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> Brice Matthieussent (Traducteur)

ISBN : 2264034505
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 882 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Coincé entre une progéniture ingrate et un talent de plus en plus incertain, le personnage principal de Mon chien stupide oscille entre un cynisme salvateur et des envies de fuite. Fils d'immigrés italiens, il caresse le rêve d'un retour à ses racines, fantasmant sur un... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 17 février 2012

    lehane-fan
    Il fait gris ; la voiture vient encore de tomber en panne ; vous venez de manger 10 % , dans les dents , pour paiement dépassé de votre tiers provisionnel ; Christine Boutin commence à vous apparaitre comme étant d'un charisme fou et d'une intelligence démesurée ; oula , oula , y aurait comme un p'tit coup de mou dans la carafe ! Alors , au diable Prozac , Defanyl et autre Ludiomil mais une bonne dose de Mon chien stupide et les symptomes devraient disparaitre sous 48 heures...S'ils devaient cependant persister , priere de consulter votre libraire le plus proche...
    Vous connaissez cette série " Marié , deux enfants " , Fante la revisite à sa maniere puissance dix . Trash , barré , insolent , loufoque...Le ton est impertinent et demesuré mais totalement jouissif ! L'auteur explose les codes familiaux pour le plus grand plaisir du lecteur !
    Harriet et Henry Molise s'aiment ( se supportent ) depuis 25 ans . Famille WASP par excellence , le paraitre prime ! 25 ans de fidélité meme si , régulierement , Madame menace , pour un oui pour un non , de quitter le foyer alors que Monsieur , lui , se verrait bien lacher légitime et marmots pour Rome afin d'y refaire sa vie avec une petite jeunette , démon de midi oblige...Henry , écrivain raté , scénariste médiocre , semble végéter dans une vie dont il n'attend plus rien . Les jours passent et se ressemblent...
    Fruits de leur amour , quatre enfants au compteur ! Véritables dons d'un Dieu qui , pour engendrer de tels spécimens , devait sortir d'une gueule de bois carabinée ! Trois fils , une fille qui se complaisent dans leur médiocrité , concourant chacun férocement dans la catégorie de l'espoir avorté !
    Dominic , l'ainé de la fratrie , a plaqué les études pour la navy et est obsédé par la femme noire , couleur totalement incompatible avec le nuancier personnel de sa gentille manman . Tina , elle , a jeté son dévolu sur un ex militaire néo surfeur toujours partant pour vider le frigo et la cave de ses beaux-parents . Denny , 22 ans , etre semblant doté d'un aplomb hors norme , demeure persuadé qu'Hollywood n'attend plus que lui mais pour cela , il convient d'échapper à la conscription militaire par tous les moyens , aussi retors soient-ils . Jamie , le petit dernier , apparait comme le rejeton le plus équilibré...
    Tout ce petit monde se cotoie au rythme de saillies verbales aussi féroces que caustiques . Ici , point de respect d'aucune sorte , de ressentiment controlé mais une sincérité systématique jubilatoire . On ne caresse jamais dans le sens du poil mais on taille et on rase gratis !! L'hypocrisie , habituellement de mise , laisse la place à une franchise et une lucidité assumées et c'est bon !
    Si les personnages dénotent , que dire de ce chien monstrueux recueilli un soir de pluie et fort justement surnommé Stupide . Gros , paresseux , libidineux , obsédé , il possede la caracteristique de vouloir sauter tout ce qui bouge d'origine masculine ( bipede , quadrupede , velocipede , tout y passe.....) . Totalement aux antipodes des valeurs de la tribu Molise , il n'en deviendra pas moins la coqueluche paternelle , véritable révélateur d'une famille qui se délite peu à peu , d'un couple qui se perd au rythme des départs de sa progéniture . Des situations cocasses ( tentative de viol sur le voisin ; clébard s'attaquant à une baleine échouée , étonnant que Fante n'est pas surnommé le chien Greenpeace , c'eut été dans l'esprit ! ) . Des dialogues acerbes aux petits oignons et des situations ubuesques que n'aurait pas renié Audiard . Un bouquin au cynisme rafraichissant !! Je me suis meme surpris à rigoler tout seul , fait suffisamment rare pour etre signalé...L'écriture est alerte , corrosive et ironique . Fante possede une plume désormais identifiable , l'apanage des tres grands !!
    Mon chien stupide , véritable euphorisant qui vous fera japper de bonheur !!
    4.5 / 5
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    • Livres 4.00/5
    Par Junie, le 11 janvier 2013

    Junie
    John Fante écrit avec des gants de boxe. Il vise à l'estomac, puis balance un crochet du gauche et vous étends K.O. d'un dernier uppercut.
    Ce clébard inopportun n'est qu'un prétexte pour démolir avec jouissance tous les poncifs, clichés et faux-semblants de l'idyllique "american way of life", ses grosses bagnoles, ses surfers bronzés, son melting pot, son ascenseur social garanti par le Gouvernement, sa famille modèle qui rabâche sans arrêt "ça va aller", "je suis désolé" et qui dégouline de bons sentiments.
    John Fante passe tout ça au papier émeri, enlève la rouille et la vieille peinture, il va jusqu'à l'os, ça fait mal. Il envoie au diable son ingrate progéniture et son épouse si dévouée. Lui-même est un raté, un loser, a failure.
    Et pourtant aucun homme ne sait aussi bien parler de sa paternité, avec humilité, avec virilité, avec humanité. Une paternité qui chez lui est dépouillée de tout sentimentalisme, où se mêlent amertume, déception, angoisse, colère,
    une paternité pleine de failles et en même temps inébranlable.
    Faites comme lui, adoptez un chien stupide, ça rend intelligent.
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    • Livres 5.00/5
    Par Malabar_, le 08 novembre 2012

    Malabar_
    Attention, énorme coup de coeur! Emballé par mes précédentes lectures de John Fante, j'ai décidé de poursuivre l'aventure avec Mon chien stupide. Je n'ai pas été déçu! Adieu Bandini, bonjour Molise, l'autre alter-ego de l'écrivain. Je ne m'attarderai par sur l'histoire qui a déjà été relatée ici. Un chien idiot et libidineux déboule sans crier gare dans le quotidien d'une famille au bord de la crise de nerfs.
    Si la plume est moins exaltée, narrateur plus âgé oblige, le style de l'auteur reste reconnaissable entre tous. La même verve, alerte et lyrique. La même fraîcheur, la même facilité de lecture. Pourtant derrière l'humour graveleux et sous des airs faussement loufoques, Mon chien stupide soulève de vraies interrogations. Tour à tour cynique, drôle, grinçant, désabusé, émouvant, dramatique, farfelu mais jamais lassant, ce roman fait désormais partie de mon top personnel.
    Très court, il se lit d'une seule traite, donc aucune de passer à côté de cette petite pépite. Si je ne devais conseiller qu'un seul livre de Fante, ce serait sans conteste celui-ci. Foncez, qu'il vous dit! Vous-y regretterez pas!
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 07 février 2013

    marina53
    Dans la famille Molise, je demande:
    - le père, Henri: fils d'immigrés italiens, écrivain raté qui essaie encore de se faire une place dans le milieu de l'écriture et qui prend tout ce qui lui passe sous la main, rêve de tout quitter pour aller vivre en Italie, aime ses enfants d'une façon disons, assez peu démonstrative.
    - la mère, Harriet: bonne à tout faire dans cette maison, se dévoue corps et âmes pour ses enfants et supporte tant bien que mal les caprices d'Henri.
    - l'aîné, Dominic: a tout plaqué pour s'engager dans l'armée, a un hobby bien particulier: ne coucher qu'avec des femmes noires.
    - le deuxième, Denny: se croit acteur et fera tout pour rejoindre Hollywood et ses beaux studios, fait faire ses devoirs par maman et tente d'échapper par tous les moyens possibles et inimaginables à la conscription militaire.
    - le petit dernier, Jamie: se démarque de tous ses frères et sœurs car justement, il a l'air un peu plus normal, a fait des études supérieures... ou du moins, c'est ce qu'il essaie encore de faire croire à ses parents.
    - la fille, Tina: s'est entiché d'un ancien militaire, surfeur blondinet, un peu niais aux dires d'Henri, ne fait que passer chez ses parents pour vider le frigo, le whisky d'Henri et laver le linge.
    - le chien, Stupide: énorme chien japonais, que Harriet prenait pour un ours et qui a élu domicile, par hasard, chez les Molise, affublé de ce joli sobriquet parce qu'il est l'est... justement, stupide! Et ne s'intéresse qu'à la gent masculine.
    Au jeu des 7 erreurs, ils ont tous une bonne tête de vainqueur! Au gré des retrouvailles et des disputes familiales, on assiste à cette drôle de vie de famille...
    C'est l'intrusion inattendue de ce chien dans cette famille qui est à la base de toute cette remise en questions de chacun, mais surtout du père, qui semble bien mis à l'écart du reste de la famille et du monde. John Fante décortique d'une écriture acerbe, cinglante et piquante le quotidien de chacun. D'une façon dérisoire, toujours avec de l'humour, parfois noir, il n'épargne personne, même pas le chien. A la fois touchant et plein de tendresse, entre rires et larmes, ce roman se laisse lire agréablement... Une bonne entrée en matière pour découvrir l'univers de Fante.
    Mon chien stupide... je me suis bêtement laissée avoir...
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    • Livres 5.00/5
    Par Myriam3, le 28 décembre 2014

    Myriam3
    Un livre délicieusement subversif! Plongée que j'étais dans des lectures belles mais déprimantes, il m'a fallu une parenthèse plus légère; ce livre attendait depuis longtemps sur l'étagère, j'ai plongé.
    Plongé au coeur de cette nuit diluvienne à Malibu auprès de Henry, scénariste et écrivain vieillissant, supportant avec sa bien-aimée de plusieurs décennies les reproches et égoïsmes de leurs quatre enfants, tout juste sortis de l'adolescence.
    Henry n'a qu'un rêve, qui s'empare de lui, tel le Privé de Babylone de Brautigan, au moindre coup dur. Une échappatoire: Rome. L'Italie, le pays de ses ancêtres, le no man's land de tous ses ennuis, le pays rêvé, pour lequel il est prêt à vendre tondeuse, clubs de golf et même sa chère Porsche, et tout quitter, tout lâcher (mais qui n'a jamais eu de tels rêves?)
    Cette fameuse nuit, un animal se réfugie dans leur jardin. Un gros nounours, pour lequel on se prendrait vite d'affection, mais voilà, cet animal s'avère vite être un dérangé sexuel! Bon gré mal gré, il restera auprès de la famille dont les relations se fissurent chaque jour un peu plus. L'aîné ne couche qu'avec des Noires - au grand dam de sa mère Harriet, femme héroïque aux yeux amoureux et vaches de Henry, mais visiblement pas dénuée de reproches - le cadet manipule sa mère sans remords.Tina, la seule fille de la fratrie, a toujours considéré son père comme un fruste étranger; il n'y a que le dernier, Jamie, qui n'a jamais vraiment préoccupé ses parents.
    Et Henry, non des moindres, semble ignorer toute bienséance au sein de sa famille, son quartier et son travail, ce qui lui cause régulièrement pas mal d'animosité (cela ne l'inquiète pas outre mesure d'ailleurs).
    et puis, et puis... soudain, un oeil un plus brillant, une angoisse qui le prend parce qu'en tant que père, il doit laisser ses enfants voler de leurs propres ailes, un vide au creux du ventre quand ses rejetons quittent l'un après l'autre la grande maison familiale.
    Et puis, et puis aussi ces petites descriptions fulgurantes, du génie tout simplement: "le soleil se levait, oeil rouge suffoquant dans le smog", "Decker Road sinuait dans les montagnes comme un serpent désireux d'échapper à la mer".
    Et enfin, cette magnifique évocation d'une baleine échouée sur la plage, ces beautés que même son chien Stupide et l'autre Rocco ne peuvent gâcher par leurs comportements si peu orthodoxes, maillons de ce récit familial!
    John Fante, toi non plus je ne te lâche plus.
    Lu dans le cadre du Challenge ABC
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Citations et extraits

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  • Par patatarte2001, le 22 février 2015

    Il avait de bonnes notes, il était propre, il s'habillait correctement, mangeait tout ce qu'on lui servait, passait des journées entières à jouer au basket et embrassait toujours sa mère pour lui dire bonsoir. Qui aurait remarqué un gamin pareil ? Pour attirer mon attention, un garçon devait faire quelque chose de significatif, démolir une voiture par exemple, ou me voler mon revolver pour tirer des cailles dans les pins, se faire arrêter par le garde- chasse à cause de nasses à langoustes illégales, tomber de la falaise et se planter dans le sable, ou encore se ronger les ongles en attendant les prochaines règles d'une fille, échapper d'un cheveu à la noyade, organiser des soirées où l'on brise les meubles, casse les vitres. Pas Jamie. C'était un garçon modèle, sage, pondéré et raisonnable.
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  • Par patatarte2001, le 22 février 2015

    Les hurlements d'un enfant ! Faites-moi avaler du verre pilé, arrachez-moi les ongles, mais ne me soumettez pas aux cris d'un nouveau né, car ils se vrillent au plus profond de mon nombril et me ramènent dans les affres du commencement de mon existence.

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  • Par patatarte2001, le 20 février 2015

    Tu ne peux pas être un peu plus discret ? " je lui ai dit avec un hochement de tête vers les capotes anglaises : " Ta mère et ta soeur vivent aussi ici." Il a souri. "J'pourrais te montrer tout un flacon de pilules contraceptives dans la salle de bains de ta fille.

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  • Par patatarte2001, le 20 février 2015

    L'arme dirigé vers la bête, j'ai avancé sur la pointe des pieds, effrayé, en essayant d'accomoder sur la chose brouillée par la pluie. Une image s'est peu à peu formée. C'était un mouton qui gisait là. Je ne distinguais pas sa tête, mais son dos et son ventre laineux étaient parfaitement visibles. Brusquement, le vent a tourné, modifiant la direction de la pluie et métamorphosant l'animal. J'ai retenu mon souffle. Ce n'était pas un mouton. Ça avait même une crinière.
    "C'est un lion", j'ai dit en reculant.
    Mais Harriet avait une excellente vue.
    "Certainement pas. " Toute peur avait quitté sa voix. "C'est juste un chien."
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  • Par patatarte2001, le 20 février 2015

    Nous avons été surpris de découvrir là l'autre voiture, une Packard de 1940, une véritable antiquité qui appartenait à Dominic, notre aîné, le premier dingo de la famille. Nous ne l'avions pas vu depuis deux semaines. Son retour par une telle nuit d'orage signifiait qu'il avait soit des ennuis, soit besoin de chemises propres.

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Vidéo de John Fante

Ask the Dust (2006) film de Robert Towne avec Salma Hayek dans le rôle de Camilla Lopez et Colin Farrell dans le rôle d’Arturo Bandini.








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