Ajouter une critique

Critiques sur Demande à la poussière (18)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou le 20/09/2011


    A l'origine de ma vie de lectrice, il y eut l'histoire : celle que l'on me racontait, puis celle que j'ai appris à déchiffrer. Puis l'habitude de ne jamais s'endormir sans avoir lu quelques pages : contes, bibliothèque rose, verte, premiers romans. Ensuite vint le temps de l'apprentissage : romans initiatiques, identification aux personnages, héros que l'on se choisit comme modèles. Une première conscience de l'importance du style, qui fait toute la différence.
    Aujourd'hui, après bien des années de voisinage avec les livres, j'ai un peu l'impression que tout a été dit, pensé, créé. Certains livres m'étonnent, d'autres m'enchantent, les relectures me permettent de retrouver mes premières amours et de vérifier si je leur suis restée fidèle. Certains autres me déçoivent, par l'ennui que j'éprouve à parcourir des pages prévisibles, dans l'air du temps, à la mode, et donc démodées. Parfois survient une fulgurance, comme un accident, mais qui ne dure pas.
    Et puis, au détour d'un roman que l'on achète un peu par hasard, parce que l'on a toujours vaguement entendu parler de lui, se produit le miracle de l'émotion des premiers instants, la routine de la lecture explose pour nous faire découvrir, avec grand fracas, que l'on peut encore rester pantois comme au premier jour devant une suite de mots agencés pour raconter une histoire.
    C'est ce qui m'est arrivé avec ce livre de John Fante. Dès la première page, les premières phrases, j'avais besoin de reprendre mon souffle, cueillie au plus profond par cette tempête ébouriffante, ce chaos qui balaye tout sur son passage, et ce jusqu'au dernier mot de la dernière ligne. J'ai écouté Arturo Bandini me raconter sa vie d'écrivain, j'ai respiré avec lui, pleuré avec lui, eu peur avec lui...Je ne savais pas où il voulait m'entraîner mais j'étais prête à le suivre jusqu'au bout du désert du Mojave, avaler la poussière à mon tour. Suer avec lui devant la machine à écrire, traquer Camilla, l'insulter... tout, j'étais prête à tout.Arrivée à la fin, j'ai remercié John Fante de m'avoir réveillée de mon train-train de lectrice. Une histoire, un style, la grâce...

    critique de qualité ? (30 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan le 15/01/2012


    Bukowski présentait Fante comme son mentor . Comme un écrivain qui avait changé l'écriture . Titillé par une telle promesse , je me lançais dans Demande à la Poussiere...

    Piece maitresse d'une quadrilogie dont Demande...en est le troisieme opus , Arturo Bandini est un etre complexe avide de liberté , de reconnaissance et d'amour . L'Amerique subit la grande dépréssion de plein fouet . Bandini , fils d'immigré Italien , écrivain fauché comme les blés , parvient néanmoins à trouver refuge au Biltmore Hotel dans un Los Angeles exsangue économiquement et socialement parlant . Son seul fait d'arme : le Petit Chien Qui Riait . Nouvelle ne semblant etre connue et reconnue que par ses proches qu'il a désormais fui et des amis...qu'il n'a pas..
    Échoué dans une chambre miteuse et voué à n'etre qu'un distributeur automatique pour son plus proche voisin dont la consommation journaliere de viande rouge semble désormais tourner à l'obsession , Bandini n'aspire alors qu'à une seule chose : écrire LE roman qui le fera passer d'écrivain anonyme à incontournable . Car il le sait , il le sent , écrire est toute sa vie et il se fait fort d'éclabousser de sa plume un monde littéraire qui n'attend que lui ! Il vit au jour le jour , dépensant dans l'instant le peu d'argent qu'il parvient à gagner , aidé en cela par son mécene d'éditeur qui s'échinera à le maintenir à flot . Bandini n'est pas dans l'économie , qu'elle soit financiere ou sentimentale , il est dans la vie . Tourmenté chronique , il multiplie cependant les expériences , objets , pourquoi pas , d'un potentiel futur best-seller . A cette volonté farouche d'acception vient se greffer un perpetuel besoin d'amour . Il a 20 ans lorsqu'il croise , dans un bouge de seconde zone , le regard de Camilla , petite serveuse Mexicaine au caractere bien trempé qui cristallisera désormais à ses yeux l'amour transcendant . Sa " princesse " Maya .
    Bandini , à mon humble avis de sportif des bacs à sable , s'apparente à un coureur de fonds . Meme s'il poursuit plusieurs lievres à la fois , il est toujours dans le mouvement et jamais avares d'éfforts pour tendre vers les buts qu'il s'est fixé ! Il faut bien lui reconnaitre une chose outre ses nombreux défauts : la persévérance ! Tour à tour égocentrique , injurieux , lache , menteur mais aussi généreux. , attentionné , prévenant...il n'en reste pas moins que l'on s'attache finalement à ce personnage romanesque ! Il est réservé de caractere , maladroit , notamment dans ses rapports avec la gente féminine qu'il découvre alors et particulierement avec Camilla , sorte d'Everest à conquérir en tong...Amoureuse d'un autre homme , droguée jusqu'aux yeux , ils développeront logiquement un sentiment d'attirance / répulsion , d'amour / haine et ceci jusqu'au final éblouissant !
    Fante sait écrire ! C'est indéniable . Description d'une ville aussi fantomatique que ses habitants , difficultés du quotidien , volonté farouche de s'en sortir dans un contexte hostile au possible , amour idéalisé alors que tout semble le désacraliser...Fante compose simplement mais dans un style flamboyant qui ne manquera pas de vous toucher au coeur et à l'ame d'un puissant upercut , vous laissant étendu pour le compte ! Un récit tour à tour poétique , métaphorique , désabusé avec une fin qui à elle seule justifierait sa lecture !

    Demande à la Poussiere...récit semi-autobiographique , semi-fictif mais totalement jubilatoire !

    critique de qualité ? (24 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison le 05/03/2012


    Je vais directement sur l'étagère où les auteurs de la lettre B se sont amassés. Personne du nom de Bandini. Pas encore mais un jour cela viendra. Un jour les étagères seront remplies de livres de Bandini, Arturo Bandini. Un jour, je signerai plein d'autographes dans la rue, toutes les poupées à mes pieds. Je sors de la bibliothèque, furieux de ce manque de considération, furieux de cette incompréhension. " Dans le caniveau je repère un long mégot. Je le ramasse sans gêne aucune, et je l'allume, un pied dans le caniveau, j'en tire une grande bouffée et souffle la fumée en direction des étoiles. " Et je traîne dans Downtown, la poussière des trottoirs recouvre mes savates d'un autre âge. Je décide de rentrer dans mon hôtel miteux pour écrire. Moi, le grand Bandini dont sa dernière nouvelle a été publiée, je vais tous les éblouir, tous les bluffer. Tous les éditeurs voudront signer le grand Bandini.

    Je m'arrête à un bar encore plus minable que celui d'hier. le café est dégueulasse, je suis prêt à le recracher devant cette serveuse mexicaine. Elle est belle mais ce n'est qu'une mexicaine. Et dire que cette métèque semble me mépriser, me traitant de Rital. Moi, le Grand Arturo. J'ai envie de lui en coller une à cette fille. " Américain et foutrement fier de l'être, voilà ce que je suis. Cette belle cité, ces grandes rues, ces fiers immeubles, c'est ça la voix de mon Amérique. D'un tas de sable et de cactus on s'est taillé un empire, nous autres américains. " Elle ne se rend pas compte à qui elle parle. Sache que je peux te baiser quand je veux, sale petite mexicaine. T'as déjà trop de chance qu'un gars comme moi, un homme de cette trempe, s'intéresse à toi.

    Je traverse les rues désertes, mortes que seuls les rats semblent les faire encore vivre, entre ordures et déchets humains. Au loin la mer, mais ici que du sable et de la terre poussiéreuse. Je m'installe devant ma machine à écrire en attendant l'inspiration, en pensant à cette métèque.

    " Mon conseil à tous les écrivains qui débutent est très simple. Je leur recommanderais de ne jamais éviter une expérience nouvelle. Je les exhorterais à vivre la vie dans toute sa crudité, la prendre bravement à bras-le-corps, l'attaquer à poings nus. "

    Mon conseil à tous les lecteurs qui veulent découvrir la vie, la vraie vie est tout aussi simple. Je leur recommanderais de lire le grand Arturo Bandini. Une plongée dans les bas-fonds de L.A. comme vous ne pouvez plus l'imaginer, un voyage dans la poussière des rues...

    A.Bandini


    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64 le 03/03/2011


    Il faut lire 'Demande à la poussière' ! Quel titre, non ? On se précipite à sa médiathèque et on demande du Fante ! Toutes affaires cessantes ! Les tribulations de Bandini vous ferons tour à tour exploser de rire et venir les larmes aux yeux. Alter ego de l'auteur, ce fils d'immigrés italiens, animé par la certitude de son avenir d'écrivain génial, étale son orgueil et son goût de la mise en scène dans une prose spontanée, pleine de verve, tonique et puissante, truffée de métaphores originales.
    Bandini/Fante, personnage border-line animé d'un frénétique amour de la vie, (de sa substantifique moëlle) impulsif, orgueilleux, complètement invivable, est un personnage i.nou.bli.able.
    Fante fut le maître à penser de Charles Buckowski, qui disait de ses livres: « chaque phrase avait sa propre énergie et elle était suivie par une autre exactement pareille« .
    Un antidote garanti contre la sinistrôse ambiante.

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par cicou45 le 12/06/2011


    Pour faire bref sur le résumé du livre, il s'agit d'une jeune fils d'émigrés italiens, Arturo Bandini, qui, à l'âge de 20 ans décide de partir à Los Angeles, sans le sou, dans le but de devenir écrivain.
    Double de l'auteur lui-même, ce livre est plein de rebondissements et surtout rempli d'émotions. Chaque page nous fait vibrer avec le protagoniste quant à savoir s'il réussira son rêve de laisser une trace derrière lui en publiant un ouvrage qui fera parler de lui bien après sa mort et aussi de savoir s'il réussira à se faire aimer de la belle Camilla, une jeune serveuse qu'il a rencontré dans un café.
    Le lecteur sent bien, grâce à l'écriture de Fante, la sueur que le héros a dû verser pour pouvoir se loger et manger dans une ville aussi impitoyable que Los Angeles, les efforts qu'il accomplit chaque jour pour coucher sur papier le flot d'émotions qui bouillonnent en lui et enfin ses tentatives afin de séduire la belle Camilla.
    L'écriture de Fante est légère et nous apporte une bouffée d'air et d'émotion à chaque page que le lecteur lit. Je ne peux donc que vous conseiller de venir découvrir ce roman.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par muet-comme-un-carpe-diem le 23/07/2009


    Nul doute que certains exégètes ont cherché à déterminer dans quelle mesure Arturo Bandini, le personnage principal de Demande à la poussière était ou non un avatar de John Fante .

    Pour ma part, j'ignore si les errements de cet anti-héros sont ou non le reflet plus ou moins déformé et/ou déformant de la vie de John Fante mais je suis certain que la fresque fracassante des frasques d'Arturo Bandini ne vous laissera pas indifférent.

    Mégalomane et manquant de confiance en lui, agressif et replié sur lui-même, impulsif et velléitaire, vindicatif et compréhensif, fils indigne et fils prodigue, Arturo Bandini est tout et son contraire. Autrement dit il est humain.

    Cet apprenti écrivain qui débarque de son Colorado natal pour tenter sa chance dans la poussière de Los Angeles est donc du coup tout à la fois insupportable et touchant.

    Tombé follement amoureux de Camilla, une jeune serveuse qu'il n'hésite pas à qualifier de princesse mexicaine et à demander en mariage après seulement quelques jours, il ne cesse pourtant de l'humilier avec des propos injurieux voire racistes alors qu'il parvient peu de temps après à mettre à distance le fait que ce qu'il lui impose est proche de ce qu'il a subi en tant qu'immigré italien.

    La théorie du désir triangulaire développée par René Girard dans Mensonge romantique et vérité romanesque, l'approche de Denis de Rougemont de l'amour courtois qui se nourrit des obstacles ne suffiront pas à cerner ces valses hésitations entre passion et rejet, ces tentatives de se contenter de merle faute de grive, ces jeux de dominos amoureux qui feraient passer Oreste pour une comédie.

    Car sans être systématiquement imprévisible, Arturo Bandini est parfois véritablement étonnant tant dans la cruauté que dans la compassion.

    Le tout dans un contexte où chacun tire le Diable par la queue et se demande avant tout comment il va pouvoir payer son loyer ou s'acheter un morceau de viande, où chacun cherche à emprunter trois francs six sous à des voisins qui vivent eux-mêmes d'expédients

    Pas étonnant que Charles Bukowski affirme y avoir trouvé une partie de son inspiration !


    Lien : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/30-index.html

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par SebastienFritsch le 17/04/2012


    Véritable coup de coeur pour ce roman qui prend au tripes. John Fante dépeint un tableau criant de vérité en racontant les aventures d'un apprenti écrivain, Arturo Bandini, ses questionnements, ses ambitions, ses sautes d'humeur, ses déprimes, ses amours, ses haines, sa violence, sa tendresse, sa volonté, son apathie... Bon, bien sûr, si c'est criant de vérité, c'est peut-être parce que ce récit est en grande partie autobiographique. Mais c'est une chose de vivre des moments durs (et de s'en créer soi-même), et c'en est une autre d'en rendre compte, de décrire les allées et venues d'un esprit torturé, de donner à vivre ces subits changements d'humeur qui font que tout est possible à un instant donné et que le moindre geste est un défi à la seconde suivante.
    Et puis il y a l'ambiance de L.A. dans les années trente, la vision de sa pauvreté (financière, physique ou morale) et des expédients dont chacun use pour sortir de son trou. Et il y a les personnages secondaires, aux traits si finement rendus, et qui renvoient à Arturo toute l'absurdité de certains de ses comportements.. ou la confirmation de son génie, c'est selon.
    Et il y a surtout les jeux de séduction dans lesquels Arturo se prend les pieds, où attirance et agressivité jouent à qui perd gagne... à moins que tout le monde perde, en fait.
    Et puis il y a Camilla, méfiante et généreuse, offerte et inaccessible, fragile et dominatrice ; un personnage splendide, dense, riche, complexe, tragique.
    Demande à la poussière bouillonne de tous ces traits de génie, et utilise une langue vive et belle qui ne connait aucune faiblesse, aucun écart inutile et ne laisse pas une seconde de répit. Un vrai coup de coeur. L'ai-je déjà dit ? Mieux vaut deux fois qu'une.


    Lien : http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2011/01/25/20100864.h..

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo le 08/03/2012


    John Fante au sommet de sa forme dans un livre qui nous fait toucher du doigt la misère, une certaine forme de misère, dans la Californie de la fin des années 30, début 40. L'auteur, alias Bandini peine à se faire connaître en tant qu'auteur. Il rencontre une petite serveuse mexicaine dont il tombe amoureux. Elle en aime un autre à s'en rendre folle. Fante avec son style comique, cynique, presque grossier développe un belle énergie littéraire très communicative.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par laurentgui le 29/04/2012


    Les tribulations d'un jeune écrivain issu d'un milieu modeste qui s'installe à Los Angeles, et qui oscille entre rêves de gloire et réalité, c'est-à-dire la misère. Émerge rapidement une relation compliquée et ambiguë avec une serveuse. Une ambiance qui m'a happé dès la fin du premier quart du livre, langoureuse, mélancolique et haletante.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par csapin le 12/04/2012


    J'ai tendance à me tourner vers les auteurs évoqués dans des livres que j'adore. C'est ainsi que le génialissime La Nuit Ne Dure Pas d'Olivier Martinelli m'a mis le nom de John Fante à l'oreille. Ayant croisé ce nom à quelques autres reprises, je me suis décidé à suivre mon envie de découverte.

    Verdict ?...


    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2012/04/12/demande-a-la-poussi..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Demande à la poussière par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (428)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz