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> René-Noël Raimbault (Traducteur)
> François Pitavy (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070757005
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Absalon, Absalon ! est tout d'abord l'histoire de Thomas Sutpen et de sa descendance - l'histoire de son dessein : créer une plantation et y établir une dynastie pérenne, en sorte que ne puisse se reproduire la scène où s'origine ce dessein, lorsque le petit garçon qu'i... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 28 décembre 2008

    chartel
    Ce roman de Faulkner, "Absalon, Absalon !", est fabuleux. Oui, il est l'œuvre d'un auteur d'exception, qui aura forcément ouvert de nouveaux champs à la littérature : sémantique, poétique ou même historique. On pourrait objecter qu'il serait pompeux, voire même précieux, de définir du nom de génie un auteur qui plonge son lecteur dès le début du roman dans un gouffre de perplexité, dans une espèce de labyrinthe intérieur, nous engonçant dans ce dédale pour nous forcer à trouver nos propres clés et ouvrir nos propres brèches afin de ne pas s'installer dans la position facile et tentante du lecteur passif et inerte, mais plutôt dans celle du lecteur explorateur et chercheur, créant son propre chemin, ou, encore plus intéressant, ses propres chemins, dans la masse immense et vertigineuse proposée par Faulkner. "Absalon, Absalon !" est donc une œuvre qui se lit patiemment, bien qu'elle devrait aussi, idéalement, se lire d'une traite (ce ne fut pas mon cas, le roman fait plus de quatre cent pages), car elle demande attention et suppositions. Elle ne plaira sûrement pas aux adeptes des romans formatés qui n'attendent de leurs lecteurs que de sortir les gros billets des poches, de mettre le cerveau en veille et enfin d'oublier le livre dans une bibliothèque de décorum ou mieux encore dans le fond d'une fumeuse décharge. Faulkner n'a pas écrit pour nous divertir, nous faire rire un bon coup. On sent qu'il y avait chez lui comme une nécessité impérieuse d'écrire. Ce roman en est un reflet car il traite à la fois de son histoire personnelle, celle du Sud des Etats-Unis, de la Guerre de Sécession et de ses conséquences sur les générations qui lui succédèrent, et traite aussi de la question même de l'écriture, de son processus, de sa lente et difficile maturation et enfin de son essence, de sa substance.
    Au delà du récit d'un homme débarquant de je ne sais où, un certain Sutpen, s'installant à Jefferson, Mississippi, dans la seconde moitié du XIXe siècle, pour y bâtir une plantation cotonnière, avec une vingtaine de sauvages à son service et un curieux architecte et ayant pour projet d'initier une sorte de dynastie familiale, une lignée Sutpen, au delà de ce récit ce roman est avant tout celui de la distanciation face aux principes de la fiction. Les différents narrateurs, témoins ou protagonistes de l'histoire, ne cessent en effet de nous signaler leurs incertitudes et leurs interrogations sur la réalité de ce qu'ils nous racontent. Souvent, les personnages apparaissent comme des ombres, des entités troubles et indéfinies, exposant ainsi magistralement les mécanismes du processus d'écriture de Faulkner. Enfin, comme le dit très bien la belle préface de François Pitavy, ce roman est l'expression d'un fardeau, le fardeau de l'esclavage des Noirs des anciens Etats confédérés. Un fardeau perpétuel parce qu'il ne fut jamais assumé. Il est d'ailleurs très intéressant de lire aujourd'hui les dernières pages du livre au regard de l'actualité politique américaine et de la récente élection à la présidence de Barack Obama. William Faulkner était donc bien un génie de la littérature, puisqu'il nous parle encore, il parle à Obama, il parle aux Américains. Je ne sais pas si Marc Lévy, Dan Brown ou Amélie Nothomb leur parlent, parlent-ils d'ailleurs ? Non ! ils bavardent.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 06 janvier 2014

    Woland
    Absalom ! Absalom !
    Traduction : R. N. Raimbault avec la collaboration de Ch. P. Vorce
    ISBN : 9782070284849
    L'apogée, le chef-d'oeuvre absolu. Un récit où quatre voix s'entremêlent étroitement dans une clameur pleine de tristesse, de désespoir, de férocité et de haine mais qui n'en reste pas moins, paradoxal et émouvant parallèle, un chant d'amour à la mémoire de ce Sud dont Faulkner ne cessa de dénoncer l'arrière-plan de corruption et d'injustice mais qu'il ne s'avéra jamais tout-à-fait capable de renier en raison des racines puissantes qu'il y puisait et qui constituent l'essence même de son génie. Un récit qui descend en droite ligne du "Bruit & la Fureur", tant par la technique utilisée - ellipses, vérité qui se dévoile peu à peu, points de vue multiples - que par la réapparition, pour l'occasion, du personnage de Quentin Compson. Une nouveauté cependant : son père, faible, fin de race et dévoré par l'alcoolisme, que l'on distingue toujours comme un être passif dans "Le Bruit ...", est ici une voix majeure. Il faut dire qu'il n'est pas encore mort - le récit en lui-même se situe en 1909, année qui précède d'un an le suicide de Quentin et de trois le décès de Mr Compson - et que les souvenirs de son propre père lui permettent d'éclaircir divers éléments de la tragédie qui emporta la famille Sutpen. Autre différence : en dépit des réitérations multiples, de la sinuosité travaillée des phrases (qui ne sont pas sans évoquer pour nous, Français, les longueurs, parfois brillantes, parfois désespérantes, d'un Marcel Proust) et du style quasi-hypnotique, lesquels portent tous fort bien la marque de l'auteur, la construction se révèle bien plus linéaire que dans "Le Bruit & la Fureur." Faulkner est ici au sommet de son art : de la première majuscule au point final, il maîtrise tout et même si l'on se doute bien que cela ne dut pas être facile d'en arriver à une telle splendeur, l'ensemble s'élève avec un tel naturel, une telle aisance, une telle beauté que le lecteur finit par ne plus songer à la somme de travail que représente sans conteste "Absalon ! absalon !"
    Les grands thèmes faulkneriens sont tous au rendez-vous : le Sud d'abord, celui d'avant la guerre de Sécession, puis de la Reconstruction, ce Sud qui mourut en 1865 à la reddition de Lee mais qui hante à jamais les Etats-Unis d'Amérique et qui, comble de ce raffinement qu'il symbolisait, parvient à se hanter lui-même - comme le dit si bien Wash Jones à Thomas Sutpen : "Y nous ont p'têt tués, mais y nous ont pas battus !" ; la famille maudite, écrasée sous le poids d'un patriarche dont le seul rêve fut de s'élever de sa condition de fils de tout petits fermiers des montagnes à celui de "gentleman du Sud" mais qui n'y parvint jamais réellement - en tous cas, pas de la manière dont il le souhaitait - parce que le Destin avait pipé dès le départ les dés avec lesquels il devait jouer sa partie ; la relation frère-soeur (et même frère-frère) aboutissant à un inceste aussi subtil que purement mental ; l'homosexualité latente, issue tout à la fois de la "virilité" imposée par le système sociétal que par les rapports que Faulkner entretenait, via sa mère, Maud Falkner, avec l'image de la Femme ; et, bien entendu, le Malheur, le Drame qui naît de tous ces non-dits sexuels au sein d'une société qui n'entendait vivre dans la mémoire des hommes que par son panache, sa bravoure et cette chevalerie dont "Autant En Emporte le Vent", sorti d'ailleurs la même année que "Absalon ! absalon !" est le reflet résolu et prêt à tout pour occulter l'autre visage du Sud.
    On le dit souvent : "Absalon ! Absalon!" et "Autant En Emporte le Vent" sont de parfaits opposés qui se complètent admirablement l'un l'autre. En outre, leurs auteurs respectifs, l'un en dénonçant avec fureur, l'autre en encensant avec ferveur, communient tous deux à la même source, devant l'autel sacré du Vieux Sud dont ils sont et seront toujours les enfants. Si "Autant En Emporte le Vent" offre le beau visage tourmenté mais idéaliste, voire utopique d'un romantisme qui se voile volontairement la face, "Absalon ..." prend à sa charge la part d'ombre du Sud qui n'est jamais aussi cruelle ni aussi franche que dans l'exploitation sexuelle de la femme noire. En n'hésitant pas à faire des enfants aux plus jolies esclaves de leurs domaines, les notables blancs ont été les premiers à contrevenir à la règle qui fonde leur société : en succombant à leur instinct sexuel, ils ont corrompu leur credo initial et hautement racial qui voulait que le sang noir ne se mélangeât sous aucun prétexte au sang blanc. Déjà, dans "Lumière d'août", avec le personnage de Joe Christmas, Faulkner nous avait fait plonger au coeur de la tragédie que ce mélange engendrait pour ceux qui en naissaient - bien que le doute soit maintenu jusqu'à la fin sur les supposés ancêtres noirs de Joe. Avec "Absalon ! absalon !", il mène le thème jusqu'à son explosion ultime, et ce avec un sadisme redoutable et un esprit que certains n'hésiteront pas à qualifier de "tordu" bien que, aussi sûrement qu'il a existé des planteurs comme Gerald O'Hara, le Sud a eu son lot de Thomas Sutpen.
    En effet, Sutpen a eu un fils d'une première épouse dont il ignorait qu'elle avait du sang noir. Il la répudie en lui laissant cependant tous les biens qu'il avait pu acquérir à l'époque et il repart à l'aventure. Vingt ans plus tard, remarié avec une jeune fille de la meilleure société mississippienne, il a deux autres enfants, un fils, Henry, et une fille, Judith, lesquels développent avec le temps cette complicité troublante et semi-incestueuse qui existait déjà dans "Le Bruit et la fureur" entre Quentin Compson et sa soeur, Candace. A l'université, Henry fait la connaissance de Charles Bon, qui est en fait son demi-frère et l'introduit alors dans sa famille. Les sentiments que Henry porte à cet homme dont il ne soupçonne absolument pas la parenté étroite qui les rapproche,sont au moins aussi ambigus que ceux qu'il éprouve envers leur soeur, Judith, et, pour résoudre le problème, l'idée lui vient de concocter un mariage entre les deux êtres qu'il aime le plus au monde, Charles et Judith : ainsi, tous trois resteront unis. Ce qui amène bien sûr Thomas Sutpen, au courant depuis le début la véritable identité de Charles, à dévoiler la vérité à Henry après avoir cherché à justifier son opposition au mariage par l'histoire d'une autre union, que Charles a conclue avec une octavonne de la New-Orleans dont il a d'ailleurs un fils ...
    Les voyez-vous, l'ampleur, la grâce et la cruauté de cette superbe toile tissée - sans aucun pathos, rassurez-vous - par cette araignée sans égal qu'est le Destin ? Eh ! bien, ajoutez-y les obsessions personnelles de Faulkner et la maîtrise indéniable qu'il possédait à l'époque de toutes les méthodes modernistes qu'il avait mises et remises à l'épreuve dans les romans précédents, et vous commencerez à vous faire une (faible) idée d'"Absalon ! absalon !", livre que nous tenons, à notre humble avis, pour le meilleur texte de son auteur, l'un de ces textes qu'on lit, qu'on relit et qu'on relit encore parce que l'on y découvre toujours quelque chose de nouveau.
    De toutes façons, Faulkner est un auteur qu'il faut non seulement lire - bien que la prise de contact soit souvent très difficile - mais qui, après, ne vous lâche plus et que vous reprenez périodiquement sur vos étagères en vous demandant toujours et encore par quel miracle on peut atteindre un tel niveau dans l'écriture et la technique du récit. C'est le propre du génie, nous direz-vous. N'empêche : on n'arrête pas de se demander comment et pourquoi. Mais lisez vous-même "Absalon ! absalon !" : vous verrez bien. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Hammerklavier, le 31 juillet 2012

    Hammerklavier
    Absalon ! Absalon !
    Déjà le titre m'avait parut curieux puisqu'il ne m'évoquait pas grand chose. J'appris dans la préface du livre qu'il fasiait référence à un Roi criant le nom de son fils qu'il venait de perdre, perdant par la même son heritage et sa sucession.
    Ainsi je m'appretais donc à entrer dans la lecture de ce livre sans rien savoir de plus, car a vrai dire la préface m'avait parut d'une tres grande lourdeur. Je l'ai relue après avoir finit le roman et elle m'est apparue beaucoup plus limpide et instructive. (d'ailleurs je crois que je ne vais plus lire les préface en préface mais en postaface. Heureuement que je n'y avait rien compris a celle là car c'est toute l'hitoire et les ressorts du suspense que Faulkner a minutieusement mis en place sont balancé dans cette préface en quelque page a peine…)
    De faulkner j'avais eu l'immense plaisir de lire Le Bruit et la fureur, et je m'etais perdue dans le labyrinthe de sanctuaire. Et cet Auteur qu'est Faulkner m'avait déjà abassourdis par sa narration, sa façon de permettre au lecture de pénétrer les âme des personnage, de s'y perdre a la façon des sensation qu'ils (les personnages) ressentent, éphémères et eternelles, précises et diffuses à la fois..
    Alors ici qu'en est il ? Et bien c'est tout simplement admirable, relevant du génie créatif, de la perfection. Jamais je n'ai lu un livre allant aussi loin dans la profondeur des thèmes qu'il aborde. Tout d'abord il y a l'histoire, celle de l'ambition d'un homme qui construira son existence sur sa volonté de sortir de sa condition de « pauvre blanc » en accédant a celle des « riche planteurs », les vainqueurs, les puissants. le roman nous contes dans uen chronologie complétement éclaté, l'histoire de cet homme Thomas.Stupen. Mais comme dans les autres roman de Faulkner, il y a l'histoire, puis l'histoire de l'histoire surplombant l'histoire, la faisant enter en résonnance et s'amplifié : Quentin Compson (un personnage du bruit et la fureur, le frère de caddy, étudiant à Harvard) est le personnage-lecteur de Absalon !Absalon !, celui a qui on raconte. Sur lui vient déferler l'ammertume de Miss Rosa, , qui voyait Stupen comme un démon, chevauchant son cheval noir, entouré d'un nuage de souffre, avec a ses pieds sa hordes d'esclave noires, sauvages et parlant un dialecte inconnue. le père de Quentin lui livrera aussi sa vision de la chute de Stupen, comment la guerre de secession a mis fin au projet du démon, Et un profond parallèle s'installe entre l'heritage du Sud, et la descendance des Stupen. Cette echos serait mille fois multiplié dans la fin du livre, Lorsque Quentin et son compagnon de chambre Shreeve, recrérons le temps d'une nuit glaciale, la chute de Stupen. Par une force narrative incroyable, Faulkner, en faisant créer l'hitoire a ces narrateur-lecteur, nous montre que la fiction définit le réel, et que le réel peu se multiplier dans les histoires de chacun.
    Maintenant il est certain, je lirai toute l'œuvre de faulkner, pour me plonger dans les âmes tourmenté de ses personnages qui ont (Faulkner m'a convaincu) bel et bien, ressentit, eprouvé, ou enduré le fait d'exister, et qui maintenant sont mort, peut être comme Quentin, noyé dans les odeurs du chèvrefeuille.
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    • Livres 5.00/5
    Par Tymothy, le 08 janvier 2011

    Tymothy
    Voilà ce qu'est un chef d'oeuvre ! un grand livre ! un grand auteur ! C'est une histoire dans une autre histoire qui est encore dans une autre histoire. Plusieurs degrés de lecture. Puissant ! Chaque ligne se déguste... C'est l'histoire de la guerre de Sécession, du Nord et du Sud, des Noirs et des Blancs, des riches Blancs et des pauvres Blancs. C'est l'histoire du bien et du mal, des hommes et des femmes. C'est l'histoire de la mémoire, des générations. C'est l'histoire d'une famille ! Bien entendu, nous sommes très très loin des romans quelque peu "simplets" avec un début, un milieu et une fin...Enfin, une lecture exigeante, mais le degré de plaisir en le terminant sera à la hauteur de l'effort fait pour le lire ! Et puis si cela est vraiment difficile au début, ne lisez qu'un paragraphe par jour.
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    • Livres 2.00/5
    Par Chassegnouf, le 20 juillet 2012

    Chassegnouf
    Faulkner, vainqueur par forfait… Je jette l'éponge. Ca n'arrive pas souvent, je crois que c'est la première fois, adulte, que j'abandonne vraiment une lecture. Peut-être que je m'y remettrais un jour mais je ne vois pas ce qui pourrait me motiver.
    Absalon, absalon a été écrit en 1936 par l'américain William Faulkner qui a été nobélisé en 1949 pour son oeuvre. Ce roman relate la création et l'histoire d'une famille du Mississippi à la fin du XIXème siècle à l'époque de la guerre de Sécession : Thomas Sutpen, inconnu dans le village, se pointe avec esclaves et architecte pour y construire une immense plantation. Quelques années plus tard, il épouse Ellen Coldfield la fille du « Oleson du coin » qui lui donnera deux enfants, une fille Judith et un garçon Henry. La guerre de sécession pointe le bout de son nez, ravage la région et ses habitants. Les hommes de la maison survivent mais une fois la guerre finie, Henry tue le fiancé de Judith, le reste meurt dans des circonstances qui ne sont révélées que dans la partie du bouquin que je n'ai pas lue (ce que je viens de raconter est révélé dans l'introduction du livre).
    Sur le papier, tout semble véritablement intéressant : une tragédie orchestrée sur un fond d'Amérique sudiste dévastée et traumatisée. D'autant moins que ce roman a été écrit par un sudiste lui-même à une époque où le racisme était encore viscéralement ancré dans les mœurs. C'est pas vraiment la petite maison dans la prairie.
    Le problème c'est le style : lourdingue à mort. Les phrases ponctuées de point-virgules font en moyenne une demie-page, hachées et alambiquées au point qu'arrivé à la fin, on a oublié le début. C'est pire que du Proust : non seulement on se perd dans le récit à force de digressions mais en plus on se perd à même les phrases. le récit de la page précédente tient du souvenir de la petite enfance ; quand on lit ce bouquin, on a l'impression d'avoir une mémoire de poisson rouge et on progresse dans le récit avec des souvenirs parcellaires de ce qu'on vient de s'enquiller et avec la désagréable impression que Faulkner radote. Arrivé à la moitié du bouquin, je suis arrivé tant bien que mal à comprendre ce qu'il a voulu dire dès le premier chapitre (le pitch plus haut).
    Faut pas déconner, j'ai autre chose à faire.

    Lien : http://www.chassegnouf.net/codex/2011/07/absalon-absalon-de-william-..
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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 27 décembre 2008

    On laisse si peu de trace, voyez-vous. On naît, on essaye ceci ou cela sans savoir pourquoi, mais on continue d’essayer ; on naît en même temps qu’un tas d’autres gens, tout embrouillé avec eux, comme si on s’efforçait, comme si on était obligé de faire mouvoir avec des ficelles ses bras et ses jambes, mais les mêmes ficelles sont attachées à tous les autres bras et jambes et tous les autres essayent également et ne savent pas non plus pourquoi, si ce n’est qu’ils se prennent dans les ficelles des autres comme si cinq ou six personnes essayaient de tisser un tapis sur le même métier mais avec chacune d’elles voulant tisser sur le tapis son propre dessin ; et cela ne peut pas avoir d’importance, on le sait, ou bien Ceux qui ont installé le métier à tisser auraient un peu mieux arrangé les choses, et pourtant cela doit avoir de l’importance puisque l’on continue à essayer ou que l’on est obligé de continuer, et puis tout à coup tout est fini et tout ce qui vous reste est un bloc de pierre avec quelque chose de griffonné dessus, en admettant qu’il y ait quelqu’un qui se souvienne ou qui ait le temps de faire mettre le marbre en place et d’y faire marquer quelque chose, et il pleut dessus et le soleil brille dessus et au bout d’un peu de temps on ne se rappelle plus ni le nom ni ce que les marques essayaient de dire, et cela n’a pas d’importance.
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  • Par mimozac, le 27 août 2012

    On laisse si peu de trace, voyez-vous. On naît, on essaye ceci ou cela sans savoir pourquoi, mais on continue d’essayer ; on naît en même temps qu’un tas d’autres gens, tout embrouillé avec eux, comme si on s’efforçait, comme si on était obligé de faire mouvoir avec des ficelles ses bras et ses jambes, mais les mêmes ficelles sont attachées à tous les autres bras et jambes et tous les autres essayent également et ne savent pas non plus pourquoi, si ce n’est qu’ils se prennent dans les ficelles des autres comme si cinq ou six personnes essayaient de tisser un tapis sur le même métier mais avec chacune d’elles voulant tisser sur le tapis son propre dessin ; et cela ne peut pas avoir d’importance, on le sait, ou bien Ceux qui ont installé le métier à tisser auraient un peu mieux arrangé les choses, et pourtant cela doit avoir de l’importance puisque l’on continue à essayer ou que l’on est obligé de continuer, et puis tout à coup tout est fini et tout ce qui vous reste est un bloc de pierre avec quelque chose de griffonné dessus, en admettant qu’il y ait quelqu’un qui se souvienne ou qui ait le temps de faire mettre le marbre en place et d’y faire marquer quelque chose, et il pleut dessus et le soleil brille dessus et au bout d’un peu de temps on ne se rappelle plus ni le nom ni ce que les marques essayaient de dire, et cela n’a pas d’importance.
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  • Par Woland, le 10 janvier 2014

    [...] ... D'abord les deux, puis quatre : maintenant, de nouveau deux. La chambre, en vérité, était comme un tombeau : elle avait quelque chose de faisandé, de figé, de moribond, qui dépassait la mesure du simple froid vif et vivant. Pourtant [Quentin & Shreve] y restèrent, bien qu'à moins de trente pieds de là il y eût le lit et la chaleur. Quentin n'avait même pas mis son pardessus, qui gisait sur le plancher à l'endroit où il était tombé du fauteuil sur lequel Shreve l'avait posé. Le froid ne les faisait pas battre en retraite. Ils le supportaient tous deux dans une sorte d'exaltation masochiste et préméditée de misère physique transmuée en la souffrance morale de deux jeunes gens durant cette période, il y avait de cela cinquante ans, ou plutôt quarante-huit, puis quarante-sept, puis quarante-six, puisque c'était 64, puis 65 et les débris guenilleux de l'armée ayant battu en retraite à travers l'Alabama et la Géorgie jusque dans la Caroline, non pas talonnée par une armée victorieuse, mais plutôt par la marée montante des noms de batailles perdues d'un côté comme de l'autre - Chickamauga et Franklin, Vicksburg, Corinth & Atlanta - batailles perdues non seulement à cause de la supériorité numérique, des munitions et des approvisionnements déficients, mais à cause des généraux, qui l'étaient non pour leur pratique des méthodes contemporaines ou de leur aptitude à les apprendre, mais en vertu du droit divin de dire "Allez-y" conféré à eux par le pouvoir illimité d'un régime de caste ; ou parce que ces généraux n'ont jamais vécu assez longtemps pour apprendre comment livrer avec circonspection des batailles mettant en ligne des masses d'hommes accrues, puisqu'ils étaient déjà aussi périmés que Richard Coeur-de-Lion, Rolan ou Du Guesclin, des généraux emplumé aux capotes doublées d'écarlate, qui, à vingt-huit, trente et trente-deux ans, prenaient des bateaux de guerre avec des charges de cavalerie, mais sans grain, viande ni boulets, qui, en autant de journées, battaient trois armées en trois endroits différents, puis démolissaient leurs propres fortifications pour faire cuire la viande volée à leurs propres fumoirs, qui, en une nuit, avec une poignée d'hommes, incendiaient et détruisaient à l'ennemi un dépôt de vivres d'un million de dollars, et, la nuit d'après, se faisaient descendre d'un coup de fusil par un voisin qui les trouvait couchés avec sa femme - deux, quatre, deux maintenant de nouveau selon Quentin et Shreve, les deux, les quatre, les deux qui continuaient de parler, celui qui ne savait pas encore ce qu'il allait faire, l'autre qui savait ce qu'il devrait faire mais qui ne pouvait pas encore s'y résigner - Henry citant lui-même d'illustres exemples d'incestes, parlant du duc Jean de Lorraine, comme s'il espérait peut-être évoquer ce fantôme condamné et excommunié pour lui dire, à lui en personne, qu'il avait raison, comme les gens qui, avant et depuis, ont essayé d'évoquer Dieu ou le Diable pour se justifier de ce qu'exigeaient leurs glandes - les deux, les quatre, les deux, se regardant l'un l'autre dans cette chambre sépulcrale : Shreve le Canadien, l'enfant des blizzards et du froid, dans son peignoir de bain avec son pardessus remonté jusqu'aux oreilles ; Quentin, l'homme du Sud, produit morose et délicat de la pluie et de la chaleur humide, dans ses minces vêtements appropriés qu'il avait apportés du Mississippi, son pardessus (aussi mince et inutile en son genre que le complet) gisant sur le plancher et qu'il ne s'était pas donné la peine de ramasser :

    (...) l'hiver de 64 à présent, l'armée en retraite à travers l'Alabama, se réfugiant en Géorgie ; maintenant, ils venaient de laisser la Caroline derrière eux et Bon, l'officier, pensait : ... [...]
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  • Par Woland, le 10 janvier 2014

    [...] ... "Oui, ce fut Henry qui séduisit Judith : ce ne fut pas Bon ; je n'en veux pour preuve que la froideur suspecte et la durée de la cour que celui-ci fit à Judith : des fiançailles, si fiançailles il y eut, qui se prolongent toute une année et se composent de deux visites de vacances en qualité d'invité d'un frère, visites que Bon semble avoir passées à monter à cheval et à chasser avec Henry ou à jouer le rôle de fleur de serre élégante, ésotérique, à laquelle un nom de grande ville tenait lieu d'origine, d'histoire et de passé, et autour de laquelle Ellen [= mère de Judith et Henry] coquetait et papillonnait son frivole été de la Saint Martin : lui, en tant qu'homme, il était accaparé, tu comprends. Il n'y avait pas, dans ses journées trop remplies, de moment, d'intervalle, de répit, pendant lequel il aurait pu faire la cour à Judith. Impossible même de se les figurer seuls, Judith et lui. Le tenterait-on, le plus qu'on puisse imaginer c'est une extériorisation d'eux-mêmes, alors que leurs deux personnes réelles étaient sans doute séparées et dans des endroits différents - deux ombres se promenant, sereines et exemptes des tracas de la chair, dans un jardin d'été - les deux mêmes ombres sereines qui semblent observer et flotter, impartiales, attentives et paisibles, au-dessus d'eux et derrière l'inexplicable et orageuse nuée d'interdictions, de défis, de reniements, d'où Sutpen, semblable à un roc, et l'impétueux et violent Henry lançaient feu et flamme, puis s'arrêtaient - Henry qui, jusqu'alors, n'était même jamais allé jusqu'à Memphis, qui n'était jamais sorti de chez lui avant ce mois de septembre où il se rendit à l'université, avec ses vêtements de coupe campagnarde, son cheval de selle et son palefrenier nègre : les six ou sept qu'ils étaient, dont l'âge et le milieu ne différaient que superficiellement, par la nourriture, les vêtements et les occupations journalières, de ceux des esclaves noirs qui les faisaient vivre - même sueur, à cette différence que, d'un côté, elle était le résultat du travail des champs, de l'autre la rançon des piètres et sobres plaisirs accessibles à ceux qui n'étaient pas obligés de suer dans les champs : les exercices rudes et violents, chasse et chevauchées ; mêmes plaisirs : d'un côté le jeu pour de vieux couteaux, des bijoux de cuivre, des carottes de tabac, des boutons, des vêtements, parce que c'étaient ces choses-là qu'ils avaient le plus facilement et le plus rapidement dans la main ; de l'autre, pour de l'argent, des chevaux, des fusils, des montres, et pour la même raison ; mêmes réjouissances : une musique exactement semblable sur des instruments identiques, violons et guitares, joués par des mazettes, tantôt dans de vastes demeures avec lustres, robes de soie et champagne, tantôt dans des cases au sol de terre battue, avec des torches de résine, des robes de calicot et de l'eau sucrée à la mélasse - ce fut Henry car à cette époque-là, Bon n'avait pas même vu Judith. Il n'avait probablement pas accordé assez d'attention aux rabâchages incohérents d'Henry sur son son existence et son milieu étriqué et bourré de préjugés pour se rappeler qu'Henry avait une soeur - lui, l'homme nonchalant et trop mûr pour trouver même une camaraderie parmi les jeunes, les gosses, avec lesquels il vivait actuellement ; cet homme mal adapté à son temps et qui le savait, qui l'acceptait pour une raison vraisemblablement assez bonne pour le lui faire supporter et manifestement trop sérieuse, ou du moins trop personnelle, pour qu'il en fît part aux relations qu'il possédait maintenant ; cet homme qui, par la suite, fit preuve de la même indolence, presque de la même indifférence, du même détachement, quand s'éleva tout ce bruit au sujet de ses fiançailles qui, d'après ce qu'en surent les gens de Jefferson, n'avaient jamais eu lieu officiellement, que Bon lui-même n'avait ni confirmées ni niées, et lui, à l'arrière-plan, impartial, impassible, comme si ce n'était pas lui qui était en cause, qu'il agît pour le compte de quelque ami absent mais que la personne en question, le réprouvé, fût quelqu'un dont il n'avait jamais entendu parler et qui lui fût parfaitement indifférent. ... [...]
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  • Par chartel, le 27 décembre 2008

    Il était une fois – Remarquez-vous comme la glycine pressurée par le soleil sur le mur ici près distille son parfum et pénètre dans cette chambre comme (libérée des entraves de la lumière) par une mystérieuse et abrasive progression, de grain à grain, des innombrables éléments de l’ombre ? Telle est la substance du souvenir – la sensation, la vue, l’odorat : les muscles avec lesquels nous voyons, entendons et sentons – pas l’intelligence, pas la pensée ; la mémoire n’existe pas : le cerveau ne reproduit que ce que les muscles cherchent en tâtonnant, ni plus, ni moins, et la somme qui en résulte est d’ordinaire incorrecte et fausse et ne mérite que le nom de rêve.
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Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Dean Faulkner Le Sud des Etats-Unis fut celui de l'esclavage et des grandes plantations, du Ku Klux Klan et des chrétiens fondamentalistes. Mais elle est aussi le berceau du jazz et du blues. François Busnel se rend à Fripp Island, en Caroline du Sud, pour y rencontrer Pat Conroy. Puis il rejoint Memphis, dans le Tennessee où il retrouve l'auteur de polars Ace Atkins. De là, il se rend en voiture à Oxford, dans le Mississippi, où William Faulkner avait élu domicile, en 1931. A Oxford vit également le romancier Tom Franklin. Il rencontre aussi Thomas H. Cook, auteur de polar natif du Sud. Arrivé à La Nouvelle Orléans, l'écrivain Eddy Harris entraîne François Busnel dans les quartiers détruits par l'ouragan Katrina. Dans un bayou proche de La Nouvelle-Orléans, François Busnel rencontre John Biguenet, écrivain américain d'origine acadienne.








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