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ISBN : 2742793208
Éditeur : Actes Sud (2010)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.09/5 (sur 99 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
1957. A Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre :... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 31 août 2012

    litolff
    Où se situent le bien et le mal, où est la trahison : dans la fidélité à un camp coupable ou dans la dissidence ? Voilà l'une des multiples questions qui taraudent le capitaine Degorce à l'heure où la torture est l'alternative à une possible défaite et où lui-même se transformera en bourreau à l'instar de ses condisciples qui ne lui inspirent que mépris...
    Dans ce roman dense et bouleversant, Jérôme Ferrari nous renvoie à notre condition très humaine et très faible et assène une vérité universelle : l'homme est misérable et porte le mal en lui, le mal si difficilement discernable du Bien.
    Une réflexion sombre et magnifique sur la torture, les questions morales qu'a pu soulever la guerre d'Algérie et la condition humaine tout simplement.
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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 02 novembre 2010

    ivredelivres
    n roman très court à deux personnages. Deux soldats en 1957 en Algérie à l'époque des attentats du FLN et de la mise à contribution de l'armée française pour obtenir des renseignements et arrêter les chefs du FLN à n'importe quel prix.
    Le Capitaine André Degorce, ancien résistant passé par les interrogatoires nazis, héros d'Indochine, le Lieutenant Andréani, plus jeune, compagnon de captivité du capitaine dans les camps du Viêt-minh avec qui il a des liens très forts.
    Le roman se déroule durant trois journées, au cours de ces trois jours vont se dévoiler pour chacun des personnages, les sentiments, les convictions, les actions qu'ils mènent, les responsabilités qu'ils portent, le sens que chacun attribue à des mots comme : loyauté, honneur, morale, trahison ou devoir.
    Le Capitaine Degorce catholique pratiquant et ancien déporté, deux raisons de s'opposer à la torture et pourtant de victime il est devenu bourreau, il s'est transformé en tortionnaire. Les lettres à sa femme, la lecture de la Bible ne suffisent plus à lui procurer du réconfort, tiraillé entre son devoir de tout faire pour arrêter les chefs rebelles et ses convictions et une horreur de la torture acquise dans les geôles allemandes, il ne peut se décider. Il donne des conseils glaçants à ses hommes "Messieurs, dit-il, la souffrance et la peur ne sont pas les seules clés pour ouvrir l'âme humaine. Elles sont parfois inefficaces. N'oubliez pas qu'il en existe d'autres. La nostalgie. L'orgueil. La tristesse. La honte. L'amour. Soyez attentifs à celui qui est en face de vous. Ne vous obstinez pas inutilement. Trouvez la clé. Il y a toujours une clé." Mais fait preuve d'une incompréhensible attitude envers son prisonnier Tahar Hadj Nacer un des chefs du FLN arrêté grâce à des renseignements obtenus par la torture. Il va même chercher auprès de lui réconfort et absolution, allant jusqu'à lui faire rendre les honneurs militaires mais... fermant les yeux sur son exécution.
    De l'autre côté écouter Andréani, dans un long monologue il dit toute sa colère et son amertume envers son supérieur, son ami. Il ne le comprend plus. Lui est sûr de son devoir, il revendique ses actions y compris la torture " Vous vous demandez encore comment il est possible que vous soyez devenu un bourreau, un assassin. Oh, mon capitaine, c'est pourtant la vérité, il n'y a rien d'impossible : vous êtes un bourreau et un assassin. Vous n'y pouvez plus rien, même si vous êtes encore incapable de l'accepter. le passé disparaît dans l'oubli, mon capitaine, mais rien ne peut le racheter."
    Il explique, il justifie, il y voit son devoir de soldat. Comment pourrait-il rester impassible devant les attentats et leurs victimes, il y a pour lui une logique de la guerre et c'est celle du "tout est permis" pour atteindre son but. Les prisonniers qui passent par ses mains dans la villa Eugène n'ont à attendre aucune pitié comme ils n'en ont pas eu pour les invités d'une noce tous massacrés ou ces prostituées piégées dans un bordel de la Casbah.
    Il est plein de dépit et se sent trahi par un Degorce pour qui il finit par éprouver de la haine et qu'il invective à travers son monologue, qu'il veut obliger à reconnaiîre ses contradictions, ses lâchetés, sa bassesse
    Quel superbe et douloureux roman, Jérôme Ferrari signe là LE roman de la rentrée, poignant, dense "porte ouverte sur l'abîme" pour ces personnages que tout oppose. La brièveté de son roman en augmente la force et nous fait douter de notre propre sentiment.
    Tout naturellement on éprouve une certaine empathie pour Degorce, pour ses errements et sa culpabilité, mais tout l'art de Ferrari est d'inversé le processus et on en vient à préférer l'attitude plus véridique d'Andréani. Rien de manichéen donc mais l'ambivalence qui habite tout homme.
    La construction très aboutie de son roman lui permet de nous faire sentir les tensions intérieures des personnages et leur face à face
    Une lecture forte et exigente, un roman d'une grande profondeur, faites lui une place dans votre bibliothèque

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/09/26/ou-j-ai-l..
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    • Livres 2.00/5
    Par raton-liseur, le 26 février 2011

    raton-liseur
    Un livre dur, certes. Qui explore l'état d'esprit qui a pu animer les tortionnaires de la Guerre d'Algérie. Romançant un épisode réel de ce qui est longtemps resté des « évènements » (le livre est très vraisemblablement inspiré, malgré les changements de noms et de dates, de l'arrestation, le 23 février 1957, de Larbi Ben M'hidi, membre du FLN et organisateur des premiers attentats à Alger. Il fut exécuté dans la nuit du 3 au 4 mars 1957, par pendaison maquillée en suicide. le général Bigeard lui avait rendu un hommage militaire avant de le confier aux Services Spéciaux du général Aussaresses qui l'exécutèrent.), il oppose deux hommes qui, malgré des parcours similaires (notamment la participation à la débâcle militaire de Diên Biên Phu en Indochine à peine trois ans plus tôt et l'internement dans un camp de « rééducation » Viêt Minh), réagissent de façon diamétralement opposée au rôle qui leur est confié pendant la Guerre d'Algérie, une guerre du renseignement, le renseignement à tout prix.
    Si l'un s'accommode de son rôle de tortionnaire, y voyant une façon de prouver sa loyauté et, me semble-t-il, y laissant s'exprimer ses instincts les plus noirs et, en temps ordinaire, inavouables, l'autre ne supporte pas ce qu'il considère comme une trahison de ce qui a motivé son engagement militaire.
    Ce livre est écrit, et c'est voulu je pense, dans un style plat et psalmodiant. « Chirurgical » disent certaines critiques. Si la volonté est pour l'auteur de rester à distance, cela m'a aussi laissée moi lectrice à distance, glissant sur ce plat sans jamais accrocher.
    Et, si je respecte l'abîme moral et la difficulté de vivre avec soi-même lorsque l'on a accompli de telles exactions, je trouve la frontière entre la douleur du bourreau et celle de la victime trop fine, comme mettant les deux sur un pied d'égalité, au point d'en devenir obscène.
    D'autres choses me gênent dans ce livre, comme la sensation que la torture morale (menacer quelqu'un de torturer ses enfants, sa femme, par exemple) est plus acceptable, plus facile à supporter pour le bourreau, comme si c'était une torture plus propre que la gégène… Ou encore le côté mystique du livre, où le bourreau torturé par ses états d'âme se compare à Ponce Pilate (avant et après la condamnation de Jésus, pas au moment où il s'en lave les mains, étrangement) et même se compare à Jésus sur le Mont des Oliviers (brouillant encore une fois la frontière entre bourreau et victime). Tout cela me paraît un peu excessif.
    Un livre duquel je suis restée au-dehors, même si je comprends l'engouement (mérité) qu'il a suscité lors de sa parution. Il a en quelque sorte au moins le mérite de montrer que l'histoire est écrite par les vainqueurs (le débat, trop timide, qui entoure la Guerre d'Algérie aurait été très différent si elle ne s'était terminée par l'indépendance de ces quatre départements français) et, plus personnellement, il m'aura fait me pencher sur une période de notre histoire récente que, je peine à l'avouer, je connais très mal.
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    • Livres 5.00/5
    Par bibliothequegries, le 09 juin 2012

    bibliothequegries
    Le capitaine André Degorce officie en Algérie en 1957 et fait interroger les activistes terroristes de l'ALN. Il essaye de se persuader qu'il agit pour le bien de son pays, la France et par nécessité. Ancien résistant, arrêté et torturé en 1944, rescapé de Buchenwald, puis de Diên Biên Phu, il est passé de victime à bourreau. Son ancien ami, le lieutenant Horace Andreani, qu'il a connu en Indochine, n'a pas d'(états d'âme, il est un loyal membre de l'O.A.S.
    Le capitaine a fait capturer le chef des rebelles arabes : Tarik Hadj Nacer. Il est fasciné par l'homme et veut lui rendre les honneurs, tandis qu'Andreani veut l'achever.
    Plus le récit et les questionnements intérieurs du capitaine progressent au cours de ces trois jours de récit, plus l'étau se resserre et la plongée en enfer s'accélère.
    Le lieutenant, dans un long monologue, s'adresse au capitaine pour lui jeter toute sa rancoeur et sa déception, malgré l'admiration qu'il lui porte et les liens indéfectibles qui les unissent dans cette galère.
    La capitaine sait qu'il ne pourra plus regarder les siens en face, il se sait perdu pour toujours. Il se sent seul, abandonné, comme le Christ sur la croix ou tel un Pnce-Pilate seul face à l'ignominie.
    Une écriture lyrique, magnifique et parfaitement maîtrisée, un texte puissant qui relate le long cheminement intérieur d'un homme face à ses actes.
    Une oeuvre majeure, chapeau bas Monsieur Ferrari.
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    • Livres 5.00/5
    Par Vepug, le 01 juin 2012

    Vepug
    Ce roman est le second que je lis sur la guerre d'Algérie en moins d'un mois. Tout comme "Le Mur, le Kabyle et le Marin" d'Antonin Varenne, "Où j'ai laissé mon âme" traite des tortures perpétrées par les français en Algérie au nom de la guerre, au nom de la France.
    Le roman de Jérôme Ferrari dénonce les méfaits de certains soldats, l'horreur de ces actes et leur importance sur les tortionnaires eux-mêmes et notamment sur le capitaine André Degorce qui a vécu la seconde guerre mondiale en tant que résistant et la guerre d'Indochine en tant que combattant. En trois jours, son âme va basculer ; son "innocence" sera annihilée et il ne sera plus le même homme.
    Tout au long de ce récit, on s'attache à ce capitaine, à son humanité. On espère toujours qu'il ne sombrera pas dans son côté inhumain.
    Quant à la construction du roman, l'auteur alterne deux points de vues. Tout d'abord la narration traditionnelle dans laquelle on suit le capitaine Degorce durant ces trois jours terribles, 27-28 et 29 mars 1957 où tout bascule. le second point du vue est celui du lieutenant Horace Andréani, camarade du capitaine durant la guerre d'Indochine. le récit du lieutenant se passe beaucoup plus tard. Il s'adresse directement au capitaine dont il connait déjà la transformation morale élaborée durant ces trois jours de mars 1957.
    L'écriture de ce roman est vraiment magnifique. Les mots coulent de phrase en phrase et il est difficile de quitter le texte des yeux. Cette beauté du texte est en totale opposition avec la cruauté humaine qui y est décrite. Au premier abord, lorsque l'on feuillette le livre, on voit des paragraphes d'une longueur infinie, faisant plusieurs pages... Cette forme peut faire peur, mais la qualité du texte est telle que l'on ne souffre pas de ce manque d'aération dans les pages.
    En conclusion : Texte sublime sur un thème terrible. A lire absolument


    Lien : http://coffresalivres.canalblog.com/archives/2012/05/31/24303294.htm..
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Critiques presse (1)


  • Bibliobs , le 27 août 2012
    Ce roman flamboyant pourrait n'être qu'une belle dissertation un peu théâtrale. Il pourrait signer l'intrusion de la tragédie grecque dans la brève de comptoir, comme aurait presque dit Malraux. Ce ne serait déjà pas si mal. Mais le livre de Ferrari est beaucoup plus que cela, grâce à son intelligence têtue, à son amour de la Corse qui éclate partout,
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par araucaria, le 20 avril 2014

    Le capitaine Degorce allume une cigarette qu'il fume avec soin, le front appuyé contre une vitre. Le soleil brille sur la baie et aucun nuage ne passe au-dessus de la mer mais le ciel n'est pas vraiment bleu, il est parsemé de traînées délavées, jaunâtres, qui lui donnent la teinte sale et terne de l'eau d'un étang. Dans ce pays, le ciel n'est jamais bleu, pas même en été, surtout pas en été, quand le vent brûlant du désert efface les contours de la ville dans ses tourbillons de poussière ocre et que s'élèvent des flots morts de la Méditerranée les vapeurs d'une brume éblouissante où tremble la coque rouge des cargos. Il se rappelle les vacances passées en avril, deux ans plus tôt, avec Jeanne-Marie et les enfants, le déjeuner sur la terrasse d'un hôtel de Piana, en face du golfe de Porto, la déchirure incroyablement nette des calanques sur le bleu profond d'un ciel limpide et il a du mal à croire que les rivages qu'il regarde aujourd'hui sont baignés par la même mer, qui s'étend sous le même ciel.
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  • Par araucaria, le 19 avril 2014

    Nous roulions dans la nuit en dehors de la ville, nous survolions la baie, ils étaient silencieux à l'arrière du camion ou dans l'hélicoptère, ils ne pleuraient pas, ils ne suppliaient pas, il n'y avait plus en eux ni désir ni révolte, et ils basculaient sans un cri dans la fosse commune, ils tombaient vers la mer dans une longue chute silencieuse, ils n'avaient pas peur, je le sais parce que j'ai regardé chacun d'entre eux dans les yeux, comme je le devais, mon capitaine, la mort est une affaire sérieuse, mais ils n'avaient pas peur, nous leur avons rendu la mort douce, nous avons fait cela pour eux, ils me rendaient mon regard, ils voyaient mon visage et leurs yeux étaient vides, je m'en souviens très bien, on n'y trouvait aucune trace de haine, aucun jugement, aucune nostalgie, on n'y trouvait plus rien si ce n'est peut-être la paix et le soulagement d'être enfin libérés car grâce à nous, mon capitaine, aucun d'eux ne pouvait plus ignorer que le corps est un tombeau.
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  • Par nadejda, le 05 septembre 2012

    En tout homme se perpétue la mémoire de l’humanité entière. Et l’immensité de tout ce qu’il y a à savoir, chacun le sait déjà. C’est pourquoi il n’y aura pas de pardon. p 146
    (...) Bien sûr, Jeanne-Marie, quelqu’un demeure à l’abri de ton coeur aimant, là où rien ne peut l’atteindre, et aussi dans le coeur des enfants, mais ce n’est pas moi. Moi, je n’ai pas de demeure, pas même en enfer. Mes bras qui se tendent vers vous devraient tomber en cendres. Les pages du Livre saint devraient brûler mes yeux. Si vous pouviez voir ce que je suis, vous vous voileriez la face et Claudie se détournerait de moi avec horreur. C’est ainsi. Quelque chose surgit de l’homme, quelque chose de hideux, qui n’est pas humain, et c’est pourtant l’essence de l’homme, sa vérité profonde. Tout le reste n’est que mensonge. p 147
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  • Par ECaminade, le 26 septembre 2010

    Vous le savez bien, ni votre épouse, ni le garçon que vous avez élevé, ni la fille que vous avez si inconsidérément engendrée ne vous connaissent et je suis sûr que vous vous êtes souvent demandé ce qu'il resterait de leur amour s'ils pouvaient entrevoir, ne serait-ce qu'une seconde, l'homme que vous êtes réellement et que vous vous êtes ingénié à leur dissimuler pendant toutes ces années en ayant constamment peur qu'ils ne finissent quand même par le découvrir et je jurerais, mon capitaine, que vous avez préféré vivre dans la peur et le silence plutôt que de vous risquer à affronter la fragilité de leur amour.
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  • Par michelekastner, le 12 juin 2012

    Le passé disparaît dans l'oubli, mon capitaine, mais rien ne peut le racheter. Plus personne ne se soucie de vous, mis à part vous-même. Le monde ne sait plus qui vous êtes et Dieu n'existe pas. Personne ne vous punira pour ce que vous avez fait, personne ne vous offrira la rédemption avec le châtiment que votre orgueil réclame. Vos prières sont vaines. n'avez-vous donc rien appris ? Etes-vous si irrémédiablement aveugle ? Vous n'avez rien vécu d'exceptionnel, mon capitaine, le monde a toujours été prodigue d'hommes comme vous et aucune victime n'a jamais eu le moindre mal à se transformer en bourreau, au plus petit changement de circonstances. Rappelez-vous, mon capitaine, c'est une leçon brutale, éternelle et brutale, le monde est vieux, il est si vieux, mon capitaine, et les hommes ont si peu de mémoire. ce qui s'est joué dans votre vie a déjà été joué sur des scènes semblables, un nombre incalculable de fois, et le millénaire qui s'annonce ne proposera rien de nouveau. Ce n'est pas un secret. Nous avons si peu de mémoire. Nous disparaissons comme des générations de fourmis et tout doit être recommencé. le monde est un bien piètre pédagogue, mon capitaine, il ne sait que répéter indéfiniment les mêmes choses, et nous sommes des écoliers rétifs, tant que la leçon ne s'est pas inscrite douloureusement dans notre chair, nous n'écoutons pas, nous regardons ailleurs et nous nous indignons si bruyamment dès qu'on nous rappelle à l'ordre.
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