ISBN : 2742728821
Éditeur : Actes Sud (2000)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 174 notes) Ajouter à mes livres
Dans un décor de banlieue, une libraire est saisie d'un désir presque fou : celui d'initier à la lecture des enfants gitans privés de scolarité. Elle se heurte d'abord à la méfiance, à la raillerie et au mépris qu'inspirent les gadjé. Mais elle finit par amadouer les pe... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par sylvie, le 10 mai 2008

    sylvie
    Ce roman est l'histoire d'une rencontre.
    Celle d'une bibliothécaire et d'une famille gitane installée sur un terrain de la commune.
    J'ai lu ce livre parce que Magda et Amanda en ont parlé sur leur blog et m'en ont donné très envie.
    C'est un magnifique sujet que celui d'une bibliothécaire qui va porter des livres là où il n'y en a pas, mue par un désir un peu mystérieux qui la fait entrer dans une communauté rétive et fermée sur elle même.
    Par le biais des enfants, et des histoires qu'elle leur raconte, elle se fait accepter petit à petit et apprends à connaitre les hommes et les femmes qui vivent là, dans le dénuement, sans papiers, sans travail, sans argent, seulement avec l'espoir, l'amour, et les enfants.
    Il n'y a pas de mièvrerie, ni de doux angélisme dans le quotidien rude et violent qui nous est raconté. Il y a le froid, la faim, la saleté, le désœuvrement, l'alcool et la violence, la pauvreté et l'analphabétisme. Il y a le rejet, l'exclusion, l'impossibilité de mettre les enfants à l'école, l'expulsion qui viendra, inexorablement, comme toujours, comme une condition, une fatalité.
    Il y a aussi ce paradoxe brûlant de vies libres de toutes les chaînes et qui s'avèrent pourtant être des prisons claniques dont jamais personne semble ne pouvoir sortir.
    Mais la rencontre fait son œuvre tout doucement...
    Pas de miracle, pas de magie, juste un début de changement qui ouvre quelques brèches dans les têtes et les cœurs et permet l'espoir d'un mieux...
    On est touchés par la fierté de parents qui auront un enfant qui saura lire et nager, même si c'est au prix de grandes souffrances à traverser. On admire le courage et la détermination d'un mère qui quitte son mari violent pour vivre ailleurs avec ses filles, loin du joug de la belle mère. On tente de cerner la mystérieuse figure centrale du groupe : cette \"matriarche\" qui tente coûte que coûte de sauver son monde voué à disparaître.
    Il y a quelques beaux passages sur ce qu'il y a d'essentiel dans une vie, sur la liberté, la pauvreté, la fierté et ce qui nous fait homme.
    Cette lecture ne laisse pas indifférent, on y entrevoit ce que peut être le dénuement et la grâce qu'il fait jaillir dans les moments d'émotions intenses qui remplissent une vie. On égrène avec plaisir autour du feu les seules richesses inaliénables qui peuvent nous être données au cours d'une existence.
    Les moments de lecture collective sont des temps hors du temps, gobés par les enfants avec une avidité et un bonheur rare et captés avec finesse et sensibilité par l'écriture d'Alice Ferney.
    Cette histoire raconte sans doute un peu de toutes les expériences \"hors les murs\" menées en France par des associations et des bibliothèques. Sans être un témoignage, ni un documentaire, c'est peut-être tout simplement un bel hommage rendu à ce travail souterrain qu'on ne voit pas mais qui fait beaucoup.
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/05/grce-et-dnuement-alice-ferney.html
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 19 novembre 2008

    Bunee
    Quelque part près d'une grande ville, en France. Un ancien potager laissé à l'abandon qui appartient à une vieille institutrice. Errant dans leur exil, une famille de gitans s'y installe, au grand désarroi des riverains. Comme une ritournelle lancinante: le mépris, quand ce n'est pas la haine. Dans tous les cas, la misère, le système D, et le feu qu'on tente de nourrir de tous les détritus.
    Il y a Angéline, "la vieille", ses cinq fils et leurs femmes respectives, et une ribambelle d'enfants qui piapiaillent, trottinent et sautillent... et ne sont pas scolarisés.
    Une femme commence à venir voir régulièrement Angéline. Il s'agit d'une bibliothécaire d'une quarantaine d'années, Esther. Elle propose à la vieille de venir lire des histoires aux enfants tous les mercredis. Ce sera la première rencontre, celle de deux mondes que tout oppose. Et il y en aura bien d'autres, qui vont transformer petit à petit la vie des gitans.
    Ceux-ci, d'abord méfiants, vont se laisser conquérir par Esther, qui fera scolariser l'un des enfants. Ce n'est pas toujours facile, et les gitans ont un sacré caractère, à la fois fait d'orgueil, de fatalisme et de résignation. Mais petit à petit, Esther va les apprivoiser, leur montrer le chemin.
    Jusqu'à ce que les Gitans soient, une nouvelle fois, expulsés, cette fois par la mairie qui a racheté l'ancien potager. Cette expulsion remettra-t-elle tout en cause? le lecteur aura le fin mot de l'Histoire en lisant l'épilogue.
    L'histoire est celle d'une rencontre, d'un contact. De petites joies en grands malheurs, de plaisirs simples en drames... L'écriture est très vivante, même si quelques passages auraient parfois gagné à être raccourcis, et on ressent bien l'ambiance, à un tel point que l'on est parfois irrité par la résignation des gitans.
    Je vous le conseille, donc :)
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 05 octobre 2010

    Seraphita
    C'est une famille de Gitans installée illégalement dans un jardin potager à l'est de la ville, regroupée autour d'Angéline, la matriarche. le dénuement est leur lot quotidien. Grand-parent, parents, enfants, tous sont analphabètes. Un beau jour, une femme arrive dans le campement : Esther, bibliothécaire gadjé, se propose de lire des livres aux enfants. Les mots du mercredi parviennent peu à peu à soulager les maux…
    J'ai découvert ce livre lors d'un club de lecteurs et ce fut pour moi un véritable coup de cœur. Les personnages, hauts en couleur, sont très attachants. L'auteur nous les présente dans toutes leurs dimensions humaines, notamment leurs fragilités. C'est ainsi que nous faisons la connaissance d'Angéline la matriarche qui a perdu tout attrait physique, mais dont la personnalité reste attirante : elle montre un amour maternel sans borne pour ses fils et une certaine jalousie pour ses belles-filles. L'auteur décrit Simon, le fils aliéné ou encore Angelo, le Gitan amoureux d'une gadjé.
    Les dialogues sont nombreux mais ils ne sont pas présentés selon la mise en page habituelle : ici, les échanges sont inscrits à la suite, au fil du texte, sans retour à la ligne ni tiret pour figurer chaque tirade. Cette présentation est assez spéciale mais ne complique pas la lecture, chacun des protagonistes étant bien marqué, comme dans l'extrait suivant :
    J'ai rien et je veux rien, je demande plus. Ses joues luisaient tellement qu'on aurait pu les croire mouillées. On a toujours envie de quelque chose, dit Esther émue. Angéline secoua la tête : Non. Esther dit : Vous n'avez envie de rien ? L'autre secouait toujours la tête et cela ne ressemblait qu'à la vérité : ce qui se perdait dans la misère c'était aussi le désir et l'élan vers l'avenir. (p. 216)
    En somme, le dénuement amène à un repli sur soi et oblitère la dimension du projet, la capacité à se projeter dans l'avenir, à s'inscrire comme un sujet désirant. Mais cela n'empêche pas l'espoir, notamment celui de la vie :
    Milena, Misia, Nadia. Les trois belles-sœurs étaient enceintes. […]
    Elles sont trois fruits du printemps, une réponse au sort contraire, à la folie, aux amours malheureuses, à la mort, une audace et une grâce.
    p. 280-282.
    L'espoir vient aussi d'Esther qui apporte les mots et le savoir et parvient même à faire scolariser une enfant. Cela n'est d'ailleurs pas sans poser problème à l'enfant mais aussi aux parents et aux autres enfants. Alice Ferney explore, outre les conditions de vie ou de survie des Gitans, la dimension de l'analphabétisme, de la scolarisation, de la médiation d'une gadjé qui ouvre les enfants à l'univers des mots, du savoir, du plaisir de lire. Les ouvrages qu'Esther lit aux enfants sont issus du patrimoine littéraire, tels ces Contes de Hans Christian Andersen (La Petite Sirène, La Princesse et le petit pois, …) ou Les Fables de Jean de La Fontaine (Le Loup et l'Agneau, Le Savetier et le financier) ou « Le Petit Prince » d'Antoine de Saint Exupéry.
    D'un bout à l'autre, j'ai été captivée par ce roman qui sait camper une atmosphère, amener des changements plus ou moins importants chez les personnages, qui prend le temps de conter la vie quotidienne du camp. Il évolue selon un rythme lent, expose des tensions dramatiques, mais l'espoir reste toujours présent. Les sentiments des protagonistes sont exposés sans mièvrerie, la vie des Gitans est décrite sans larmoiement, avec une volonté de réalisme.
    Je conseille vivement ce livre qu'on parcourt d'une traite sans se lasser. Un message d'une lucidité terrifiante sur les conditions de vie des Gitans mais qui sait maintenir une flamme d'espérance.
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 30 avril 2010

    claracambry
    Aux abords d'une ville, une famille de Gitans occupe un terrain vague « ils étaient des Gitans français qui n'avaient pas quitté le sol de ce pays depuis quatre cent ans. Mais ils ne possédaient pas les papiers qui d'ordinaire disent que l'on existe : un carnet de voyage signalait leur vie nomade ». Une famille où la matriarche Angéline est respectée par ces cinq fils et ses quatre belles filles. Ils vivent dans des caravanes sans eau potable. Les enfants ne vont pas à l'école et ne savent ni lire ni écrire. Ester, une bibliothécaire, va venir à leur rencontre. Il faudra des mois pour qu'elle, la gadjé, ait la permission de lire des histoires aux enfants. Chaque mercredi, elle viendra avec ses livres. Peu à peu, elle va apprendre à mieux les connaître, à les comprendre mais sans jamais les juger.
    Il existe des lectures qui vous transportent, qui vous éclairent et qui vous touchent par l'écriture. Incontestablement, « Grâce et dénuement » en fait partie…
    C'est d'abord une très belle rencontre où les livres permettent de créer des ponts entre deux mondes opposés. On découvre la vie des gitans. Eux qui suscitent la peur, la méfiance partout où ils s'installent. Ils ont leur fierté, ils vivent avec ce qu'ils ont mais sans jamais demander la pitié. A côté de cela, ils ont en eux une richesse incroyable : leurs origines, leur famille soudée et l'amour. Tout y est dit avec les mots justes sans larmoiement mais avec beaucoup de respect.
    Quand Esther vient leur lire des histoires, on ressent toute la joie et l'émerveillement des enfants. Des moments de bonheur qui deviennent indispensables et privilégiés pour eux et pour elle. L'écriture d'Alice Ferney est très belle, de cette grâce qui émeut. Dès les premières lignes, le style m'a plongé dans un état où seule la lecture de ce livre comptait. Enfermée dans ma bulle, j'ai fait une merveille rencontre moi aussi…
    Un gros coup de cœur, une belle leçon de vie...un livre à lire pour toutes ces raisons. Et, je pense qu'il est impossible d'être insensible à l'écriture d'Alice Ferney.


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/04/alice-ferney-grace-et-denueme..
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  • Par keisha, le 19 août 2008

    keisha
    La vieille Angéline, ses cinq fils, ses belles filles et ses petits enfants ont installé leurs caravanes sans aucune autorisation sur un terrain "à l'est de la ville". Arrive un jour Esther, une bibliothécaire, des caisses de livres dans sa voiture. Avec l'accord d'Agéline, elle commence à lire des livres pour enfants, des contes et des fables, aux enfants du campement ; ceux ci entrent vite dans le monde des histoires.
    Parallèlement les adultes continuent leurs occupations, s'habituent à Esther. Petits et grands événements surviennent, morts, naissances.
    Esther suggère qu'Anita, l'ainée des enfants, aille à l'école ...
    J'ai vraiment un gros coup de coeur pour ce livre ! Difficile d'oublier les personnages. Angeline, la matriarche du clan, dont la façon de parler est si bien rendue.
    "Dans ma jeunesse il y avait rien, on avait même pas un lit pour dormir, ça me souvient. Mais, je sais pas comment, ça manquait pas. On était tous ensemble avec rien, juste à devoir se trouver à manger. Maintenant on a plus et ça fait plus mal. Comment c'est fait ?"
    Belle aventure aussi que cette découverte par les enfants de l'univers de la lecture :
    Une histoire ! dit Sandro. C'étaient pas ses mots !
    Quand Esther finissait de lire, "ils s'étiraient, revenant de l'autre monde, plus enveloppant, plus rond , plus chaud ..."
    Les rapports entre Esther et les gens du voyage sont bien rendus. Voici un beau passage :
    Au bout de nombreux mois, "Oui ma fille, c'est ça, réfléchis ! dit la vieille. C'est la première fois que tu me dis ma fille, dit Esther."
    Mais laissez vous emporter par ce livre à l'écriture sobre et souvent émouvante, parfois poétique, découvrez ces personnages si proches et si lointains en même temps, apprenez à les connaître et les comprendre.
    http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-20535658.html
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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 30 novembre 2010

    Parce qu’on a beau vouloir croire le contraire, un homme, un mari, ça ne comprend pas tout. Ca ne comprend rien ! disait Angéline, qui pensait à ses nuits de désir muet que l’époux n’avait pas soupçonnées, lui qui avait pu dormir à côté d’elle sans la toucher. Oh mais oui ! Il avait refusé de voir cette nature flamboyante qui avait fait cinq fils sans se coucher. Elle le répétait : les hommes et les femmes, c’est rien de commun, et ça tient toujours à cause des femmes. Parce qu’elles en finissent assez vite de s’aveugler et de vouloir. Elles voient, après la chair, l’amour et les caresses, qu’ils s’arrêtent jamais de prendre, et qu’il y a rien d’autre à faire que donner. Et ce qu’elle-même avait donné, non décidément elle ne l’avait plus, pensait Angéline., son ventre, sa douceur de nid, son élan pour diriger la vie sur un bon chemin et la gaieté d’avoir à le faire. Toute cette grâce pour vivre s’était diluée dans une grande fatigue. L’épuisement était entré en elle imperceptiblement, un jour derrière l’autre à se dire qu’elle se sentirait mieux le lendemain, un mois glacé après un autre, une année mauvaise suivant une qui n’avait pas été facile (on passe son temps à attendre au lieu d’être). L’épuisement avait d’abord emporté la fraîcheur de son visage – sans que personne n’y vît rien car elle continuait de sourire et elle était encore jolie. Puis la force incroyable de son corps, la vitalité inaltérable qui le portait vers une tâche, cela s’était perdu ensuite. Son visage alors était devenu ridé et gris (lui qui avait été rond et fruité) et ses yeux étaient entrés dans deux petites cavernes bleues dont ils ne sortiraient plus jamais, et elle avait grossi à force de moins se remuer. Pour finir il n’était rien resté de ce qui avait fait la femme et la mère. Quand l’immense appétit (de plaisir et d’enfant, de vin, de fêtes, de bon sommeil et de vie) s’était usé contre le mari endormi, affalé, mort enfin, elle était restée seule avec une étrangère : elle-même veuve et vieillie. Elle était lasse maintenant, et lui, ce mari qui l’avait prise et gardée, tout de même n’en était pas venu à bout : il était mort avant elle.
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  • Par sylvie, le 10 mai 2008

    Esther prenait son livre. Ils ne bougeaient plus et hormis quelques reniflements, le silence était total. Elle ignorait qui, de la chaleur ou de l'histoire, les apaisait d'un seul coup, sans qu'ils ne demandent rien. Ils ne sont pas difficiles, se disait-elle. Jamais ils ne réclamaient jamais ils n'avaient soif ou faim comme d'autres enfants qui ont sans arrêt besoin de quelque chose. Elle lisait dans ce calme. On entendait juste le ronflement d'air chaud. Les enfants avaient posé les mains sur leurs cuisses.\"
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  • Par Aproposdelivres, le 22 août 2009

    1

    Rares sont les gitans qui acceptent d’être tenus pour pauvres, et nombreux pourtant ceux qui le sont. Ainsi en allait-il des fils de la vieille Angéline. Ils ne possédaient que leur caravane et leur sang. Mais c’était un sang jeune qui flambait sous la peau, un flux pourpre de vitalité qui avait séduit des femmes et engendré sans compter. Aussi, comme leur mère qui avait connu le temps des chevaux et des roulottes, ils auraient craché par terre à l’idée d’être plaints. […]

    2

    Ils étaient des gitans français qui n’avaient pas quitté le sol de ce pays depuis quatre cents ans. Mais ils ne possédaient pas les papiers qui d’ordinaire disent que l’on existe : un carnet de voyage signalait leur vie nomade. Elle n’était cependant qu’un souvenir de la vieille. Les lois et les règles modernes avaient compliqué le passage d’une ville à une autre et ils s’étaient sédentarisés, comme la plupart des Gitans. […]

    La vieille n’avait pas encore soixante ans. Mais, si la vérité est bonne à dire, elle portait bien son surnom. Son visage était fendu de rides si profondes et nombreuses qu’on aurait dit une maladie de peau. A la regarder de près ; on avait mal à sa place. Elle ne souffrait pourtant de rien et les ans difficiles, qui l’avaient précocément vieillie, ne l’avaient pas tuée. Elle en conservait un orgueil sympathique. Elle était en vie, envers et contre le monde et le froid, elle avait un furieux désir de continuer à voir ce spectacle de la terre, du vent, du feu sous les nuages, des nuages même, et des nouveaux venus qu’elle avait engendrés dans cette bourrasque. […]

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  • Par sylvie, le 10 mai 2008

    Elle les installa, les petits à côté d'elle, les grands juste derrière. Et elle commença à raconter l'enfance de Babar. Elle lut comme jamais elle ne l'avait fait, même pour ses garçons : elle lut comme si cela pouvait tout changer.\"
    ... \"Elle lu avec de la tendresse pour eux et de la foi dans les histoires. Et elle n'avait ni crainte ni question, est-ce-que c'était artificiel, utile, naïf, stupide, de venir ainsi, sans prévenir, sans demander, pour lire des histoires à des enfants. Un élan la portait.
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  • Par Magnolia, le 14 novembre 2010

    Angelo avait besoin d'aimer...Il s'etait trouve amoureux avant meme de reconnaitre ou de comprendre ce qui lui arrivait.Quand il avait percu son trouble ,le mal etait fait depuis longtemps,il etait tombe dans l'amour.C'etait une chute vertigineuse....Le songe est une autre maniere de vie et la part de reve que peut accepter l'esprit est grande.Angelo n'avait pas plus l'experience du reve que celle de l'amour:il fut balaye par le songe amoureux.
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Alice Ferney .
De retour dans le très bel Hôtel des Mathurins pour rencontrer Alice Ferney, parfumée et printanière. Pour une fois, il me semble que cette interview rend assez bien compte de ce qu?écrit l?auteure ; peut-être parce qu?avec Alice Ferney, l?écriture et l?écrivain partagent des mêmes qualités : brillance et élégance. En la quittant, je repense à la rencontre, dans la même semaine, avec Camille Laurens. Deux personnalités exceptionnelles. www.auteurs.tv








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