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ISBN : 2070342565
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.17/5 (sur 244 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est dans la trentaine que la vie m'a sauté à la figure. J'ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il est. J'ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela p... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 20 février 2013

    Malaura
    Il est beau gosse, trentenaire, marié avec Alexandrine, une femme de caractère qu'il aime énormément et avec qui il a deux enfants.
    Mais Alex est loin d'être commode ! Pour elle, les liens du mariage sont sacrés ! On ne badine pas avec le contrat d'une union placée sous le sceau de la fidélité absolue, de la connaissance entière de l'autre et de l'appartenance corps et âme.
    Un idéal fusionnel qui va sonner la fin du couple car lui fait un léger écart de conduite et mal à l'aise, se sentant coupable, avoue tout.
    La violence alors se déchaîne, la cruauté jalouse grandit de jour en jour, plus rien ne passe, on s'espionne, on se soupçonne, on se méfie, bref on souffre et c'est l'enfer !
    Comme il se sent coupable d'avoir ouvert les hostilités, il accepte toutes les humiliations, au point même de se laisser frapper par son épouse ! En voulant éviter la guerre, il n'a fait que la porter à son comble.
    Pour souffler un peu, il s'offre alors une parenthèse en Italie chez son père.
    Un soir qu'il dîne au restaurant le serveur lui apporte un petit mot rédigé en italien : « J'étais derrière toi », signé Alice, suivi d'un numéro de téléphone.
    Il trouve ça osé, sexy, féminin, italien, charmant et…téléphone. le courant passe d'emblée entre les deux jeunes gens qui décident de se rencontrer.
    Alice est étudiante, elle a 20 ans, est jolie, vive, drôle, cultivée.
    De l'entente consciente et amicale, germent la souplesse, la douceur, la tendresse…et pourquoi pas l'amour ?
    Mais le narrateur retourne quand même auprès de sa femme avec qui il a encore quelque espoir de recoller les morceaux. Alors, il s'accroche et obéit, il s'abaisse devant une compagne dominatrice de plus en plus odieuse, mégère, infernale, qui le mate, le dompte, le harcèle avec toute la hargne dont une femme jalouse est capable.
    Les belles images de l'Italie vécues avec Alice sont comme un coin de paradis dans ce sinistre quotidien qui est devenu son enfer conjugal.
    Lui qui ne rêve que de tendresse partagée est enlisé dans une situation inextricable où il est comme un chien tenu en laisse par sa propre peur.
    Quand pourra-t-il définitivement dire adieu à Alexandrine et Bonjour Alice, bonjour le désir, l'Italie et surtout Bonjour à soi-même ?
    La guerre des sexes est déclarée !
    Nicolas Fargue passe la désagrégation du couple aux rayons X avec ce roman plutôt sympathique, tour à tour frivole et profond, vivace, sombre ou enjoué, qui exprime avec une lucidité féroce comment les malentendus creusent les sillons de la haine, comment la souffrance de l'un nourrit la culpabilité de l'autre et comment la mécanique de la rupture devient peu à peu inéluctable.
    La façon de raconter est originale. Sur le mode du confiteor qu'il adresse à un « tu » compréhensif, l'auteur implique directement le lecteur en lui faisant tenir un rôle primordial : celui de l'ami qui entend la confession grave et légère, brûlante ou tendre du narrateur, ce jeune trentenaire amical perdu dans les affres de la désillusion amoureuse.
    Le roman se construit donc sur le mode du partage, de la communion dans l'intimité de la confidence, entre un narrateur extrêmement volubile (un peu trop parfois) et un lecteur qui en lisant sert l'écoute. Au fil de la narration, ce personnage sans nom, qui exprime ainsi une grande partie de la gent masculine, et qu'on ne peut s'empêcher de trouver charmant à l'instar de l'auteur son double, va peu à peu grandir, mûrir et devenir adulte ; ce qui ne se fera pas sans moult atermoiements, hésitations et sentiments de culpabilité.
    Porté par un style vif, alerte, de longues phrases pétillantes et un débit endiablé à faire souffler un marathonien, « J'étais derrière toi » fait état de l'incommunicabilité entre les êtres dans une description de l'homme moderne, fragile, vulnérable, qui cache une âme infiniment sensible sous ses dehors de mâles aux gros biceps. C'est donc aussi un roman sur l'intimité masculine, sur l'homme d'aujourd'hui, prêt à partager ses plaisirs, à confesser ses ratages et exprimer son besoin de douceur.
    A travers une histoire de rupture et de rencontre, une histoire qui finit et une autre qui nait, c'est une jolie interrogation sur l'Amour et une intéressante réflexion sur le couple, la jalousie, le désir, l'humiliation mais aussi sur le besoin de simplicité, de tendresse et de reconnaissance que nécessitent toutes relations amoureuses si l'on veut qu'elles soient durables.
    A bon entendeur…
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    • Livres 3.00/5
    Par jd, le 29 août 2008

    jd
    « J'étais derrière toi" , c'est l'histoire d'un classique : un homme trentenaire marié deux enfants, dont le couple bat de l'aile va passer un week-end chez ses parents en Toscane. Dans un restaurant, le serveur lui remet un billet écrit par une jeune femme avec juste ces mots "J'étais derrière toi" et un n° de téléphone. Cette petite phrase anodine mais symbolique va changer sa vie.
    "Pendant tout ce temps, toutes ces années, j'étais juste derrière toi, pas très loin, et tu ne m'as pas vue..."
    C'est vrai que ça ne va pas fort pour le héros au moment de son escapade italienne. Longtemps heureux, mari fidèle et amoureux, il connaît un premier « bug » en flirtant avec une danseuse de passage dans la ville, a Tanambo, au Madagascar. L'épisode, qu'il avoue a sa femme Alexandrine, se transforme en cauchemar, avec une scène de violence conjugale d'une douleur monumentale. Malgré sa volonté de se racheter, son épouse lui maintient la tête sous l'eau, le tyrannise, l'humilie et décide de le tromper également. Alors quand le destin lui met Alice dans la tête et dans le cœur, la vie bascule.
    «Moi qui ne drague jamais, le désespoir me rendait prêt à tout.»
    La jolie et cultivée étudiante italienne l'entraîne bien vite dans un monde de délices. Il se sent revivre. Car le personnage est attachant, et on a envie qu'il vive, qu'il sorte des griffes de sa tyrannique Alexandrine et qu'il aille chercher pour toujours Alice à Romanze. On aime ses ambiguités : incapable d'assumer, en recherche permanente d'affection et de romantisme.
    « J'ai du mal à imaginer qu'on puisse faire l'amour avec quelqu'un, même d'inconnu, même une unique nuit, sans qu'un lien fort en résulte. Deux corps qui se sont pénétrés, deux peaux qui se sont frottées l'une contre l'autre, deux salives qui se sont échangées, se doivent des comptes, on ne peut pas s'en tirer comme ça, même si chez la plupart des gens, de fait, ça n'engage à rien."
    Alors, on le suit, on l'encourage, on a mal pour lui, on sent son cœur se déchirer de douleur quand l'absence d'Alice lui fait mal. On est au plus près de lui, car, en plus, pour nous raconter tout cela, Nicolas Fargues a choisi une forme originale puisque le narrateur s'adresse au lecteur en direct, dans un style presque parlé. L'effet est intéressant d'autant plus que le livre est d'un seul tenant, sans chapitres, ni même paragraphes.
    J'ai passé un agréable moment a la lecture de ce roman, dévoré en quelques heures. Nicolas fargues a une écriture sage, mais un style vif et a de vrais parti pris, tant dans la rédaction, que dans certaines thèses développées. Il mérite d'être découvert.
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    • Livres 2.00/5
    Par Rouletabille, le 22 avril 2013

    Rouletabille
    Au début prendre à témoin le lecteur est plaisant, on se sent concerné par cette histoire puis au fur et à mesure ce procédé devient trop répétitif et finit par être agaçant. A moins que le côté agaçant ne soit le résultat du narrateur lui même, à force d'avoir le "cul coincé entre deux chaises" comme il aime le répéter. Car ce trentenaire marié n'aime pas vraiment sa femme mais il s'efforce de rester malgré tout avec elle. Alors qu'au fond de lui, il sait bien qu'il a eût un coup de foudre avec Alice un weekend passé en Italie. Par conséquent la fin de l'histoire est sans aucune surprise.
    Le livre est un seul bloc, pas de chapitres, pas de coupures, bref pas très agréable pour le lecteur pour arrêter sa lecture.
    Les passages sur le descriptif de l'Italie sont plaisant, sa comparaison avec la France est cruelle pour nous.
    Ce livre explore la tragédie du couple incapable de se comprendre, trouvant un certain confort dans la routine même violente, malheureuse.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 23 août 2012

    brigittelascombe
    "Le bonheur, l'avenir est une parfaite et perpétuelle inconnue, dans tous les sens du terme."
    Cette inconnue, lors d'un week-end-évasion pour respirer un grand bol d'air italien hors de sa relation maritale étouffante, le narrateur, un trentenaire financièrement aisé, va la rencontrer.
    Mais cette rencontre n'est pas fortuite, Alice, une étudiante, la provoque en lui faisant remettre par le serveur de l'hôtel où il dîne un simple bristol avec ces simples mots: "J'étais derrière toi" (d'où le titre) et son numéro de téléphone.....
    Une invite!
    Ce roman d'amour, d'un homme faible, qui "obéit comme un chien galeux", écartelé entre Alexandrine complètement hystérique, "trop grande,trop froide, trop distante..." qui lui fait "payer" une précédente aventure en le cocufiant et l'humiliant et Alice plus facile à satisfaire; le narrateur la raconte à un confident inconnu (le lecteur?) sur le mode de la confidence intime émaillée de mots crus parfois.
    Nicolas Fargues dont j'avais déjà apprécié La ligne de courtoisie (dont le héros nedépasse jamais les bornes) et Tu verras (prix France culture et Télérama 2011 , dont le héros se culpabilise du suicide de son fils unique) reprend ici le thème de l'homme sensible, et dans ce cas là même faible et lâche qui s'empêtre dans ses émotions (culpabilité,trahison,désir,colère,jalousie,humiliation, mauvaise foi....). On rit de ce clown triste, ridicule ou fanfaron car certaines scènes (dignes d'un vaudeville) sont cocasses. Mais cet homme bavard qui se perd dans des verbiages (presque féminins qui partent dans tous les sens), n'est-il pas un homme aux abois qui se cache sous un masque, celui du rôle qu'il joue (beaucoup de références à des films comme s'il était incapable de penser par lui-même) par manque d'affirmation de soi face aux femmes?Cette vision cynique du mariage basée sur une relation dominant-dominé, renvoie à un problème d'actualité: celui de l'atteinte des hommes dans leur virilité.
    Déjà angoissés par des situations (ici bourgeoise) où ils doivent assumer financièrement, leurs compagnes leur demandent d'assurer au lit (d'où parfois débandade). Ils n'ont plus le monopole de la drague (Alice donne son téléphone). Notre société est-elle soumise aux lois d'un matriarcat?
    "Pourquoi je me laisse faire ?"s'interroge le narrateur, la queue basse.
    Pourquoi les hommes d'aujourd'hui se laissent-ils manipuler? interroge l'auteur avec une cruelle lucidité.
    Qu'est-ce que le bonheur, le couple,la fidélité....?
    Bonnes questions et excellent roman (à tiroirs) d'amour....vache!
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    • Livres 1.00/5
    Par zorazur, le 13 janvier 2012

    zorazur
    Je n'ai pas compris l'engouement pour ce petit roman. "Une banale histoire de séparation et de rencontre" comme le dit la quatrième de couverture. Ce n'est resté rien d'autre. Rien ne m'a attirée, attendrie, distraite, encore moins bouleversée : ni l'histoire (banale, mais on peut faire un chef d'oeuvre avec du banal), ni le style, ni l'attente de "comment tout çà va se terminer ?". Eau de rose ? On peut faire des chefs d'oeuvre avec de l'eau de rose. Quelque chose m'a sans doute échappé.
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Citations et extraits

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  • Par jd, le 29 août 2008

    J'ai du mal à imaginer qu'on puisse faire l'amour avec quelqu'un, même d'inconnu, même une unique nuit, sans qu'un lien fort en résulte. Deux corps qui se sont pénétrés, deux peaux qui se sont frottées l'une contre l'autre, deux salives qui se sont échangées, se doivent des comptes, on ne peut pas s'en tirer comme ça, même si chez la plupart des gens, de fait, ça n'engage à rien.

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  • Par mandarine43, le 26 mars 2011

    [Incipit.]

    Ero dietro di te : tu sais ce que ça veut dire, en français ? Ça veut dire J'étais derrière toi. En fait, pendant tout le dîner, elle était assise à une table derrière la nôtre et elle a passé son temps à me regarder sans que je le sache. Et, c'est marrant, je suis en train de me rendre compte qu'en la tirant un peu par les cheveux, elle est éminemment symbolique, cette phrase. Elle pourrait signifier aussi : «Pendant tout ce temps, toutes ces années, j'étais juste derrière toi, pas très loin, et tu ne m'as pas vue. C'était l'évidence même, toi et moi, mais on se ratait à chaque fois. Maintenant, me voilà, je suis là et je compte bien te le faire savoir, la balle est dans ton camp, tu ne pourras pas dire que tu n'a pas été prévenu et te lamenter d'être passé à côté de la chance de ta vie.» Non ?

    C'est le serveur qui m'a apporté une petite carte à la fin du repas, avec l'addition. Tu sais, ces bristols avec écrits dessus le nom, le logo et les coordonnées du restaurant. En Italie, je ne sais pas si tu as remarqué, mais c'est toujours très bien fait, ces trucs-là, c'est toujours imprimé proprement, avec un beau papier, une illustration raffinée, une jolie typo : c'est toujours très personnalisé, ils sont beaucoup plus attentifs que nous à ces choses-là.
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  • Par clarinette, le 29 juin 2008

    "En fait, j'ai attendu la trentaine pour comprendre que j'étais exactement comme tout le monde et qu'on était tous dans la même galère, que j'avais été un sacré abruti de me croire au-dessus de la mêlée. d'ailleurs, ma psy, c'est ce qu'elle m'a dit dès notre première séance au mois de juin : "maintenant, vous n'êtes plus au-dessus des autres, vous êtes parmi les autres", en insistant bien sur parmi. Les autres, avant, moi, je pensais que je n'avais rien à leur dire. Mais, les autres, j'ai été bien content de les trouver, quand j'ai eu besoin de parler. Parce, que tu sais, avant, je ne parlais pas. Monsieur pas de problème, je te dis. Et, aujourd'hui, je peux te dire que c'est parce que j'ai parlé des heures, à des oreilles attentives ou non d'ailleurs, peu importe, que je m'en suis tiré. Oui je le dis haut et fort : Merci les autres, merci ! Vous m'avez sauvé la vie, et pardonnez-moi de vous avoir si longtemps pris de si haut, je vous jure que j'ai bien retenu la leçon et que je ne le ferais plus !"
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  • Par some-books, le 03 juin 2010

    Je ne me suis jamais senti aussi seul, jamais dans une impasse à ce point, alors je fonds en larmes pour moi tout seul, parce que j'ai fini par comprendre que, dans ces cas-là, quand tu n'as plus d'autre solution, quand ça devient trop, trop impossible, trop sans issue, c'est la seule chose à faire.

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  • Par undeuxtoi, le 04 juin 2011

    Je lui annonçais que je la quittais, mais pour me rétracter brusquement au bout de vingt minutes et la supplier de me pardonner. Je vais vite, là, je schématise trop, je te passe son effondrement psychologique et physique dans la seconde même où je lui annonçais la nouvelle, le choc palpable, terrible, dans ses yeux et sur tout son visage. Je te passe mon envie instantanée de mourir de l'avoir mise dans cet état, la conscience brutale d'avoir rompu l'équilibre du monde, d'avoir brisé la confiance d'une façon irréversible, d'avoir commis un véritable sacrilège, je te passe la sensation d'apocalypse, de pénétrer dans les flammes de l'enfer, il n'y a pas d'autre image pour exprimer ça, le cauchemar vivant, les cinq secondes déterminantes de mots prononcés que tu voudrais effacer, ces cinq secondes fatales qu'en vain tu voudrais réécrire pour que tout redevienne exactement comme avant, pour que tout cela ne soit qu'un mauvais rêve.
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