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Critiques sur Le vin de la jeunesse (4)


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    • Livres 4.00/5
    Par alicejo le 29/07/2010


    Un livre où l'on retrouve les sujets récurrents de Fante : la famille pauvre italo-américaine, le père maçon, la mère soumise et pieuse, l'éducation religieuse, le besoin de la deuxième génération de renier ses origines "ritales" pour devenir américaine à part entière (grâce au baseball notamment...)

    Un recueil de nouvelles qui n'a pas pris une ride!

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par BMR le 17/02/2008


    Depuis quelques mois fleurissent sur quelques blogs, ici ou là, les billets à la gloire de John Fante.
    De quoi nous aiguillonner pour ressortir de la poussière des étagères un ou deux volumes (il y en a 12 dans notre bibliothèque !) des oeuvres de cet italo-américain connu pour être le père spirituel de Charles Bukowski (oui, on l'a aussi ressorti celui-là ! et on en reparlera).
    Sympathique surprise que de relire cet auteur découvert il y a maintenant près de ... 20 ans !
    La poussière n'était finalement que sur la couverture et la prose est toujours aussi vive (un de ses romans les plus connus s'intitule ... Demande à la poussière !).
    Il y a grosso modo deux grandes périodes dans l'oeuvre de Fante.
    Une série de bouquins sur son enfance dans le Colorado, celle d'un fils d'émigré italien.
    Une autre série sur sa vie d'adulte à Los Angeles, celle d'un écrivain maudit à la recherche perpétuelle de l'inspiration. C'est bien sûr cette seconde partie qui se rapproche le plus de l'oeuvre de Bukowski.
    Mais avouons tout de suite qu'on a un penchant pour sa famille italienne de Denver.
    Comme dans Le vin de la jeunesse, John Fante n'est jamais aussi bon que lorsqu'il décrit sa famille plus ou moins imaginaire, plus ou moins autobiographique.
    Son éducation chrétienne de mauvais garçon chez les bonnes soeurs.
    Son père, poseur de briques, cloué à la maison l'hiver lorsque la neige arrête les chantiers. Porté sur la bouteille plus que sur la religion.
    Sa mère résignée dans sa cuisine.
    La difficile intégration de ces immigrés dans le creuset de l'Amérique.
    John Fante excelle dans l'art de la nouvelle et ses quelques romans (comme celui-ci) sont façonnés de courts chapitres qui sont comme autant d'images rapides, sèches, directes, comme autant de tranches de vie de ces italiens égarés au pied des montagnes enneigées d'Amérique.
    C'est ce sens inné de la chute, dans un paragraphe, un chapitre, une nouvelle, qui fait que l'écriture de John Fante va droit à l'essentiel, à ce qu'il y a de plus humain.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par FrancoisGe le 15/04/2012


    Ce livre contient 20 nouvelles qui racontent l'enfance de Dago Red.

    Dago Red est l'alter ego de l'auteur, un gosse né dans une famille d'italiens sans le sou où le père est maçon. Au fur et à mesure des nouvelles qui se succèdent, on suit les événements marquants de son enfance. le narrateur est Dago Red, ce gosse malin et observateur qui interprète les événements avec son regard d'enfant. Lorsqu'il ne comprend pas tout, il explique, sans plus, et le lecteur se délecte de pouvoir interpréter à son tour et donner le vrai sens à ces faits qui échappent à l'entendement du garçonnet. On rit aussi beaucoup face aux interprétations du gamin qui, pendant certains passages, se met en devoir de livrer son interprétation lorsque cela lui permet de se dédouaner ou de se grandir par rapport à sa famille ou à ses voisins. Cette volonté est touchante.

    Ces nouvelles mettent aussi en scène des adultes mais toujours au travers du regard de l'enfant Drago, avec sa naïveté touchante. Et on se rend compte finalement que le monde adulte n'est pas si éloigné de l'enfance.

    Ce qui m'a enchanté dans ces nouvelles c'est l'écriture très précise, très fouillée et pourtant très facile d'accès. Une foule de détails permet de voir et sentir ce que pensent et ce que font les personnages.

    J'ai vraiment passé un très bon moment avec ce livre de nouvelles.
    C'est la première fois que je lis cet auteur que je ne connaissais pas jusque-là.
    J'ai tellement aimé ce livre que j'en ai entrepris la relecture à peine la dernière page tournée.

    Je conseille ce livre à tous ceux qui veulent retrouver la part d'enfance qu'ils gardent en eux en lisant ce livre accessible et enivrant.

    critique de qualité ? (0 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Titine75 le 01/02/2011


    Ce livre est un recueil de nouvelles qui a été publié après le décès de l'auteur. Elles sont divisées en deux parties. le premier ensemble est plus cohérent et apparaît clairement autobiographique. le deuxième est constitué de nouvelles toujours sur le thème de l'enfance mais elles sont plus tournées vers la fiction. Une petite critique au passage, les deux dernières nouvelles du recueil me semblent assez incongrues. Dans “Le rêveur”, le narrateur-écrivain est adulte et aide son voisin à conquérir une femme. Dans “Helen, la beauté est à moi”, la narrateur est un ouvrier philippin ce qui nous éloigne de l'auto-fiction des premières nouvelles, et de l'enfance.

    Dans les autres nouvelles, John Fante nous raconte sa vie d'enfant d'immigrés italiens dans le Colorado. Certaines thématiques se retrouvent dans ce recueil. La première d'entre elles est bien entendu la famille et surtout les parents. le père était maçon, travailleur dur au mal. Mais tous les hivers, il se retrouve sans emploi, le froid gèle le mortier. Lui si dynamique, se retrouve coincé chez lui à tourner en rond. Cet état des choses le rend violent et il s'en prend à toute la famille. Pour s'occuper, il boit, beaucoup. Dan Fante, le fils de John, parle d'ailleurs de l'alcool comme une donnée génétique chez les hommes de la famille ! Ce père irascible, menant la vie dure à sa famille pendant les mois d'hiver, est néanmoins présenté avec beaucoup de tendresse par son fils. On devine la crainte mais aussi l'amour, l'admiration. La mère est d'ailleurs, par moments, traitée avec moins de considération. Les enfants l'imaginent comme la raison de la violence du père. Ils aimeraient la voir plus tendre, plus compréhensive. Mais on sent également que l'enfant qui nous raconte sa vie a pris du recul et qu'une fois adulte il a eu de la compassion pour sa mère. Les plus beaux passages de ce recueil sont consacrés à cette femme brisée par le travail quotidien, qui a ruiné sa beauté pour ses enfants et son mari bien souvent ingrats. Voici comment John Fante parle de sa mère, le passage se situe après une dispute avec le père : “Alors, tous en même temps, nous avons senti ça dans notre dos, et avant de nous retourner pour la regarder nous avons compris toute la souffrance accumulée derrière nous, qui nous submergeait, et nous nous sommes retournés en même temps, et elle était là qui nous regardait, elle semblait âgée d'un million d'années, Mamma, notre mère, et nous ses enfants avons senti son coeur brisé, elle était debout sur le seuil de la cuisine, son tablier masquant la douleur de ses mains usées, des petits ruisseaux de beauté évanouie descendant lamentablement ses joues ravagées.” Toute la douleur d'une vie est ici révélée par ces quelques mots émouvants.

    L'autre grand thème du recueil est bien-sûr la religion, John Fante n'était pas d'origine italienne pour rien ! le catholicisme a une place centrale dans l'éducation de notre narrateur. Sa mère voulait devenir nonne lorsqu'elle était jeune, elle oblige donc ses enfants à aller à l'église. le rapport de Fante au christianisme est très ambigu. D'un côté, il aime la messe, la communion et est très imprégné par le discours des prêtres. De l'autre, c'est un enfant turbulent, bagarreur, pauvre qui est tenté par le vol. Mais les mauvaises actions sont toujours accompagnées d'une forte culpabilité et d'une volonté de se confesser. Cela donne lieu à des scènes et des raisonnements très cocasses : “D'ailleurs un péché de plus ou de moins ne ferait pas grande différence, car j'avais déjà commis un péché mortel en souhaitant du mal à un prêtre. Un péché mortel était aussi mortel que vingt péchés mortels. Je veux dire qu'il suffit d'en commettre un seul pour se retrouver en enfer aussi vite que si on en commet vingt. C'est écrit noir sur blanc dans le catéchisme.”

    D'autres thématiques traversent les nouvelles comme la honte d'être un fils d'immigrés italiens ou encore le baseball dont Fante était un grand fan. Mais je ne peux pas les aborder toutes ici. Encore une fois, je suis sous le charme du talent de conteur de John Fante, de la fraîcheur et du naturel de son écriture, de son humour. Se rajoute à tout cela une véritable émotion. John Fante nous raconte ses souvenirs d'enfance de manière extrêmement touchante et j'en suis ressortie fort émue.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr

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