ISBN : 2290009067
Éditeur : J'ai Lu (2008)


Note moyenne : 2.78/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Alger, début des années 90. La ville est en proie à la terreur. L'eau est rationnée et distribuée drastiquement de trois à six heures du matin. Zakaria, un écrivain menacé de mort et rejeté par le régime qu'il a servi, se terre chez lui d'o7u il observe ses voisins, don... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 2.00/5
    Par Chrisalaude, le 12 octobre 2010

    Chrisalaude
    Né en Kabylie en 1950, Mohand Fellag nous plonge dans l'histoire sanglante de l'Algérie des années 90, alors baignée de violence et d'intolérance.
    Zakaria, journaliste de talent qui s'est un temps fourvoyé en devenant écrivain officiel, cherche à retrouver sa verve d'antan, étouffée par le pouvoir dont il vient de s'affranchir. Ainsi cherche-t-il à renouer avec lui-même et écrire le grand roman de sa vie. Pour cela, il puise matière dans le coeur même de son pays. Il observe, scrute, écoute, épie et retranscrit du haut de son balcon, le quotidien d'un peuple haut en couleur, obligé d'avoir recours au système d'pour continuer à vivre. Avec simplicité et authenticité, le narrateur décrit une palette de personnages et de situations qui, mieux que tout, parviennent à peindre une Algérie plus complexe qu'il n'y paraît, ainsi qu'un peuple terrifié, mais riche de cette aptitude salvatrice à transformer les pleurs en rires, à faire renaître la vie de la mort, en toutes circonstances. Un livre tout en sensibilité, écrit par un fin humoriste.
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    • Livres 3.00/5
    Par Promenadelitteraire, le 16 février 2012

    Promenadelitteraire
    L'allumeur de rêves berbères c'est l'art de dire avec humour les choses tragiques de la vie à Alger. Zakaria, ancien écrivain au service du pouvoir en place organise son temps à observer ses amis et ses voisins. La cité l'exalte. Il décide d'écrire l'histoire de son meilleur ami intimidé par des menaces de mort, mais aussi de raconter la vie de ceux qui vivent autour de lui. Il nous décrit des personnes d'une humanité grandiose dévouées les unes pour les autres, mais vivant au sein d'un Alger rude et tortionnaire.

    Fellag, célèbre écrivain natif de Kabylie sait user de son autre talent : celui d'humoriste. Il réussit à nous faire rire grâce à l'ironie et à l'utilisation de la dérision constamment présente dans le récit. La folie va même jusqu'à prendre le dessus sur la réalité. de ce fait, on s'y perd et on ne comprend plus très bien l'histoire. Se trouve-t-on dans son imaginaire, ses fantasmes ou encore dans ses hallucinations. Ce roman parle de tout et de rien : l'amour, l'amitié, la mort, la haine. Tous ces sujets ne sont en revanche pas aboutis, on y prend ce que l'on souhaite avec ce que nous raconte le personnage principal. En revanche on ressent une réelle écriture poétique qui nous permet de nous évader. On est totalement plongé dans le mode de vie des Algériens dans les années quatre-vingt dix. Un roman qui sera donc déroutant pour certains et envoûtant pour d'autres.


    Lien : http://promenadelitteraire.blogspot.com/2011/11/l-allumeur-de-reves-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Scriba, le 20 décembre 2009

    Scriba
    Ce livre est aussi une dénonciation de l'intégrisme car, même si l'attente de l'eau ponctue de façon humoristique l'ensemble du roman, les personnages sont rattrapés par la réalité algérienne bien plus cruelle et arbitraire, surtout pour les femmes. Un petit bijou, que l'on garde dans un coin de sa tête.
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    • Livres 3.00/5
    Par Nanne, le 02 mai 2009

    Nanne
    Alger, dans les années 1990. Alors que la ville est en proie à la peur des attentats et à la terreur des islamistes, Zakaria - écrivain déchu par le régime dont il s'est fait le chantre - observe ses coreligionnaires depuis le balcon de son appartement. Pendant les quelques heures du retour de l'eau la ville renaît à la vie. Chacun se dépêche de profiter de cette manne providentielle et limitée offerte par le Ministère de l'Hydraulique. Durant cette parenthèse de bonheur aquatique que tout le monde attend avec impatience, les machines à laver démarrent dans un brouhaha indescriptible, les tuyaux d'arrosage irriguent bougainvillées, hibiscus, plants de tomates ou de haricots verts, lavent voitures et escaliers, les habitants se douchent et remplissent bidons, bouteilles et bassines avant une nouvelle coupure annonciatrice de restriction d'eau. Tout le monde est aux aguets pour ne pas rater la distribution de cette eau providentielle et rare. Pendant ces heures nocturnes et miraculeuses, c'est une autre vie, plus belle, plus active, plus fantaisiste aussi, qui se déroule sous les yeux de Zakaria l'écrivain.

    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2009/05/mieux-vaut-rire-de..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Moan, le 09 mai 2012

    Moan
    Fellag raconte avec beaucoup d'humour des situations dramatiques à Alger et les difficultés que connaissent ses habitants :le ravitaillement, le manque d'eau qui n'arrive que deux nuits par semaine.
    Quelle force de pouvoir parler ainsi avec drôlerie et tendresse de ces gens qui vivent avec beaucoup d'imagination et d'entraide, une période aussi noire!
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Citations et extraits

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  • Par Nanne, le 02 mai 2009

    Cette seconde vie, nocturne, remet les compteurs à zéro et nettoie les cerveaux des tourments et pressions de la veille. En dispersant sa sève bienfaitrice, la plomberie redonne aux pauvres créatures laminées par la désespérance le goût de croire de nouveau aux choses. Subitement, des actions aussi banales que rire, boire un café, fumer une cigarette, aimer, raconter une histoire, redeviennent des gestes fondamentaux, des rites magiques participant à la reconstruction de l'espoir et au ressourcement des désirs. Des êtres aussi dissemblables qu'un philosophe francophile, un stalinien, un ancien combattant, une vieille femme juive, un inventeur, un imam orthodoxe, un handicapé moteur, un marchand de légumes, un ex-émigré, un inspecteur de police, un islamiste pur et dur, un chauffeur de taxi ou une prostituée clandestine, s'assoient autour d'un thé, rient en débattant de tout et de rien comme s'ils étaient des caravaniers faisant halte dans une lointaine oasis afin d'échanger du sel et des nouvelles.
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  • Par Scriba, le 20 décembre 2009

    Vous n'avez droit à rien, monsieur ! Nous sommes sous le régime de l'Etat de Siège. Des dizaines de cadavres dans des cercueils plombés arrivent ici tous les jours. Dans le cadre des enquêtes liées à ces assassinats, le ministère de la Défense nous interdit par circulaires de montrer ces corps, souvent mutilés à un tel point que nul ne peut en supporter la vue.
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  • Par Moan, le 09 mai 2012

    Sous son impulsion, des voisines gaillardes procèdent une fois par mois à un nettoyage général de l'appartement de Rose. Je vois souvent de mon balcon cette joyeuse équipe qu'on dirait sortie d'une opérette, laver, récurer, astiquer, brosser, épousseter, décrasser, dégraisser, aérer, nettoyer les murs, les fenêtres, les plinthes, et balancer dans la machine à laver tout ce qui ressemble à du tissu. En deux petites heures, l'appartement est si propre qu'on n'ose plus y entrer ou en sortir.
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  • Par Moan, le 25 avril 2012

    En Algérie, tout le monde est mécanicien. Vieilles voitures, routes défectueuses et pénuries obligent, chacun se débrouille pour adapter, inventer, fabriquer, bidouiller des pièces de rechange ou démonter et remonter un moteur en vue d'un lifting général.
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  • Par Moan, le 09 mai 2012

    Chacun se réveille à l'heure dite selon sa propre technique. Certains utilisent des réveils, on se téléphone d'un bâtiment à l'autre, des voisins réveillent des voisins. D'autres, comme moi, insomniaques ou qui on le sommeil léger, laissent les robinets ouverts afin de reprendre conscience au moment où le premier jet, toujours violent du fait de la pression, explose dans le fond émaillé de la baignoire
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