En préambule, il faut savoir qu'il y avait bien longtemps que je ne m'étais pas attelée à un tel pavé. 606 pages en grand format, d'un roman historique,avec une très jolie couverture. Et bien quelle erreur. Je l'ai lu sans jamais me lasser, avide de connaître le chapitre suivant, pages après pages. J'ai craint, en lisant quelques critiques, qu'il ne puisse me déplaire, il n'en a rien été.
Comme d'habitude, je vais veiller à ne pas spoiler ce roman, qui mérite d'être découvert.
Celui-ci débute à l'automne 1995, lorsque Jimmy
Fergus, se rend aux côtés de sa grand-mère Renée de Fontarce Mc Cormick. On ressent de suite une amertume fugace, et plongeant au coeur du récit, on se prend à la ressentir également. La grand mère, elle ne peut répondre, trop atteinte dans sa santé.
L'histoire peu ensuite débuter, sous la plume du personnage/auteur. Celle-ci est découpée en deux, on suivra conjointement Renée, la grand mère, et
Marie Blanche, la mère de Jimmy. Les parties, sont divisées en sous-chapitre, courts, permettant une lecture très fluide. le français utilisé est très agréable à lire, classique et accessible. Il pose néanmoins le sérieux de l'époque durant laquelle ont vécus nos personnages.
Ce récit historique, inspiré de la vie de l'auteur, est poignant, prenant, et définitivement triste. On y ressent les différences de classes, le pouvoir de l'argent et la domination de l'homme sur les femmes classiques. Car nos héroïnes ne sont pas classiques, bien au contraire. Elles dénotent de comportements bien mal à propos à leurs époques.
Tout d'abord Renée: Je la définirais comme sauvage, sournoise, aigrie et autoritaire. Je me suis prise, le livre durant, à la détester. Mais il faut pondérer cela, on découvre son enfance, les relations incestueuses avec son oncle, qui fut précédemment l'amant de sa mère Henriette. Seul homme qu'elle a vraiment aimé, il la rendit femme, mais aussi soumise, et victime. Et si le personnage de Renée est désagréable, il a aussi beaucoup souffert. Elle vouera sa vie aux hommes, négligeant sa fille, comme elle l'a été elle aussi durant son enfance.
Puis
Marie Blanche, plus attachante, touchante, mais désespérée. Malheureuse en amour, héritage familiale sans doute. Sa vie s'est éteinte à la mort de son premier fils Billy. Elle ne s'en relèvera pas et trouvera son apaisement dans une fin tragique. Toute sa vie durant, elle se chercha, fuyant sa mère et les décisions imposées de celle-ci. Elle donna vie à trois enfant, Billy, Leandra et Jimmy. L'un décédera, la seconde lui tournera le dos, le troisième lui rendra hommage dans ce livre.
Ne pas trop en dire, laisser ses futurs lecteurs le découvrir, c'est ce que je souhaite faire pour ce livre. A aucun moment le côté historique n'a été dérangeant, au contraire. On y ressent les émotions très bien, que cela soit durant la guerre ou les différents voyages de protagonistes.
Le voyage est présent, Amérique, Afrique, Europe, avec ses descriptions très belles, sans en faire trop. La mentalité de l'époque y est dépeinte avec une plume agréable. J'ai apprécié que le récit se déroule en de multiples endroits à de multiples époques.
Un petit bémol pour moi, une intimité des personnages très présente, parfois trop bien décrite, qui pourrait heurter certaines sensibilités. Des relations charnelles inter-familiales omniprésentes, peut-être un peu dérangeantes, mais qui lient les personnages de cet écrit.
J'ai beaucoup apprécié ce livre, ma première saga familiale et pas la moindre. Un livre très agréable à lire, dont les 606 pages défilent bien trop rapidement, finalement.
Lien : http://leslivresunerevelation.blogspot.com/2011/06/marie-blanche-jim..