, au détour d'un roman que l'on achète un peu par hasard, parce que l'on a toujours vaguement entendu parler de lui, se produit le miracle de l'émotion des premiers instants, la routine de la lecture explose pour nous faire découvrir, avec grand fracas, que l'on peut encore rester pantois comme au premier jour devant une suite de mots agencés pour raconter une histoire.
    C'est ce qui m'est arrivé avec ce livre de John Fante. Dès la première page, les premières phrases, j'avais besoin de reprendre mon souffle, cueillie au plus profond par cette tempête ébouriffante, ce chaos qui balaye tout sur son passage, et ce jusqu'au dernier mot de la dernière ligne. J'ai écouté Arturo Bandini me raconter sa vie d'écrivain, j'ai respiré avec lui, pleuré avec lui, eu peur avec lui...Je ne savais pas où il voulait m'entraîner mais j'étais prête à le suivre jusqu'au bout du désert du Mojave, avaler la poussière à mon tour. Suer avec lui devant la machine à écrire, traquer Camilla, l'insulter... tout, j'étais prête à tout.Arrivée à la fin, j'ai remercié John Fante de m'avoir réveillée de mon train-train de lectrice. Une histoire, un style, la grâce...

    Lien : http://parures-de-petitebijou.overblog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par zaphod, le 07 novembre 2014

    zaphod
    Il y a un paragraphe qui m'a absolument explosé à la gueule dans ce bouquin.
    Et c'est une belle preuve de sincérité de la part de Fante que de partager cette faculté -ou cette tare- c'est selon, avec les lecteurs. Car si peu en parlent ouvertement, je pense que beaucoup d'écrivains souffrent du même comportement (je n'ose d'ailleurs pas imaginer la vie d'un écrivain qui en serait dépourvu).
    Je crois aussi que beaucoup de gens qui ne sont pas écrivains en sont aussi affectés. (Il se fait que je fais partie de ces gens, et que je soupçonne plusieurs autres malades sur ce site).

    S'il faut mettre un nom sur ce phénomène, je pense qu'autrefois on disait "muse" (Baudelaire en parle), mais le terme est tombé en désuétude et n'est plus compris. Aujourd'hui, les gens préfèrent parler pudiquement d'inspiration, mais c'est très vague l'inspiration, ça ne veut rien dire, ou alors, on félicite les écrivains pour leur "imagination" comme si c'était un acte volontaire. Moi je préfère dire "petite voix dans la tête" même si ça fait un brin schizophrène.

    Je pense aussi qu'on naît avec, et qu'il est donc très difficile de se rendre compte que tout le monde ne fonctionne pas de la même manière. Cela peut aussi expliquer que ce phénomène soit passé sous silence, ou simplement mentionné en passant.
    Mais il est temps que je vous cite le passage de Fante, où on voit réellement la petite voix au travail, ce qui est mieux que n'importe quelle explication théorique.
    Bandini, le héros de Fante, vient d'assister (du moins le croit-il) à la noyade de la femme qu'il aime, et vient de risquer lui-même sa vie.

    "So this was the end of Camilla, and this was the end of Arturo Bandini—but even then I was writing it all down, seeing it across a page in a typewriter, writing it out and coasting along the sharp sand, so sure I would never come out alive.
    Then I was in water to my waist, limp and too far gone to do anything about it, floundering helplessly with my mind clear, composing the whole thing, worrying about excessive adjectives. The next breaker smashed me under once more, dragged me to water a foot deep, and I crawled on my hands and knees out of water a foot deep, wondering if I could perhaps make a poem out of it."

    La petite voix, qui peut aussi être vue comme une partie indépendante de la conscience, ré-interprète constamment la réalité en terme d'histoire. A ce moment critique, Bandini ne peut qu'assister impuissant à la prise de pouvoir de la petite voix qui est en train de lui raconter sa propre mort. La schizophrénie est très claire ici "c'était la fin d'Arturo Bandini" (et c'est Bandini qui parle) "et en même temps j'étais en train de tout mettre par écrit" (mais c'est aussi la petite voix -avec un remarquable et terrible détachement).

    J'hésitais plus haut entre "faculté" et "tare". Je pense que tant qu'elle n'est pas trop envahissante, personne ne voudrait perdre sa petite voix. C'est comme une dimension supplémentaire de la réalité, souvent plus attirante que le pur réel. C'est particulièrement vrai pour un écrivain. On voit d'ailleurs Bandini galérer pendant des semaines avant que la petite voix ne parle enfin (on dirait aujourd'hui avant que l'inspiration ne vienne). On peut aussi bien imaginer un pianiste sourd, mais il y a des métiers plus gratifiants.
    Mais c'est aussi une tare. C'est un peu comme être enfermé dans une cage de verre transparent, et observer le monde en croyant que c'est le monde qui est derrière un écran, et en se demandant pourquoi cette barrière existe. C'est donc une grande source de solitude, et ça aussi Fante l'illustre bien dans le livre. Quand la petite voix se met à parler, vous ne pouvez plus écouter vraiment les autres, vous êtes dans une autre dimension. Il devient difficile de communiquer, sauf peut-être par écrit.
    Il y a un autre passage du livre qui en est une jolie illustration, quand Bandini n'ose pas avouer son amour équivoque à Camilla. Voyez la solution qui s'impose à lui. (Et je m'abstiens de parler du tout dernier paragraphe, qui est vraiment significatif).

    "I got an idea. I walked quickly, two blocks, to the telegraph office. I sat down before the telegraph blank, my heart pounding. The words writhed across the page. I love you Camilla I want to marry you Arturo Bandini. When I paid for it the clerk looked at the address and said it would be delivered in ten minutes. I hurried back to Spring Street and stood in the shadowed doorway waiting for the telegraph boy to appear. The moment I saw him coming around the corner I knew the telegram was a blunder."

    Ce que Fante dit aussi dans le livre (et n'allez pas croire que je n'ai pas compris le message), c'est que la petite voix est peut-être nécessaire à la nature de l'écrivain, mais n'est en aucun cas suffisante. Il faut aussi énormément de travail, du talent, et un style.

    Quelle surprise. Je croyais lire une histoire attachante d'écrivain crève-la-dalle par l'auteur que Bukowski vénère. En plus de ça, l'air de rien, sans presque y toucher, j'ai eu droit à une réflexion profonde sur la nature de la vocation d'écrivain. Si ça c'est pas du talent...
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    • Livres 4.00/5
    Par Eric75, le 07 janvier 2013

    Eric75
    Arturo Bandini est l’écrivain un peu minable et présomptueux d’une seule nouvelle publiée Le Petit Chien Qui Riait, dont le relatif succès lui permet de croire qu’un jour, une fois son talent reconnu, il s’envolera vers le succès, qu’on se le dise !
    Si Le Petit Chien Qui Riait peut faire penser à Mon Chien Stupide, Arturo Bandini, on en est sûr, est le clone littéraire de John Fante lui-même.
    Largement autobiographique, le récit est d’une hargne, d’une puissance évocatrice incontestable. La rage au ventre, notre écrivain en devenir n’aura de cesse de transpirer sur sa machine à écrire pour pondre LE roman qui fera de lui le nouveau William Faulkner. Dans l’Amérique des années trente, la crise n’augure aucun avenir radieux pour les écrivains en bas de l’échelle, confinés dans leur classe sociale déshéritée, voués à la misère et contraints à la débrouille pour survivre. Mais Arturo continue de croire en sa bonne étoile et au rêve américain. Sa bonne étoile existe concrètement et est personnifiée par son éditeur attitré, J.C. Hackmuth, qui, au fil des publications, envoie les dollars salvateurs permettant à Arturo de survivre. Le nom de Hackmuth est proféré à maintes reprises comme un mantra, et son portrait orne tel une icône le mur de la chambre de l’hôtel miteux où Arturo a fini par s’échouer.
    Un deuxième personnage compte beaucoup pour Arturo, une accorte serveuse mexicaine rencontrée dans un bar : Camilla Lopez. Comme Arturo est un jeune homme de vingt ans débordant de fougue et de testostérone, mais que l’on devine frustré et empêtré dans sa timidité (l’épisode initial de la prostituée est à cet égard significatif), il va s’enticher et peu à peu devenir véritablement obsédé par Camilla, sa « princesse Maya ». Sa façon d’aborder la jeune femme a tout de l’acte manqué : il fait le malin avec une grossièreté incroyable et une autosatisfaction déplacée, assène des propos sexistes et racistes, balance des insultes et cherche à humilier la serveuse… curieuse façon de procéder pour retenir l’attention ! Piquée par la curiosité, Camilla cherchera néanmoins à le revoir.
    Tout le roman se déroule avec cette rage du désespoir, alternant les passages où Arturo passe pour un sombre crétin totalement antipathique, d’autres où il s’apitoie sur son propre sort et s’auto-flagelle, non sans ironie et autodérision, d’autres encore où il fait preuve d’un réel sens pratique et cherche à progresser dans la bonne direction. Mais les excès en tout genre du jeune Bandini ne vont-ils pas ruiner ses chances de réussite ?
    Le livre est préfacé par Charles Bukowski, qui ne craint pas d’affirmer : « Et je compris bien avant de le terminer qu’il y avait là un homme qui avait changé l’écriture. Le livre était Demande à la poussière et l’auteur, John Fante. Il allait toute ma vie m’influencer dans mon travail. » Si c’est Charles qui le dit… Demande à la poussière (publié en 1939) fait partie d’une quadrilogie narrant les aventures d’Arturo Bandini / John Fante (avec Bandini, La Route de Los Angeles et Rêves de Bunker Hill), on peut donc ne pas en rester là et poursuivre l’aventure, soit en lisant les autres romans de la saga pour en savoir plus sur le destin du héros, soit en visionnant le film de Robert Towne (2006) avec la divine Salma Hayek dans le rôle de Camilla Lopez et Colin Farrell dans le rôle d’Arturo Bandini.
    Tous les gringos et les muchachos intéressés pourrons voir un extrait de ce film sur Babelio, posté par votre serviteur.
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    • Livres 5.00/5
    Par paroles, le 22 mai 2014

    paroles
    Arturo Bandini ou la fureur de vivre
    Fauché mais débordant d'énergie, Arturo ne rêve que d'une chose, devenir un écrivain célèbre. Pour l'instant, il vit dans un hôtel minable dans Bunker Hill à Los Angeles. Il se frotte à la vie, arpente les rues poussiéreuses de la ville, crève de faim, emprunte de l'argent à qui il peut, écrit régulièrement à l'éditeur de son unique nouvelle publiée, fréquente des filles mais sans consommer...
    Puis un jour, il rencontre la belle Camilla Lopez et commence alors une relation amour-haine avec elle. Il faut dire que l'américano-mexicaine est amoureuse d'un autre et n'hésite pas à remettre à sa place cet italo-américain qu'est Arturo.
    Un roman magnifique dans lequel John Fante nous parle de pauvreté, de religion, d'identité américaine et surtout de la vie d'écrivain, bref de sa vie. C'est beau, c'est tendre, c'est cruel, c'est juste plein d'humanité.
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Citations et extraits

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  • Par Marymary, le 24 août 2015

    Tout ce qui en moi était bon s'est mis à vibrer dans mon coeur à ce moment précis. Tout ce que j'avais jamais espéré de l'existence et de son sens profond, obscur. C'était ça, le mutisme absolu, la placidité opaque de la nature complètement indifférente à la grande ville, le désert sous les rues, le désert qui n'attendait que la mort de la ville pour la recouvrir de ses sables éternels. J'étais soudain investi d'une terrible compréhension, celle du pourquoi des hommes et de leur destin pathétique. Le désert serait toujours là, blanc, patient, comme un animal à attendre que les hommes meurent, que les civilisations s'éteignent et retournent à l'obscurité.
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  • Par Marymary, le 24 août 2015

    Oui, c'est vrai : mais j'ai vu des maisons à Bel-Air avec des pelouses qui vous rafraîchissent rien que de les regarder, et des piscines vertes. J'ai désiré des femmes dont les escarpins seuls valent plus que tout ce que j'ai jamais possédé. J'ai vu des clubs de golf dans la devanture du magasin Spalding, celui sur la Sixième Rue, j'aurais tout donné pour les tenir ne serait-ce qu'une minute. J'ai tiré la langue devant une cravate comme un saint peut saliver après des indulgences. J'ai admiré des chapeaux chez Robinson's comme des critiques d'art peuvent s'étrangler sur Michel-Ange.
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  • Par Marymary, le 24 août 2015

    Maintenant il était temps de se rhabiller. Caleçons neufs, chemise neuve, chaussettes, et mon pantalon de rechange. Après ça j'ai mis une cravate et mes chaussures neuves. Debout devant la glace j'ai rabaissé mon chapeau sur l'oeil et je me suis regardé. L'image que je voyais dans la glace ne m'était que très vaguement familière. La cravate neuve ne me plaisait pas. Du coup j'ai retiré mon veston et j'en ai essayé un autre. Mais cela ne gagnait pas beaucoup au change. Je commençais à en avoir sérieusement plein le dos, de tout ça. Le col raide me serrait le gosier. Les chaussures me faisaient mal aux pieds. Le pantalon sentait le bon marché et me gênait à l'entrejambes. Je me suis mis à suer aux tempes, là où la bande de mon chapeau me serrait le crâne. Tout d'un coup ça s'est mis à me démanger de partout, et au moindre geste tout craquelait comme un sac en papier. La forte puanteur des lotions m'embaumait les narines, à en faire la grimace. Sainte Mère de Dieu, mais où était passé le Bandini d'antan, auteur du Petit Chien Qui Riait ? Se pouvait-il que ce bouffon engoncé et ligoté comme un pourceau soit le créateur des Collines Perdues ? Du coup j'ai tout enlevé. Je me suis relavé les cheveux pour en chasser l'odeur, et j'ai remis mes vieilles frusques. Elles étaient très contentes de me retrouver et se lovaient sur moi, fraîches et délicieuses ; et mes pieds meurtris se remuaient dans les vieilles chaussures comme dans l'herbe douce du printemps.
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  • Par Marymary, le 24 août 2015

    Deux personnes dans une pièce ; l'une d'elles est une femme ; l'autre, Arturo Bandini, ni veau ni vache ni même bon à donner le change.

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  • Par gizmo, le 15 janvier 2009

    Elle m'a passé le bras autour du cou. Elle m'a tiré la tête et m'a enfoncé ses dents dans la lèvre inférieure. Je me suis débattu pour me dégager parce que ça faisait mal. Elle est restée à me regarder regagner l'hôtel, tout sourire, un bras passé par-dessus le dossier du siège. J'ai sorti mon mouchoir pour m'essuyer les lèvres. Le mouchoir avait du sang dessus. J'ai suivi la grisaille du couloir, jusqu'à ma chambre. À peine j'ai fermé la porte que tout le désir qui m'avait fait défaut juste un moment auparavant s'est emparé de moi. Il me cognait le crâne et m'élançait dans les doigts. Je me suis jeté sur le lit et j'ai déchiré l'oreiller avec mes mains
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