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ISBN : 2070341631
Éditeur : Gallimard (2007)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 18 notes)
Résumé :
"Je n'invente rien, c'est dans le dictionnaire étymologique : le mot est d'abord employé pour désigner un acte qui passe la mesure, un dérèglement. Je vous passe les détails mais, à la fin, l'emploi du mot au sens de "très grand", et de son adverbe au sens de "très" ou "tout à fait", et cela sans idée d'excès, est fréquent. L'excès non seulement résiste aux règles imposées par les pauvres types sus-nommés, mais permet aussi de nous multiplier, de nous essayer à tout... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
michfred
michfred13 avril 2016
  • Livres 3.00/5
Too much is beautifull.. c'est le credo de Caryl Ferey, qui, de fait, en fait trop...ou pas assez.
Les 10 nouvelles de ce petit bouquin n'ont en commun que le goût de l'hyperbole.
Les unes ont parfois un petit parfum d'autobiographie - la mamie, la mère, la fille, les potes, le frangin,.
Parfois elles rendent hommage à ces maîtres à penser, ces "pères" de substitution que Caryl Ferey s'est trouvé en route : Raoul Vaneigem, Jacques Brel.
Parfois c'est juste l'envie de hurler contre la fin du monde programmée, le libéralisme sauvage, la bêtise égoïste des années 80 ou même...Casimir!!
Parfois c'est une idée de nouvelle, pas très aboutie, mais qui le titille quand même...
Bref c'est un peu l'auberge espagnole et c'est assez inégal, même stylistiquement.
J'ai largement préféré, pour mieux connaître le bonhomme, lire "Comment devenir écrivain quand on vient de la grande plouquerie internationale", un peu barjo et allumé, mais concentré sur une passion, un sujet: écrire! Et vraiment très drôle.
Un dernier moyen de mieux connaître Caryl Ferey c'est de le rencontrer, comme nous l'avons fait ce soir- happy few que nous sommes- grâce à Babelio, dans les salons de Gallimard, à propos de Condor, son dernier livre.
Le renard, comme il s'appelle lui-même est vif, drôle, sympa, un peu roots, un peu loulou, et très rock and roll.
Mieux que cette petite pochade un peu décousue et décevante, ses derniers bouquins montrent qu'il est bourré de talent.
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gruz
gruz17 décembre 2012
  • Livres 3.00/5
Quelques textes autobiographiques dans ce court recueil, pour découvrir Ferey, l'homme, après avoir eu tant de plaisir à découvrir Ferey, l'écrivain.
Ferey, l'homme, ne fait pas dans la nuance, ses textes non plus. Tantôt vindicatif contre cette société de consommation, tantôt ironique, tantôt tendre quand il raconte ses souvenirs. Des textes qui parlent de tout et de rien.
De tout souvent :
- de souvenirs, comme son émouvant et drôle texte sur sa grand-mère (l'un de ses meilleurs textes, comme il le déclare sur son blog),
- de voyages, apportant un éclairage intéressant sur son périple néo-zélandais et son amour de l'écriture,
- de son admiration pour certains personnes,
- de rage contre les institutions, la course au fric et le bien-pensant...
Un fameux bric-à-brac, très inégal, sur un ton tragi-comique, et qui porte un regard attachant sur le personnage Ferey, un homme plein de failles mais vrai, fidèle à ses convictions.
A noter un exercice de style dans la seule vraie fiction du bouquin, avec un personnage principal aux antipodes de son auteur.
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emmyne
emmyne13 août 2011
  • Livres 3.00/5
Curieuse j'étais de ce recueil de textes au titre accrocheur signé par l'auteur du magistral polar-aux-multiples-prix Zulu ( les deux précédents Haka et Utu sont plutôt pas mal non plus dans le genre ).
Recueil de textes donc, une seule nouvelle - acide et ironique à souhait -, des chroniques : récits autobiographiques qui racontent l'homme, l'itinéraire de l'auteur à venir, la nécessité de saisir le monde, de s'y frotter, de l'empoigner; le voyage au long cours du Frenchie, de l'adolescence turbulente et cloutée aux années de dèche, les routes et les rencontres d'ailleurs, la quête de l'écriture, la colère contre les lois de l'argent et des traders. Malgré sa plume enlevée, acérée, Caryl Férey sait aussi parler d'amour. Avec une tendresse toujours voilée d'humour, il dit les femmes de sa vie - sa grand-mère, sa mère, sa fille, le bel amour inaccessible - figures féminines marquantes en souvenir, en hommage.
Le ton est radical et volontaire, d'une partialité assumée sans provocation, je n'en attendais pas moins de Caryl Férey. Et je ne peux m'empêcher de penser comme lui que, pour ne pas crever bouffi de pensée unique " il va falloir être sacrément rock n'roll : O.K ? ...OKAY ?! ...
- Vous êtes un peu excessif, non ? "
Evidemment, l'ensemble peut paraître facile et vain. Pour ma part, l'assassinat par noyade dans la boue des années quatre-vingt m'a particulièrement réjouie, autant que découvrir le parcours initiatique d'un auteur qui a compris qu'un bon polar vaut mieux qu'un long discours.
" Ma mère voyait bien ce que je voulais dire, seulement je n'étais pas obligé de le crier.
One trip/one noise...
On ne savait pas où j'irai comme ça, mais au moins j'avais le ton. Mon trip serait l'écriture, mon bruit celui de la musique.
A fond, on l'aura compris : autrement on n'entend rien de la vie. "

Lien : http://www.lire-et-merveilles.fr/lectures/litter..
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andras
andras17 mars 2016
  • Livres 4.00/5
Décidément, cette collection "Folio 2€" m'aura permis de faire de belles découvertes. Caryl Férey est un jeune auteur, originaire de Montfort-sur-Meu, en Ille-et-Vilaine (Bretagne), quasiment un gars de chez moi ! Ce petit livre, placé sous le signe de l'excès, rassemble de courts textes, souvenirs ou observations diverses, écrits dans un style volontiers provocant mais sans tomber dans la facilité de la provocation systématique. Caryl Férey sait garder une certaine retenue et même une certaine élégance dans l'excès. Un exemple qui donne un peu le ton :
"... Ma mère, elle, serrait les fesses pour que je passe le cap de l'adolescence sans trop mourir. Quand je n'étais plus qu'une flaque de boue et de larmes rentrées, elle me disait que ça allait sortir un jour, qu'il ne fallait pas s'en faire, que ce jour-là ça allait faire des étincelles cosmiques, des cratères dans l'univers, que ma fureur ne serait pas perdue pour tout le monde, que les filles allaient adorer ça, les autres aussi; elle délirait en bloc - un langage que je connaissais."
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AmandineMM
AmandineMM11 août 2011
  • Livres 3.00/5
Ayant eu l'avis d'une amie avant de l'acheter, j'avais un a priori plutôt positif et ne m'étais pas vraiment posée la question du « comment faire un éloge de l'excès ? ». Il a rempli mes attentes : bien, mais pas extraordinaire. J'ai aimé cette façon de faire un éloge de l'excès par de petites « histoires » plutôt que par un long discours, et j'y ai trouvé quelques réparties assez drôles là où je ne m'y attendais pas forcément.
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
lilianelafondlilianelafond16 mars 2016
" On peut dire ce qu’on veut du génie humain, à force de gratifier les mâles dominants, les forts en fer, les mangeurs d’os, de laisser les vainqueurs écrire l’histoire et les marchands s’emparer du vivant avec une marge de quinze pour cent pour les actionnaires, le résultat n’est pas bien marrant.

L’idée très humaine de conquête procède pourtant d’un désir d’unifier les corps et les esprits, préfigurant la mondialisation des échanges et l’abolition des frontières, saine initiative en soi, sauf que l’Homme, partout, n’a jamais pu encadrer son voisin : invasions, pillages, viols, assujettissements divers et contre tous, guerres à la pelle, religions au marteau, impérialismes sauce barbecue, les moins nases de nos soi-disants vedettes ont tenté d’administrer les territoires conquis, les pires appliqué la politique d’Attila ou de Gengis Khan, le plasticien mongol dont l’art de l’empilage de têtes semblait constituer la Très Grande Bibliothèque. Des siècles de progrès et, alors que nous nous sommes péniblement arrachés à la station quatre pattes, aux grognements, à la superstition, à la mainmise des mâles sur les femelles, alors que nous avons ce truc totalement fantasmagorique dans les mains, à savoir l’humanité, alors que nous devrions jouir des multiples possibilités d’existence qui s’offrent à nous, Occidentaux de type caucasien de préférence masculins et plein aux as, plus le temps passe et plus nous avons l’impression d’approcher de la fin. La fin de l’humanité et, c’est le bouquet, le sentiment assez désagréable qu’on pourrait bien y assister… Pas folichon, hein.

Mourir passe encore, mais un par un, et les vieux avant les jeunes. Les rapports des spécialistes sont tous alarmants ; il suffit de songer aux cinq principaux critères définissant la survie ou l’effondrement d’une société, à savoir les dégradations infligées à son propre environnement, les changements climatiques, les conflits avec d’autres sociétés, les relations commerciales amicales et les attitudes culturelles, pour comprendre que nous en sommes à l’alerte rouge. Pour peu qu’on relève la tête de son porte-stock-options, on aurait comme l’impression d’être dans la peau de celui qui attend un bombardement, voire à la veile d’une catastrophe…

Les bombardés sont unanimes : le plus insupportable, c’est l’attente. Pas la joie on vous dit. Aussi l’éconocratie totalisante et phobocratique que nous subissons aujourd’hui mérite que nous tordions le cou au réel : les petits malins qui ont monté l’affaire partant du principe que l’Homme est un animal qui agit selon son propre et unique intérêt, je ne vois pas, moi, nous, l’intérêt de respecter les règles en cours.

C’est d’ailleurs précisément ce qui constitue l’excès. Je n’invente rien, c’est dans le dictionnaire étymologique : le mot est d’abord employé pour désigner un acte qui dépasse la mesure, un dérèglement. Je vous passe les détails mais, à la fin, l’emploi du mot au sens de « très grand », et de son adverbe au sens de « très » ou « tout à fait », et cela sans idée d’excès, est fréquent. L’excès non seulement résiste aux règles imposées par les pauvres types susnommés, mais permet aussi de nous multiplier, de nous essayer à toutes les sauces, tous les possibles, de grandir en somme. tant pis si on est excessivement mauvais. Il n’y a à perdre que des illusions, des résidences secondaires, des voitures des slips de bain. Puisque la fin violente du capitalisme actuel semble inéluctable, opposons-lui l’excès et, par mesure d’hygiène morale, nions la règle mortifère imposée par ces fameux pauvres types.

Il en va de notre salut : beaucoup mieux, de notre sens sur la bonne Terre.

Combien de gens, même des femmes pétillantes et superbes, se demandent ce qu’ils foutent ici, sous les bombes ? En attendant le déluge, on notera que tout est bien organisé, l’ennui sponsorisé, l’isolement étudié par de grandes marques de machines à décerveler et les rouages gérés par des spécialistes…

On s’enrichit sur le dos qu’on peut. Quelle élégance ! Tant de panache à ne pas vivre ferait presque ricaner : le problème, c’est qu’à flatter l’infantile reptilien, le génie humain a comme qui dirait des mouches dans les yeux. Dès lors asphyxiés par les conditions technico-spectaculaires de la dictature économique actuelle, deux solutions : ou nous bricoler OGM ou verser dans l’excès inverse. Pas l’excès pompette, avec la tête de la mamie qui tourne comme sous un coup de poppers : non, je rappelle aux indécis qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort, qu’on penche aujourd’hui vers la seconde et ce n’est pas vos Sicav qui vont vous sortir de là.

Pour sortir du sillon , il va plutôt falloir déconner, comme disait Deleuze, faire dans l’excès Artaud Corps sans Organes, le dionysiaque jambes en l’air, de préférence tous les jours et coûte que coûte : il va en falloir de la joie au laser pour fendre leurs coeurs de pierre, des fleurs brûlantes pour crever leurs bulles spéculatives. Il n’y a de l’excès que dans l’excès et rien à espérer des gourous qui nous servent la bouillie dans la bouche…

Consommateurs passifs réduits au statut de jeune fille rêvassant de vivre son quart d’heure médiatique, adhésion silencieuse aux valeurs à deux balles, l’attitude des (a)gen(t)s économiques est un suicide collectif qui, non seulement ne dit pas son nom, mais donne celui d’un autre. la faute aux Arabes, demain aux Chinetoques. Aux coupables répondent des irresponsables, et la lame de la petite herbe n’a qu’à bien se tenir. Raison de plus pour cueillir des fleurs en fer et leur coller dans les yeux, histoire de chasser les mouches et de retrouver un peu de lucidité.

Avant d’être sacrifié sur l’autel du gros Capital (car j’ai beau ne pas croire une seconde au Grand Soir de mes aînés, tout ça n’est qu’une question de pognon), il nous reste notre libre arbitre. Libre à nous de ne pas acheter leurs saloperies, de ne pas lire, écouter, regarder leurs saloperies, de ne pas travailler pour leurs entreprises à l’idéologie fascisante, libre à nous d’aimer qui en a envie comme on a envie – en vie – et de ne tenir aucun compte de leurs désastres, des atavismes familiaux, leur business plan, pour une résilience à tous les étages. Ne pas vivre reclus en prédisant l’apocalypse dans un hédonisme de pacotille mais faire tonner le volcan qui grogne en nous… "
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gruzgruz17 décembre 2012
L'idée très humaine de conquête procède d'un désir d'unifier les corps et les esprits, préfigurant la mondialisation des échanges et l'abolition des frontières, saine initiative en soi, sauf que l'Homme, partout, n'a jamais pu encadrer son voisin : invasions, pillages, viols, assujettissements divers et contre tous, guerres à la pelle, religions au marteau, impérialismes sauce barbecue.
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michfredmichfred13 avril 2016
J'ai grandi dans les années quatre-vingt et j'encule Casimir. La formule vaut son poids de baudruche mais savez-vous ce que c'est que d'avoir grandi dans les années quatre-vingt, dans un monde en faux où l'on vous disait en face qu'écraser la gueule de l'autre était superclasse? Que se remplir les poches était la seule liberté?
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michfredmichfred13 avril 2016
Ma mère, elle, serrait les fesses pour que je passe le cap de l’adolescence sans trop mourir. Quand je n'étais plus qu'une flaque de boue et de larmes rentrées, elle me disait que ça allait sortir un jour, qu'il ne fallait pas s'en faire, que ce jour-là ça allait faire des étincelles cosmiques, des cratères dans l'univers, que ma fureur ne serait pas perdue pour tout le monde, que les filles allaient adorer ça, les autres aussi; elle délirait en bloc- un langage que je connaissais.
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michfredmichfred13 avril 2016
Mon inclination pour la rébellion généralisée, la rage pure et la mort était le pendant d'un amour pour la vie figurant sur la même face de la même pièce.
De l'interzone.
Ma mère voyait bien ce que je voulais dire, seulement je n'étais pas obligé de le crier...
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Videos de Caryl Férey (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Caryl Férey
http://www.librairiedialogues.fr/ Annaïk de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur du catalaogue Polars : Surtensions d'Olivier Norek (Michel Lafon), Les fantômes d'Eden de Patrick Bauwen (Le livre de poche) et Condor de Caryl Férey (Gallimard). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Marion le Goascoz.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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