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> René-Noël Raimbault (Traducteur)
> François Pitavy (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070757005
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 4.28/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Absalon, Absalon ! est tout d'abord l'histoire de Thomas Sutpen et de sa descendance - l'histoire de son dessein : créer une plantation et y établir une dynastie pérenne, en sorte que ne puisse se reproduire la scène où s'origine ce dessein, lorsque le petit garçon qu'i... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 28 décembre 2008

    chartel
    Ce roman de Faulkner, "Absalon, Absalon !", est fabuleux. Oui, il est l'œuvre d'un auteur d'exception, qui aura forcément ouvert de nouveaux champs à la littérature : sémantique, poétique ou même historique. On pourrait objecter qu'il serait pompeux, voire même précieux, de définir du nom de génie un auteur qui plonge son lecteur dès le début du roman dans un gouffre de perplexité, dans une espèce de labyrinthe intérieur, nous engonçant dans ce dédale pour nous forcer à trouver nos propres clés et ouvrir nos propres brèches afin de ne pas s'installer dans la position facile et tentante du lecteur passif et inerte, mais plutôt dans celle du lecteur explorateur et chercheur, créant son propre chemin, ou, encore plus intéressant, ses propres chemins, dans la masse immense et vertigineuse proposée par Faulkner. "Absalon, Absalon !" est donc une œuvre qui se lit patiemment, bien qu'elle devrait aussi, idéalement, se lire d'une traite (ce ne fut pas mon cas, le roman fait plus de quatre cent pages), car elle demande attention et suppositions. Elle ne plaira sûrement pas aux adeptes des romans formatés qui n'attendent de leurs lecteurs que de sortir les gros billets des poches, de mettre le cerveau en veille et enfin d'oublier le livre dans une bibliothèque de décorum ou mieux encore dans le fond d'une fumeuse décharge. Faulkner n'a pas écrit pour nous divertir, nous faire rire un bon coup. On sent qu'il y avait chez lui comme une nécessité impérieuse d'écrire. Ce roman en est un reflet car il traite à la fois de son histoire personnelle, celle du Sud des Etats-Unis, de la Guerre de Sécession et de ses conséquences sur les générations qui lui succédèrent, et traite aussi de la question même de l'écriture, de son processus, de sa lente et difficile maturation et enfin de son essence, de sa substance.
    Au delà du récit d'un homme débarquant de je ne sais où, un certain Sutpen, s'installant à Jefferson, Mississippi, dans la seconde moitié du XIXe siècle, pour y bâtir une plantation cotonnière, avec une vingtaine de sauvages à son service et un curieux architecte et ayant pour projet d'initier une sorte de dynastie familiale, une lignée Sutpen, au delà de ce récit ce roman est avant tout celui de la distanciation face aux principes de la fiction. Les différents narrateurs, témoins ou protagonistes de l'histoire, ne cessent en effet de nous signaler leurs incertitudes et leurs interrogations sur la réalité de ce qu'ils nous racontent. Souvent, les personnages apparaissent comme des ombres, des entités troubles et indéfinies, exposant ainsi magistralement les mécanismes du processus d'écriture de Faulkner. Enfin, comme le dit très bien la belle préface de François Pitavy, ce roman est l'expression d'un fardeau, le fardeau de l'esclavage des Noirs des anciens Etats confédérés. Un fardeau perpétuel parce qu'il ne fut jamais assumé. Il est d'ailleurs très intéressant de lire aujourd'hui les dernières pages du livre au regard de l'actualité politique américaine et de la récente élection à la présidence de Barack Obama. William Faulkner était donc bien un génie de la littérature, puisqu'il nous parle encore, il parle à Obama, il parle aux Américains. Je ne sais pas si Marc Lévy, Dan Brown ou Amélie Nothomb leur parlent, parlent-ils d'ailleurs ? Non ! ils bavardent.
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    • Livres 5.00/5
    Par Hammerklavier, le 31 juillet 2012

    Hammerklavier
    Absalon ! Absalon !
    Déjà le titre m'avait parut curieux puisqu'il ne m'évoquait pas grand chose. J'appris dans la préface du livre qu'il fasiait référence à un Roi criant le nom de son fils qu'il venait de perdre, perdant par la même son heritage et sa sucession.
    Ainsi je m'appretais donc à entrer dans la lecture de ce livre sans rien savoir de plus, car a vrai dire la préface m'avait parut d'une tres grande lourdeur. Je l'ai relue après avoir finit le roman et elle m'est apparue beaucoup plus limpide et instructive. (d'ailleurs je crois que je ne vais plus lire les préface en préface mais en postaface. Heureuement que je n'y avait rien compris a celle là car c'est toute l'hitoire et les ressorts du suspense que Faulkner a minutieusement mis en place sont balancé dans cette préface en quelque page a peine…)
    De faulkner j'avais eu l'immense plaisir de lire Le Bruit et la fureur, et je m'etais perdue dans le labyrinthe de sanctuaire. Et cet Auteur qu'est Faulkner m'avait déjà abassourdis par sa narration, sa façon de permettre au lecture de pénétrer les âme des personnage, de s'y perdre a la façon des sensation qu'ils (les personnages) ressentent, éphémères et eternelles, précises et diffuses à la fois..
    Alors ici qu'en est il ? Et bien c'est tout simplement admirable, relevant du génie créatif, de la perfection. Jamais je n'ai lu un livre allant aussi loin dans la profondeur des thèmes qu'il aborde. Tout d'abord il y a l'histoire, celle de l'ambition d'un homme qui construira son existence sur sa volonté de sortir de sa condition de « pauvre blanc » en accédant a celle des « riche planteurs », les vainqueurs, les puissants. le roman nous contes dans uen chronologie complétement éclaté, l'histoire de cet homme Thomas.Stupen. Mais comme dans les autres roman de Faulkner, il y a l'histoire, puis l'histoire de l'histoire surplombant l'histoire, la faisant enter en résonnance et s'amplifié : Quentin Compson (un personnage du bruit et la fureur, le frère de caddy, étudiant à Harvard) est le personnage-lecteur de Absalon !Absalon !, celui a qui on raconte. Sur lui vient déferler l'ammertume de Miss Rosa, , qui voyait Stupen comme un démon, chevauchant son cheval noir, entouré d'un nuage de souffre, avec a ses pieds sa hordes d'esclave noires, sauvages et parlant un dialecte inconnue. le père de Quentin lui livrera aussi sa vision de la chute de Stupen, comment la guerre de secession a mis fin au projet du démon, Et un profond parallèle s'installe entre l'heritage du Sud, et la descendance des Stupen. Cette echos serait mille fois multiplié dans la fin du livre, Lorsque Quentin et son compagnon de chambre Shreeve, recrérons le temps d'une nuit glaciale, la chute de Stupen. Par une force narrative incroyable, Faulkner, en faisant créer l'hitoire a ces narrateur-lecteur, nous montre que la fiction définit le réel, et que le réel peu se multiplier dans les histoires de chacun.
    Maintenant il est certain, je lirai toute l'œuvre de faulkner, pour me plonger dans les âmes tourmenté de ses personnages qui ont (Faulkner m'a convaincu) bel et bien, ressentit, eprouvé, ou enduré le fait d'exister, et qui maintenant sont mort, peut être comme Quentin, noyé dans les odeurs du chèvrefeuille.
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    • Livres 5.00/5
    Par Tymothy, le 08 janvier 2011

    Tymothy
    Voilà ce qu'est un chef d'oeuvre ! un grand livre ! un grand auteur ! C'est une histoire dans une autre histoire qui est encore dans une autre histoire. Plusieurs degrés de lecture. Puissant ! Chaque ligne se déguste... C'est l'histoire de la guerre de Sécession, du Nord et du Sud, des Noirs et des Blancs, des riches Blancs et des pauvres Blancs. C'est l'histoire du bien et du mal, des hommes et des femmes. C'est l'histoire de la mémoire, des générations. C'est l'histoire d'une famille ! Bien entendu, nous sommes très très loin des romans quelque peu "simplets" avec un début, un milieu et une fin...Enfin, une lecture exigeante, mais le degré de plaisir en le terminant sera à la hauteur de l'effort fait pour le lire ! Et puis si cela est vraiment difficile au début, ne lisez qu'un paragraphe par jour.
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  • Par fran6h, le 20 octobre 2011

    fran6h
    Certainement génial ! Mais poussif à la lecture.
    Pourtant je me suis forcé, je me suis accroché, mais cette juxtaposition de propositions presque infinie m'a donné le tournis.
    Je ne dis pas que je ne reprendrai pas sa lecture, mais après trois semaines dessus, j'ai besoin d'une halte.
    Sinon, c'est e Sud, cette autre Amérique, dont l'histoire est bien marquée entre l'esclavagisme et la sécession, et ces familles au destin extraordinaire.
    On est proche ici de l'épopée biblique et du drame ...
    Comme dans Absalon, Absalon ! quelques années de patience me seront nécessaires pour achever (et comprendre) cette œuvre magistrale.
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    • Livres 4.00/5
    Par racooninan, le 29 août 2012

    racooninan
    Absalon, Absalon ! ou l'art de la mise en abîme du récit dans les récits. Roman labyrinthique, tortueux et torturé, surprenant et fascinant, il nous dévoile la rudesse du Sud, des mentalités, et les cruautés d'un destin qui s'acharne sur un seul homme. Y sera mêlée sa famille entière, pour prix de la dette...
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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 27 décembre 2008

    On laisse si peu de trace, voyez-vous. On naît, on essaye ceci ou cela sans savoir pourquoi, mais on continue d’essayer ; on naît en même temps qu’un tas d’autres gens, tout embrouillé avec eux, comme si on s’efforçait, comme si on était obligé de faire mouvoir avec des ficelles ses bras et ses jambes, mais les mêmes ficelles sont attachées à tous les autres bras et jambes et tous les autres essayent également et ne savent pas non plus pourquoi, si ce n’est qu’ils se prennent dans les ficelles des autres comme si cinq ou six personnes essayaient de tisser un tapis sur le même métier mais avec chacune d’elles voulant tisser sur le tapis son propre dessin ; et cela ne peut pas avoir d’importance, on le sait, ou bien Ceux qui ont installé le métier à tisser auraient un peu mieux arrangé les choses, et pourtant cela doit avoir de l’importance puisque l’on continue à essayer ou que l’on est obligé de continuer, et puis tout à coup tout est fini et tout ce qui vous reste est un bloc de pierre avec quelque chose de griffonné dessus, en admettant qu’il y ait quelqu’un qui se souvienne ou qui ait le temps de faire mettre le marbre en place et d’y faire marquer quelque chose, et il pleut dessus et le soleil brille dessus et au bout d’un peu de temps on ne se rappelle plus ni le nom ni ce que les marques essayaient de dire, et cela n’a pas d’importance.
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  • Par mimozac, le 27 août 2012

    On laisse si peu de trace, voyez-vous. On naît, on essaye ceci ou cela sans savoir pourquoi, mais on continue d’essayer ; on naît en même temps qu’un tas d’autres gens, tout embrouillé avec eux, comme si on s’efforçait, comme si on était obligé de faire mouvoir avec des ficelles ses bras et ses jambes, mais les mêmes ficelles sont attachées à tous les autres bras et jambes et tous les autres essayent également et ne savent pas non plus pourquoi, si ce n’est qu’ils se prennent dans les ficelles des autres comme si cinq ou six personnes essayaient de tisser un tapis sur le même métier mais avec chacune d’elles voulant tisser sur le tapis son propre dessin ; et cela ne peut pas avoir d’importance, on le sait, ou bien Ceux qui ont installé le métier à tisser auraient un peu mieux arrangé les choses, et pourtant cela doit avoir de l’importance puisque l’on continue à essayer ou que l’on est obligé de continuer, et puis tout à coup tout est fini et tout ce qui vous reste est un bloc de pierre avec quelque chose de griffonné dessus, en admettant qu’il y ait quelqu’un qui se souvienne ou qui ait le temps de faire mettre le marbre en place et d’y faire marquer quelque chose, et il pleut dessus et le soleil brille dessus et au bout d’un peu de temps on ne se rappelle plus ni le nom ni ce que les marques essayaient de dire, et cela n’a pas d’importance.
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  • Par chartel, le 27 décembre 2008

    Il était une fois – Remarquez-vous comme la glycine pressurée par le soleil sur le mur ici près distille son parfum et pénètre dans cette chambre comme (libérée des entraves de la lumière) par une mystérieuse et abrasive progression, de grain à grain, des innombrables éléments de l’ombre ? Telle est la substance du souvenir – la sensation, la vue, l’odorat : les muscles avec lesquels nous voyons, entendons et sentons – pas l’intelligence, pas la pensée ; la mémoire n’existe pas : le cerveau ne reproduit que ce que les muscles cherchent en tâtonnant, ni plus, ni moins, et la somme qui en résulte est d’ordinaire incorrecte et fausse et ne mérite que le nom de rêve.
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  • Par Messager, le 12 mars 2011

    Oui, Judith, Bon, Henry, Sutpen, tous autant qu’ils sont. Les voilà tous, mais il manque quelque chose : on dirait une formule chimique exhumée en même temps que les lettres de ce coffre oublié, avec précaution, le papier ancien et passé tombant en morceaux, l’écriture passée, presque indéchiffrable, mais significative, familière dans sa forme et son sens, disant le nom et la présence de forces instables et vivantes ; on les mélange dans les proportions requises, mais rien ne se produit ; on relit la formule, lentement, attentivement, pour s’y absorber et s’assurer qu’on n’a rien oublié, qu’on ne s’est pas trompé dans ses calculs ; on mélange de nouveau et, de nouveau, rien ne se produit : rien que les mots, les symboles, les formes elles-mêmes, indistinctes, énigmatiques et sereines, sur cette toile de fond déclamatoire d’une atroce et sanglante mésaventure humaine.
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  • Par Outis, le 09 avril 2008

    Peut-être est-il nécessaire de vraiment bien connaître quelqu'un pour l'aimer mais quand on hait quelqu'un depuis quarante-trois ans on le connaît vraiment bien et peut-être cela vaut-il mieux ainsi, peut-être est-ce bien ainsi car au bout de quarante-trois ans il ne peut plus vous causer de surprise ni vous faire grand plaisir ou vous mettre très en colère.

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Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Dean Faulkner Le Sud des Etats-Unis fut celui de l'esclavage et des grandes plantations, du Ku Klux Klan et des chrétiens fondamentalistes. Mais elle est aussi le berceau du jazz et du blues. François Busnel se rend à Fripp Island, en Caroline du Sud, pour y rencontrer Pat Conroy. Puis il rejoint Memphis, dans le Tennessee où il retrouve l'auteur de polars Ace Atkins. De là, il se rend en voiture à Oxford, dans le Mississippi, où William Faulkner avait élu domicile, en 1931. A Oxford vit également le romancier Tom Franklin. Il rencontre aussi Thomas H. Cook, auteur de polar natif du Sud. Arrivé à La Nouvelle Orléans, l'écrivain Eddy Harris entraîne François Busnel dans les quartiers détruits par l'ouragan Katrina. Dans un bayou proche de La Nouvelle-Orléans, François Busnel rencontre John Biguenet, écrivain américain d'origine acadienne.








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