ISBN : 2264033029
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 213 notes) Ajouter à mes livres
JOHN FANTE DEMANDE A LA POUSSIERE

« Un jour j'ai sorti un livre, je l'ai ouvert et c'était ça. Je restais planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l'or à la décharge publique. J'ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilem... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou, le 20 septembre 2011

    Petitebijou
    A l'origine de ma vie de lectrice, il y eut l'histoire : celle que l'on me racontait, puis celle que j'ai appris à déchiffrer. Puis l'habitude de ne jamais s'endormir sans avoir lu quelques pages : contes, bibliothèque rose, verte, premiers romans. Ensuite vint le temps de l'apprentissage : romans initiatiques, identification aux personnages, héros que l'on se choisit comme modèles. Une première conscience de l'importance du style, qui fait toute la différence.
    Aujourd'hui, après bien des années de voisinage avec les livres, j'ai un peu l'impression que tout a été dit, pensé, créé. Certains livres m'étonnent, d'autres m'enchantent, les relectures me permettent de retrouver mes premières amours et de vérifier si je leur suis restée fidèle. Certains autres me déçoivent, par l'ennui que j'éprouve à parcourir des pages prévisibles, dans l'air du temps, à la mode, et donc démodées. Parfois survient une fulgurance, comme un accident, mais qui ne dure pas.
    Et puis, au détour d'un roman que l'on achète un peu par hasard, parce que l'on a toujours vaguement entendu parler de lui, se produit le miracle de l'émotion des premiers instants, la routine de la lecture explose pour nous faire découvrir, avec grand fracas, que l'on peut encore rester pantois comme au premier jour devant une suite de mots agencés pour raconter une histoire.
    C'est ce qui m'est arrivé avec ce livre de John Fante. Dès la première page, les premières phrases, j'avais besoin de reprendre mon souffle, cueillie au plus profond par cette tempête ébouriffante, ce chaos qui balaye tout sur son passage, et ce jusqu'au dernier mot de la dernière ligne. J'ai écouté Arturo Bandini me raconter sa vie d'écrivain, j'ai respiré avec lui, pleuré avec lui, eu peur avec lui...Je ne savais pas où il voulait m'entraîner mais j'étais prête à le suivre jusqu'au bout du désert du Mojave, avaler la poussière à mon tour. Suer avec lui devant la machine à écrire, traquer Camilla, l'insulter... tout, j'étais prête à tout.Arrivée à la fin, j'ai remercié John Fante de m'avoir réveillée de mon train-train de lectrice. Une histoire, un style, la grâce...
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    Critique de qualité ? (30 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 15 janvier 2012

    lehane-fan
    Bukowski présentait Fante comme son mentor . Comme un écrivain qui avait changé l'écriture . Titillé par une telle promesse , je me lançais dans Demande à la Poussiere...
    Piece maitresse d'une quadrilogie dont Demande...en est le troisieme opus , Arturo Bandini est un etre complexe avide de liberté , de reconnaissance et d'amour . L'Amerique subit la grande dépréssion de plein fouet . Bandini , fils d'immigré Italien , écrivain fauché comme les blés , parvient néanmoins à trouver refuge au Biltmore Hotel dans un Los Angeles exsangue économiquement et socialement parlant . Son seul fait d'arme : le Petit Chien Qui Riait . Nouvelle ne semblant etre connue et reconnue que par ses proches qu'il a désormais fui et des amis...qu'il n'a pas..
    Échoué dans une chambre miteuse et voué à n'etre qu'un distributeur automatique pour son plus proche voisin dont la consommation journaliere de viande rouge semble désormais tourner à l'obsession , Bandini n'aspire alors qu'à une seule chose : écrire LE roman qui le fera passer d'écrivain anonyme à incontournable . Car il le sait , il le sent , écrire est toute sa vie et il se fait fort d'éclabousser de sa plume un monde littéraire qui n'attend que lui ! Il vit au jour le jour , dépensant dans l'instant le peu d'argent qu'il parvient à gagner , aidé en cela par son mécene d'éditeur qui s'échinera à le maintenir à flot . Bandini n'est pas dans l'économie , qu'elle soit financiere ou sentimentale , il est dans la vie . Tourmenté chronique , il multiplie cependant les expériences , objets , pourquoi pas , d'un potentiel futur best-seller . A cette volonté farouche d'acception vient se greffer un perpetuel besoin d'amour . Il a 20 ans lorsqu'il croise , dans un bouge de seconde zone , le regard de Camilla , petite serveuse Mexicaine au caractere bien trempé qui cristallisera désormais à ses yeux l'amour transcendant . Sa " princesse " Maya .
    Bandini , à mon humble avis de sportif des bacs à sable , s'apparente à un coureur de fonds . Meme s'il poursuit plusieurs lievres à la fois , il est toujours dans le mouvement et jamais avares d'éfforts pour tendre vers les buts qu'il s'est fixé ! Il faut bien lui reconnaitre une chose outre ses nombreux défauts : la persévérance ! Tour à tour égocentrique , injurieux , lache , menteur mais aussi généreux. , attentionné , prévenant...il n'en reste pas moins que l'on s'attache finalement à ce personnage romanesque ! Il est réservé de caractere , maladroit , notamment dans ses rapports avec la gente féminine qu'il découvre alors et particulierement avec Camilla , sorte d'Everest à conquérir en tong...Amoureuse d'un autre homme , droguée jusqu'aux yeux , ils développeront logiquement un sentiment d'attirance / répulsion , d'amour / haine et ceci jusqu'au final éblouissant !
    Fante sait écrire ! C'est indéniable . Description d'une ville aussi fantomatique que ses habitants , difficultés du quotidien , volonté farouche de s'en sortir dans un contexte hostile au possible , amour idéalisé alors que tout semble le désacraliser...Fante compose simplement mais dans un style flamboyant qui ne manquera pas de vous toucher au coeur et à l'ame d'un puissant upercut , vous laissant étendu pour le compte ! Un récit tour à tour poétique , métaphorique , désabusé avec une fin qui à elle seule justifierait sa lecture !
    Demande à la Poussiere...récit semi-autobiographique , semi-fictif mais totalement jubilatoire !
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    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 05 mars 2012

    le_Bison
    Je vais directement sur l'étagère où les auteurs de la lettre B se sont amassés. Personne du nom de Bandini. Pas encore mais un jour cela viendra. Un jour les étagères seront remplies de livres de Bandini, Arturo Bandini. Un jour, je signerai plein d'autographes dans la rue, toutes les poupées à mes pieds. Je sors de la bibliothèque, furieux de ce manque de considération, furieux de cette incompréhension. " Dans le caniveau je repère un long mégot. Je le ramasse sans gêne aucune, et je l'allume, un pied dans le caniveau, j'en tire une grande bouffée et souffle la fumée en direction des étoiles. " Et je traîne dans Downtown, la poussière des trottoirs recouvre mes savates d'un autre âge. Je décide de rentrer dans mon hôtel miteux pour écrire. Moi, le grand Bandini dont sa dernière nouvelle a été publiée, je vais tous les éblouir, tous les bluffer. Tous les éditeurs voudront signer le grand Bandini.
    Je m'arrête à un bar encore plus minable que celui d'hier. le café est dégueulasse, je suis prêt à le recracher devant cette serveuse mexicaine. Elle est belle mais ce n'est qu'une mexicaine. Et dire que cette métèque semble me mépriser, me traitant de Rital. Moi, le Grand Arturo. J'ai envie de lui en coller une à cette fille. " Américain et foutrement fier de l'être, voilà ce que je suis. Cette belle cité, ces grandes rues, ces fiers immeubles, c'est ça la voix de mon Amérique. D'un tas de sable et de cactus on s'est taillé un empire, nous autres américains. " Elle ne se rend pas compte à qui elle parle. Sache que je peux te baiser quand je veux, sale petite mexicaine. T'as déjà trop de chance qu'un gars comme moi, un homme de cette trempe, s'intéresse à toi.
    Je traverse les rues désertes, mortes que seuls les rats semblent les faire encore vivre, entre ordures et déchets humains. Au loin la mer, mais ici que du sable et de la terre poussiéreuse. Je m'installe devant ma machine à écrire en attendant l'inspiration, en pensant à cette métèque.
    " Mon conseil à tous les écrivains qui débutent est très simple. Je leur recommanderais de ne jamais éviter une expérience nouvelle. Je les exhorterais à vivre la vie dans toute sa crudité, la prendre bravement à bras-le-corps, l'attaquer à poings nus. "
    Mon conseil à tous les lecteurs qui veulent découvrir la vie, la vraie vie est tout aussi simple. Je leur recommanderais de lire le grand Arturo Bandini. Une plongée dans les bas-fonds de L.A. comme vous ne pouvez plus l'imaginer, un voyage dans la poussière des rues...
    A.Bandini

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64, le 03 mars 2011

    Beatrice64
    Il faut lire 'Demande à la poussière' ! Quel titre, non ? On se précipite à sa médiathèque et on demande du Fante ! Toutes affaires cessantes ! Les tribulations de Bandini vous ferons tour à tour exploser de rire et venir les larmes aux yeux. Alter ego de l'auteur, ce fils d'immigrés italiens, animé par la certitude de son avenir d'écrivain génial, étale son orgueil et son goût de la mise en scène dans une prose spontanée, pleine de verve, tonique et puissante, truffée de métaphores originales.
    Bandini/Fante, personnage border-line animé d'un frénétique amour de la vie, (de sa substantifique moëlle) impulsif, orgueilleux, complètement invivable, est un personnage i.nou.bli.able.
    Fante fut le maître à penser de Charles Buckowski, qui disait de ses livres: « chaque phrase avait sa propre énergie et elle était suivie par une autre exactement pareille« .
    Un antidote garanti contre la sinistrôse ambiante.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 12 juin 2011

    cicou45
    Pour faire bref sur le résumé du livre, il s'agit d'une jeune fils d'émigrés italiens, Arturo Bandini, qui, à l'âge de 20 ans décide de partir à Los Angeles, sans le sou, dans le but de devenir écrivain.
    Double de l'auteur lui-même, ce livre est plein de rebondissements et surtout rempli d'émotions. Chaque page nous fait vibrer avec le protagoniste quant à savoir s'il réussira son rêve de laisser une trace derrière lui en publiant un ouvrage qui fera parler de lui bien après sa mort et aussi de savoir s'il réussira à se faire aimer de la belle Camilla, une jeune serveuse qu'il a rencontré dans un café.
    Le lecteur sent bien, grâce à l'écriture de Fante, la sueur que le héros a dû verser pour pouvoir se loger et manger dans une ville aussi impitoyable que Los Angeles, les efforts qu'il accomplit chaque jour pour coucher sur papier le flot d'émotions qui bouillonnent en lui et enfin ses tentatives afin de séduire la belle Camilla.
    L'écriture de Fante est légère et nous apporte une bouffée d'air et d'émotion à chaque page que le lecteur lit. Je ne peux donc que vous conseiller de venir découvrir ce roman.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 20 mars 2012

    "...Un jour, j'ai attrapé un livre, je l'ai ouvert et c'était ça. Je restai planté un moment en le lisant, comme un homme qui a trouvé de l'or à la décharge publique.(...) les phrases coulaient si facilement à travers la page, c'était comme un flux. Chaque ligne avait son énergie et était suivie par une autre. La vraie substance des phrases donnait une forme à la page comme si elle était sculptée. Enfin je découvris un homme qui n'avait pas peur de l'émotion. (...) Le début de ce livre me fit l'effet d'un miracle énorme et violent. Le livre était "Demande à la poussière" et l'auteur John Fante. Toute ma vie son influence a illuminé mon travail. (...) Oui, Fante a eu un énorme effet sur moi. Peu de temps après avoir lu ses livres, j'ai commencé à vivre avec une femme, elle était une plus grande ivrogne que moi, nous avions de grandes bagarres; souvent je lui criais : "Je ne m'appelle pas Fils de Pute, je m'appelle Bandini, Arturo Bandini". Fante était mon Dieu ...

    préface de "Demande à la poussière", signée Charles Bukowski !
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  • Par Morgouille, le 13 mai 2010

    Là-dessus tu as sorti une bouteille de ton sac et on a bu ça ; ton tour d’abord, ensuite le mien. Quand il n’y a plus rien eu dans la bouteille je suis descendu en acheter une autre au drugstore, mais une grande cette fois. Toute la nuit on a bu et pleuré, et ivre je pouvais dire les choses qui bouillonnaient dans mon cœur, tous ces chouettes mots, toutes les fines comparaisons, parce que toi c’est sur l’autre mec que tu pleurais et tu n’entendais rien de ce que je racontais ; mais moi je les entendais, et je peux te dire qu’Arturo Bandini était plutôt bon cette nuit-là, parce qu’il parlait à son seul amour, et ce n’était ni à toi ni à Vera Rivken qu’il parlait, tu comprends, mais juste à son amour. Ah j’en ai dit des belles choses cette nuit-là, Camilla. A genoux à côté de toi sur le lit, je te tenais la main en disant : « Camilla, pauvre petite, perdue et tout ça ! Desserre tes doigts fins et rends-moi mon âme lasse ! Embrasse-moi sur la bouche que je me rassasie du pain d’une colline mexicaine. Souffle le parfum des cités perdues dans mes narines enfiévrées et laisse-moi mourir ici, la main sur la douceur de ta gorge, blanche comme une plage du sud à moitié oubliée. Viens puiser le désir dans ces yeux malades et jette-le aux moineaux solitaires dans quelques champs de maïs, parce que je t’aime, Camilla, et ton nom m’est sacré comme celui d’une princesse très brave se mourant d’amour avec le sourire, pour quelqu’un qui ne le lui rendrait jamais.
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  • Par gizmo, le 15 janvier 2009

    Elle m'a passé le bras autour du cou. Elle m'a tiré la tête et m'a enfoncé ses dents dans la lèvre inférieure. Je me suis débattu pour me dégager parce que ça faisait mal. Elle est restée à me regarder regagner l'hôtel, tout sourire, un bras passé par-dessus le dossier du siège. J'ai sorti mon mouchoir pour m'essuyer les lèvres. Le mouchoir avait du sang dessus. J'ai suivi la grisaille du couloir, jusqu'à ma chambre. À peine j'ai fermé la porte que tout le désir qui m'avait fait défaut juste un moment auparavant s'est emparé de moi. Il me cognait le crâne et m'élançait dans les doigts. Je me suis jeté sur le lit et j'ai déchiré l'oreiller avec mes mains
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  • Par Von-t, le 04 septembre 2011

    il y aura moultes confusions,il y aura une solitude que seules mes larmes pourront consoler comme autant de petit oiseaux mouillés tombant pour soulager mes lèvres sèches. Mais il y aura aussi parfois consolation et beauté,beauté comme l'amour d'une fille disparue. Il y aura des rires,mais avec beaucoup de tenue le rire,et on attendra tranquillement dans la nuit,et on aura doucement peur de la nuit comme d'un prodigue et taquin baiser de mort. Ensuite,il fera nuit,et les huiles douces en provenance des rivages de ma naissance seront versées sur tous mes sens par les capitaines que j'ai abandonnés dans mes impétueux rêves de jeunesse. Mais il me sera pardonné quand je retournerai à la terre d'où je viens, au bord de la mer.
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  • Par bvelvet, le 29 janvier 2011

    Je referme la porte geignarde et me voici sur les marches; le brouillard comme un gros animal blanc partout, la Plaza un peu comme le Palais de Justice chez nous, enneigée de silence blanc. Mais tous les sons portent clairs et nets à travers l'épaisseur, et le bruit que j'entends c'est un cliquetis de hauts talons. Une fille apparaît. Elle porte un vieux manteau vert et son visage est encadré d'une écharpe verte nouée sous le menton. Sur les escaliers se dresse Bandini.
    "Salut, mon chou", elle fait comme ça en souriant, comme si Bandini était son mari ou son amoureux. Arrivée à la première marche elle le regarde par en dessous. "Qu'est-ce que t'en dis, mon chou? Tu veux te payer un peu de bon temps avec moi?"
    Bandini le tombeur, Bandini le chaud lapin.
    "Nan", qu'il dit, "Merci bien. Pas ce soir".
    Et il déguerpit vite fait, la laissant derrière lui adresser des mots que dans sa fuite il n'entend même pas. Il marche comme ça jusqu'au prochain coin de rue. Il est content. Au moins elle lui a demandé. Au moins elle l'a identifié comme un homme. De plaisir il se met à siffloter. Noctambule chevronné possède expérience universelle. Auteur célèbre raconte nuit passée avec femme perdue. Arturo Bandini, le fameux écrivain, révèle expériences avec prostituée de Los ANgeles. Critiques acclament plus grand livre jamais écrit.
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