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ISBN : 2330012594
Éditeur : Actes Sud (2012)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.47/5 (sur 778 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le contine... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 27 août 2012

    nadejda
    Le roman débute par une photo, prise pendant une journée caniculaire de l'été 1918, dans la cour de l'école du village où un photographe ambulant a tendu un drap blanc entre deux tréteaux, Marcel contemple d'abord le spectacle de sa propre absence. «Tous ceux qui vont bientôt l'entourer de leurs soins, peut-être de leur amour, sont là mais, en vérité, aucun d'eux ne pense à lui et il ne manque à personne.»
    Marcel Antonetti, pas encore né, est absent sur la photo prise l'été en 1918 et il deviendra le fils d'un autre absent sur cette même photo, son père, «fait prisonnier dans les Ardennes au cours des premiers combats qui travaille depuis le début de la guerre dans une mine de sel en Basse-Silésie».
    Ce père rentrera au village en février 1919 afin que Marcel puisse voir le jour. «Ses cils ont brûlé, les ongles de ses mains sont comme rongés par l'acide et l'on voit sur ses lèvres craquelées les traces blanches de peaux mortes dont il ne pourra jamais se débarrasser.»

    Toute l'histoire des membres de cette famille, ceux qui sont sur la photo et leurs descendants est dès le départ placée sous le signe de la décomposition et de l'absence.
 S'absenter du monde, en détourner le regard en se réfugiant dans ce village Corse qui les a vu naître et qu'ils avaient essayé de quitter, comme le feront Marcel Antonetti et son petit-fils Mathieu, ne les empêchera pas d' être rattraper par la corruption, envahis par des nécroses qui naissent de l'extérieur mais aussi du tréfonds de l'âme de chacun des protagonistes de cette histoire sombre. Les Empires romain, coloniaux sont gangrénés et comme les corps ils naissent, vivent et finissent par s'écrouler et disparaître sans que les hommes voient venir leur fin parce qu'ils préfèrent ne pas en découvrir les prémices annonciateurs et réaliser qu'ils y ont tous participé.
    Je retiens au milieu de cette sombre beauté celle plus lumineuse d'Aurélie la soeur de Mathieu qui part en Algérie faire des fouilles à Annaba, anciennement Hippone dont Augustin fut évêque.
    Elle reviendra elle-aussi dans son village mais elle aura intériorisé ses déceptions et aura gagné en lucidité sur les autres et sur elle-même.
    
«Aurélie comprenait qu'il n'y avait qu'un endroit où elle pourrait vivre librement sa relation avec Massinissa (algérien qui participe avec elle aux fouilles) et cet endroit n'était ni la France, ni l'Algérie, il relevait du temps, non de l'espace, et n'était pas situé dans les limites du monde. C'était un morceau de Ve siècle, qui subsistait dans les pierres effondrées d'Hippone où l'ombre d'Augustin célébrait encore les noces secrètes de ceux qui lui étaient chers et ne pouvait s'unir nulle part ailleurs.»
    Si elle-aussi s'absente, elle le fait en sachant pourquoi :
    «Elle ne lui laissa pas de lettre. Elle ne voulait pas lui laisser autre chose que son absence car c'est par son absence qu'elle hanterait Massinissa pour toujours, comme le baiser d'une princesse disparue hantait encore le roi numide qui portait son nom.»
    Massinissa fut le roi numide qui intégra Hippone à son royaume et Aurélie est la seule qui en elle-même réunit des mondes disparus comme elle relie au sein de sa famille les différentes générations.

    «Le sermon sur la chute de Rome» est d'une grande force et l'on n'échappe pas à son emprise. J'en ferai une seconde lecture pour en apprécier encore plus l'écriture en sachant qu'elle n'en adoucira pas l'effet corrosif.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lolokili, le 23 janvier 2014

    Lolokili
    La cité de Rome au Vème siècle de notre ère... Un médiocre bar corse, de nos jours, repris en gérance par deux enfants du pays... Jérôme Ferrari, je pose la question : il est où le lien ??
    La réponse se trouve simplement dans le thème fondamental de ce Goncourt millésimé 2012 : Le concept de « monde » – comprendre « entreprise humaine » – et sa vulnérabilité, illustrés par cette mise en résonnance de deux univers apparemment dissemblables. Des « mondes » qu’apparemment tout oppose mais unis en revanche par les paroles de Saint Augustin, figure tutélaire de ce brillant roman : « Le monde est comme un homme : il naît, il grandit, il meurt ». Autrement dit, tout monde concret produit par l’humain n’est que passage éphémère inévitablement voué à destruction.
    Ça promet.
    En ce qui concerne Rome, on sait (sinon on révise, moi j’ai demandé à la copine Wiki, comme ça je peux me la péter tranquille) : la cité fut mise à sac par les wisigoths en 410, d’où les fameuses exhortations consolatrices de Saint Augustin au peuple accablé par le désastre.
    Mais pour ce qui est de la gargote... tu es en droit de te demander si, derechef, quelque horde belliqueuse d’hostiles chevelus à coiffe cornue va nous ruiner tout ce qui promettait d’apporter ambiance disco, bibine et chouettes pépés dans ce trou paumé de l’île de beauté. Point du tout, pas plus de wisigoths que de barbares en broche ne viendront contrarier l’ascension de nos ambitieux entrepreneurs gargotophiles. En revanche, Saint Augustin n’étant jamais bien loin, sa philosophie, tout au long du roman, distille en filigrane que « ce que l’homme fait, l’homme le détruit ». Joli programme donc, qui ne sera pas de tout repos, on l’aura compris.
    Ainsi, à travers plusieurs « mondes », plusieurs générations, c’est la cruelle histoire d’une déliquescence annoncée que Jérôme Ferrari dissèque ici à la manière d’une tragédie grecque admirablement contée. L’analyse des consciences et des fatalités, subtilement développée, est transcendée par une prose éblouissante, précise, parfois crue, souvent poétique, et par-dessus tout prodigieusement évocatrice. Quant à certaines phrases dont la longueur a pu être déplorée, elles ne gênent en rien la lecture mais bien au contraire suggèrent le vertige de ce mouvement de chute inéluctable dans lequel Ferrari emporte à la fois son histoire et son lecteur.
    Selon Saint Augustin, décidément prolixe en aphorismes, « Se tromper est humain, persister dans son erreur est diabolique », réflexion que je me suis efforcée de prendre en compte en choisissant pour une fois de ne pas dédaigner un Goncourt... Et sur ce coup, j’ai sacrément bien fait.

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    • Livres 5.00/5
    Par Thorp, le 28 octobre 2012

    Thorp
    On dit d'un grand roman que sa lecture nous partage entre l'envie de le dévorer et celle de le faire durer : ici, je ne sais pas combien de fois j'ai remonté le cours des longues phrases pour me laisser de nouveau dériver… Il faut dire que la prose au long phrasé de Jérôme Ferrari ne manque pas d'oxygène, elle se déroule majestueusement, respire à pleins poumons et se parcourt avec délectation. Tout un petit monde corse aux codes excentriques et tragi-comiques se révèle entre les virgules, l'immersion totale est garantie dans cet univers îlien. Saga familiale ou histoire d'un petit bistrot corse, parfois on ne sait plus trop quel angle la narration adopte mais peu importe, le plaisir est jubilatoire. Des personnages cocasses traversent le récit et ravissent le lecteur, les anecdotes croustillent, l'humour effleure, avant que l'inéluctable tragédie n'anéantisse tout ce beau monde, car il s'agit bel et bien de mondes dont Jérôme Ferrari relate l'existence.
    Un superbe roman, à l'écriture limpide et moderne, agrémenté de références à Augustin d'Hippone qui font écho et donnent le tempo à la narration, avant de finaliser une belle envolée lyrique.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 08 avril 2013

    carre
    Je termine avec regret ce très beau roman de Jérôme Ferrari qui avec ce « Sermon sur la chute de Rome » m'a réconcilié avec les prix décernés au début de l'Automne. Car Ferrari que je lis pour la première fois, livre un texte à la fois ambitieux mais aussi accessible me semble t‘il. A travers la destinée de jeunes gens dans un village corse qui décident de lui redonner vie en reprenant le café, tournant le dos à des études qui semblaient leur sourire, Ferrari se sert de cette histoire somme toute banale, pour démontré la naissance, l'apogée puis la fin d'un monde. D'une écriture dense, il mène son récit de façon remarquable. de Mathieu à Libero mais aussi surtout grâce à Aurélie, il donne chair et densité à ces personnages. Je me suis même autorisé à lire à voix haute certains passages tant leur musicalité et leur longueurs étaient un plaisir à lire. (Je vois déjà les moqueries, mais j'assume). Une escapade corse à la hauteur de l'ile, belle et généreuse. Et la découverte d'un brillant romancier.
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 21 septembre 2012

    litolff
    Tragédie classique aux accents apocalyptiques dans un petit village corse.
    Jérôme Ferrari m'avait enchantée dans son précédent roman, « Où j’ai laissé mon âme », et cette fois-ci encore son écriture m'a enthousiasmée : ses phrases peuvent faire une page comme une demi-ligne et dans tous les cas, il vise juste et il captive.
    J'ai beaucoup aimé cette histoire, assez sordide, il faut le dire, d'ambitions et de rêves effondrés, cette histoire pathétique de jeunes types immatures, incapables d'affronter la réalité et de percevoir l'inanité de leurs rêves.
    Matthieu, jeune corse « parisien » autocentré, étudiant en philosophie s'associe à Libero, jeune corse « local » étudiant en lettres, pour reprendre le bar du village et redonner vie à la région… beau projet, oui mais, quand l'alcool, le sexe et la bêtise s'en mêlent, les choses peuvent se gâter. Parallèlement au parcours chaotique de Matthieu, on suit celui de Marcel, son grand-père, un rescapé du siècle qui a vu ses mondes s'effondrer.
    Et puis il y a Saint-Augustin, son sermon, la chute de Rome, et c'est là où j'ai trouvé que la comparaison était certes audacieuse, mais quand même pas mal tirée par les cheveux ! Avait-on besoin de Saint-Augustin pour décrypter le message et ses retombées philosophiques ? Je n'ai pas trouvé que les références augustines ( ?) étaient indispensables et elles ne m'ont pas particulièrement parlé …
    Il n'en reste pas moins un texte magnifique pour raconter une histoire pathétique et universelle.
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Critiques presse (9)


  • Lhumanite , le 09 novembre 2012
    Récit âpre, méditatif et envoûtant, le Sermon sur la chute de Rome est un des vrais bons livres de cette rentrée littéraire et promet de belles heures de lecture.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LeFigaro , le 08 novembre 2012
    Ce roman puissant, malgré son caractère ambitieux, n'est jamais ennuyeux. Car il est porté par des personnages superbement incarnés et par une écriture extrêmement travaillée.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Lhumanite , le 29 octobre 2012
    L’écriture de Jérôme Ferrari est avare de dialogues mais riche en accents polyphoniques grâce auxquels on croit entendre s’exprimer tous les personnages. Le ton est souvent sarcastique avec des inflexions quasi voltairiennes.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • Culturebox , le 12 septembre 2012
    Mettre la philosophie au cœur de la littérature […] est une belle ambition. Dans ce monde où le sens à souvent déserté les livres, on sort de la lecture du "sermon sur la chute de Rome" éreinté mais tenaillé par l'envie de poursuivre la réflexion.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • LaLibreBelgique , le 04 septembre 2012
    [Un roman] pétillant d’intelligence. […] De la vraie littérature pour un beau moment de plaisir.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LesEchos , le 04 septembre 2012
    L'art de l'ellipse, la maîtrise de l'humour au coeur du désastre, font de ce roman l'un des plus accomplis de la rentrée littéraire.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LeSoir , le 03 septembre 2012
    Dans un texte peu dialogué et quasiment sans paragraphe, où on ne perd pas pied une seule fois tant les longues phrases sont bien balancées et coulent naturellement, l'écrivain scrute la noirceur du monde, met en évidence sa stupidité, démonte l'échec des plus grands rêves. Les souffrances de ses personnages empêtrés dans leurs familles en témoignent. Son écriture somptueuse fait s'imbriquer les époques.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • Telerama , le 22 août 2012
    C'est un roman qui se désagrège à chaque page, et qui pourtant offre un grand sentiment de sécurité. Un livre meuble, fuyant, insaisissable, sur lequel on peut néanmoins prendre appui, pour avancer en confiance.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 10 août 2012
    Alternant une prose au lyrisme appuyé et un ton des plus crus, fourmillant de personnages, cette chronique d'une mort d'un monde annoncée pourra dérouter certains lecteurs.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Pharmakon, le 23 novembre 2014

    "Il fallait se détourner des questions morales et politiques, gangrenées par le poison de l'actualité, et se réfugier dans les déserts arides de la métaphysique, en compagnie d'auteurs dont il était exclu qu'ils s'attirent un jour la souillure de l'intérêt journalistique."

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  • Par araucaria, le 31 décembre 2013

    Et ce soir-là, à table, elle ne pensait pas à lui en évoquant la richesse exceptionnelle d'un site laissé à l'abandon depuis des années, les trophées, la cuirasse ceinte du long manteau de bronze, les têtes de Gorgone disparues au fronton des fontaines de marbre, les colonnades des basiliques, et elle parlait de la gentillesse de ses collègues algériens dont elle veillait à ne pas écorcher les noms, Meziane Karadja, Lydia Dahmani, Souad Bouziane, Massinissa Guermat, de leur dévouement, du talent et de la foi avec lesquels ils faisaient surgir de cet amas de pierres muettes, pour les enfants des écoles primaires, une cité pleine de vie et, sous les yeux des enfants, l'herbe jaune se couvrait de dallages et de mosaïques, le vieux roi numide passait sur son grand cheval mélancolique en rêvant au baiser perdu de Sophonisbe et, des siècles plus tard, au bout de la longue nuit païenne, les fidèles ressuscités se pressaient les uns contre les autres et contre les chancels, en attendant que s'élevât parmi eux, dans la nef lumineuse, la voix de l'évêque qui les aimait...
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  • Par araucaria, le 28 décembre 2013

    A table, près de Jeanne-Marie, Marcel mangeait en fermant les yeux pour rejoindre Jean-Baptiste sur des océans fabuleux, là où glissaient les jonques des pirates, dans des villes païennes pleines de chants, de fumée et de cris, et dans des forêts parfumées peuplées d'animaux sauvages et d'indigènes redoutables qui regarderaient son frère avec respect et terreur comme s'il était l'Archange invincible, le destructeur des fléaux, à nouveau dévoué au salut des hommes, et, au catéchisme, il écoutait sans rien dire les mensonges de l'évangéliste car il savait ce qu'était une apocalypse et il savait qu'à la fin du monde le ciel ne s'ouvrait pas, qu'il n'y avait ni cavaliers ni trompettes ni nombre de la bête, aucun monstre, mais seulement le silence, si bien qu'on pouvait croire qu'il ne s'était rien passé.
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  • Par nadejda, le 27 août 2012

    Les mondes passent, en vérité, l'un après l'autre, des ténèbres aux ténèbres, et leur succession ne signifie peut-être rien. Cette hypothèse intolérable brûle l'âme d'Augustin qui pousse un soupir, gisant parmi ses frères, et il s'efforce de se tourner vers le Seigneur mais il revoit seulement l'étrange sourire mouillé de larmes que lui a jadis offert la candeur d'une jeune femme inconnue, pour porter devant lui témoignage de la fin, en même temps que des origines, car c'est un seul et même témoignage.
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  • Par nadejda, le 26 août 2012

    Epigraphe
    Tu es étonné parce que le monde touche à sa fin ? Etonne-toi plutôt de le voir parvenu à un âge si avancé. Le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt. (...) Dans sa vieillesse, l'homme est donc rempli de misères, et le monde dans sa vieillesse est aussi rempli de calamités. (...) Le Christ te dit : Le monde s'en va, le monde est vieux, le monde succombe, le monde est déjà haletant de vétusté, mais ne crains rien : ta jeunesse se renouvellera comme celle de l'aigle.
    Saint Augustin, sermon 81, §8, décembre 410
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Vidéo de Jérôme Ferrari

- Jérôme Ferrari a choisi de commenter le retable d'Issenheim pour l'émission TRAITS pour TRAITS, (été 2013, France Inter + site web de radio France) - Emission créée par Pascale Lismonde, critique d'art avec Christine Siméone de France Inter et le réalisateur Marc Perrin de Strass Productions - 12 videos exploratoires de chefs d'oeuvre commentés par des personnalités hors du sérail des musées (toujours visibles sur daily motion)








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