> Valéry Larbaud (Préfacier, etc.)
> Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)
> Michel Gresset (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2070363074
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
Tandis que j'agonise est un roman paradoxal. Paradoxal, d'abord au vu du faible succès public qu'il rencontra, alors qu'il allait marquer un grand nombre d'écrivains ou d'artistes tel Jean-Louis Barrault qui fit du roman une de ses premières pièces (... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    As I Lay Dying
    Traduction : Maurice-Edgar Coindreau
    Faulkner était le premier à déclarer que, après le refus du premier manuscrit de « Sanctuary », il avait conçu « As I Lay Dying » comme un « tour de force » accompli pour le bénéfice d'un lecteur bien ébahi de constater que le récit tout simple du voyage d'un cercueil, dans une charrette brinquebalante, par les plaines du Texas, le tient en haleine pendant un peu plus de deux-cent-quarante pages.

    C'est que, dans le cercueil, git Addie Bundren, épouse d'Anse à qui elle a donné quatre enfants légitimes, Cash, Darl, Vardanan et Dewey Dell – seule fille de la nichée – ainsi qu'un fils adultérin et né de ses amours éphémères avec le pasteur Whitfield : Jewel. Or, si pauvre et si triste qu'elle eût vécu, Addie était bien le véritable chef de la famille Bundren. Ainsi que beaucoup de paysannes, aux USA comme ailleurs, elle laissait officiellement les rênes du pouvoir à son époux. Mais en réalité, c'était elle qui menait la maisonnée : l'amour et le respect que ses enfants continuent à lui témoigner dans la mort sont là pour le prouver.
    Dès le départ – et la fin du roman nous le confirmera – Anse, son mari, apparaît comme ce mélange de ruse et d'entêtement qui est le lot de tant de ruraux de sexe mâle, du moyen-âgeux « Aucassin et Nicolette » jusqu'à l'œuvre de Faulkner lui-même en passant bien sûr par les féroces portraits de paysans normands que brossa Maupassant.
    Ayant promis à Addie mourante qu'il la ferait enterrer à plus de quarante miles de leur domicile, auprès de ses parents, à Jefferson, Anse met donc tout en œuvre pour ne pas se dédire. A croire qu'il estime déjà que, s'il tient parole, il pourra ensuite faire ce qu'il lui conviendra … (A ce propos, si vous lisez l'édition Folio, mieux vaut passer la préface de Valéry Larbaud afin de mieux goûter toute la férocité de la chute – férocité qui m'a évoqué sur le fond quelques uns des meilleurs textes de Jacques Brel.)
    Déjà, c'est le fils aîné, Cash, qui construit le cercueil dans lequel sera enterrée sa mère, alors que celle-ci est encore vivante. Pourquoi lui ? Parce que la famille est pauvre et, ainsi que le rabâche Anse, parce qu'Addie en personne l'a demandé. (Mais le lecteur n'aura pas confirmation de la chose puisque, quand il ouvre le roman, Mrs Bundren ne peut plus dire un mot.) La visite bien tardive du Dr Peabody, appelé à la dernière minute, quand les dés sont jetés, s'effectue d'ailleurs avec le bruit du rabot et de l'erminette en fond sonore mais sans une seule phrase ou plainte de la part d'Addie.
    Après le repas funéraire qui voit débarquer les voisins, Mr Tull et sa bigote d'épouse, Cora, toute la famille grimpe dans la charrette avec le cercueil et c'est le départ. Malheureusement, des pluies ont contraint la rivière à sortir de son lit et deux ponts ont été détruits. Ce qui fait qu'un voyage prévu pour durer un minimum va s'échelonner sur une dizaine de jours, sous un soleil de plomb, escorté par les busards qui suivent le convoi car, évidemment, vu le peu de moyens dont il dispose, Anse n'a pu demander à un embaumeur de s'occuper du cadavre et a couché celui-ci tel quel dans le cercueil.
    Anse Bundren appartenant malheureusement à cette catégorie de gens qui, à force de gémir et s'attendrir sur leur sort, finissent toujours par attirer sur eux l'attention d'un Destin exaspéré, contretemps et accidents s'accumulent : les mules se noient au niveau du gué où elles n'avaient plus pied et il faut se procurer un nouvel attelage ; dans l'accident des mules, Cash, le fils aîné, se casse à nouveau la jambe et le vétérinaire consulté au hasard de la route ne fait pas grand chose pour améliorer son état ; du coup, on le couche sur le cercueil qui exhale de telles vapeurs que, toutes les fois que l'étrange cortège s'arrête pour passer la nuit, ceux à qui ils demandent asile ont vraiment bien du mérite à le leur accorder affraid ; dans l'espoir de soigner la jambe du malheureux Cash et sur instigation d'Anse, on achète pour dix sous de ciment que l'on touille avec un peu d'eau et l'on verse le tout sur la fracture …
    Enfin, après que le cercueil ait failli périr dans l'incendie de la grange du fermier Gillepsie – je vous laisse découvrir dans quelles circonstances le feu s'est propagé – la dernière étape est franchie : Jefferson est en vue. Anse, qui nous serine depuis déjà deux cents pages que ni lui, ni sa défunte ne veulent « rien devoir à personne », descend pour négocier le prêt de deux bêches destinées à creuser la tombe - en effet, s'ils ont emporté le cercueil, aucun n'a pensé à se munir au moins d'une bêche ...
    Pendant ce temps, dans la charrette, Cash souffre de plus en plus de sa jambe qui se gangrène. Dewey Dell profite également de la halte pour se procurer une drogue abortive et Vardanan se pose bien des questions sur l'arrestation de son frère Darl par des infirmiers ayant pour mission de le mener à l'hôpital de Jackson où l'on soigne les gens qui ont perdu la raison.
    Le cercueil ayant rejoint la Mère-Terre, on peut s'attendre à ce que tout rentre dans l'ordre. Mais Faulkner qui, dès les premières pages, a misé avec un maximum de férocité sur les scrupules d'Anse, partagé entre son désir d'acquérir un dentier et celui de maintenir sa famille à flots, n'en a pas fini avec son lecteur …
    Moins puissant que « Sanctuaire », tout aussi impitoyable envers la nature humaine mais bien plus ironique, « Tandis que j'agonise » est encore l'un de ces romans où l'on entre en hésitant, voire en se demandant pourquoi diable on l'a acheté et que l'on finit de lire avant l'aube parce que l'on veut à tout prix en connaître la fin. En 1962, Julien Green disait d'ailleurs à son sujet :
    « Il y a là-dedans une sorte de délectation funèbre, mais chaque page est d'une beauté saisissante. C'est une des très rares réussites de ce temps où l'on crie au chef-d'œuvre à tant de livres insignifiants. » ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 21 mars 2011

    zohar
    Principalement des drames psychologiques, les romans de William Faulkner mettent l'accent sur les émotions des personnages, via le procédé du monologue intérieur, à l'instar de James Joyce ou encore de Virginia Woolf. « Tandis que j'agonise » illustre cet aspect là, mais aussi et surtout, la vie tragique et désespérée dans les états du sud Américain.
    L'intrigue se déroule dans le Mississipi où, Addie Bundren, doit être enterrée auprès des siens à Jefferson. Son mari, Anse, et ses cinq enfants s'apprêtent à se rendre dans La Ville d'origine de son épouse défunte.
    Des scènes incongrues et loufoques encadrent la trame évènementielle des Bundren. Cash, charpentier de formation et fils aîné de cette famille de fermiers, ne se préoccupe que de ses outils (il a, par ailleurs, la charge de fabriquer le cercueil de sa mère) et la jeune fille des Bundren, Dewey Dell, ne pense qu'à sa grossesse.
    Quant à Vardaman, le dernier des enfants, confond sa mère avec un poisson (« Ma mère est un poisson »).
    Et le père, en dehors de sa promesse (enterrer sa femme auprès de sa famille), il ne pense qu'à l'achat d'un dentier, etc.
    Dans ce convoi funéraire, W.Faulkner nous dessine un tableau comico-tragique (des scènes théâtrales qui ressemblent par moments à du Beckett), où il souligne tout le côté primitif et absurde que la vie est capable de nous offrir (mais en aucun cas, le récit se voudrait misérabiliste, loin de là).
    Dans un style d'écriture baroque et une prose tortueuse (mais subtile). W.Faulkner, avec l'usage de la narration multiple (il n'y a Pas qu'un seul narrateur dans ce roman) et par l'utilisation du courant de conscience, (Absalon, Absalon!, du même auteur, illustre très bien cette technique d'écriture…) sait parfaitement bien dans ce récit transcrire, avec une grande ironie, les pensées désordonnées de ses personnages pour mieux traduire, en fin de compte, leur état intérieur.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par snybril, le 04 septembre 2009

    snybril
    Jje n'avais pas encore parlé de Tandis que j'agonise, le titre aurait du m'inciter à la méfiance. Je me suis presque mort d'ennui avec ce roman que je m'apprête à critiquer. le souvenir pénible de la lecture s'est faufilé dans les rayonnages obscurs de ma mémoire, pour sombrer tranquillement dans l'oubli. Mais peine perdue, je l'ai retrouvé ce petit souvenir mesquin. Après avoir tant souffert à la lecture, je suis bien obligé de l'étaler. C'est une sorte d'exorcisme.
    Revenons-en au livre, enfin d'abord à l'auteur, William Faulkner. Outre le fait d'avoir un nom assez évocateur, il fait partie du petit cénacle des prix nobels. Gage de qualité trompeur qui dissimule souvent les autels sanglants d'une idolâtrie snobinarde. le personnage est également connu pour être le plus grand écrivain du sud des états unis (dixit la quatrième de couverture, vive les éditions folio), son penchant pour l'éthanol sous ses formes liquide ou pour son talent de scénariste. Enfin bref, ce n'est pas pour cela que je cherchais à lire du Faulkner, c'est surtout car le quidam a fondé sa réputation littéraire sur la création d'un compté imaginaire dans le Mississipi qui sert de décor à la plupart de ses écrits.
    La description de la misère du siècle passé dans le Mississipi rural, voilà ce qui m'attirait chez Faulkner. J'espérais trouver une intéressante documentation pour mon propre travail d'écriture, dont l'action se déroule également dans les états américains du sud. Je cherchais le chef d'œuvre du romancier, Absalon, Absalon! Je ne l'ai pas trouvé alors par dépit j'ai choisi Tandis que j'agonise.
    A ce sujet, un premier coup de gueule contre les éditions folio. Ces sombres éditeurs ont un penchant notable pour la quatrième de couverture fâcheuse. En l'occurrence,elle se contente d'être un extrait du livre. Paresse oblige, l'extrait n'a absolument rien de significatif. En sortant de la librairie avec le livre sous la poche, mis à part l'assurance que l'action se déroulait bien dans l'Amérique rurale, je ne savais rien du contenu. C'est le hasard qui a dicté mon choix, ainsi que la photographie présentée en première de couverture, une magnifique photo noir et blanc d'une famille américaine. Je pourrais aligner les lignes pour parler de cette photographie, le père de famille qui domine la verticale centrale, tranquillement adossé à une colonne de bois en train de rouler une cigarette dans sa salopette de paysan. Tout autour de lui sa famille, visiblement sa femme et ses deux filles fixent l'appareil photo. Les personnages semblent pauvres et démunis mais empreints d'une profonde majesté.
    C'est malheureusement le meilleur moment du livre. L'intérieur nous présente effectivement une petite famille américaine vivant dans la misère, mais loin d'avoir cette majesté, les personnages sont présentés dans leur rusticité crasse. L'histoire nous raconte la mort d'Addie Bundren. Non, pas une mort passionnante, ni un crime à résoudre, juste la fin pathétique et morne d'une pauvre femme dans son lit, terrassée par la maladie. La seconde partie du livre se présente comme une farce de mauvais goût avec l'odyssée de la famille qui part enterrer la vieille dame. Une violente tempête à détruit les ponts pour se rendre à La Ville alors les chapitres s'empilent pour nous raconter les péripéties du long chemin. Ils s'en passe des choses sur la route, des rencontres et des évènements improbables qui vont transformer l'enterrement en épopée mythique.
    C'est très certainement bien écrit. Chaque chapitre nous présente le point de vue de l'un des personnages. Il paraît que c'est Faulkner à inventé cette technique littéraire du "courant de conscience", chacun des personnages avec sa propre perception des évènements, ses préoccupations intimes. le style d'écriture s'adapte et polymorphe il se transforme d'un chapitre à l'autre. Même si Faulkner est l'inventeur de cette technique, force m'est de constater qu'elle a été reprise avec talent par d'autres. Que les élèves ont très largement dépassé le maitre. Là cela donne une tonalité erratique au récit, cela embrouille le lecteur et c'est surtout profondément soporifique.
    Même si au cours du récit sont révélés les secrets des protagonistes, on s'ennuie ferme à la lecture. Et c'est avec soulagement que l'on accueille la dernière page.

    Lien : http://oiseauchanteur.blogspot.com/2008/11/revue-de-lecture-pour-fin..
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    • Livres 5.00/5
    Par Madamedub, le 06 avril 2011

    Madamedub
    "Tandis que j'agonise" est le récit à multiple voix de la mort et de l'enterrement d' Addison Bundren, mère de famille dans l'Amérique du Sud si chère à Faulkner.
    Le récit monotone du parcours de ce corps, agonisant, mort, puis pourrissant, est rythmé par le décompte angoissant de la putréfaction annoncée de cette ultime mission confiée par la mourante: être enterrée à Jefferson avec sa famille, demande qui sonne comme un punition, un fardeau souligné par d'autres épreuves, les intempéries, l'argent qui vient à manquer, la peine de la jeune soeur qui souhaite cacher sa grossesse...
    Mais malgré le changement, irrégulier, des narrateurs, Faulkner se joue dans ce récit du lecteur, les affiliations, longues à comprendre, sèment le trouble, et plus précisément recréent cette sensation de perte et de manque de repères dans une famille qui manque de centre de gravité. le fils aîné Dash, construit le cercueil de sa mère sous son regard imperturbable. le plus jeune fils, Vardaman, qui tue un poisson au début du livre, confond dans ses pensées sa mère et ce poisson, et semble s'approcher d'une vérité inconsciente "ma mère est un poisson, la mère de Jewel est un cheval". Cet autre fils, au caractère farouche, que tout semble distinguer des autres, mais qui demeure le préféré de la mère, se révèle être issu d'une autre liaison, don l'aveu est avorté au moment même où la mère disparaît.
    Le dernier fils, Darl, est celui auquel le plus de chapitre est consacré, on se sent donc naturellement plus proche de lui, alors que les autres récits le décrivent comme un garçon inquiétant et fou. Paradoxalement les narrations de Dash semblent plus confuses, de même celles de Vardaman, mais c'est bien Darl qui se fait enfermer au final de l'histoire, continuant d'achever la confusion de la lecture. Car finalement, ce récit entremêle les confidences, les pensées et les commentaires de chaque personnages ne suffit pas à recréer la clarté d'une narration omnisciente.
    Et c'est bien sur ce trouble que joue Faulkner, même avec tous les éléments il manque, et il manque toujours, une donnée objective qui échappe au lexique et à l'entendement humain.
    Le récit se conclue de la même sorte, Anse, le père, qui semblait enlisé dans les complexes d'une politesse exacerbée et imbécile (ses principes qui lui enjoignent de refuser de l'aide, qui le pousse à enduire la jambe cassée de son fils dans du ciment plutôt que de le conduire à un médecin s'il n'en a pas les moyens) témoigne avec une simplicité incroyable de n'avoir eut finalement de hâte que d'acheter un dentier en ville, et cela au détriment des tous ses enfants.
    L'écriture de Faulkner, toujours lapidaire et efficace, retrace ce parcours mortuaire au travers de ce qui semble être les différents cercles de l'enfer humain, semant dans l'esprit du lecteur le même désordre mental qui semble être le pouls de cette famille.

    Lien : http://www.madamedub.com
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    • Livres 4.00/5
    Par medsine, le 30 janvier 2012

    medsine
    La famille Bundren est une tribu de paysans horriblement pauvres du Sud des États-Unis (le comté fictif de Yoknapatawpha). Alors que la mère agonise sur son lit de mort son fils ainé Cash construit sous ses yeux son futur cercueil. Comme elle a fait promettre à son mari de l'enterrer à Jefferson, distante de 40 miles de leur ferme, toute la troupe part une fois qu'Addie décède. La route est un calvaire et prendra plusieurs jours. Obstacles, putréfaction du cadavre, violence, folie, souffrance rythment le roman de Faulkner.Addie a élevé dans la misère quatre fils et une fille avec son mari Anse. Chacun des membres de cette famille, plus les personnages secondaires rencontrés lors du périple, vont prendre le rôle de narrateur. Ils lèvent le voile, chacun de son point de vue, sur la vie misérable qu'ils mènent tous, leurs espoirs et le pathétique désir de s'en sortir.C'est encore un exercice de style pour Faulkner, un tour de force comme il le dira lui même, une écriture puissante et qui joue avec tous nos sens. L'odeur est particulièrement mise à contribution. On sent encore la chair en décomposition en fermant le livre
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Citations et extraits

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  • Par Seitek, le 13 juin 2009

    "Anse Bunden restait debout, voûté, dolent, les yeux fixés sur la route vide, par delà le pont qui oscillait et qui tremblait. Et toujours cette fille avec son panier de victuailles à un bras et son paquet sous l'autre. En route pour la ville, tout simplement. Décidée à y aller. Ils risqueraient le feu, la terre, l'eau et le reste rien que pour pouvoir manger une pochetée de bananes. Je dis : "Vous auriez dû retarder d'un jour. Ca aurait baissé un peu d'ici demain matin. Il ne pleuvra peut-être pas cette nuit. Et ça ne pourrait pas monter plus haut."
    Il dit: "Elle compte sur ma parole. Je la lui ai donnée".

    DARL
    "Devant nous l'eau coule, épaisse et noire. Sa voix monte vers nous en un murmure continu et multiple. La surface jaune est monstrueusement boursouflée de tourbillons fugitifs qui courent un instant à la surface, silencieux, éphémères et profondément significatifs ; comme si, juste
    sous la surface, quelque chose d'énorme et de vivant s'éveillait d'un sommeil léger pour y retomber après quelques instants de paresseuse activité".

    TULL
    "Il était quasiment minuit et il avait commencé à pleuvoir, quand il nous a réveillés. C'était une vilaine nuit, avec cet orage dans l'air ; une de ces nuits où on peut s'attendre comme qui dirait à tout, avant qu'on ait pansé les bêtes, qu'on soit rentré dans sa maison, qu'on ait soupé, qu'on se soit couché, avec la pluie qui commence à tomber".

    PEABODY
    "Quand Anse s'est enfin décidé de lui-même à me faire appeler, j'ai dit : "Il a fini par avoir raison d'elle." Et j'ai dit c'est bougrement heureux, et au premier abord, j'ai eu envie de n'y pas aller. Je craignais, au cas où il y aurait quelque chose à faire, de me trouver dans l'obligation de la tirer de là, nom de Dieu."

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  • Par vincentf, le 06 février 2011

    Lui aussi avait un mot. Il appelait ça l'amour. Mais il y avait longtemps que j'étais habituée aux mots. Je savais que ce mot était comme les autres, rien qu'une forme pour combler un vide; je savais que, le moment venu, on n'aurait pas plus besoin de ce mot que des mots orgueil et honte.
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  • Par Lilly, le 14 février 2009

    "Des fois, je ne sais pas trop si l'on a le droit de dire qu'un homme est fou ou non. Des fois, je crois qu'il n'y a personne de complètement fou et personne de complètement sain tant que la majorité n'a pas décidé dans un sens ou dans l'autre."
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Les carnets de route de François Busnel, France 5 Rencontre avec Dean Faulkner Le Sud des Etats-Unis fut celui de l'esclavage et des grandes plantations, du Ku Klux Klan et des chrétiens fondamentalistes. Mais elle est aussi le berceau du jazz et du blues. François Busnel se rend à Fripp Island, en Caroline du Sud, pour y rencontrer Pat Conroy. Puis il rejoint Memphis, dans le Tennessee où il retrouve l'auteur de polars Ace Atkins. De là, il se rend en voiture à Oxford, dans le Mississippi, où William Faulkner avait élu domicile, en 1931. A Oxford vit également le romancier Tom Franklin. Il rencontre aussi Thomas H. Cook, auteur de polar natif du Sud. Arrivé à La Nouvelle Orléans, l'écrivain Eddy Harris entraîne François Busnel dans les quartiers détruits par l'ouragan Katrina. Dans un bayou proche de La Nouvelle-Orléans, François Busnel rencontre John Biguenet, écrivain américain d'origine acadienne.








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