L'érudit et archéologue allemand Winckelmann, célèbre apôtre du néo-classicisme, fut poignardé à Trieste, le 8 juin 1768, dans son hôtel, alors qu'il retournait de Vienne à Rome.
Il avait eu l'imprudence de montrer à son voisin de chambre des monnaies d'or et d'a... > voir plus
"Un érudit qui reçoit sept coups de couteau dans sa chambre d'hôtel, un archéologue qu'on assassine dans des circonstances mystérieuses, un helléniste saigné comme un cochon, n'y a-t-il pas là matière à rêver ?". Cet érudit, cet helléniste et archéologue n'est rien moins que Johann Joachim Winckelmann, fils d'un cordonnier prussien et disciple du néoclassicisme. Jeune homme pauvre, cultivé, instruit et lettré prêt à tout pour réussir dans la vie. Il feint de se convertir au catholicisme pour s'attirer les grâces du cardinal Archinto, proche de l'électeur de Saxe Frédéric-Auguste II. Arrivé à Trieste le 8 juin 1768, son comportement est jugé peu conforme à celle d'un homme cumulant des titres aussi prestigieux que ceux de "Secrétaire de la bibliothèque Vaticane" ou de "Préfet des Antiquités de Rome". Winckelmann rencontre dans cette ville portuaire Francesco Arcangeli à l'auberge de l'Osteria Grande, cuisinier chez le comte Cattaldi.
Le cuisinier de Pistoria, magnifié par son patronyme flamboyant, se présenta aux yeux du nostalgique de l'Hellade comme la synthèse du paganisme et du christianisme, comme le moyen de concilier le culte des dieux anciens et la dévotion au Dieu moderne.
Un érudit qui reçoit sept coups de couteau dans sa chambre d'hôtel, un archéologue qu'on assassine dans des circonstances mystérieuses, un helléniste saigné comme un cochon, n'y a-t-il pas là matière à rêver ?
Dominique Fernandez - Transsibérien . Dominique Fernandez vous présente son ouvrage "Transsibérien", parution le 4 janvier 2012, aux éditions Grasset. Rentrée Littéraire 2012.http://www.mollat.com/livres/dominique-fernandez-Transsiberien-9782246789376.html