Après la poésie, c'est le thème de la musique que
Maxence Fermine exploite dans son second roman, ce magnifique Violon noir. Il le fait à travers la rencontre d'un grand violoniste, Johannes Karelsky, et du meilleur luthier d'Italie, Erasmus. Tous deux sont unis par l'amour de la musique, mais également par une certaine capacité au rêve. de plus, le même songe d'une femme les hante, nuit après nuit. Par petites touches narratives, que j'aimerais parfois voir plus étoffées, l'auteur égrène les notes de l'histoire de ces deux personnages jusqu'à la mélodie finale, mortelle et presque discordante *.
C'est avec plaisir que j'ai retrouvé la poésie de l'écriture de
Maxence Fermine, que j'avais tant appréciée dans
Neige. J'ai d'ailleurs souvent repensé à ce texte grâce à plusieurs éléments communs aux deux romans, comme la révélation artistique (la scène est particulièrement belle et émouvante dans
Le Violon noir : l'auteur s'y est davantage attardé, ce qui m'a permis de me laisser envahir par cette émotion musicale et par cette complicité entre les deux musiciens), la rencontre avec une femme exceptionnelle, puis avec un être mystérieux et énigmatique, la confrontation entre le rêve et la réalité (un des motifs principaux de ce roman, traité avec talent, à défaut d'originalité), l'amour, la perte, le poids du passé, notamment. Cette similitude structurelle entre les deux romans, contrairement à ce que je pouvais craindre, ne m'a pas déplu du tout, car, malgré ces rapprochements, l'auteur a su démarquer
Le Violon noir de son premier roman par le dénouement et les idées véhiculées, par exemple.
Une superbe fable musicale que je vous conseille de découvrir, que vous ayez lu
Neige ou non.
* Lorsque j'utilise le terme « discordant » ici, c'est du point de vue des personnages et de leurs actions, non du point de vue de la qualité du texte qui est tout à fait réussi, du début à la fin.
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