> Jean-Luc Piningre (Traducteur)

ISBN : 2749106494
Éditeur : Le Cherche midi (2011)


Note moyenne : 3/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Une inoubliable fresque familiale à travers un siècle et trois continents : l'auteur de Mille femmes blanches confirme son exceptionnel talent de conteur et nous offre un chef-d'oeuvre.


1995, région des Grands Lacs. Jim Fergus rend visite à sa gra... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par nadejda, le 16 juin 2011

    nadejda
    J'ai écouté par hasard Jim Fergus dont je n'avais rien lu, invité du Grand Entretien sur France-Inter le 27 mai. Il m'a bouleversé en évoquant sa mère dont la vie a été brisée et sa grand-mère d'origine française au destin tumultueux. le décès récent de sa compagne dont il a parlé avec émotion, la voix cassée et son évocation sensible de ce passé familial m'ont vraiment donné envie de lire son livre.
    Je viens de l'interrompre à la 384 ème page et je me suis forcée pour y parvenir. L'émotion communicative de Jim Fergus ne se retrouve pas dans son roman qui m'a vraiment ennuyé, aucun relief, les personnages féminins que j'imaginais complexes et attachants ne m'ont pas touchée. Une déception à la mesure de l'attente qu'avait su faire naître l'auteur. L'annonce en 4ème de couverture, «Une inoubliable fresque familiale à travers un siècle et trois continents : l'auteur de Mille Femmes blanches confirme son exceptionnel talent de conteur et nous offre un chef-d'oeuvre.», ne correspond aucunement à la lecture que j'ai faite.
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ancoline, le 13 avril 2012

    ancoline
    Jimmy Fergus donne une visite à sa grand-mère Renée, mère de Marie-Blanche. Il a du mal à s'exprimer avec elle. Elle représente toute la domination et la méchanceté qu'il a pu découvrir envers sa mère d'abord et l'indifférence ensuite pour lui. Nous découvrons trois générations de femmes.
    Renée est d'abord mal intégrée dans sa famille parce qu'elle n'est que le fruit du pécher de son père. Son père n'est pas souvent là et elle souffre de ne pas être acceptée et aimée de sa mère adoptive. Futée elle va très vite apprendre à espionner et connaitre les mœurs des adultes qui l'entourent. Elle apprend sa naissance, puis à retourner la méchanceté de sa mère envers elle en sa faveur. Grandissant elle ne sera que l'enfant du vice pour les autres. Elle ne sort alors pas de ce cercle dans lequel on la place. Elle va en user pour manipuler et dominer les gens, obtenir ce qu'elle désire. le monde doit tourner en sa faveur. Elle ne sera pas aimée comme une petite fille, on la traitera comme un objet de luxe toutefois et elle ne saura pas aimer ensuite. Elle ne conçoit la vie que comme une utilité. C'est par utilité qu'elle fera un enfant avec un homme qu'on lui attribuera et qu'elle n'aimera pas. Fille de riche, servie par des servantes, éduquée par des gouvernantes, elle ne reconnaitra dans la vie que le plaisir pour elle. Elle ne saura pas vivre, encourager et aimer sa fille Marie-Blanche.
    On découvre de façon alternée (et perturbante) la vie de Marie-Blanche et celle de Renée. J'ai été surprise par la vie de Renée et je n'ai fait que plaindre ses aventures. Un bon pavé, à lire avec plaisir. On comprend mieux comment des personnes peuvent être déjà dès leur naissance dans un sillage bien difficile, même dans un écrin doré.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Melopee, le 23 juin 2011

    Melopee
    Jim Fergus vient rendre visite à sa grand-mère, Renée, isolée dans une famille d'accueil à 96 ans passés. Il cherche la clé qui lui permettra de comprendre pourquoi tant d'indifférence et de mépris l'habitent depuis toujours. Elle est l'une des dernières pièces de la famille et constitue une part non négligeable du passé d'autant plus qu'elle a vécu des expériences marquantes qui l'ont conduites elle-même au rejet et à l'exclusion. le récit suit en parallèle Renée et sa fille (la mère de Jim Fergus), Marie-Blanche qui, sur environ cent ans, ont traversé l'Oise, l'Egypte et les États-Unis. Ce n'est pas un récit de voyages, c'est bien plutôt un récit initiatique où la psychologie féminine domine. On s'intéresse au parcours de Renée, personnage irascible et antipathique, pour comprendre comment elle a pu devenir aussi hautaine et détachée des autres. Car Marie-Blanche est loin d'être une priorité pour sa mère. Celle-ci a toujours affirmé n'être pas faite pour concevoir et élever des enfants. Certes, son expérience de mère est un échec sans appel mais des enfants elle en a tout de même eu deux : Marie-Blanche, l'aînée, et Toto, le petit frère. Ces deux-là ont dû lutter pour exister et se faire une place à côté d'elle.
    Renée est une énigme, de sa conception jusqu'à son état vieillissant : souhaitant évincer sa propre mère, elle met tout en œuvre pour séduire son oncle - qui est accessoirement l'amant de celle-ci - et c'est sans vergogne qu'elle entame une vie de débauche, se servant des uns et des autres pour être toujours sur le devant de la scène. Quant à Marie-Blanche, son témoignage est poignant puisqu'elle accumule les déboires et marche sur les pas de sa mère : accumulant les conquêtes, instable et malheureuse, elle trouve une échappatoire dans l'alcool.
    J'ai été touchée par cette magnifique fresque familiale trouvant toutes ses fondations sur les deux piliers que sont Renée et Marie-Blanche, deux femmes que tout oppose mais au destin inévitablement lié. On s'agace du personnage de Renée qui est terrible de froideur et pervers tout au long de sa vie. Sa domination et son rayonnement s'accroissent au fil des années. Plus elle gagne en maturité, plus elle s'étale dans la vie des autres et s'impose dans leur existence. Quant à Marie-Blanche, qui donne son nom au roman, elle semble vivre dans l'ombre de sa mère et n'a pas toute la considération qu'elle mérite. Sensible et à fleur de peau, elle touche le cœur du lecteur de par sa simplicité et sa bonté. On se dit qu'il est injuste que la "marâtre" vive bien et qu'au contraire sa fille accumule les galères.
    C'est un roman fort et puissant qui nous fait plonger dans tous les travers humains : l'égoïsme, la lâcheté, la tromperie mais aussi dans les bonheurs simples d'une vie : le voyage, le flirt, la convivialité d'être en famille.
    J'ai eu toutefois beaucoup de mal à lire les passages concernant Renée et son oncle car tous deux vivent une histoire interdite. Tous deux sont pervers et imbus d'eux-mêmes et on souhaiterait qu'ils soient isolés tous les deux avec, derrière eux, une tribu d'enfants dégénérés. Non, sans conteste, ces passages où on les côtoie dans une intimité malsaine m'ont quelque peu dégoûté.
    Mais plus généralement, cette saga familiale est extrêmement bien écrite, bien construite (avec ces alternances dans le temps qui dynamisent la narration) et pleine de finesse. Les femmes, maitresses de la narration, sont des personnages manichéens pleins d'ambivalence tant dans leur confrontation que dans leur rapport au monde. On est embarqué par le conflit de générations, par les non-dits et par la plume d'un très très bon écrivain. Il ne faut surtout pas passer à côté de ce roman qui nous tient en haleine de bout en bout !
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  • Par moustafette, le 18 juin 2011

    moustafette
    Qu'il était passionnant cet entretien avec l'auteur ! (vous pouvez l'écouter sur le site de France-Inter)
    Et qu'elle semblait touchante l'histoire familiale qui devait nous narrer le destin tragique de la mère de l'auteur qui fut victime d'une filiation trouble, d'une mère plutôt toxique, d'un oncle incestueux et de déracinements successifs qui conduisirent rapidement Marie-Blanche à noyer ses blessures dans l'alcool et à séjourner dans des établissements psychiatriques pour finir par s'échapper définitivement de la vie en passant par une fenêtre.
    Tous les ingrédients étaient réunis pour une fresque familiale comme je les aime. Seulement voilà, il suffit de pas grand chose pour qu'une mayonnaise ne prenne pas, et là la sauce a tourné rapidement. Je n'ai pas réussi à mettre la main sur "la puissance romanesque" d' "une saga familiale bouleversante" et "splendide" qui s'apparente au "chef d'oeuvre" et autres qualificatifs dithyrambiques qui parsèment la 4ème de couverture.
    L'ennui m'étant tombé dessus très rapidement suite à une narration sans émotions ni intensité dramatique, à un style des plus banals, à une succession de faits qui laisse peu de place à l'introspection, j'ai jeté ce pavé l'éponge, à la page 229 (sur 606), ravalant ma déception, ruminant ma colère (22 € quand même) et ronchonnant qu'on ne m'y prendrait plus.
    Après ça, comment voulez-vous que je me réconcilie avec les auteurs américains ?


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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par noursette, le 20 juin 2011

    noursette
    En préambule, il faut savoir qu'il y avait bien longtemps que je ne m'étais pas attelée à un tel pavé. 606 pages en grand format, d'un roman historique,avec une très jolie couverture. Et bien quelle erreur. Je l'ai lu sans jamais me lasser, avide de connaître le chapitre suivant, pages après pages. J'ai craint, en lisant quelques critiques, qu'il ne puisse me déplaire, il n'en a rien été.

    Comme d'habitude, je vais veiller à ne pas spoiler ce roman, qui mérite d'être découvert.

    Celui-ci débute à l'automne 1995, lorsque Jimmy Fergus, se rend aux côtés de sa grand-mère Renée de Fontarce Mc Cormick. On ressent de suite une amertume fugace, et plongeant au coeur du récit, on se prend à la ressentir également. La grand mère, elle ne peut répondre, trop atteinte dans sa santé.

    L'histoire peu ensuite débuter, sous la plume du personnage/auteur. Celle-ci est découpée en deux, on suivra conjointement Renée, la grand mère, et Marie Blanche, la mère de Jimmy. Les parties, sont divisées en sous-chapitre, courts, permettant une lecture très fluide. le français utilisé est très agréable à lire, classique et accessible. Il pose néanmoins le sérieux de l'époque durant laquelle ont vécus nos personnages.

    Ce récit historique, inspiré de la vie de l'auteur, est poignant, prenant, et définitivement triste. On y ressent les différences de classes, le pouvoir de l'argent et la domination de l'homme sur les femmes classiques. Car nos héroïnes ne sont pas classiques, bien au contraire. Elles dénotent de comportements bien mal à propos à leurs époques.

    Tout d'abord Renée: Je la définirais comme sauvage, sournoise, aigrie et autoritaire. Je me suis prise, le livre durant, à la détester. Mais il faut pondérer cela, on découvre son enfance, les relations incestueuses avec son oncle, qui fut précédemment l'amant de sa mère Henriette. Seul homme qu'elle a vraiment aimé, il la rendit femme, mais aussi soumise, et victime. Et si le personnage de Renée est désagréable, il a aussi beaucoup souffert. Elle vouera sa vie aux hommes, négligeant sa fille, comme elle l'a été elle aussi durant son enfance.

    Puis Marie Blanche, plus attachante, touchante, mais désespérée. Malheureuse en amour, héritage familiale sans doute. Sa vie s'est éteinte à la mort de son premier fils Billy. Elle ne s'en relèvera pas et trouvera son apaisement dans une fin tragique. Toute sa vie durant, elle se chercha, fuyant sa mère et les décisions imposées de celle-ci. Elle donna vie à trois enfant, Billy, Leandra et Jimmy. L'un décédera, la seconde lui tournera le dos, le troisième lui rendra hommage dans ce livre.

    Ne pas trop en dire, laisser ses futurs lecteurs le découvrir, c'est ce que je souhaite faire pour ce livre. A aucun moment le côté historique n'a été dérangeant, au contraire. On y ressent les émotions très bien, que cela soit durant la guerre ou les différents voyages de protagonistes.

    Le voyage est présent, Amérique, Afrique, Europe, avec ses descriptions très belles, sans en faire trop. La mentalité de l'époque y est dépeinte avec une plume agréable. J'ai apprécié que le récit se déroule en de multiples endroits à de multiples époques.

    Un petit bémol pour moi, une intimité des personnages très présente, parfois trop bien décrite, qui pourrait heurter certaines sensibilités. Des relations charnelles inter-familiales omniprésentes, peut-être un peu dérangeantes, mais qui lient les personnages de cet écrit.

    J'ai beaucoup apprécié ce livre, ma première saga familiale et pas la moindre. Un livre très agréable à lire, dont les 606 pages défilent bien trop rapidement, finalement.

    Lien : http://leslivresunerevelation.blogspot.com/2011/06/marie-blanche-jim..
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 16 mai 2012
    Après Mille femmes blanches, le romancier américain, né d'une mère française, confirme son grand talent de conteur.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par graslionel, le 24 mai 2012

    "Mais en regardant Renée, je me suis rendu compte que je lui en voulais toujours, que je la haïssais. Le temps n'avait rien changé à l'affaire : je la tenais responsable de la mort de ma mère, je ne pouvais accepter qu'elle lui ait survécu plus d'un quart de siècle, je lui reprochais d'avoir traité mon père par le mépris. A quoi s'ajoutaient tous les affronts, tous les coups bas, présumés comme certains, qu'elle avait infligés aux siens. Amer, je me suis demandé ce qui lui donnait le droit de vivre aussi vieille, après avoir pourri l'existence de tout le monde autour d'elle. Les poisons de mon enfance me remontaient dans la bouche comme un épanchement de bile, et j'étais à nouveau le gamin blessé qui, quel que soit notre âge, se tapit en chacun de nous. J'éprouvais un soulagement aussi puéril qu'embarrassant en pensant que, du formidable personnage d'antan, de cette femme qui avait intimidé et manipulé tant de gens, il ne restait que cette carcasse ratatinée."
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  • Par noursette, le 20 juin 2011

    Renée s'identifiait au rossignol, enfermé dans une cage. Tant que le chat était incapable de l'atteindre, l'oiseau exerçait sur lui une insondable fascination, et il restait des heures immobile à le contempler. En revanche, s'il réussissait à l'attraper, il le tuerait et perdrait aussitôt tout intérêt pour lui. Quant au rossignol, acceptant son rôle de prisonnier, et la cage qui le retenait, il continuait d'ignorer le chat et de chanter toute la journée.
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  • Par noursette, le 20 juin 2011

    Vous abîmez ce que vous touchez,. Vous détruisez tout le monde autour de vous. Vous n'avez jamais aimé ma mère, ni moi non plus. Vous n'aimez personne, en fait, personne d'autre que vous.
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  • Par ladesiderienne, le 05 mai 2012

    C'est là que je me suis vraiment mise à boire. L' alcool était mon seul refuge, mon seul ami au monde. On pourrait presque affirmer qu' il m' a sauvé la vie.
    - Il vous détruit en même temps, madame Fergus. Vous en êtes consciente, tout de même ?
    - C'est la vie qui me détruit, docteur. L' alcool n'est qu' un de ses instruments, une de ses armes. Faut-il blâmer l'arme elle-même, ou celui qui tire ?
    - Êtes-vous la victime ou celui qui tire, justement ?
    - Celui qui tire.
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  • Par ladesiderienne, le 05 mai 2012

    J ' AI LAISSE

    J' ai perdu la maison qui était ma maison,
    Perdu le doux chemin qui suivait la rivière,
    Perdu l' été brulant et l' odeur des moissons,
    Et j 'ai laissé deux tombes au fond du cimetière.

    J' ai laissé mon enfance au pied des chênes verts
    Et de grands châtaigniers que dorait chaque automne.
    J 'ai perdu la féerie des brouillards en hiver
    Et les vastes greniers où murissaient les pommes ;

    J' ai laissé mes jardins, mes champs, mes souvenirs,
    Autant de vieux amis dont j' avais l' habitude,
    Je n' y pourrai, jamais de ma vie, revenir.
    Et j' ai laissé mon chien mourir de solitude.

    Seigneur, pardonne-moi d' avoir tant de regrets,
    Mais ta main nous reprend souvent ce qu' elle donne.
    Voilà longtemps déjà que je souffre en secret,
    Fallait-il qu' à ce point, Seigneur, tu m' abandonnes ?

    Pierre de Fleurieu


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Vidéo de Jim Fergus

Jim Fergus présente son roman Marie-Blanche .
Jim Fergus présente son roman Marie-Blanche, à paraître aux éditions Pocket le 3 mai 2012.








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