> Dominique Fernandez (Autre)
> Sylvie Luneau (Autre)

ISBN : 2070368939
Éditeur : Gallimard (1973)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.86/5 (sur 251 notes) Ajouter à mes livres
Le jeu brûle tout. Il est la passion. Il est le rêve.
L'enfer et la démesure. Le révélateur des abîmes de l'âme et l'ignoble concentré de la comédie bourgeoise. Il est l'argent !

Autour de ses tapis, le général déchu se fait l'esclave du marquis et... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lordius, le 31 octobre 2011

    Lordius
    Ce roman de Fédor Dostoïevski, écrivain russe connu surtout pour « Crime et châtiment » et « L'Idiot » est paru en 1866. Contrastant par la taille sinon par le « poids » avec les deux pavés cités, Le joueur est un court roman qui se lit bien. Une qualité précieuse pour une œuvre du XIXème siècle, quand on songe à la lourdeur indigeste de « grands » auteurs comme Balzac, Flaubert Stendhal ou Marie Shelley (Frankenstein).
    le roman possède deux thèmes principaux. L'addiction au jeu d'argent (la roulette), expérience de l'auteur. Mais aussi l'amour, l'amour romantique du XIXème siècle où les hommes tombaient facilement amoureux et ne semblaient pas dévorés outre mesure par le désir charnel. On peut regrouper ces deux thèmes : la passion, dévorante, dangereuse, destructrice.
    Au début, le narrateur ne souffre que d'une passion, mais qui le tourmente pas mal : il est très épris d'une jeune femme, qu'il semble pourtant peu connaître. L'amour est aveugle, dit-on et Dostoïevski l'illustre bien : la fille est inconstante, calculatrice, dissimulatrice et surtout folle. D'ailleurs ses nerfs lâchent, elle tombe malade.
    On se dit tant mieux pour le narrateur. Hélas ! Ne pouvant vivre sans obsession, il sombre dans la passion du jeu. Son besoin d'amour se métamorphose. Au diable le frustrant amour sentimental ! Fi de la mortifiante chasteté ! Il s'adonne aux joies du sexe avec une demi-mondaine qu'il entretient par ses gains au jeu.
    Dans la dernière partie, la plus sombre, le roman flirte avec le nihilisme. le narrateur n'a que faire de l'argent qu'il gagne au jeu. Vite, il le dépense pour avoir une raison de jouer. Jouer pour rester libre (vivre sans travailler), jouer pour le frisson, le courage de « risquer sa vie ». Quand il ne joue pas, il s'ennuie. Quand il joue, il risque la prison pour dette. L'amour, l'argent ne l'intéressent plus. Reste le plaisir de gagner, de faire sauter la banque, de vaincre le hasard.


    Lien : http://lordius1er.blogspot.com/2011/10/critique-litteraire-le-joueur..
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    • Livres 4.00/5
    Par hove, le 17 juillet 2011

    hove
    Alexeï Ivanovitch, le personnage principal du roman est Dostoïevski à une période où l'auteur est accro au jeu. L'aspect autobiographique est aussi présent dans la relation qu'Alexeï entretient avec Polina, qui n'est autre que Pauline Souslova, la maîtresse de Dostoïevski à cette époque. L'essentiel des scènes (hormis l'escapade d'Alexeï avec Mlle Blanche à Paris) se déroulent dans des villes d'eau allemandes et le roman tourne autour de la passion amoureuse qui entoure notamment Polina et ses nombreux prétendants mais aussi et surtout autour de la passion du jeu qui se pratique à cette époque essentiellement dans ces casinos où la haute bourgeoisie se retrouvent. L'auteur traite de cette maladie du jeu avec un réalisme qui saisi le lecteur et lui donne envie de se joindre à ces personnages hypocrites et hypnotisés par le gain et de participer à leur côté à une partie de roulette (ce fût mon cas). Dans cet environnement où russes, français et anglais se côtoient on note que Dostoïevski, tout en catégorisant à outrance chacune des nationalités représentée fait preuve d'un esprit critique à l'égard de son peuple tout en prônant leur caractère passionnel à l'opposé de celui des français qu'il juge vaniteux et calculateur et des anglais trop sérieux. Une œuvre brillante et drôle qui m'a fait découvrir un univers dans lequel il me tarde de me replonger.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par diborde, le 20 avril 2012

    diborde
    Très belle oeuvre de Dostoievski un peu méconnue mais d'autant plus intéressante. L'auteur nous fait part de la passion maladive d'un joueur de roulette et de ces dérives. Dostoievski ayant été addicte au jeu à une période de sa vie, il s'agit en quelque sorte d'une autobiographie de son addiction. Il analyse la psychologie d'un joueur à merveille et du cercle pernicieux qui découle du jeu.
    Il s'agit d'un livre à conseiller à toutes les personnes de son entourage qui font du jeu une maladie afin d'éviter ce fléau.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 11 juin 2011

    brigittelascombe
    Roman tout court ou roman autobiographique?
    Dostoievski, après avoir parcouru l'Europe en1863 avec sa maitresse Appolinaria Souslova, intelligente et fantasque, vit en 1865 ses biens saisis et vendus. Sa revue "L'époque" cessa ses parutions et la jeune femme, aimée passionément, repoussa sa demande en mariage.
    En 1866 il publie en même temps que "crime et chatiment", "Le joueur", s'étant ruiné lui même au jeu à Moscou et Baden Baden.
    De nombreuses lapidations se retrouvent dans la branche paternelle. D'un caractère avare, l'auteur est décrit comme incapable d'assumer ses pulsions destructrices et taraudé par l'angoisse d'être double, à la fois bon et mauvais.
    Est ce dans ces mauvais penchants qu'il a puisé la source de son inspiration pour écrire "Le joueur" embourbé dans son vice? Sans doute.
    L'action du roman se déroule à Roulettenbourg, ville d'eaux et de plaisirs. Alexis Ivanovitch est le précepteur d'un général à la retraite en Allemagne. Il est amoureux de la belle Pauline (sosie d'Appolinaria) belle fille veuve du général qui lui demande de résorber ses dettes en jouant et le mène à prendre gout aux jeux d'argent.Prendre des risques au jeu de l'amour et du hasard s'avère grisant. Dévasté par son émotion intime, il est condamné à vivre par cette émotion l'absolu de son individualité.Ce qui le mènera en prison pour dettes.Seule la grand mère, va le prendre sous son aile, mais se laissera contaminer aussi.
    Un livre très bien écrit et une actualité brulante puisqu'au jour d'aujourd'hui, sans parler des casinos, machines à sous, bingos,lotos et millionaires...de nombreux jeunes et moins jeunes s'endettent sur internet.
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    • Livres 2.00/5
    Par litolff, le 23 octobre 2011

    litolff
    Bof, bof... il faut attendre 80 pages et l'arrivée triomphante de la "baboulinka" pour que ça commence enfin à être un peu intéressant... A part Alexis Ivanovitch, amoureux "esclave" de Pauline, le seul moteur qui anime tous les personnages est l'argent : les florins, les frédéricks, les roubles, l'or et les francs, on jongle d'une monnaie à l'autre, et le jeu qui permet d'acquitter ses dettes, de ne pas mourir dans le ruisseau et qui finit par prendre toute la place. J'ai eu du mal à me passionner !
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par diborde, le 17 juin 2010

    En vérité, c'est vraiment quelque chose d'unique que de se sentir seul, à l'étranger, loin de sa patrie, de ses amis, de ne pas savoir si l'on va manger aujourd'hui et de miser son dernier, son tout dernier florin!
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  • Par diborde, le 17 juin 2010

    Avec l'argent que j'avais de mon premier gain, cela faisait mille sept cents florins en moins de cinq minutes! En vérité, à de pareils moments, on oublie tous les échecs antérieurs.
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  • Par vdubois, le 07 octobre 2007

    Dans les villes d'eaux et, semble-t-il, dans toute l'Europe, lorsqu'un directeur d'hôtel sonne une suite à un client, il s'inspire moins du désir et des besoins de celui-ci que de l'opinion qu'il se fait de lui; il faut remarquer qu'il se trompe rarement.
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  • Par nina2loin, le 23 janvier 2012

    D' ailleurs, je vis un français gagner, puis perdre une trentaine de mille francs sans sourciller. Le vrai gentleman ne doit pas s'émouvoir, même en perdant toute sa fortune.
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  • Par Thyuig, le 07 septembre 2011

    Je lis vos pensées. Inutile, dîtes-vous ? Mais le plaisir est toujours utile, et un pouvoir despotique, illimité - ne fût-ce que sur une mouche, - c'est aussi une sorte de volupté. L'homme est un despote par nature et il aime être un bourreau. Vous aimez cela énormément.
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