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ISBN : 2070645185
Éditeur : Gallimard (2013)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 98 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le jour où sa mère est morte, Meursault a remarqué qu’il faisait très chaud dans l’autobus qui le menait d’Alger à l’asile de vieillards, et il s’est assoupi. Plus tard, dans la chambre mortuaire, il a apprécié le café que lui offrait le concierge, a eu envie de fumer, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par trust_me, le 19 juin 2013

    trust_me
    « Aujourd'hui maman est morte. » Meursault vient de perdre sa mère. Il se rend à l'asile pour l'enterrement. Sans émotion, il veille le corps, refuse de faire ouvrir le cercueil et repart aussitôt après la mise en terre. le lendemain il rencontre Marie, l'emmène au cinéma et couche avec elle. Puis son voisin Raymond le sollicite et les ennuis commencent. La tragédie se jouera sur une plage écrasée de soleil. Meursault tire d'abord une fois puis il presse à nouveau la détente à quatre reprises. Un meurtre qui va le confronter à l'implacable « justice » des hommes.
    Adapter L'Étranger en BD est un pari risqué. Jacques Ferrandez était sans doute le plus à même de relever le défi. D'abord parce qu'il a déjà adapté Camus (L'hôte, une nouvelle tirée du recueil L'exil et le royaume) et ensuite parce que c'est un dessinateur parfaitement à l'aise pour mettre en images l'Algérie des années 30. Respectant au maximum le texte d'origine, sa construction suit scrupuleusement la chronologie des événements et il a focalisé toute son attention sur les dialogues, laissant le plus souvent de coté la voix off qui est très présente dans le roman. le résultat, gratté jusqu'à l'os, est bluffant.
    L'Étranger, c'est avant tout une réflexion philosophique sur la condition humaine. Meursault est un personnage totalement atypique sur lequel la vie semble constamment glisser. Il traverse chaque jour avec insouciance. Rien, absolument rien, n'a d'importance. Son patron lui propose une promotion ? Pour lui cela n'a pas de sens. La seule question valable est : que fait-on sur cette terre ? La vie est absurde, elle ne vaut pas la peine d'être vécue. Meursault refuse les règles de la société. Il ne croit pas en Dieu. Sa confrontation avec l'aumônier, qu'il refuse d'appeler « mon père », est d'une rare violence. Profondément antisocial, c'est un être mystérieux dont il est impossible de comprendre le fonctionnement intime.

    Graphiquement, la patte de Ferrandez est inimitable. Mélangeant dessin au trait et aquarelle, il représente à merveille la mer, le soleil, la lumière si particulière de la méditerranée, la chaleur... La retranscription d'Alger est par ailleurs d'une grande fidélité (notamment le port et la prison Barberousse) et on a l'impression de ressentir le bruit et les odeurs d'épices qui montent de la ville.
    Une adaptation lumineuse. Difficile de matérialiser les silences de Meursault, difficile de traduire en images son état d'esprit si particulier, insaisissable. Jacques Ferrandez a su exprimer le détachement que le jeune homme affiche en toute circonstance. Avec talent et simplicité, il offre un magnifique écrin au chef d'œuvre de Camus. Un très grand album.

    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2013/06/letranger-jacques-ferr..
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    • Livres 5.00/5
    Par PhilippeMaurice, le 09 juillet 2013

    PhilippeMaurice
    Jacques Ferrandez a réussi le pari d'exprimer avec des images ce que Camus a dit avec des mots. Les personnages me sont apparus tels que je les avais imaginés à la lecture du roman. Meursault et son amie Marie sont particulièrement bien transposés. La chaleur, autre "personnage" central du livre, aussi.
    Meursault m'est apparu plus humain, plus compréhensible que dans le roman. Son meurtre est abominable. La société qui le condamne à mort, plus parce que sa conduite est déroutante que parce qu'il a tué quelqu'un (dont personne dans l'histoire ne parle d'ailleurs), peut se remettre en question, mais ne le fera pas. Le drame de Meursault vient aussi de son incapacité à adopter et à jouer de certains codes d'une société hypocrite.
    Je vous conseille vivement cette BD, aux très belles couleurs, au texte rare mais particulièrement bien choisi, à la mise en page soignée et bien pensée. De plus, elle respecte l'esprit du roman. Quel réquisitoire contre la peine de mort, et quel hymne à la vie (sur terre) !
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    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou, le 03 octobre 2013

    Petitebijou
    Ayant lu et beaucoup aimé l'adaptation de « L'hôte » de Camus que Jacques Ferrandez ainsi que ses « Carnets d'orient », j'avais un a priori favorable envers cette adaptation de « L'étranger », et, je n'ai pas du tout été déçue. Pourtant, il m'a fallu quelques pages, quatre ou cinq, pour lâcher prise, ne plus penser à mes propres images dessinées mentalement lors de mes lectures du roman, et je pense que cela m'a été plus facile depuis que je me suis mise régulièrement, grâce à certains amateurs de Babelio, à lire de la BD.
    Je ne commenterai pas ou peu le fond de l'histoire, tant d'interprétations existent que je ne saurais quoi ajouter, si ce n'est que ce que m'a remis en tête la BD est que j'ai toujours appréhendé « L'étranger » comme un monologue intérieur proposé au lecteur par Camus. Ferrandez, en illustrant le récit, m'a fait découvrir une autre vision de l'œuvre, plus extravertie, moins intime en un sens, mais également passionnante.
    Ce qui m'a donné un peu de mal au début a été d'accepter le visage et la silhouette de Meursault, moins brun et plus fin que dans mon imagerie intérieure. Quant aux autres personnages, de Marie à Raymond Sintes, curieusement ils correspondent tout à fait à l'image que je m'en étais faite.
    Ferrandez arrive à figurer la dramaturgie du récit, à mettre en dessins ce qui souvent n'est qu'une idée ou une réflexion métaphysique, ce qui m'a toujours un peu gênée dans « L'étranger » et qui fait que je préfère « La Peste », où les lieux me paraissent plus prégnants.
    Jacques Ferrandez a rendu un certain équilibre à tout ça, car pour moi, la plus grande réussite de l'album tient dans les planches qui illustrent Alger et son front de mer, le port, la plage… On ressent physiquement, grâce aux couleurs éblouissantes, à certains dessins en véritables tableaux (qui tiennent parfois sur deux pages) le poids métaphysique du décor sur le destin de Meursault.
    Car c'est ainsi que dans la BD l'homme m'est apparu, en héros quasiment mythique, soumis à la fatalité d'un destin qu'il accepte et affronte organiquement (ce que tout le monde prend pour de l'indifférence, alors que Camus disait lui-même de Meursault qu'il est un « passionné de vérité »), et qui tout en s'y soumettant tente d'y trouver un affranchissement de sa condition d'homme parmi d'autres hommes dont il refuse les lois morales hypocrites. Dans la BD, Meursault semble agir un peu comme un très jeune enfant, vivant dans le présent, agissant selon ses désirs et ses ressentis primaires, inconscient de l'image qu'il suscite chez autrui. Ses « Je ne sais pas », « Ça m'est égal », souvent illustrés dans la première partie de l'album, laissent peu à peu la place à une réflexion personnelle, ou du moins le début d'une articulation de celle-ci, et à la volonté assumée de Meursault d'être ce qu'il est pleinement. Ainsi, un des points culminants est la scène avec le curé qui vient visiter Meursault dans sa cellule avant l'exécution : au terme d'un dialogue dont la tension va croissant, Meursault laisse éclater une colère tellurique et libératrice.
    Ferrandez choisit également de donner une grande place au plaidoyer contre la peine de mort, que l'on retrouve dans les mots de Tarrou dans « La peste », dans des pages glaçantes.
    Je terminerai par l'évocation du moment charnière de l'œuvre, le meurtre de l'arabe, au bord de la mer, sous ce fameux soleil qui a infiltré la peau et l'âme de Meursault depuis des jours et des jours : Jacques Ferrandez nous donne peut-être ici les plus belles planches de son adaptation. le récit comme le dessin se fait de plus en plus sobre et implacable, jusqu'à atteindre une certaine abstraction, quand tout se mélange, ciel, terre, mer, humains, lorsque Meursault se fond dans le cosmos jusqu'à devenir lui-même une abstraction, et que le dessin se focalise sur les coups de feu répétés qui, ôtant la vie d'un homme de hasard, frère et ennemi, ramènent Meursault à sa propre vie, le réveillent d'une existence sans relief et d'une condition subie pour lui octroyer, le temps d'un procès et dans l'attente de son exécution une liberté entre quatre murs qu'il n'a jamais connue au dehors. La dernière image est celle d'un ciel étoilé, comme une mer chaude immobile qui tendrait ses draps pour accueillir l'ultime sommeil de l'enfant réconcilié avec l'homme.
    Jacques Ferrandez, par sa vision géographiquement et intimement fraternelle de l'œuvre de Camus, et tout en restant humblement fidèle au récit, a livré une interprétation virtuose de cet « Etranger » que nous connaissons tous.


    Lien : http://parures-de-petitebijou.overblog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 09 août 2012

    Missbouquin
    Un livre magnifique en grand format, avec des illustrations en noir et blanc de Munoz. Une manière extraordinaire de redécouvrir le chef d'oeuvre d'Albert Camus.
    Le texte est reconstruit autour des images, et l'on retrouve le plaisir de feuilleter un grand album.
    Les illustrations sont d'une très belle qualité, et reconstitue l'ambiance du texte, tout en lui donnant une noirceur qui n'est pas déplaisante. L'esquisse des visages, des lieux laissent une marge d'interprétation intéressante.
    Moi qui n'y connait rien en album de ce type, c'est un vrai bonheur. Et ça ne sera jamais adaptable en livre numérique.
    Un livre à avoir dans sa bibliothèque si l'on aime Camus.
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    • Livres 5.00/5
    Par Drych, le 13 décembre 2013

    Drych
    Il y a trop longtemps que j'ai lu le texte de Camus pour être à même d'apprécier la fidélité de cette bande dessinée au roman initial, mais la qualité des textes et des dessins, qui alternent avec de superbes aquarelles, m'a conquis. L'ambiance algérienne, la personnalité de Meursault, et le déroulement du procès, sont très bien rendus. Une performance en si peu de mots. Mon seul regret est qu'une bande dessinée se lise si vite, même en prenant de temps d'apprécier les dessins. Une BD que je vais conserver dans ma bibliothèque pour le plaisir de la relire.
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Critiques presse (9)


  • BulledEncre , le 26 juillet 2013
    Un album magistral tiré de l’oeuvre – non moins splendide – d’Albert Camus. Jacques Ferrandez rend toute la dimension lumineuse de cette machination kafkaïenne. La narration implacable, associée à une mise en page habile, plonge le lecteur dans les méandres d’une intrigue minutieusement orchestrée.
    Lire la critique sur le site : BulledEncre
  • BDSelection , le 17 mai 2013
    L’absurdité humaine et la chaleur oppressante de cette longue nouvelle sont parfaitement reconstituées, voire exacerbées, par les aquarelles et les compositions pleine page dont le dessinateur a l’habitude de ponctuer ses autres bandes dessinées : un beau tour de force qui donne vraiment envie de relire (ou de lire) le roman !
    Lire la critique sur le site : BDSelection
  • BDGest , le 14 mai 2013
    Récit fidèle pour les lecteurs d'Albert Camus, cette bande dessinée enrichit la culture générale de ceux qui l'ont ignoré ou qui y ont échappé lors de leurs études en leur faisant agréablement découvrir un roman majeur d'un grand auteur.
    Lire la critique sur le site : BDGest
  • BullesEtOnomatopees , le 07 mai 2013
    Cette adaptation de l’Etranger par Jacques Ferrandez est parfaite. Le travail de réécriture, les choix opérés et le rendu final témoignent de la virtuosité de l’auteur. Il a su reraconter sous une forme nouvelle cette histoire étrange et bouleversante.
    Lire la critique sur le site : BullesEtOnomatopees
  • Lexpress , le 23 avril 2013
    Ferrandez adapte le roman de Camus avec le plus grand soin et un respect profond. L'oeuvre, dessinée à partir d'aquarelles, est divisée en deux parties. L'une, placée sous le soleil, jusqu'à l'acte gratuit. L'autre, décrivant Meursault entrant dans sa nuit. Puissant.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Actualitte , le 22 avril 2013
    Avec L'étranger, Jacques Ferrandez ose ce défi classique et redoutable qui est de mettre un visage sur un nom mythique : Meursault. [...] Ferrandez réussit à donner une formidable intensité aux scènes emblématiques du récit...
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Sceneario , le 18 avril 2013
    L'on reconnaîtra que Jacques Ferrandez réussit pleinement son adaptation grâce, tout d'abord, à un jeu de construction et de découpage qui reste fidèle au roman d'origine. A cet égard, il ne manquera pas de conserver la vision purement intimiste de la narration judicieusement épurée.
    Lire la critique sur le site : Sceneario
  • LeFigaro , le 12 avril 2013
    À l'occasion du centième anniversaire de la naissance de l'écrivain et philosophe, l'artiste publie une adaptation de L'Étranger, qui restitue à la fois l'ambiance de l'époque et l'esprit des lieux.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Culturebox , le 24 mai 2012
    Dans ces illustrations, le visage de Meursault est tout aussi réel que suggéré, de façon à ne pas déranger l'imaginaire du lecteur. […] La force de Camus coule littéralement dans l'encre de Munoz.
    Lire la critique sur le site : Culturebox

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Citations et extraits

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  • Par EveToulouse, le 23 juillet 2014

    Et là, je l'ai battue jusqu'au sang! Avant ça, je ne la battais pas, je la tapais... mais tendrement pour ainsi dire.
    ... elle criait un peu. Je fermais les volets et ça finissait au lit... mais maintenant, c'est sérieux.

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  • Par EveToulouse, le 23 juillet 2014

    Si on va doucement, on risque une insolation, mais si on va trop vite, on est en transpiration et dans l'église, on attrape chaud et froid... c'est sans issue...

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  • Par EveToulouse, le 23 juillet 2014

    Enfin, est-il accusé d'avoir enterré sa mère ou d'avoir tué un homme?!

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  • Par Missbouquin, le 09 août 2012

    Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.

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  • Par PhilippeMaurice, le 09 juillet 2013

    [Marie :] Je me demande finalement si je t'aime... Tu es bizarre...
    ...C'est sans doute à cause de cela, mais peut-être un jour, tu me dégoûteras pour les mêmes raisons...
    Moi, je veux me marier avec toi.
    [Meursault :] Dès que tu le voudras...

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Carnets de voyage : Jacques Ferrandez sur les pas des peintres orientalistes .
Il connaît sur le bout des doigts l'Algérie, pays où il est né et dont il a fouillé l'histoire dans la série Carnets d'orient. Jacques Ferrandez a aussi fréquenté la Syrie dont il a tiré un carnet de voyage (éd. Casterman). Il revisite les souvenirs de son séjour syrien.Réalisation : Pierrick Allain, Laurence le SauxA voirAlgérie, 1830-1962 Avec Jacques FerrandezJusqu?au 29 juillet, musée de l?Armée - Hôtel national des Invalides à Paris (7e). | Tél. : 08 10 11 33 99.A lire : Catalogue de l?exposition, éd. Casterman, 280 p., 29 ?. Jacques Ferrandez, Carnets d?Orient, l?intégrale, 2 tomes, Casterman, 45 ? chaque.








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