ISBN : 2916965041
Éditeur : les Penchants du roseau (2010)


Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Avril mil neuf cent quatre-vingt-quatorze, les services de voirie de la ville d'Angoulême découvrent le corps d'un adolescent, mort vraisemblablement par overdose. L'Enquête ne permettant pas de l'identifier et aucun parent ou proche ne se signalant auprès des autorités... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par becdanlo, le 20 novembre 2010

    becdanlo
    Parfois, il est bon de ne rien dire tant un texte se suffit à lui-même.
    Lorsque j'ai lu « Le souvenir de personne » j'ai tout de suite ressenti ce besoin d'être discret, pudique, tant on est au cœur d'une histoire secrète... celle de deux adolescents... dont le destin sera tragique pour l'un d'eux.
    Je garde en mémoire, tout ce passage où Sébastien tentera de se désintoxiquer... dans cette cabane prêtée... au bord d'un monde qui se réveille chaque jour... et qui n'est pas forcément le notre. « Le souvenir de personne » c'est une tentative de faire revivre quelque chose, quelqu'un... mais c'est comme visiter un camp de la mort : on voit les décors, les paysages... ce qui reste... mais qu'en est-il vraiment des êtres humains qui ont vécu là ?
    En un « Voyage au bout de la nuit »... le livre refermé, on garde le silence... c'est ce qu'il convient le mieux au souvenir de Sébastien... car le silence est profond, vaste et sans limite...
    Il faut tout de même dire que j'ai été heureux de lire ce livre, d'être un "témoin" de ce qu'a été la vie de Sébastien.
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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 06 décembre 2011

    MarianneDesroziers
    Un récit plein de justesse et sans pathos, en hommage à un jeune garçon disparu bien trop tôt et qui fait parti de la longue liste des morts de la rue. Grâce à Cécile Fargue, ce corps enterré anonymement, retrouve une dignité, une âme, une histoire, un nom. Il s'appelait Sébastien. Il vendait son corps pour quelques dizaines de francs. C'était les années 1990. Cécile y était aussi. Elle avait 13 ans et elle a connu ce jeune adolescent à la dérive qui malgré la prostitution, la drogue et la rue avait réussi à garder sa grâce et sa délicatesse.

    Lien : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/12/le-souvenir-de-p..
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Citations et extraits

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  • Par les_penchants_du_roseau, le 20 novembre 2010

    Ce n’est pas insupportable de vous regarder, rien n’empêche de vomir la bouche fermée, c’est terrifiant. Terrifiant de voir comme rien ne se fissure, tout reste en place. Terrifiant de penser à toutes ces nuits qui ont déjà existé, où j’ai dormi sans ne rien savoir, où tu as été seul sans personne pour voir. Alors cette nuit je regarde, à m’en faner l’iris, je regarde. Mes deux yeux, seulement deux, c’est si peu…
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  • Par les_penchants_du_roseau, le 11 novembre 2010

    — Les arbres ne sont pas nos amis.
    — Que veux-tu dire ?
    — Et bien, regarde !
    Il n’y a qu’à lever un peu la tête. La nuit est d’un jaune étrange et sale. Un peu comme le blanc de la neige lorsque sur la chaussée, en fondant, il se mêle à l’eau et la boue. Le ciel de cette nuit est piétiné des pas que tu ne fais plus. Et juste devant, à quelques mètres, un arbre. Enfin, la silhouette sombre d’un arbre. Massive. Muette. Immobile. Intimidante pour tout dire. Jetant sur ce ciel de paille, des vertiges à nous couper les pattes.
    — Je le vois oui… et…?
    Nez en l’air, tu le regardes en plissant des yeux.
    — Et il est beau, nous pas, et ça l’indiffère.
    Tu sembles terriblement triste soudain.
    — Et toi ? Toi, ça t’indiffère ?
    — Non… Non, moi j’aurais voulu qu’il m’en veuille je crois.
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  • Par les_penchants_du_roseau, le 18 novembre 2010

    Sur l’allée blanche du cimetière, tes mots tremblotaient, loin de tes lèvres fermées. Ils avaient peur, je crois, que je les laisse moi aussi, peur de l’ombre haute des cyprès, peur de la rondeur du gravier, de cette armée de points finals… Alors, je les ai recueillis parce qu’ils étaient de toi tout ce qui subsiste. Je leur ai promis qu’un jour ils auraient assez de souffle pour revenir te chercher, assez de place et d’air pour parler, haut et fort, seuls, sans même moi pour les protéger.
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  • Par les_penchants_du_roseau, le 18 novembre 2010

    Tous les mots que tu n’avais pas su dire, pas su élever. Ceux que tu avais crachés comme les pépins d’un fruit dont tu ne voulais plus laisser venir la pourriture. Ils étaient là, devant moi, abîmés comme les miens, ne sachant pas très bien où aller, ne se résignant pas à te rejoindre tout à fait.

    On s’est regardé un long moment eux et moi. Leurs discours étaient embrouillés, chacun voulait parler le premier, et à tous les entendre je n’en écoutais aucun, mais je reconnaissais ta voix.
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  • Par les_penchants_du_roseau, le 18 novembre 2010

    J’ai toujours été sensible aux voix, à ce membre de plus qui nous pousse lorsque l’Autre se fait soudain trop éloigné. Et bien plus que les écouter, j’aime les regarder. Regarder la façon dont elles découpent le silence, la manière qu’elles ont de souligner le corps, trait fin ou appuyé. Il y a tant d’eaux où plonger en dessous de ces passerelles jetées...
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