ISBN : 2070342565
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.15/5 (sur 150 notes) Ajouter à mes livres
C'est dans la trentaine que la vie m'a sauté à la figure. J'ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il est. J'ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela p... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par jd, le 29 août 2008

    jd
    « J'étais derrière toi" , c'est l'histoire d'un classique : un homme trentenaire marié deux enfants, dont le couple bat de l'aile va passer un week-end chez ses parents en Toscane. Dans un restaurant, le serveur lui remet un billet écrit par une jeune femme avec juste ces mots "J'étais derrière toi" et un n° de téléphone. Cette petite phrase anodine mais symbolique va changer sa vie.
    "Pendant tout ce temps, toutes ces années, j'étais juste derrière toi, pas très loin, et tu ne m'as pas vue..."
    C'est vrai que ça ne va pas fort pour le héros au moment de son escapade italienne. Longtemps heureux, mari fidèle et amoureux, il connaît un premier « bug » en flirtant avec une danseuse de passage dans la ville, a Tanambo, au Madagascar. L'épisode, qu'il avoue a sa femme Alexandrine, se transforme en cauchemar, avec une scène de violence conjugale d'une douleur monumentale. Malgré sa volonté de se racheter, son épouse lui maintient la tête sous l'eau, le tyrannise, l'humilie et décide de le tromper également. Alors quand le destin lui met Alice dans la tête et dans le cœur, la vie bascule.
    «Moi qui ne drague jamais, le désespoir me rendait prêt à tout.»
    La jolie et cultivée étudiante italienne l'entraîne bien vite dans un monde de délices. Il se sent revivre. Car le personnage est attachant, et on a envie qu'il vive, qu'il sorte des griffes de sa tyrannique Alexandrine et qu'il aille chercher pour toujours Alice à Romanze. On aime ses ambiguités : incapable d'assumer, en recherche permanente d'affection et de romantisme.
    « J'ai du mal à imaginer qu'on puisse faire l'amour avec quelqu'un, même d'inconnu, même une unique nuit, sans qu'un lien fort en résulte. Deux corps qui se sont pénétrés, deux peaux qui se sont frottées l'une contre l'autre, deux salives qui se sont échangées, se doivent des comptes, on ne peut pas s'en tirer comme ça, même si chez la plupart des gens, de fait, ça n'engage à rien."
    Alors, on le suit, on l'encourage, on a mal pour lui, on sent son cœur se déchirer de douleur quand l'absence d'Alice lui fait mal. On est au plus près de lui, car, en plus, pour nous raconter tout cela, Nicolas Fargues a choisi une forme originale puisque le narrateur s'adresse au lecteur en direct, dans un style presque parlé. L'effet est intéressant d'autant plus que le livre est d'un seul tenant, sans chapitres, ni même paragraphes.
    J'ai passé un agréable moment a la lecture de ce roman, dévoré en quelques heures. Nicolas fargues a une écriture sage, mais un style vif et a de vrais parti pris, tant dans la rédaction, que dans certaines thèses développées. Il mérite d'être découvert.
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    • Livres 1.00/5
    Par zorazur, le 13 janvier 2012

    zorazur
    Je n'ai pas compris l'engouement pour ce petit roman. "Une banale histoire de séparation et de rencontre" comme le dit la quatrième de couverture. Ce n'est resté rien d'autre. Rien ne m'a attirée, attendrie, distraite, encore moins bouleversée : ni l'histoire (banale, mais on peut faire un chef d'oeuvre avec du banal), ni le style, ni l'attente de "comment tout çà va se terminer ?". Eau de rose ? On peut faire des chefs d'oeuvre avec de l'eau de rose. Quelque chose m'a sans doute échappé.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par AnnaKa, le 29 mai 2010

    AnnaKa
    "C'est dans la trentaine que la vie m'a sauté à la figure. J'ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il est. J'ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci. Qu'est-ce qui s'est passé ? Je n'ai pas connu de guerre, ni la perte d'un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu'une banale histoire de séparation et de rencontre."
    Quand j'ai commencé à lire les premières lignes de ce livre, je savais que je me lançais en terrain inconnu. Je ne connaissais pas l'auteur, je n'avais jamais entendu parler de ses romans. C'est donc pour une mauvaise raison que j'ai voulu commencé J'étais derrière toi : le titre avait titillé mon côté un peu fleur bleue. Je me suis dit qu'en vacances, je pouvais bien me permettre de lire une bluette.
    Et là... stupeur !
    Il y a certes une belle rencontre, au demeurant assez improbable mais toute mimi : elle l'aperçoit au restaurant, elle le trouve charmant, lui ne l'a pas remarquée mais, via le serveur, elle lui laisse un petit mot "Ero dietro di te" (faites un effort pour traduire) avec son numéro de téléphone. Lui est très flatté, finit par l'appeler, lui donne rendez-vous ; elle lui plaît aussi, ils s'embrassent (je vous passe les détails) et ils vont vite tomber amoureux l'un de l'autre. Pas de suspense.
    Mais là, je n'ai résumé qu'un dixième du roman. Pour le reste, il faut s'accrocher. Car lui, il est marié. Lui, il se fait tabasser. Par sa femme. À coups de fils électriques. Lui, il ne dit rien. Parce qu'il est lâche. Parce qu'il se dit que s'il se fait tabasser, c'est parce qu'il l'a mérité. Et nous voilà dans une situation complètement sado-masochiste qui transforme cette bluette en contre-bluette.
    Ce roman est donc... surprenant. le style est assez agréable, très oral ; le narrateur raconte sa vie à un ami, l'interpelle à plusieurs reprises, s'interroge, se remet en question. Heureusement !
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    • Livres 3.00/5
    Par EmmaBdesPotesetdesLivres, le 20 avril 2012

    EmmaBdesPotesetdesLivres
    «C'est dans la trentaine que la vie m'a sauté à la figure. J'ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il est.»
    Voici comment commence la quatrième de couverture de J'étais derrière toi, de Nicolas Fargues; ça titille la bientôt trentenaire que je suis, je repars donc avec le livre.
    J'étais derrière toi, publié en 2006, nous raconte le long processus de séparation du narrateur d'avec sa femme, leur relation, quasi sadomasochiste, qui a fait de lui un homme qui a perdu l'estime de soi. Il nous raconte aussi sa rencontre avec Alice; la lumière et la douceur enfin retrouvées; la culpabilité aussi, «je me suis senti mi- libéré, mi- coupable, j'ai les lèvres engourdies, le goût de salive d'une étrangère dans la bouche, et je me demande brusquement ce que je fous là».
    Dans ce roman, l'auteur, s'adresse à nous sous le ton de la conversation, pas d'envolée lyrique, peu de romanesque, l'écriture est moderne, franche, direct. «Rien qu'une banale histoire de séparation et de rencontre.». Banale, oui, mais pas sans intérêt pourtant.
    Nicolas Fargues, je ne l'ai découvert qu'il y a peu, et après ma déception à la lecture de La ligne de courtoisie, je ne partais pas avec un apriori positif sur l'auteur. Pourtant, j'ai apprécié de lire J'étais derrière toi, on est touché par l'anti héros du quotidien que nous dépeint l'auteur, on a de la peine pour lui, puis on le reprouve; on se dit «bien fait pour lui» et on lui souhaite bonne chance.
    Bref, pas de quoi en faire des pages, mais un bon moment passé avec ce roman ordinaire, je pense donc que je vais donner sa chance à un troisième roman.
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 16 janvier 2012

    carre
    L'histoire ce résume à un homme qui fait un constat la trentaine venu sur sa vie sentimentale. Rien de novateur et l'on peut très bien trouver ce monologue nombrilique et vain mais si on accepte le postulat de départ, le livre devient une réflexion sur la vie en couple, sur l'usure ou la durée de l'amour, sur la fin d'une idylle et la rencontre qui change tout. Nicolas Fargues aborde les problèmes d'un couple (le désir, l'abandon, la routine, le désamour, la violence) avec beaucoup de sincérité et de désenchantement. Une image de l'homme d'aujourd'hui pas forcément glorieuse. Mais un regard qui a le mérite de se regarder dans un miroir.
    Auto fiction plutot réussi.
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 29 juin 2008

    "En fait, j'ai attendu la trentaine pour comprendre que j'étais exactement comme tout le monde et qu'on était tous dans la même galère, que j'avais été un sacré abruti de me croire au-dessus de la mêlée. d'ailleurs, ma psy, c'est ce qu'elle m'a dit dès notre première séance au mois de juin : "maintenant, vous n'êtes plus au-dessus des autres, vous êtes parmi les autres", en insistant bien sur parmi. Les autres, avant, moi, je pensais que je n'avais rien à leur dire. Mais, les autres, j'ai été bien content de les trouver, quand j'ai eu besoin de parler. Parce, que tu sais, avant, je ne parlais pas. Monsieur pas de problème, je te dis. Et, aujourd'hui, je peux te dire que c'est parce que j'ai parlé des heures, à des oreilles attentives ou non d'ailleurs, peu importe, que je m'en suis tiré. Oui je le dis haut et fort : Merci les autres, merci ! Vous m'avez sauvé la vie, et pardonnez-moi de vous avoir si longtemps pris de si haut, je vous jure que j'ai bien retenu la leçon et que je ne le ferais plus !"
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  • Par jd, le 29 août 2008

    J'ai du mal à imaginer qu'on puisse faire l'amour avec quelqu'un, même d'inconnu, même une unique nuit, sans qu'un lien fort en résulte. Deux corps qui se sont pénétrés, deux peaux qui se sont frottées l'une contre l'autre, deux salives qui se sont échangées, se doivent des comptes, on ne peut pas s'en tirer comme ça, même si chez la plupart des gens, de fait, ça n'engage à rien.
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  • Par mandarine43, le 26 mars 2011

    [Incipit.]

    Ero dietro di te : tu sais ce que ça veut dire, en français ? Ça veut dire J'étais derrière toi. En fait, pendant tout le dîner, elle était assise à une table derrière la nôtre et elle a passé son temps à me regarder sans que je le sache. Et, c'est marrant, je suis en train de me rendre compte qu'en la tirant un peu par les cheveux, elle est éminemment symbolique, cette phrase. Elle pourrait signifier aussi : «Pendant tout ce temps, toutes ces années, j'étais juste derrière toi, pas très loin, et tu ne m'as pas vue. C'était l'évidence même, toi et moi, mais on se ratait à chaque fois. Maintenant, me voilà, je suis là et je compte bien te le faire savoir, la balle est dans ton camp, tu ne pourras pas dire que tu n'a pas été prévenu et te lamenter d'être passé à côté de la chance de ta vie.» Non ?

    C'est le serveur qui m'a apporté une petite carte à la fin du repas, avec l'addition. Tu sais, ces bristols avec écrits dessus le nom, le logo et les coordonnées du restaurant. En Italie, je ne sais pas si tu as remarqué, mais c'est toujours très bien fait, ces trucs-là, c'est toujours imprimé proprement, avec un beau papier, une illustration raffinée, une jolie typo : c'est toujours très personnalisé, ils sont beaucoup plus attentifs que nous à ces choses-là.
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  • Par some-books, le 03 juin 2010

    Je ne me suis jamais senti aussi seul, jamais dans une impasse à ce point, alors je fonds en larmes pour moi tout seul, parce que j'ai fini par comprendre que, dans ces cas-là, quand tu n'as plus d'autre solution, quand ça devient trop, trop impossible, trop sans issue, c'est la seule chose à faire.
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  • Par undeuxtoi, le 04 juin 2011

    Je lui annonçais que je la quittais, mais pour me rétracter brusquement au bout de vingt minutes et la supplier de me pardonner. Je vais vite, là, je schématise trop, je te passe son effondrement psychologique et physique dans la seconde même où je lui annonçais la nouvelle, le choc palpable, terrible, dans ses yeux et sur tout son visage. Je te passe mon envie instantanée de mourir de l'avoir mise dans cet état, la conscience brutale d'avoir rompu l'équilibre du monde, d'avoir brisé la confiance d'une façon irréversible, d'avoir commis un véritable sacrilège, je te passe la sensation d'apocalypse, de pénétrer dans les flammes de l'enfer, il n'y a pas d'autre image pour exprimer ça, le cauchemar vivant, les cinq secondes déterminantes de mots prononcés que tu voudrais effacer, ces cinq secondes fatales qu'en vain tu voudrais réécrire pour que tout redevienne exactement comme avant, pour que tout cela ne soit qu'un mauvais rêve.
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Bonus ! L'équipe de Mollat poche TV est fière d'accueillir Nicolas Fargues pour le Folio de sa vie.http://www.mollat.com/livres/thomas-bernhard-mes-prix-litteraires-9782070443857.htmlNotes de Musique : Shelly Mane and his men, 2 The Floater








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