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ISBN : 2330018703
Éditeur : Actes Sud (2014)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.11/5 (sur 116 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
1957. A Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre :... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par araucaria, le 22 avril 2014

    araucaria
    Un roman que je voulais lire déjà depuis longtemps dont on m'avait assuré qu'il était encore bien supérieur au prix goncourt "Le sermon sur la chute de Rome" qui a récompensé l'auteur. C'est effectivement un livre magistral, un texte fort. Ce livre de Jérôme Ferrari ne peut laisser indifférent. Il évoque une période noire de notre histoire, cette guerre d'Algérie que pudiquement on nommait "les évènements d'Algérie", avec ses attentats, ses règlements de comptes, ses passages à tabacs, ses tortures perpétrées par un camp ou l'autre. Un livre d'homme qui oppose deux psychologies et philosophies différentes. Celui qui obéit aux ordres et accompli sa tache de tortionnaire comme un simple fonctionnaire, et cet autre qui ne se reconnaît plus et va jusqu'à en perdre son âme... Un très grand livre, servi par une superbe plume, à découvrir...

    Lien : http://araucaria20six.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 31 août 2012

    litolff
    Où se situent le bien et le mal, où est la trahison : dans la fidélité à un camp coupable ou dans la dissidence ? Voilà l'une des multiples questions qui taraudent le capitaine Degorce à l'heure où la torture est l'alternative à une possible défaite et où lui-même se transformera en bourreau à l'instar de ses condisciples qui ne lui inspirent que mépris...
    Dans ce roman dense et bouleversant, Jérôme Ferrari nous renvoie à notre condition très humaine et très faible et assène une vérité universelle : l'homme est misérable et porte le mal en lui, le mal si difficilement discernable du Bien.
    Une réflexion sombre et magnifique sur la torture, les questions morales qu'a pu soulever la guerre d'Algérie et la condition humaine tout simplement.
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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 02 novembre 2010

    ivredelivres
    n roman très court à deux personnages. Deux soldats en 1957 en Algérie à l'époque des attentats du FLN et de la mise à contribution de l'armée française pour obtenir des renseignements et arrêter les chefs du FLN à n'importe quel prix.
    Le Capitaine André Degorce, ancien résistant passé par les interrogatoires nazis, héros d'Indochine, le Lieutenant Andréani, plus jeune, compagnon de captivité du capitaine dans les camps du Viêt-minh avec qui il a des liens très forts.
    Le roman se déroule durant trois journées, au cours de ces trois jours vont se dévoiler pour chacun des personnages, les sentiments, les convictions, les actions qu'ils mènent, les responsabilités qu'ils portent, le sens que chacun attribue à des mots comme : loyauté, honneur, morale, trahison ou devoir.
    Le Capitaine Degorce catholique pratiquant et ancien déporté, deux raisons de s'opposer à la torture et pourtant de victime il est devenu bourreau, il s'est transformé en tortionnaire. Les lettres à sa femme, la lecture de la Bible ne suffisent plus à lui procurer du réconfort, tiraillé entre son devoir de tout faire pour arrêter les chefs rebelles et ses convictions et une horreur de la torture acquise dans les geôles allemandes, il ne peut se décider. Il donne des conseils glaçants à ses hommes "Messieurs, dit-il, la souffrance et la peur ne sont pas les seules clés pour ouvrir l'âme humaine. Elles sont parfois inefficaces. N'oubliez pas qu'il en existe d'autres. La nostalgie. L'orgueil. La tristesse. La honte. L'amour. Soyez attentifs à celui qui est en face de vous. Ne vous obstinez pas inutilement. Trouvez la clé. Il y a toujours une clé." Mais fait preuve d'une incompréhensible attitude envers son prisonnier Tahar Hadj Nacer un des chefs du FLN arrêté grâce à des renseignements obtenus par la torture. Il va même chercher auprès de lui réconfort et absolution, allant jusqu'à lui faire rendre les honneurs militaires mais... fermant les yeux sur son exécution.
    De l'autre côté écouter Andréani, dans un long monologue il dit toute sa colère et son amertume envers son supérieur, son ami. Il ne le comprend plus. Lui est sûr de son devoir, il revendique ses actions y compris la torture " Vous vous demandez encore comment il est possible que vous soyez devenu un bourreau, un assassin. Oh, mon capitaine, c'est pourtant la vérité, il n'y a rien d'impossible : vous êtes un bourreau et un assassin. Vous n'y pouvez plus rien, même si vous êtes encore incapable de l'accepter. le passé disparaît dans l'oubli, mon capitaine, mais rien ne peut le racheter."
    Il explique, il justifie, il y voit son devoir de soldat. Comment pourrait-il rester impassible devant les attentats et leurs victimes, il y a pour lui une logique de la guerre et c'est celle du "tout est permis" pour atteindre son but. Les prisonniers qui passent par ses mains dans la villa Eugène n'ont à attendre aucune pitié comme ils n'en ont pas eu pour les invités d'une noce tous massacrés ou ces prostituées piégées dans un bordel de la Casbah.
    Il est plein de dépit et se sent trahi par un Degorce pour qui il finit par éprouver de la haine et qu'il invective à travers son monologue, qu'il veut obliger à reconnaiîre ses contradictions, ses lâchetés, sa bassesse
    Quel superbe et douloureux roman, Jérôme Ferrari signe là LE roman de la rentrée, poignant, dense "porte ouverte sur l'abîme" pour ces personnages que tout oppose. La brièveté de son roman en augmente la force et nous fait douter de notre propre sentiment.
    Tout naturellement on éprouve une certaine empathie pour Degorce, pour ses errements et sa culpabilité, mais tout l'art de Ferrari est d'inversé le processus et on en vient à préférer l'attitude plus véridique d'Andréani. Rien de manichéen donc mais l'ambivalence qui habite tout homme.
    La construction très aboutie de son roman lui permet de nous faire sentir les tensions intérieures des personnages et leur face à face
    Une lecture forte et exigente, un roman d'une grande profondeur, faites lui une place dans votre bibliothèque

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/09/26/ou-j-ai-l..
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    • Livres 4.00/5
    Par liliba, le 29 juin 2014

    liliba
    Nous sommes à Alger en 1957 et le capitaine Degorce retrouve le Lieutenant Andreani qu'il connait depuis de longues années puisqu'ils ont combattu ensemble et été ensuite détenus en Indochine. Mais le sort les a fait changer de position et ils sont devenus bourreaux : à eux de trouver des coupables, de les interroger et les torturer. Cependant Degorce ne peut plus supporter cette violence au quotidien qui semble sans fin et surtout vaine et en arrive à se réfugier auprès d'un nouveau prisonnier, le commandant Tahar de l'ALN. le lecteur entre de plain-pied dans la guerre d'Algérie et en découvre les horreurs : règlements de compte, attentats, meurtres, tortures…

    Où est le bien et où est le mal ? Qui a tort et qui a raison ? Qui est le gentil et qui est le méchant ? Des questions que l'on peut bien sûr se poser pour chaque guerre, et plus encore pour les guerres fratricides.

    Faut-il obéir aveuglément aux ordres pour être un bon soldat ? Tuer et torturer sans se poser de questions ? L'humanité a-t-elle le droit d'interférer dans la guerre ? Et, bien sûr, la question principale que pose ce roman, le soldat va-t-il y laisser son âme ? Quelle est la limite du suportable, de l'humain ? Pour le Lieutenant Andreani, membre de l'OAS, pas de problème : il suit les ordres sans états d'âme, ne se pose pas de questions, reste dans l'action. Mais il en est tout autrement pour le capitaine Degorce qui est complètement rongé par la culpabilité et n'arrive plus à « gérer » ses fonctions. Pendant tout le roman, Andreani s'adresse à Degorce en un long monologue où le « mon capitaine » revient comme un leitmotiv, témoin des liens qui les unissent, mais aussi de ce qui les sépare désormais.
    Suite sur Liliba

    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2014/05/13/28502172.html
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    • Livres 2.00/5
    Par raton-liseur, le 26 février 2011

    raton-liseur
    Un livre dur, certes. Qui explore l'état d'esprit qui a pu animer les tortionnaires de la Guerre d'Algérie. Romançant un épisode réel de ce qui est longtemps resté des « évènements » (le livre est très vraisemblablement inspiré, malgré les changements de noms et de dates, de l'arrestation, le 23 février 1957, de Larbi Ben M'hidi, membre du FLN et organisateur des premiers attentats à Alger. Il fut exécuté dans la nuit du 3 au 4 mars 1957, par pendaison maquillée en suicide. le général Bigeard lui avait rendu un hommage militaire avant de le confier aux Services Spéciaux du général Aussaresses qui l'exécutèrent.), il oppose deux hommes qui, malgré des parcours similaires (notamment la participation à la débâcle militaire de Diên Biên Phu en Indochine à peine trois ans plus tôt et l'internement dans un camp de « rééducation » Viêt Minh), réagissent de façon diamétralement opposée au rôle qui leur est confié pendant la Guerre d'Algérie, une guerre du renseignement, le renseignement à tout prix.
    Si l'un s'accommode de son rôle de tortionnaire, y voyant une façon de prouver sa loyauté et, me semble-t-il, y laissant s'exprimer ses instincts les plus noirs et, en temps ordinaire, inavouables, l'autre ne supporte pas ce qu'il considère comme une trahison de ce qui a motivé son engagement militaire.
    Ce livre est écrit, et c'est voulu je pense, dans un style plat et psalmodiant. « Chirurgical » disent certaines critiques. Si la volonté est pour l'auteur de rester à distance, cela m'a aussi laissée moi lectrice à distance, glissant sur ce plat sans jamais accrocher.
    Et, si je respecte l'abîme moral et la difficulté de vivre avec soi-même lorsque l'on a accompli de telles exactions, je trouve la frontière entre la douleur du bourreau et celle de la victime trop fine, comme mettant les deux sur un pied d'égalité, au point d'en devenir obscène.
    D'autres choses me gênent dans ce livre, comme la sensation que la torture morale (menacer quelqu'un de torturer ses enfants, sa femme, par exemple) est plus acceptable, plus facile à supporter pour le bourreau, comme si c'était une torture plus propre que la gégène… Ou encore le côté mystique du livre, où le bourreau torturé par ses états d'âme se compare à Ponce Pilate (avant et après la condamnation de Jésus, pas au moment où il s'en lave les mains, étrangement) et même se compare à Jésus sur le Mont des Oliviers (brouillant encore une fois la frontière entre bourreau et victime). Tout cela me paraît un peu excessif.
    Un livre duquel je suis restée au-dehors, même si je comprends l'engouement (mérité) qu'il a suscité lors de sa parution. Il a en quelque sorte au moins le mérite de montrer que l'histoire est écrite par les vainqueurs (le débat, trop timide, qui entoure la Guerre d'Algérie aurait été très différent si elle ne s'était terminée par l'indépendance de ces quatre départements français) et, plus personnellement, il m'aura fait me pencher sur une période de notre histoire récente que, je peine à l'avouer, je connais très mal.
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Critiques presse (1)


  • Bibliobs , le 27 août 2012
    Ce roman flamboyant pourrait n'être qu'une belle dissertation un peu théâtrale. Il pourrait signer l'intrusion de la tragédie grecque dans la brève de comptoir, comme aurait presque dit Malraux. Ce ne serait déjà pas si mal. Mais le livre de Ferrari est beaucoup plus que cela, grâce à son intelligence têtue, à son amour de la Corse qui éclate partout,
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par araucaria, le 20 avril 2014

    Le capitaine Degorce allume une cigarette qu'il fume avec soin, le front appuyé contre une vitre. Le soleil brille sur la baie et aucun nuage ne passe au-dessus de la mer mais le ciel n'est pas vraiment bleu, il est parsemé de traînées délavées, jaunâtres, qui lui donnent la teinte sale et terne de l'eau d'un étang. Dans ce pays, le ciel n'est jamais bleu, pas même en été, surtout pas en été, quand le vent brûlant du désert efface les contours de la ville dans ses tourbillons de poussière ocre et que s'élèvent des flots morts de la Méditerranée les vapeurs d'une brume éblouissante où tremble la coque rouge des cargos. Il se rappelle les vacances passées en avril, deux ans plus tôt, avec Jeanne-Marie et les enfants, le déjeuner sur la terrasse d'un hôtel de Piana, en face du golfe de Porto, la déchirure incroyablement nette des calanques sur le bleu profond d'un ciel limpide et il a du mal à croire que les rivages qu'il regarde aujourd'hui sont baignés par la même mer, qui s'étend sous le même ciel.
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  • Par nadejda, le 05 septembre 2012

    En tout homme se perpétue la mémoire de l’humanité entière. Et l’immensité de tout ce qu’il y a à savoir, chacun le sait déjà. C’est pourquoi il n’y aura pas de pardon. p 146
    (...) Bien sûr, Jeanne-Marie, quelqu’un demeure à l’abri de ton coeur aimant, là où rien ne peut l’atteindre, et aussi dans le coeur des enfants, mais ce n’est pas moi. Moi, je n’ai pas de demeure, pas même en enfer. Mes bras qui se tendent vers vous devraient tomber en cendres. Les pages du Livre saint devraient brûler mes yeux. Si vous pouviez voir ce que je suis, vous vous voileriez la face et Claudie se détournerait de moi avec horreur. C’est ainsi. Quelque chose surgit de l’homme, quelque chose de hideux, qui n’est pas humain, et c’est pourtant l’essence de l’homme, sa vérité profonde. Tout le reste n’est que mensonge. p 147
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  • Par araucaria, le 19 avril 2014

    Nous roulions dans la nuit en dehors de la ville, nous survolions la baie, ils étaient silencieux à l'arrière du camion ou dans l'hélicoptère, ils ne pleuraient pas, ils ne suppliaient pas, il n'y avait plus en eux ni désir ni révolte, et ils basculaient sans un cri dans la fosse commune, ils tombaient vers la mer dans une longue chute silencieuse, ils n'avaient pas peur, je le sais parce que j'ai regardé chacun d'entre eux dans les yeux, comme je le devais, mon capitaine, la mort est une affaire sérieuse, mais ils n'avaient pas peur, nous leur avons rendu la mort douce, nous avons fait cela pour eux, ils me rendaient mon regard, ils voyaient mon visage et leurs yeux étaient vides, je m'en souviens très bien, on n'y trouvait aucune trace de haine, aucun jugement, aucune nostalgie, on n'y trouvait plus rien si ce n'est peut-être la paix et le soulagement d'être enfin libérés car grâce à nous, mon capitaine, aucun d'eux ne pouvait plus ignorer que le corps est un tombeau.
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  • Par araucaria, le 21 avril 2014

    J'aimais votre solitude et votre silence, mon frère, mon capitaine, j'aimais votre gaieté, j'en venais même à aimer votre piété, moi qui savais qu'au-delà des nuages de la mousson le ciel immense était vide, et l'univers aveugle, et je vous accompagnais à la messe où nous écoutions sous la pluie l'homélie d'un aumônier hagard qui levait son calice derrière un autel de planches et de tréteaux rouillés, indifférent au sifflements des obus de 105, et regardait s'incliner toutes ensemble les nuques blafardes des officiers, comme si le poids d'une caresse invisible les courbait doucement vers la terre.
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  • Par araucaria, le 22 avril 2014

    En 1968, nous avons été libérés et nous sommes rentrés chez nous. Je n'avais pas revu mon village depuis mon retour d'Indochine mais j'y avais toujours ma maison et une place au cimetière. J'ai passé des années sans adresser la parole aux militants communistes avec qui j'avais joué pendant mon enfance et eux me regardaient comme si j'étais le diable. Mais tout est si léger, mon capitaine, tout s'oublie si vite, la haine devient froide et puis la froideur s'estompe et nous nous sommes retrouvés à faire des parties de contrée, dans le bar du village, l'hiver au coin du feu et l'été sous la treille, jusqu'à ce que nous soyons tous devenus vieux.
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Vidéo de Jérôme Ferrari

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