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Critiques sur L'Idiot (19)


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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo le 22/04/2012


    L'Idiot est un assez long roman, dans la veine russe du XIXème, avec un nombre assez important de personnages, plusieurs familles des couches moyennes à hautes de la société (mais pas de l'aristocratie) avec différentes identités constitutives et autour desquelles gravitent un certains nombres de satellites, tous plus ou moins intéressés (argent, mariage, élévation sociale, simple désir d'être "rincé" à l'œil, etc.). le corps du roman prend racine à Pétersbourg ou dans sa proche banlieue bien que Moscou ou des pays étrangers soient mentionnés à différents endroits. le sujet du roman semble être l'effet produit par l'intrusion dans cette société d'un homme radicalement différent, mû par son seul désir d'être agréable aux autres, toujours conciliant et bienveillant. Une telle attitude est perçue, au mieux pour de la naïveté, le plus souvent pour de la bêtise et parfois comme une pathologie. Ce trait de caractère du personnage est d'ailleurs renforcé et rendu ambigu par l'épilepsie qui a nécessité plusieurs années de traitement au héros, le prince Muichkine, dans un établissement spécialisé. Ainsi, ses prises de positions inattendues, sa mansuétude, sa bonhommie sont souvent mises au compte d'une déficience intellectuelle. Combinées à son humilité naturelle, cette disposition place systématiquement le prince en position d'infériorité vis-à-vis de ses interlocuteurs dans un premier temps. Mais, le plus souvent, ses mêmes interlocuteurs, tentés de se mettre un peu dans la position d'un "dîner de cons" se retrouvent surpris du caractère pénétrant de ses réflexions et de sa subtilité et en ressentent un certain malaise, en comprenant qu'ils ont un peu été la dupe de la situation. Mais un roman russe du XIXème ne serait pas un roman russe du XIXème sans d'inextricables histoires d'amour à la façon d'Anna Karénine. Notre bon prince va évidemment semer le trouble dans le cœur de ces dames, et même, de ces messieurs, qui à son contact vont parfois changer radicalement. La folie de différents personnages n'est jamais très, très loin non plus, ce qui ajoute au cocktail une touche déjantée. C'est évidemment un très bon roman, mais je lui reproche tout de même des insertions longues et parfois ennuyeuses de personnages comme Hippolyte, jeune nihiliste, à l'article de la mort en raison d'une tuberculose, et Lebedev, un fonctionnaire rapace, entremetteur, fourbe et mielleux. D'où mes 4 étoiles et non 5, ce qui ne veut pourtant pas dire que je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à sa lecture, et au fait, qui suis-je pour donner des avis?

    critique de qualité ? (21 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par cprevost le 03/10/2010


    Ce roman fatigue, il demande une attention permanente. Il faut mémoriser une foule de détails, des noms de personnages, prêter attention à tout, ne rien omettre. C'est un inconvénient ; ce peut être un avantage car cet univers nous révèle une part d'ombre. Certains romans nous confrontent à une altérité radicale. L'intérêt ne vient plus de ce que nous reconnaissons de nous même, mais de ce que nous sommes susceptibles d'apprendre de l'autre. Lire ce n'est pas seulement converser avec de grands auteurs du passé et du présent, c'est une expérience de pensée. C'est accueillir en soi d'autres langues, d'autres mondes et d'autres caractères. C'est incorporer dans sa personnalités des savoirs, des émois nouveaux.

    Pour Dostoïevski, le prince Mychkine, personnage central de « L'Idiot », est l'Homme positivement beau. Malade, il vit dans la perspective émminamant chrétienne de la fin de son existence. L'amour de la vie se confond chez lui avec la hantise permanente de la mort. Ce double sentiment le rend absent au monde et pourtant son retour en Russie lui impose une impossible présence .

    Le prince, imitateur du Christ, est donc en butte au milieu cruel de la haute société pétersbourgeoise qui tout à la fois le raille et l'admire. L'amour qu'il éprouve pour tous – sans distinction – sème la tempête. Il détruit tout ce qu'il approche : Hippolyte, l'athée qui se révolte contre sa maladie ; Nastassia Philippovna, la femme déchue et repentie qu'il aime ; Aglaïa, l'amoureuse jeune, et innocente qu'il ne chérit pas moins ; Rogogine, épris de Nastassia et part sombre de lui-même.

    L'Idiot est un roman profondément russe. Les personnages y sont entièrement dominés par leurs sentiments. Ils sont en cela très étrangers à notre univers et le plus souvent incompréhensibles. Ils passent sans transition aucune des larmes au rire, de la colère aux pardons les plus outranciers. Leur intériorité se révèle, pour nous lecteurs français, d'une complexité inimaginable. le roman est encombré de bouts et morceaux, de détails improbables. Mais ce fatras apparent – impossible de sauter une ligne – éclaire, page après page, l'âme russe.

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe le 15/08/2011


    Le personnage de L'idiot n'est pas Idiot du tout.Le prince Mychkine est un homme de qualité, naïf qui n' assume pas ses pulsions agressives (tout comme Dostoïevski éprouvait des sentiments de haine envers son père un tyran humiliant mais était incapable de les mentaliser). Cet excés de bonté le fait passer pour plus bête qu'il n'est.
    Ce roman fouillé et compliqué dépeint fort bien la société russe du XIX° siècle. Les émotions sont intenses et passionnées chez les personnages annexes.Le prince aime Nastasia qui le trahira et s'enfuira avec Rogogine.

    Ce roman a été publié en 1868, alors qu'épileptique, Fiodor Michaïlovitch Dostoïevski s'est réfugié à Genève avec son épouse Ania Svitkine pour fuir les deuils,défaites et nombreuses dettes dues à son vice pour le jeu(cf:Le joueur).
    Ecrivain prolifique Crime et chatiment(1866), entre autres, puis Les frères Karamasov(1878) lui apporteront la notoriété.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par vanuatu2000 le 02/06/2011


    Lire" l'idiot" est un exercice fastidieux.
    En compagnie du prince, protagoniste christique, épuisant de naiveté et de bonté,qui plonge dans des histoires tragiques, cocasses et absurdes, le lecteur se sent souvent perdu dans le labyrinthe des personnages ainsi que par l'immersion brutale et détaillée dans la société russe du XIXème siècle.
    "l'idiot" propulse le lecteur dans l'âme slave d'un autre temps et transmet le triste et vrai message de toute époque: les bons sont broyés et les mauvais ne cessent de triompher.
    Le prince, personnage hors société et hors temps, face à un monde d'argent triomphant et d' arrivisme social ne peut que perdre la raison.
    Un roman "parabole" sompteux, à lire et relire tant pour sa vision d'un humanisme fraternel que par sa description des moeurs d'une civilisation perdant toute notion de partage et de communication.
    Dostoïevski a voulu repenser sa société.
    Avec "l'idiot", le romancier nous amène à nous interroger sur nous-même et sur l'absurdité de nos moeurs.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Aaliz le 06/05/2012


    l'idiot raconte les mésaventures du prince Michkine pas si Idiot que ça. le prince souffre d'épilepsie (tout comme l'auteur), maladie qui l'a longtemps handicapé dans sa jeunesse le privant d'une vie et d'une éducation normale. Elevé par un professeur philanthrope en Suisse, il revient dans son pays d'origine, la Russie, après le décès de son bienfaiteur, en vue d'y retrouver une lointaine parente et d'obtenir un héritage auquel il a droit.
    Le prince fait alors son entrée dans la société. Intelligent, plein de bonté mais naïf, il fait les frais des bassesses de son entourage.

    Le récit se découpe en 4 parties, chacune découpée en plusieurs chapitres. Chaque partie est relative à une période bien précise de l'intrigue.
    Après une première partie très rythmée, pleine d'action et de rebondissements où Dostoïevski ne laisse pas de répit à son lecteur, l'enthousiasme retombe comme un soufflé dès la deuxième partie. Il faut attendre la toute fin du roman pour retrouver enfin le rythme du début. Autrement dit, plus de la moitié du roman a été pour moi assez fastidieuse.
    Pourquoi ? Parce que, comme je l'ai dit, il ne s'y passe plus grand chose. L'intrigue traîne en longueur. On a le droit à de longues tirades et de longs dialogues parfois sans grand intérêt. Certains personnages, que j'ai pu trouver amusants au début, ont fini par me taper sur les nerfs. Je n'ai pas compris certaines des réactions des personnages, j'ai parfois eu l'impression qu'ils étaient Tous complètement fous. Dostoïevski profite aussi de ces parties pour y exposer ses idées auxquelles, je le reconnais, je n'ai pas compris grand chose. Il s'attaque tour à tour aux libéraux, aux athées, au catholicisme et se livre à une critique de la société russe de son temps. Mes connaissances en histoire sociale de la Russie avant les révolutions de 1917 étant totalement nulles, je n'ai évidemment pas pu saisir toute la portée des critiques de l'auteur. A travers le personnage d'Hippolyte condamné par la maladie, de belles pages traitent de la condamnation à mort et de ce que peut ressentir un condamné dans les moments précédents son exécution. J'ai appris après ma lecture que Dostoïevski savait d'autant plus de quoi il parlait qu'il avait lui-même été condamné à mort et gracié juste avant que les soldats ne tirent.

    Néanmoins, j'ai quand même perçu que le prince Michkine faisait figure de Christ prêchant toujours la bonne parole, réagissant toujours avec bonté, pardonnant Tous les excès et toutes les vilenies qu'on a pu lui faire subir. Je craignais que cela finisse par m'exaspérer mais il n'en fut rien, au contraire, Michkine est très attachant et même s'il m'est arrivé de pester contre sa crédulité, je ne pouvais qu'admirer son immense propension au pardon et à l'amour de son prochain.

    l'idiot c'est aussi l'histoire d'un triangle amoureux. Michkine et Rogojine aiment Tous deux la même femme : Nastassia Philippovna.
    Là où Michkine représente La Douceur et la tendresse, Rogojine incarne, lui, la passion et l'amour destructeur. Nastassia hésite entre ces deux conceptions de l'amour qui répondent l'une comme l'autre aux deux facettes antagonistes de sa propre personnalité.

    J'ai finalement un ressenti assez sombre sur la plupart des personnages. Très peu m'ont paru sympathique en dehors du général et de son épouse (malgré qu'elle soit assez lunatique) et de Kolia. Tous les autres m'ont vraiment donné une impression négative. Est-ce pour mieux mettre en lumière les qualités du prince ? La bonté du Christ face à la bassesse humaine ?

    Dostoïevski, ce sont aussi et surtout des dialogues et des introspections, les descriptions sont quasi inexistantes. Ne vous attendez donc pas à un classique façon Zola avec de longues descriptions poétiques.
    Dans l'ensemble, j'ai trouvé ma lecture trop longue. J'ai aimé la force et la noirceur des portraits psychologiques des personnages de Dostoïevski mais, malgré un début trépident et une fin magistrale, il m'a manqué du rythme et de la fougue. Peut-être est-ce du à la traduction. En effet, j'ai lu l'idiot chez Folio. Or, la majorité des lecteurs de Dostoïevski s'accordent pour dire que la traduction de Markowicz aux Editions Actes Sud (collection Babel) est de loin la meilleure car elle est bien plus fidèle à l'âme et au style de l'auteur.
    Peut-être me faudra-t-il une relecture dans cette collection pour mieux apprécier toute la puissance de cette œuvre.


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-l-idiot-fedor-dostoievsk..

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par medsine le 30/01/2012


    L'Idiot, c'est mon deuxième Dostoïevski et si je ne me mets pas la note maximum c'est que j'ai préféré les frères Karamazov. Mais il faut bien reconnaitre que c'est encore un coup de génie et un véritable tour de force quand on sait à quelle vitesse et dans quelle misère Dostoïevski a écrit ce roman de 900 pages.Le héros est un prince démuni, d'une très grande innocence et à la santé mentale fragile (c'est lui l'Idiot). Il arrive à Saint-Pétersbourg après plusieurs années de soins et va naviguer au sein de trois familles bourgeoises qu'il va bouleverser par son comportement. Il y a là plusieurs histoires d'amour, et les histoires d'amour finissent mal (en général).On retrouve dans ce roman, comme chez les Karamazov, une vive critique de l'athéisme, le Prince est une sorte de Jésus, mais aussi une vision de l'avenir de la Russie (déclin de l'autorité et fin du patriarcat, montée du socialisme et du nihilisme). Le découpage du roman en quatre parties est assez déroutant, la première est très rythmée et permet de rentrer très vite dans le livre, puis viennent les grands monologues et le véritable discours de Dostoïevski. La fin est très noire et sublime.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par cicou45 le 01/04/2011


    Le roman narre la vie du prince Mychkine, être fondamentalement bon mais extrêmement naïf, ce qui lui fait grand défaut puisque cette naïveté tourne à l'idiotie. Doté cependant d'analyses psychologiques très fines, celui-ci trouve néanmoins sa place dans la grande bourgeoisie russe, après avoir passé son enfance dans un sanatorium en Suisse afin de soigner son épilepsie. La plus grande tragédie du prince aura sûrement été celle de tomber amoureux de Nastassia Filippovna et d'avoir eu le bonheur, ou le malheur plus exactement, de l'épouser. En effet, cette dernière le fera énormément souffrir en s'enfuyant avec son rival Rogojine. Se résignant à son sort, le prince va trouver refuge auprès de la famille Epantchine avec laquelle il a crée des liens. Entre amours déchus, trahisons et vengeance, ce roman est aussi très porté sur l'analyse psychologique des personnages et celui du prince est de loin mon préféré car il s'agit d'un être pur et bon mais qui subit les méchancetés, la jalousie et les incompréhensions de ses compatriotes. Roman absolument fabuleux qui reste, selon moi, l'un des incontournables de la littérature russe.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par ignatus-reilly le 17/07/2010


    Le Prince Léon Nicolaïevitch Muichkine revient à Moscou après plusieurs années d'absence. Il était en Suisse pour se soigner de l'épilepsie. le Prince est un homme profondément bon jusqu'à l'idiotie pour certains. Tiraillé entre son amour pour Aglaé Ivanovna et son infinie compassion pour Nastassia Philippovna, il n'arrivera pas à agir. le Prince est un homme progressiste, un démocrate et un féministe. Il ne sait pas exprimer ses aspirations les plus profondes et est mal compris de la petite noblesse qu'il fréquente.
    Dans ce roman, on sent les bouleversements à venir et les prémices de la révolution russe.
    Le Prince croit que le monde sera sauvé par la beauté... puisse-t-il être écouté.
    C'est un livre magnifique, d'une richesse extraordinaire.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par torevan le 27/02/2012


    Dans le cadre du challenge ABC 2011-2012, je me suis engagée à lire L'Idiot, voulant profiter de l'occasion pour découvrir Dostoïevski et aborder un thème qui suscitait ma curiosité et mon intérêt.

    Malheureusement, je n'ai été que très peu emballée. Je me suis beaucoup ennuyée et je n'ai pu, malgré mes efforts, comprendre les personnages. C'était long, lassant, fatigant. C'est beaucoup de longueurs. J'étais comme qui dirait complètement à l'Ouest, ne saisissant rien à la psychologie des personnages, finissant par me noyer dans leurs discours; discours dont je ne comprenais plus un traître mot tant je divaguais. Il me fallait donc revenir en arrière pour lire avec plus d'attentions et d'efforts mais avec, toujours, des périodes d'inattentions. Il y avait donc un va et vient permanent, je devais constamment retourner en arrière pour relire les passages lus sans intérêt. Fatiguée de tous ces efforts, j'ai fini par en vouloir à l'auteur qui racontait beaucoup pour peu.

    Je vais donc attendre avant de lire un second Dostoïevski car L'Idiot ne fut pas, pour moi, une expérience agréable. Il y a meilleure façon de traiter un thème que j'estime fort intéressant.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Angelessia le 18/01/2012


    Même si ce roman est long par moment, j'ai adoré. J'ai adoré surtout le côté philosophique du roman où le prince est sans cesse attiré par le Bien mais le Mal arrive toujours à avoir le dessus.
    Je préfère de loin l'idiot aux romans français à la même époque (XIXème siècle, par exemple Madame Bovary de Flaubert...)
    Un roman que je relirai sans doute plus tard !

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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