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> Maurice Edgar Coindreau (Autre)

ISBN : 2070361624
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 474 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est avec cet ouvrage explosif que William Faulkner fut révélé au public et à la critique. Auteur de la moiteur étouffante du sud des États-Unis, Faulkner a réellement bouleversé l'académisme narratif en plaçant son récit sous le signe du monologue intérieur, un mon... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 26 juin 2012

    Nastasia-B
    Voici un livre très difficile à lire, surtout au début. J'ai fait l'expérience de le lire absolument sans aucun indice, de me perdre, de chercher, de retrouver ma route, de lutter (comme les personnages) mais, très sincèrement, on lâche prise et le livre nous tombe souvent des mains. C'est vraiment parce que je sentais quelque chose derrière et que j'avais vraiment envie d'aller au bout que je me suis accrochée comme un diable en mal de vice, mais quelle lutte ! On peut dire que Faulkner n'a pas eu peur de noyer 90 % de ses lecteurs (pour ne pas dire 99 %) avec une telle entrée en matière !
    A priori, c'est dommage car cette œuvre a des tonnes de mérites, et a en son cœur une indéniable qualité, mais je comprends qu'on puisse ne pas avoir envie de se battre avec sa lecture comme ce fut le cas pour moi. Dommage car le scénario est excellent, dommage car les personnages sont très travaillés.
    Je comprends aussi les tenants d'une telle version, avec toute sa complexité, avec l'effort qu'elle requiert, où toutes les pistes sont brouillées, où l'auteur cherche à nous faire vivre de l'intérieur la confusion de ses personnages. Pourtant, je vais me faire l'avocate du diable en prétendant que Faulkner avait largement les moyens d'écrire un livre accessible en faisant ressentir avec la même force, voire plus encore de force, ce qu'il a voulu exprimer en mélangeant toutes les pièces du puzzle.
    Encore une fois dommage car l'œuvre est tellement intriquée, mélangée, inaccessible que beaucoup de ceux qui l'ont lue en entier sont d'abord passés par la préface qui dévoile toutes les clefs. À quoi bon faire une œuvre tellement compliquée où l'on est sensé lever peu à peu des morceaux du voile, si pour pouvoir la lire correctement on est obligé de lire un mode d'emploi qui donne toutes les réponses?
    C'est un livre tellement abscons à certains moments qu'on gagne à le lire une deuxième fois juste dans la foulée, et lors de cette deuxième lecture on savoure plus, car, alors seulement, les magouilles formelles de Faulkner ne nous embrouillent plus et l'on s'attache à donner plus de sens à ce qu'on lit. D'aucuns diront, "c'est précisément ce qu'il voulait". Sans doute, mais un livre parle s'il est lu et non s'il est abandonné en cours de lecture et que sa voix reste coincée entre les pages qu'on a pas eu le courage de tourner.
    Si vous voulez tenter l'expérience de découvrir le texte sans le moindre indice, arrêtez de lire maintenant mon commentaire.
    Pour les autres, voici de quoi s'y retrouver (un peu) : le livre nous présente une famille blanche du sud des États Unis dans l'entre deux guerres, les Compson avec le père, Jason, pasteur, et sa femme Caroline. Leurs enfants, trois fils et une fille : Quentin, Candace (nommée Caddy), Jason et Maury. Maury est un débile mental et comme son oncle, le frère de Caroline s'appelle aussi Maury, pour ne pas porter préjudice à l'oncle, il est décidé de rebaptiser l'enfant Benjamin (nommé aussi Benjy ou Ben). Cette famille respectable naguère aisée ne l'est plus guère désormais. À leur service, une famille de domestiques noirs, le père, Roskus, la mère, Dilsey, leurs enfants, T.P., Versh (qui sont des garçons) et une fille, Frony.
    Le livre mélange des situations où les enfants Compson sont enfants, jeunes adultes ou adultes. Quand ils sont adultes, Caddy a une fille qui s'appelle comme son oncle, c'est-à-dire Quentin (drôle de prénom pour une fille mais bon c'est comme ça). de même Frony a un fils qui s'appelle Luster.
    Voilà j'espère ne rien avoir dévoilé du scénario mais tout de même avoir aidé ceux qui le désirent à s'y retrouver dans l'imbroglio du départ, notamment quant aux identités de chacun. Seules les deux premières parties sont très décousues, le reste est de facture plus classique et le plaisir va crescendo. Mais tout ceci, une fois encore, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    The Sound & the Fury
    Traduction : Maurice-Edgar Coindreau
    Avant d'aborder « Le bruit et la fureur », ami Lecteur, mieux vaut prendre vos précautions.
    Sachez donc avant toute chose que vous mettez les pieds dans une chronologie bouleversée de fond et comble et que son auteur laisse, pantelante, derrière lui. le roman comporte en effet quatre parties. Mais attention : sur ces sections, seule la dernière, qui se déroule le 8 avril 1928, occupe la place qui lui revient.
    D'un point de vue strictement chronologique, la première partie du roman, qui décrit la folie croissante menant Quentin Compson au suicide, se situe le 2 juin 1910 mais Faulkner la place en seconde position dans son plan. Les événements du 6 avril 1928, qui ont pour héros principal Jason II Compson, l'un de ses frères, se situent quant à eux en troisième position. Enfin, ceux du 7 avril, qui révèlent la vision du monde de Benjy Compson, l'autre frère du suicidé, nous sont racontés d'entrée, dans la première partie.
    Le lecteur averti voit déjà l'intérêt qu'il y a à lire « Le bruit et la fureur » tel que son auteur l'a conçu et puis, quelques mois plus tard, en remettant un peu d'ordre dans cette chronologie en apparence insensée mais qui se calque en fait sur l'esprit du "narrateur" principal : Benjy.
    Autre embûche de taille, volontairement placée là par Faulkner : la confusion des prénoms. Qui a lu ne serait-ce que le très classique « Sanctuaire » sait déjà que l'auteur sudiste éprouvait un malin plaisir à semer le doute sur l'identité à laquelle se rapportent dans ses œuvres tel ou tel pronom personnel. Mais dans « Le bruit et la fureur », ce procédé atteint le summum.
    Faulkner a pourtant opté pour un trompe-l'oeil des plus simples : il a pris deux prénoms, « Jason » et « Quentin », et les a donnés dans chacun des cas à deux personnages de génération différente.
    Le premier Jason, c'est le père de la nichée, un père dont on entrevoit de temps à autre la silhouette accablée par les événements et volontiers tentée par l'alcool. Aristocrate sudiste, il a épousé une jeune fille de son monde et a eu d'elle quatre enfants : trois garçons et une fille.
    Le premier Quentin est le fils qui doit aller à Harvard. Malheureusement, il a reçu de sa mère névrosée une tendance à se créer des mondes imaginaires un peu trop envahissants. Pour sauver sa soeur bien-aimée d'un mariage avec un homme qu'elle déteste, il a l'idée de se prétendre le père de l'enfant qu'elle a conçu de son amant. Mais son père, à qui il avoue un inceste non accompli mais qu'il appelle de tous ses voeux, ne le croit pas et le renvoie à ses études. Désespéré par le mariage-sauvetage de sa soeur, Quentin se suicide. La seconde partie du roman nous retrace son cheminement lent et obstiné vers la folie auto-destructrice.
    Maurice était au départ un bébé comme les autres. Puis, la vérité atroce s'est fait jour : Maurice, le second fils, ainsi nommé en l'honneur du frère de sa mère, est en réalité un enfant handicapé. Alors, on le dépossède de son prénom , dont il n'est plus digne et on lui substitue celui de Benjamin (Benjy). Et puis on le laisse grandir, avec toujours un serviteur noir à ses côtés pour le surveiller. Au début du roman, Benjy a trente-trois ans et à la suite d'un incident avec une fillette, sa famille l'a fait castrer.
    Jason, le troisième fils, est celui que l'on a sacrifié pour payer des études inachevées à Quentin et dénicher un mariage réparateur pour sa soeur. Aigri, fielleux mais responsable, il n'a plus qu'une passion - ou presque : l'argent. Personnage énigmatique à plus d'un titre, il exaspère le lecteur et l'attendrit pourtant car, qu'on le veuille ou non, Jason est bien une victime, au même titre que Benjy.
    La fille, Candace, dite « Candy », qui était particulièrement attachée à son frère handicapé, a failli déshonorer la famille en se faisant faire un enfant par un amant dont elle refuse de livrer le nom. En 1910, elle se résoud à faire un mariage de convenance qui assurera un nom à son enfant mais divorce après la Grande guerre. Menant désormais une vie plus ou moins cosmopolite, elle se résigne à laisser sa fille - qu'elle a baptisée "Quentin" en souvenir de son frère disparu - à sa propre mère, à charge pour celle-ci de l'élever comme doit l'être une Compson.
    C'est avec le personnage tout en bouillonnements et en révoltes de Quentin II que Faulkner nous dévoile l'autre passion de Jason, son oncle. Même s'il hait sa nièce au point de lui soutenir que sa mère ne s'intéresse pas à elle et ne participe en rien à son entretien (en réalité, il s'arrange pour encaisser les mandats envoyés par Candy) Jason semble bien nourrir au plus profond de lui-même une attirance inexplicable pour Quentin - comme une ombre de la passion incestueuse jadis éprouvée par son frère Quentin envers leur soeur.
    Une fois que le lecteur s'est familiarisé tant bien que mal avec cette valse du temps et des identités ainsi qu'avec le dédale des monologues intérieurs, il lui reste encore à affronter le personnage de Benjy qui, dans la première comme dans la dernière partie, nous conte l'histoire de sa famille, ces Compson si orgueilleux et si riches, peu à peu réduits à la portion congrue, mais vue par lui, l'handicapé mental. Une vision par conséquent fragmentée et kaléidoscopique mais non dépourvue de logique – pour peu, évidemment, qu'on n'ait pas trop de mal à suivre celle de Benjy.
    Avec Benjy, Dilsey, la vieille servante noire qui assure l'intendance de la maison, demeure le personnage le plus touchant – le plus déchirant aussi. Pilier vivant de cette famille en pleine décomposition, elle veille à ce que nul n'abuse de cet innocent qui, à trente-trois ans, se révèle incapable d'exprimer les joies et les peines qu'il ressent autrement que par des grognements et des hurlements. Elle n'y parvient pas toujours mais au moins, elle s'y efforce. Et sa bonté résignée, qui ne comprend ni le pourquoi, ni le comment de cette malédiction pesant sur un être sans défenses, constitue la seule trouée de lumière de ce livre que William Faulkner plaça sous le patronage de la tirade désespérée de « Macbeth » :
    « … […] La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur
    Qui, son heure durant, se pavane et s'agite
    Et puis qu'on n'entend plus : un histoire contée
    Par un idiot, pleine de bruit et de fureur
    Et qui ne veut rien dire. […] … »
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    • Livres 5.00/5
    Par JacobBenayoune, le 15 mai 2014

    JacobBenayoune
    Pour bien savourer ce roman, il ne faut rien lire à propos de l'histoire (ni résumés, ni explications, ni interprétations). Il faut entrer directement dans la lecture intégrale de l'oeuvre. Chose que j'ai accomplie; je crois d'ailleurs que c'est la seule manière pour lire ce roman.
    Qu'est-ce qui rend ce roman tellement original, génial (mais aussi difficile)? C'est la forme complexe. La manière de raconter, l'écriture et même la typographie. L'histoire est plus simple peut-être; la chute d'une famille.
    Il s'agit de quatre parties, quatre journées, quatre narrateurs, quatre manières de raconter.
    Le lecteur est d'emblée surpris, perplexe, c'est comme s'il s'est trompé de lieu et qu'il entend curieusement ce qu'on dit dedans pour comprendre! L'auteur a choisi de commencer par la partie la plus difficile; un vrai défi pour lui, puisqu'il peut rebuter plus d'un lecteur, mais aussi pour le lecteur lui-même qui pourrait lâcher et perdre ainsi le plaisir de lire le fameux William Faulkner. On s'accroche péniblement à quelques phrases intelligibles pour se heurter après à des passages indéchiffrables d'où la beauté de cette lecture. C'est après une cinquantaine de pages qu'on conçoit vraiment de quoi il s'agit dans cette première partie.
    Sorti de cette lecture exigeante, on ne sait pas vraiment qu'est-ce qui nous attend! Si l'auteur gardera le même narrateur auquel on s'est peu ou prou habitué, se retour en arrière qu'on rencontre dans le titre de la partie sera-t-il un éclaircissement des événements? Non! pas du tout ! Faulkner revient avec un autre narrateur, une nouvelle vision des choses, mais surtout, une typographie plus complexe avec de longs passages sans ponctuation, et plus de flash-backs (qui , au lieu d'aider le lecteur, augmente la difficulté) et de digressions.
    Maintenant, on est plus courageux, on s'attend à tout, on est prêt à affronter toutes les difficultés possibles, on s'attend aussi à un autre narrateur. Mais cette fois Faulkner, s'amuse à nous jouer un autre mauvais tour; c'est à un récit classique (au niveau de la forme et des normes de la narration) qu'on a affaire. On suit une narration rapide, et passionnante, interrompue de dialogues (ou peut-être le contraire).
    La quatrième partie, toujours avec plus de surprises, car on s'attendait à un quatrième narrateur (le personnage qui s'avère le plus important du roman; celui de Caddy), mais c'est un "il" qu'on retrouve; la partie la plus courte. Et l'on constate avec tristesse que cette aventure (celle du lecteur bien évidemment) va se terminer après quelques pages.
    En plus de la difficulté représentée par la narration fragmentée et bouleversée, et par la typographie variée qui mélange les événements passés et actuels, il y a aussi la difficulté des noms des personnages qui se ressemblent (prénom féminin et masculin en même temps aussi).
    La vie […] : une fable
    Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
    Et qui ne signifie rien.
    Voilà d'où vient ce titre assez significatif. Ces vers Shakespeariens résument tout. Faulkner a mené jusqu'au bout son expérience singulière, avec un narrateur débile qui voit les choses d'une manière inédite, un narrateur torturé par un mal psychique et un autre narrateur agressif; utilisant cette technique de courant de conscience.
    Et l'histoire? Il y en a. L'histoire d'une famille au déclin avec trois générations (un couple et un oncle, trois fils et une fille, une petite-fille) avec leur serviteurs noirs (eux aussi trois générations). Une famille jadis riche qui sombre dans la misère et l'abjection...

    Lorsque j'ai terminé cette lecture j'étais comme Howard Hughes dans The Aviator à répéter : "voilà qu'il est là un grand roman, voilà qu'il est là un grand roman..." une lecture qui laisse un effet étrange et qui dure.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ingannmic, le 20 décembre 2014

    Ingannmic
    Être facilement compris de ses lecteurs ne semble pas avoir été la principale préoccupation de William Faulkner.. Dans "Le bruit et la fureur" encore moins que dans certains de ses autres romans.
    Voilà un texte propre à décourager les plus persévérants. Pourtant adepte de l'auteur, j'avoue avoir moi-même été sérieusement déroutée par le caractère a priori insaisissable de ce récit.
    Jugez plutôt : vous vous trouvez littéralement plongé dans l'esprit d'un idiot -qui ne l'est pas tant que ça- dont vous ne comprenez pas vraiment s'il a treize ou trente ans, tentant de suivre le fil de ses pensées décousues, interrompues, emmêlées, ses souvenirs et sa perception chaotique du présent formant un curieux magma.
    Ajoutez à cela que certains des personnages évoqués dans ces pensées portent le même prénom (dont deux de sexe différent, qui s'appellent Quentin), et que l'auteur, histoire de nous embrouiller un peu plus -alors qu'à ce stade, on nage déjà dans la confusion la plus totale-, date de jours précis chacun de ses chapitres, pour en réalité y intégrer des flash-backs qui, en nous faisant perdre tout repère chronologique, finissent de nous déboussoler complètement !
    Vous savez ce qui m'a sauvée ? C'est la préface... je ne lis quasiment jamais les préfaces, et surtout pas avant de découvrir les romans auxquels elles se rapportent. Mais là, j'avais besoin d'un joker !! Et c'était finalement un bon réflexe. Même si elle ne rend pas le récit limpide, la préface permet de saisir les liens entre ses différents protagonistes, et d'avoir une idée globale de sa chronologie.
    J'ai ainsi pu continuer ma lecture mieux éclairée, les différents puzzles de l'intrigue s'emboitant ensuite peu à peu, plusieurs narrateurs se succédant, dont la relation devient de plus en plus linéaire, même si cela reste du linéaire faulknérien, et donc forcément relatif... Parce que la principale préoccupation de William Faulkner fut, me semble-t-il, de retranscrire le plus fidèlement possible les pensées de ses héros, avec ce que cela suppose de désordre, d'illogisme. Il rapporte ainsi une sorte de cacophonie mentale, une logorrhée intérieure bruyante et furieuse, en effet, qui, si elle peut rebuter le lecteur non averti, possède en même temps une force qui le touche presque malgré lui.
    Sinon, de quoi ça parle ? Bah, des années 30 dans le sud des États-Unis, au sein d'une famille de blancs qui se croit marquée du sceau de la malédiction, de ses tragédies, des rapports troubles qui lient ses membres, des sentiments intenses -haine, culpabilisation...- qui les animent. Ça parle aussi de la famille noire qui est à son service, de la relation étrange créée entre les deux "clans" par les années de cohabitation, entre besoin et condescendance, familiarité et domination...
    Du Faulkner, quoi...


    Lien : http://bookin-ingannmic.blogspot.com
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    • Livres 5.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 13 juillet 2010

    MarianneDesroziers
    Un roman magnifique qui porte bien son titre. Attention : lecteur inattentif et adepte des lectures faciles et divertissantes où l'auteur te prend par la main en surlignant les actions d'un coup de violon et qui fait régulièrement un rappel des épisodes précédents, passe ton chemin. Avec Faulkner, on n'est pas sur l'auto-route balisée menant au fast-food de la littérature à emporter. Il faut s'accrocher pour gravir à mains nues cette montagne mais quand on arrive au sommet, on est récompensé au centuple par la profondeur du champs de vision qui s'offre à nous. Un conseil de lecture : faites vous un petit arbre généalogique avec repères chronologiques dès le début, ça vous aidera par la suite à vous y retrouver.
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Citations et extraits

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  • Par Bruno_Cm, le 07 décembre 2014

    Sur un côté, une église délabrée élevait de guingois son clocher comme une église peinte, et le paysage tout entier était aussi plat, aussi dénué de perspective qu'un carton peint, dressé au bord extrême de la terre plate, sur les espaces de soleil éventé, avril et le matin tout frémissant de cloches.

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  • Par Bruno_Cm, le 07 décembre 2014

    Elle entendit les pieds traverser la salle à manger, puis la porte s'ouvrit et Luster entra, suivi d'un grand gaillard fait, semblait-il, d'une substance dont les molécules paraissaient n'avoir voulu, ou n'avoir pu, s'agglutiner ni se fixer sur le squelette qui en était le support. Sa peau sans poil avait l'air d'être morte ; hydropique également, il avançait d'un pas balancé et traînant, comme un ours apprivoisé. Ses cheveux étaient pâles et fins. On les lui avait brossés bien également sur le front, comme les cheveux des enfants sur les daguerréotypes. Il avait des yeux clairs, du bleu pâle et doux des bleuets. Sa bouche épaisse était entrouverte et un peu de bave en coulait.
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  • Par Bruno_Cm, le 07 décembre 2014

    Mais Jason, passant devant eIle, s'élançait dans le corridor jusqu'à une porte. Il n'appela pas. Il empoigna le bouton et le secoua. Puis il resta la main sur le bouton, la tête un peu penchée, comme s'il écoutait quelque chose au-delà des trois dimensions de la chambre, derrière la porte, quelque chose qu'il entendait déjà. Il avait l'attitude de l'homme qui fait tout pour entendre afin de se leurrer sur ce qu'il entend déjà.
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  • Par Bruno_Cm, le 07 décembre 2014

    Luster revint, coiffé d'un canotier neuf à ruban de couleur, une casquette de drap à la main. Le chapeau semblait isoler le crâne de Luster dans l'oeil de qui le regardait, avec tous ses plans et tous ses angles individuels, comme le ferait un projecteur.Si individuelle était la forme qu'au premier abord le chapeau paraissait posé sur la tête de quelqu'un qui se serait trouvé exactement derrière Luster.
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  • Par Bruno_Cm, le 07 décembre 2014

    Ce corps était surmonté d'un visage affaissé où les os eux-mêmes semblaient se trouver en dehors de la chair, visage qu'elle levait vers le jour commençant avec une expression fataliste et surprise à la fois, comme un visage d'enfant désappointé, jusqu'au moment où, s'étant retournée, elle rentra dans sa case dont elle ferma la porte.

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Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Dean Faulkner Le Sud des Etats-Unis fut celui de l'esclavage et des grandes plantations, du Ku Klux Klan et des chrétiens fondamentalistes. Mais elle est aussi le berceau du jazz et du blues. François Busnel se rend à Fripp Island, en Caroline du Sud, pour y rencontrer Pat Conroy. Puis il rejoint Memphis, dans le Tennessee où il retrouve l'auteur de polars Ace Atkins. De là, il se rend en voiture à Oxford, dans le Mississippi, où William Faulkner avait élu domicile, en 1931. A Oxford vit également le romancier Tom Franklin. Il rencontre aussi Thomas H. Cook, auteur de polar natif du Sud. Arrivé à La Nouvelle Orléans, l'écrivain Eddy Harris entraîne François Busnel dans les quartiers détruits par l'ouragan Katrina. Dans un bayou proche de La Nouvelle-Orléans, François Busnel rencontre John Biguenet, écrivain américain d'origine acadienne.








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