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Critiques sur Nagasaki (54)


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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison le 09/02/2012


    Le Nouvel Obs : « Eric Faye méritait depuis longtemps un grand prix littéraire. Il a fallu, comme souvent, qu'il publie son moins bon livre pour que l'Académie le couvre d'honneurs justifiés par ailleurs. »

    Je commence donc par le moins bon, d'après ce canard, Grand Prix du Roman de l'Académie Française tout de même. Je me demande ce que devait être ces précédents romans car pour ma part, ce dernier paru en 2010 m'a totalement subjugué et conquis l'espace de deux petites journées. le roman n'est pas bien épais, à peine 110 pages, mais pas un mot de trop pour une histoire tirée d'un fait divers paru dans plusieurs journaux japonais dont l'Asahi.

    Shimura-san est un météorologue, la cinquantaine, célibataire, un peu maniaque, un peu dépressif. Il vit seul dans une maison silencieuse de Nagasaki où chaque chose est rangée à sa place. Un quotidien d'une banalité effarant où Shimura-san ne fait strictement aucun écart de conduite à sa vie parfaitement réglée. Un jour, des soupçons envahissent son esprit. Il a le sentiment qu'un pot de yaourt a disparu et que le niveau du jus de fruit s'est légèrement abaissé… Il ne lui en faut pas plus pour installer une webcam dans sa cuisine et surveille ainsi, de son travail, la porte de son frigo… Jusqu'au jour où l'ombre d'une femme, ni belle ni jeune, apparait sur l'écran de son ordinateur…

    Comment décrire un tel livre, si court mais si humain. Je me revois lorsque je découvrais « Neige » ou « Soie », deux autres courts romans écrits par des occidentaux sur le Japon. Comme ces deux précédentes œuvres, j'ai eu le sentiment que l'auteur s'était mis au diapason de la littérature nippone. La plume aurait très bien pu être tenue par un auteur japonais sans que l'esprit du roman n'en soit affecté dans un sens ou l'autre. Et pour rester dans les impressions asiatiques, tout en lisant ce roman, je revoyais des images du film de Kim Ki Duc, « Locataires », le sentiment de découvrir en cette ombre parue furtivement sur la webcam de Shimura-san, une « visiteuse » venue s'apaiser dans cette maison vide et absente de son propriétaire…

    Il y a des livres qui semblent vous marquer plus que d'autres. Ce « Nagasaki » en fait partie. Juste une impression, celle d'avoir entrevue des sentiments humains dans ces deux personnages (et c'est suffisamment rare de nos jours). Je sais que je ne me contenterai pas de cette simple lecture. le livre est rangé dans ma bibliothèque, à l'abri de la poussière et de la lumière vive, à coté des autres romans japonais, et dans quelques mois, je le ressortirai et reprendrai plaisir à ressentir ces mêmes émotions… et sûrement à en découvrir d'autres…


    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=270

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Lune le 07/02/2012


    Japon : Nagasaki, un fait divers, un homme à la cinquantaine étonnée et solitaire, une ombre d'abord, une silhouette ensuite, une femme finalement.

    Miroir : solitude, engagement, non-dit, famille éclatée, éloignée.

    Un style : des ricochets de mots, des allitérations souriantes, de l'humour léger, des comparaisons renouvelées, le peu pour le plus, provocation imaginative.

    Un univers vital : fantastique, absurde, cruel, déstabilisant, futuriste.

    Une histoire : étonnante, époustouflante, brûlante sans avoir l'air d'y toucher.

    Une psychologie : tréfonds de l'âme, banalités, interrogations, vie fondue, confondue.

    Un bilan : exister pour ne pas disparaître complètement.

    Un livre court : tout est dit, le point de non-retour.

    L'homme : amertume, déstabilisé, en questionnement, culpabilisé.

    La femme : amertume, déstabilisée, en questionnement, culpabilisée.

    Le lecteur : suspense, compassion, réflexion, échos.

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par cicou45 le 25/11/2011


    Lu en quelques heures seulement, on peut donc dire que j'ai littéralement dévoré cet ouvrage.

    L'histoire est celle de Kobo Shimura, un météorologue âgé de 56 ans et résidant à Nagasaki. Sa vie est des plus banales puisque célibataire, sans enfants, il vit seul, n'a pas de relation amoureuse et ne sort jamais avec ses collègues de boulot pour aller boire une bière après le boulot. Sa vie est d'un ennui à mourir et est chronométré à la minute près, à savoir par exemple qu'il de lui arrive pratiquement jamais de dîner après 18h30. Il connaît les rayons de son frigo par coeur, ce qui va lui permettre de se rendre compte que quelqu'un s'y sert de temps en temps. Après avoir mis cela sur le compte de la sénilité, il en est arrivé à obtenir des preuves irréfutables qu'une personne, une femme, se servait régulièrement dans son frigo. Il n'était donc ni fou ni sénile mais ce qu'il ignorait, c'est que cette même femme cohabitait avec lui depuis un an, et ce, à son insu. Lui qui est si méthodique et droit dans sa vie, comment ne s'est-il pas rendu compte plus tôt qu'une autre personne que lui utilisait la même douche que lui et dormait sous son toit ?

    Une histoire très émouvante et très bien écrite. La fin, que je ne vous dévoilerai pas, pour ne pas gâcher l'effet de surprise, m'a néanmoins laissée sur ma faim, effet bien évidemment intentionnel de la part de l'auteur. Je trouve d'ailleurs que ce dernier réussit parfaitement son coup puisqu'il permet au lecteur d'imaginer sa propre continuité de l'histoire en lui permettant de vaguer à mille et une interprétations possibles. de plus, qui a dit que "l'Histoire est un éternel recommencement ? "
    Lisez ce livre si vous voulez comprendre où je veux en venir...

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Alienor le 12/12/2010


    Ce roman est inspiré d'un fait divers relevé dans un quotidien japonais, que l'auteur a en quelque sorte sublimé. Un fait divers étonnant, histoire d'un homme s'apercevant un jour qu'une intruse vit dans sa maison à son insu. Je n'en dirai pas plus, car ce livre est très court et les critiques ont à mon sens beaucoup trop écrit à son sujet, ne laissant au lecteur que peu de marge de découverte.

    Il se dégage de cette centaine de pages une atmosphère que je peine à décrire mais qui capte et retient. Au point de faire regretter que le livre soit si court. J'aurais aimé faire un plus long bout de chemin avec ces deux personnages, pour mieux faire connaissance avec ce couple insolite.
    Et plus encore avec cette femme, fantôme durant une bonne partie du récit, et qui prend une force et une présence incroyables lorsqu'elle prend la parole. A ce moment, l'homme est devenu fantôme à son tour, et l'on regrette que les circonstances aient rendu toute véritable rencontre impossible.


    Lien : http://tassedethe.unblog.fr

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



  • Par Shinko le 12/12/2010


    Le roman Nagasaki se déroule au Japon. Il s'inspire d'un fait divers : un homme japonais au quotidien redondant, apprend qu'une femme vit cachée chez lui depuis un an.
    Le style est épuré, clin d'œil à l'art japonais.
    Ce roman aborde les problèmes liés à la recherche identitaire, l'appartenance, l'intimité. C'est aussi une critique sociale qui met en scène le problème du chômage. Mais aussi des grandes villes où l'homme n'est qu'une fourmis parmi tant d'autre.
    Eric Faye montre la déshumanisation des hommes qui ne vivent plus que pour leur travail et pour qui chaque jour est identique. Il confronte ces hommes déshumanisés à l'humanité d'une femme seule et sans abris mais qui aime la vie et passe des journées à contempler le soleil. Cette opposition entre les deux protagonistes du roman a pour but de faire réfléchir le lecteur sur le futur d'un monde qui se déshumanise peu à peu.

    Un livre à lire, tant pour se distraire que pour avoir une réflexion sur l'humain et son devenir dans notre société actuelle.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Bibliolibra le 27/12/2011


    Un petit chef-d'oeuvre contemporain comme je les aime!

    J'ai beaucoup apprécié la forme de la narration à travers laquelle on pénètre la vie,
    l'histoire, les pensées les plus profondes des deux personnages principaux.
    Grâce à la narration il est aisé d'établir un parallèle entre les vies des deux personnages,
    lesquels présentent de fortes similitudes mais également un point commun fort: cette
    fameuse maison.

    Par ailleurs, l'histoire, apparemment tirée d'un fait réel, en plus d'être très bien "mise
    en texte" est très originale. Une originalité soulignée par les dernières pages de ce
    petit roman lesquelles apparaîssent comme une véritable chute puisqu'en effet elles
    nous délivrent tous les secrets et répondent à toutes les questions que le lecteur aura
    pu se poser tout au long du livre.

    Evidemment, je n'en dirai pas plus sur le contenu de cette oeuvre que je conseille
    fortement à tout lecteur avide et affamé, ou même au lecteur le plus sage. A travers
    un fait réel, l'auteur aborde des thèmes relativement critiques tels que la solitude, le monde du
    travail pour les quinquagénaires qui se retrouvent au chomâge, la crise, la société actuelle
    et ses nombreuses problématiques....

    En bref, voici une oeuvre intelligente et originale.

    Encore une fois mon ptit nez de lectrice m'a bien guidé et je l'en remercie!

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Nadael le 10/06/2011


    Un homme, la cinquantaine avancée, semble excessivement inquiet, voire angoissé dès les premières pages du roman. Il vit seul dans une petite maison depuis de nombreuses années, avec les chantiers navals de Nagasaki pour paysage. Aucune présence féminine à ses côtés. Quotidiennement, il prend le chemin de son lieu de travail où il est métérologue. Son existence a un goût bien fade jusqu'au jour où il aperçoit de curieux changemements dans son intérieur, lorsqu'il rentre le soir ; des objets lui appartenant disparaissent ou changent de place. Une paranoïa s'empare alors de lui, et il se met alors systématiquement à tout vérifier après ses absences. Désireux de connaître le fin mot de l'histoire et peut-être aussi pour s'assurer qu'il n'est pas fou, il installe une caméra de surveillance et observe de son travail sa propre demeure.

    Assez vite, il découvre qu'une femme de son âge entre et sort de chez lui quand il n'y est pas. La police est contactée et la femme arrêtée. Celle-ci était même porteuse d'une clé. Et quelle stupéfaction quand l'homme apprend que cette clandestine « vivait » à son domicile depuis près d'une année !

    Difficile d'en dire davantage, le roman étant très court, il est préférable de se taire et de vous laisser découvrir...Juste dévoiler la présence d'une très jolie lettre écrite par la femme à l'homme à la toute fin du livre qui explique bien des choses.

    L'auteur a, semble-t-il, façonné son roman à partir d'un fait divers s'étant réellement produit au Japon. Outre l'histoire surprenante d'une femme qui habite (et passe de nombreuses nuits) chez un homme en parfaite clandestinité, le roman évoque la solitude, les jours qui se suivent et se ressemblent, le chacun pour soi, la perte de l'identité, la déshumanisation, les racines, le chômage, la nostalgie d'un passé révolu...

    Un style agréable et une lecture intéressante qui favorise la réflexion sur les divers sujets mis en évidence par l'auteur ainsi qu'une introspection sur sa propre vie , ce qu'on en fait et/ou ce qu'on veut en faire.


    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-nagasaki-75515533.html

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par caro64 le 14/04/2011


    Il est difficile de parler de ce court roman, "étrange et pénétrant", sans en dévoiler une partie du mystère.

    M. Shimura vit une existence ordinaire, avec un boulot ordinaire, et habite dans une maison ordinaire. Pourtant tous les jours, il note scrupuleusement tout se qui se trouve dans son frigo et dans ses placards en prenant bien soin de calculer les quantités qu'il lui reste et le niveau de chaque bouteille entamée.Aurait-il perdu la raison ? C'est que quelque chose s'est produit… En effet, de temps en temps, un yaourt disparaît, ou une bouteille d'eau n'est pas exactement à sa place. Refusant de céder à la paranoïa, il prend une grave décision : il court acheter une webcam et l'installe dans sa cuisine, puis, le lendemain matin, programme le logiciel à son bureau pour suivre ce qui se passe dans sa cuisine lorsqu'il n'est pas chez lui. Et bien lui en a pris, car au bout de quelques jours, il aperçoit très nettement une femme de dos, en train de se faire bouillir de l'eau pour boire un thé chez lui ! Quelle est cette intruse qui ose ainsi cambrioler son logement ? Furieux de cette violation de domicile, il appelle tout de suite la police. Mais celle-ci croit à une mauvaise blague lorsqu'elle se rend sur place, car la serrure n'a pas été forcée et la maison est hermétiquement close….

    Nagasaki est un roman à la trame extrêmement simple mais qui a le mérite de captiver le lecteur de bout en bout.

    Eric Faye nous offre avec ce joli texte une plongée dans le Japon moderne. Un fait divers étonnant et un bon point de départ pour une réflexion sur la solitude et la remise en question de la notion de chez-soi. C'est aussi un roman sur les racines. Tout cela est servi par une écriture minutieuse, précise et soignée.

    Inattendu, un roman touchant qui se lit en quelques heures, d'une traite, et qui vaut le détour .

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Lisbei13 le 28/08/2010


    Dans un quartier tranquille sur les hauteurs de Nagasaki, un célibataire d'une cinquantaine d'années a l'impression de devenir paranoïaque … il constate que des aliments disparaissent de son frigo en son absence, alors que l'appartement est entièrement fermé. Pour en avoir le coeur net, il décidé d'acheter une webcam et d'espionner sa propre maison pendant qu'il est au travail. Il va surprendre chez lui une inconnue, qui sera arrêtée et emprisonnée quand il donnera l'alarme auprès de la police, outré et profondément mal à l'aise à l'idée que quelqu'un s'introduise chez lui. Et ce qu'il va apprendre après l'arrestation le surprendra encore plus : cette femme inconnue vivait chez lui à son insu depuis près d'un an …

    A partir de ce fait divers relaté dans un journal régional, Eric Faye va imaginer le quotidien croisé de ces deux personnages au moment de la crise. le sujet m'attirait beaucoup, ainsi que le pays dans lequel il se déroulait.

    C'est un tout petit roman, un peu plus d'une centaine de pages, et je l'ai lu en moins d'une heure, mais j'avoue avoir été déçue par deux choses. D'abord, le style. Non pas que celui de l'auteur soit désagréable, mais je le trouve bien inutilement chargé par rapport aux auteurs japonais que j'ai eu l'occasion de lire et d'apprécier, et du coup il y avait comme un télescopage entre ce style trop chargé et le décor de l'histoire. Et ensuite, ce qui m'a beaucoup déçu c'est la fin du livre. Pourquoi avoir voulu à tout prix justifier le geste de cette femme. Pourquoi lui avoir donné en deux pages un passé chargé, politisé, dramatique et inutile ? J'aurais préféré, et de loin, que son choix de la maison de cet homme reste inexplicable, à cette surenchère d'explications qui arrive sans prévenir dans les dernières pages du roman, gâtant pour moi le plaisir de la lecture de cette tranche de vie dans laquelle les Japonais excellent.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun le 03/09/2010


    Je n'ai pas pour ma part été gênée par le style qui est sobre, mesuré, pesé, chaque mot en place pour créer cette impression d'étrangeté, pour camper cet homme un peu étriqué, juste un peu, méticuleux, un peu craintif, sa solitude et sa façon de nier qu'elle lui pèse, son côté obsessionnel (et qui se révèle en l'occurrence avoir raison), et son remords immédiat
    J'ai aimé la légère distorsion avec la reprise par la femme, sa façon de le juger, son mélange de culpabilité (non pour l'acte mais pour son effet sur lui) et son audace tranquille et simple.
    Les deux dernières pages (juste elles) sont en effet en rupture.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)






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