ISBN : 2253067083
Éditeur : Le Livre de Poche (1994)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 245 notes) Ajouter à mes livres
Le prince Muichkine arrive à Saint-Pétersbourg. Idiot de naissance parce qu'incapable d'agir, il est infiniment bon. Projeté dans un monde cupide, arriviste et passionnel, il l'illumine de son regard. Par sa générosité, tel le Christ, Léon Nicolaïevitch révélera le meil... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 22 avril 2012

    nastasiabuergo
    L'Idiot est un assez long roman, dans la veine russe du XIXème, avec un nombre assez important de personnages, plusieurs familles des couches moyennes à hautes de la société (mais pas de l'aristocratie) avec différentes identités constitutives et autour desquelles gravitent un certains nombres de satellites, tous plus ou moins intéressés (argent, mariage, élévation sociale, simple désir d'être "rincé" à l'œil, etc.). le corps du roman prend racine à Pétersbourg ou dans sa proche banlieue bien que Moscou ou des pays étrangers soient mentionnés à différents endroits. le sujet du roman semble être l'effet produit par l'intrusion dans cette société d'un homme radicalement différent, mû par son seul désir d'être agréable aux autres, toujours conciliant et bienveillant. Une telle attitude est perçue, au mieux pour de la naïveté, le plus souvent pour de la bêtise et parfois comme une pathologie. Ce trait de caractère du personnage est d'ailleurs renforcé et rendu ambigu par l'épilepsie qui a nécessité plusieurs années de traitement au héros, le prince Muichkine, dans un établissement spécialisé. Ainsi, ses prises de positions inattendues, sa mansuétude, sa bonhommie sont souvent mises au compte d'une déficience intellectuelle. Combinées à son humilité naturelle, cette disposition place systématiquement le prince en position d'infériorité vis-à-vis de ses interlocuteurs dans un premier temps. Mais, le plus souvent, ses mêmes interlocuteurs, tentés de se mettre un peu dans la position d'un "dîner de cons" se retrouvent surpris du caractère pénétrant de ses réflexions et de sa subtilité et en ressentent un certain malaise, en comprenant qu'ils ont un peu été la dupe de la situation. Mais un roman russe du XIXème ne serait pas un roman russe du XIXème sans d'inextricables histoires d'amour à la façon d'Anna Karénine. Notre bon prince va évidemment semer le trouble dans le cœur de ces dames, et même, de ces messieurs, qui à son contact vont parfois changer radicalement. La folie de différents personnages n'est jamais très, très loin non plus, ce qui ajoute au cocktail une touche déjantée. C'est évidemment un très bon roman, mais je lui reproche tout de même des insertions longues et parfois ennuyeuses de personnages comme Hippolyte, jeune nihiliste, à l'article de la mort en raison d'une tuberculose, et Lebedev, un fonctionnaire rapace, entremetteur, fourbe et mielleux. D'où mes 4 étoiles et non 5, ce qui ne veut pourtant pas dire que je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à sa lecture, et au fait, qui suis-je pour donner des avis?
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 03 octobre 2010

    cprevost
    Ce roman fatigue, il demande une attention permanente. Il faut mémoriser une foule de détails, des noms de personnages, prêter attention à tout, ne rien omettre. C'est un inconvénient ; ce peut être un avantage car cet univers nous révèle une part d'ombre. Certains romans nous confrontent à une altérité radicale. L'intérêt ne vient plus de ce que nous reconnaissons de nous même, mais de ce que nous sommes susceptibles d'apprendre de l'autre. Lire ce n'est pas seulement converser avec de grands auteurs du passé et du présent, c'est une expérience de pensée. C'est accueillir en soi d'autres langues, d'autres mondes et d'autres caractères. C'est incorporer dans sa personnalités des savoirs, des émois nouveaux.
    Pour Dostoïevski, le prince Mychkine, personnage central de « L'Idiot », est l'Homme positivement beau. Malade, il vit dans la perspective émminamant chrétienne de la fin de son existence. L'amour de la vie se confond chez lui avec la hantise permanente de la mort. Ce double sentiment le rend absent au monde et pourtant son retour en Russie lui impose une impossible présence .
    Le prince, imitateur du Christ, est donc en butte au milieu cruel de la haute société pétersbourgeoise qui tout à la fois le raille et l'admire. L'amour qu'il éprouve pour tous – sans distinction – sème la tempête. Il détruit tout ce qu'il approche : Hippolyte, l'athée qui se révolte contre sa maladie ; Nastassia Philippovna, la femme déchue et repentie qu'il aime ; Aglaïa, l'amoureuse jeune, et innocente qu'il ne chérit pas moins ; Rogogine, épris de Nastassia et part sombre de lui-même.
    L'Idiot est un roman profondément russe. Les personnages y sont entièrement dominés par leurs sentiments. Ils sont en cela très étrangers à notre univers et le plus souvent incompréhensibles. Ils passent sans transition aucune des larmes au rire, de la colère aux pardons les plus outranciers. Leur intériorité se révèle, pour nous lecteurs français, d'une complexité inimaginable. le roman est encombré de bouts et morceaux, de détails improbables. Mais ce fatras apparent – impossible de sauter une ligne – éclaire, page après page, l'âme russe.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Aaliz, le 06 mai 2012

    Aaliz
    l'idiot raconte les mésaventures du prince Michkine pas si Idiot que ça. le prince souffre d'épilepsie (tout comme l'auteur), maladie qui l'a longtemps handicapé dans sa jeunesse le privant d'une vie et d'une éducation normale. Elevé par un professeur philanthrope en Suisse, il revient dans son pays d'origine, la Russie, après le décès de son bienfaiteur, en vue d'y retrouver une lointaine parente et d'obtenir un héritage auquel il a droit.
    Le prince fait alors son entrée dans la société. Intelligent, plein de bonté mais naïf, il fait les frais des bassesses de son entourage.
    Le récit se découpe en 4 parties, chacune découpée en plusieurs chapitres. Chaque partie est relative à une période bien précise de l'intrigue.
    Après une première partie très rythmée, pleine d'action et de rebondissements où Dostoïevski ne laisse pas de répit à son lecteur, l'enthousiasme retombe comme un soufflé dès la deuxième partie. Il faut attendre la toute fin du roman pour retrouver enfin le rythme du début. Autrement dit, plus de la moitié du roman a été pour moi assez fastidieuse.
    Pourquoi ? Parce que, comme je l'ai dit, il ne s'y passe plus grand chose. L'intrigue traîne en longueur. On a le droit à de longues tirades et de longs dialogues parfois sans grand intérêt. Certains personnages, que j'ai pu trouver amusants au début, ont fini par me taper sur les nerfs. Je n'ai pas compris certaines des réactions des personnages, j'ai parfois eu l'impression qu'ils étaient Tous complètement fous. Dostoïevski profite aussi de ces parties pour y exposer ses idées auxquelles, je le reconnais, je n'ai pas compris grand chose. Il s'attaque tour à tour aux libéraux, aux athées, au catholicisme et se livre à une critique de la société russe de son temps. Mes connaissances en histoire sociale de la Russie avant les révolutions de 1917 étant totalement nulles, je n'ai évidemment pas pu saisir toute la portée des critiques de l'auteur. A travers le personnage d'Hippolyte condamné par la maladie, de belles pages traitent de la condamnation à mort et de ce que peut ressentir un condamné dans les moments précédents son exécution. J'ai appris après ma lecture que Dostoïevski savait d'autant plus de quoi il parlait qu'il avait lui-même été condamné à mort et gracié juste avant que les soldats ne tirent.
    Néanmoins, j'ai quand même perçu que le prince Michkine faisait figure de Christ prêchant toujours la bonne parole, réagissant toujours avec bonté, pardonnant Tous les excès et toutes les vilenies qu'on a pu lui faire subir. Je craignais que cela finisse par m'exaspérer mais il n'en fut rien, au contraire, Michkine est très attachant et même s'il m'est arrivé de pester contre sa crédulité, je ne pouvais qu'admirer son immense propension au pardon et à l'amour de son prochain.
    l'idiot c'est aussi l'histoire d'un triangle amoureux. Michkine et Rogojine aiment Tous deux la même femme : Nastassia Philippovna.
    Là où Michkine représente La Douceur et la tendresse, Rogojine incarne, lui, la passion et l'amour destructeur. Nastassia hésite entre ces deux conceptions de l'amour qui répondent l'une comme l'autre aux deux facettes antagonistes de sa propre personnalité.
    J'ai finalement un ressenti assez sombre sur la plupart des personnages. Très peu m'ont paru sympathique en dehors du général et de son épouse (malgré qu'elle soit assez lunatique) et de Kolia. Tous les autres m'ont vraiment donné une impression négative. Est-ce pour mieux mettre en lumière les qualités du prince ? La bonté du Christ face à la bassesse humaine ?
    Dostoïevski, ce sont aussi et surtout des dialogues et des introspections, les descriptions sont quasi inexistantes. Ne vous attendez donc pas à un classique façon Zola avec de longues descriptions poétiques.
    Dans l'ensemble, j'ai trouvé ma lecture trop longue. J'ai aimé la force et la noirceur des portraits psychologiques des personnages de Dostoïevski mais, malgré un début trépident et une fin magistrale, il m'a manqué du rythme et de la fougue. Peut-être est-ce du à la traduction. En effet, j'ai lu l'idiot chez Folio. Or, la majorité des lecteurs de Dostoïevski s'accordent pour dire que la traduction de Markowicz aux Editions Actes Sud (collection Babel) est de loin la meilleure car elle est bien plus fidèle à l'âme et au style de l'auteur.
    Peut-être me faudra-t-il une relecture dans cette collection pour mieux apprécier toute la puissance de cette œuvre.


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-l-idiot-fedor-dostoievsk..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 15 août 2011

    brigittelascombe
    Le personnage de L'idiot n'est pas Idiot du tout.Le prince Mychkine est un homme de qualité, naïf qui n' assume pas ses pulsions agressives (tout comme Dostoïevski éprouvait des sentiments de haine envers son père un tyran humiliant mais était incapable de les mentaliser). Cet excés de bonté le fait passer pour plus bête qu'il n'est.
    Ce roman fouillé et compliqué dépeint fort bien la société russe du XIX° siècle. Les émotions sont intenses et passionnées chez les personnages annexes.Le prince aime Nastasia qui le trahira et s'enfuira avec Rogogine.
    Ce roman a été publié en 1868, alors qu'épileptique, Fiodor Michaïlovitch Dostoïevski s'est réfugié à Genève avec son épouse Ania Svitkine pour fuir les deuils,défaites et nombreuses dettes dues à son vice pour le jeu(cf:Le joueur).
    Ecrivain prolifique Crime et chatiment(1866), entre autres, puis Les frères Karamasov(1878) lui apporteront la notoriété.
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    • Livres 5.00/5
    Par vanuatu2000, le 02 juin 2011

    vanuatu2000
    Lire" l'idiot" est un exercice fastidieux.
    En compagnie du prince, protagoniste christique, épuisant de naiveté et de bonté,qui plonge dans des histoires tragiques, cocasses et absurdes, le lecteur se sent souvent perdu dans le labyrinthe des personnages ainsi que par l'immersion brutale et détaillée dans la société russe du XIXème siècle.
    "l'idiot" propulse le lecteur dans l'âme slave d'un autre temps et transmet le triste et vrai message de toute époque: les bons sont broyés et les mauvais ne cessent de triompher.
    Le prince, personnage hors société et hors temps, face à un monde d'argent triomphant et d' arrivisme social ne peut que perdre la raison.
    Un roman "parabole" sompteux, à lire et relire tant pour sa vision d'un humanisme fraternel que par sa description des moeurs d'une civilisation perdant toute notion de partage et de communication.
    Dostoïevski a voulu repenser sa société.
    Avec "l'idiot", le romancier nous amène à nous interroger sur nous-même et sur l'absurdité de nos moeurs.
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Citations et extraits

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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Oh qu'important mes peines et mes malheurs si j'ai en moi la force d'être heureux! Vous savez, je ne comprends pas comment on peut passer à côté d'un arbre sans être heureux de le voir. Parler avec un homme et ne pas se sentir heureux de l'aimer! Oh, je ne sais seulement pas m'exprimer... combien de belles choses ne rencontre-t-on pas à chaque pas, si belles que même l'homme le plus désemparé ne peut pas ne pas les trouver belles. Regardez un enfant, regardez l'aurore du bon Dieu, regardez l'herbe qui croît, regardez les yeux qui vous regardent et qui vous aiment..
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  • Par tracey11, le 20 mai 2012

    Pourquoi je veux vous réunir : pour vous ou pour moi? Evidemment pour moi, cela résoudrait tout pour moi ; j'en ai décidé ainsi depuis longtemps... On m'a raconté que votre soeur Adélaïde avait dit de mon portrait qu'avec une beauté pareille on pouvait bouleverser le monde. Mais j'ai renoncé au monde ; cela vous paraît drôle venant de moi, alors que vous me rencontrez couverte de bijoux et de dentelles en compagnie d'ivrognes et de scélérats? Ne faites pas attention à cela, je n'existe presque plus, et je le sais ; Dieu sait ce qui habite en moi à ma place.
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  • Par Madoyaaan, le 18 février 2010

    Dans ces instants rapides comme l’éclair, le sentiment de la vie et la conscience se décuplaient pour ainsi dire en lui. Son esprit et son cœur s’illuminaient d’une clarté intense ; toutes ses émotions, tous ses doutes, toutes ses inquiétudes se calmaient à la fois pour se convertir en une souveraine sérénité, faite de joie lumineuse, d’harmonie et d’espérance, à la faveur de laquelle sa raison se haussait jusqu’à la compréhension des causes finales...

    Ces instants, pour les définir d’un mot, se caractérisaient par une fulguration de la conscience, et par une suprême exaltation de l’émotion subjective.

    À cette seconde – avait-il déclaré un jour à Rogojine quand ils se voyaient à Moscou – j’ai entrevu le sens de cette singulière expression : il n’y aura plus de temps.
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  • Par Madoyaaan, le 18 février 2010

    Ce n’est pas quand il a découvert l’Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir, que Colomb a été heureux.
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  • Par Madoyaaan, le 18 février 2010

    Par une matinée de fin novembre, vers neuf heures, en plein dégel, le train de Varsovie approchait à toute vapeur de Pétersbourg. L'humidité et le brouillard étaient tels que le soleil avait peine à percer à dix pas, à droite et à gauche de la voie, il était difficile de discerner quoi que ce fût par les fenêtres du wagon. Parmi les voyageurs, certains revenaient de l'étranger ; mais les compartiments de troisième, les plus pleins, étaient remplis de gens de condition modeste se déplaçant pour affaires et ne venant pas de loin. Naturellement, tous étaient fatigués, transis, les yeux alourdis par l'insomnie, les visages blêmes, d'un jaune de brouillard. Dans un compartiment de troisième, deux voyageurs s'étaient trouvés face à face, depuis l'aube, près de la fenêtre. Jeunes tous les deux, au visage assez marquant, ils n'avaient presque pas de bagages et étaient vêtus sans grande recherche.
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