> Frank Straschitz (Traducteur)

ISBN : 2262025746
Éditeur : Perrin (2006)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

Qui était Albert Speer ? Poser la question, c'est faire émerger toute l'histoire de 1 Allemagne entre 1933 et 1945. - Car Speer, né en 1905 à Mannheim dans la haute bourgeoisie libérale, fut à la fois l'architecte et le confident... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par yann-frat, le 16 août 2009

    yann-frat
    Albert Speer le confident d'Hitler
    Joachim Feist
    Tempus (Perrin)
    De tous les personnages que je croise dans mes recherches, Albert Speer est, de loin, le plus troublant. Celui dont le parcours (à la fois absurde et totalement logique) m'intéresse le plus.
    Cependant comme je me doute que tout le monde ne le connait pas (je l'ai découvert aussi par hasard ce qui est un peu un comble mais bon) je vous fait rapidement une petite bio : Speer était un architecte en recherche de commande qui, un jour, accepta une première commande du parti nazi, puis deux puis trois... Puis devint un confident et l'ami intime de Hitler avant de devenir carrément le "préféré" du führer et l'architecte officiel du parti, celui que Hitler chargea de réaliser son projet le plus éclatant en matière d'architecture: « Germania, la capitale du monde" en remaniant totalement Berlin. Ce projet qu'ils avaient en commun achevant alors de tisser entre eux des liens indéfectibles.
    Ensuite, une fois la guerre déclarée, suite à la mort du ministre Todt, Hitler nomme Speer d'un coup ministre de l'armement et en fait officiellement son numéro deux. Speer accepte et se met au travail combinant un arrivisme forcené et un sens de l'organisation suffisamment extraordinaire pour devenir rapidement le numéro deux de l'état.
    Arrêté à la fin de la guerre, Speer comparait au procès de Nuremberg où il est le seul à reconnaitre sa part de responsabilité dans les crimes nazis tout en se défendant sur la ligne du "j'aurais pu savoir mais je n'ai pas cherché à le faire", il est alors condamné à 20 ans de prison à Spandau.
    Durant son emprisonnement il écrit ses mémoires qu'il publie à sa sortie de prison devenant subitement mondialement connu à nouveau. le reste de sa vie sera alors consacré à témoigner sur les années nazis, à tenter de s'expliquer avant de s'éteindre d'une crise cardiaque en 1981 (!).
    Ce parcours résume donc toutes les questions qui m'intéressent sur cette époque:
    - Tout d'abord il prouve que tous les dirigeants nazis n'étaient pas antisémites (...) mais que par pur arrivisme ils se sont liés a un gouvernement qui l'était.
    - Speer se défend en disant qu'il n'était qu'un "technicien" et que les idées du parti ne le concernaient pas, et que c'est pour ça qu'il n'a rien su pour les camps… Soit mais a quel moment la participation à un système vous rend-elle responsable du système en entier, y compris de ce qu'on ne connait pas du dit système?
    - Il dit n'avoir rien su des camps alors qu'il était un proche d'Hitler. Cela fait bondir en général mais ça me semble probable : il n'a rien vu car il n'a pas voulu voir (j'imagine qu'il devait se douter que les temps "était mauvais" pour les juifs sans chercher plus loin). Mais ne pas chercher à savoir pour ne pas avoir à réagir n'est-ce pas au moins le début de la complicité? N'est-ce pas au moins le début essentiel des aveux?
    - En même temps qu'aurait-il pu faire d'autre? On lui reproche de ne rien avoir fait parce qu'il était numéro 2 de l'état et qu'il aurait pu agir. Mais en même temps il est devenu numéro 2 justement parce qu'il n'agissait pas. Il avait absolument tout à perdre à dénoncer. Mais peut-on exiger le sacrifice d'un homme? Il ne s'est simplement pas mis en danger, il s'est protégé, est-ce un crime (au delà de la morale) dans la mesure où il n'a pas participé directement aux massacres?
    - Son parcours éclaire aussi plusieurs aspect du nazisme : tout d'abord le complet bazar qui régnait à sa tête où luttes pouvoir et d'influences occupaient en priorité les ministres dans des combats homériques orchestrés... par Hitler lui même. Ensuite que les rangs des nazis étaient remplis de gens comme Speer avant tout opportunistes et cherchant à suivre le vent. Donc pour résumer l'une des pires catastrophes de l'humanité n'a même pas été menée par des principes philosophiques clairs (des idées) mais par une bande de gens qui vont où le vent les pousse. Donc si le nazisme (en tous cas son "Idée") a disparu (oui enfin même si tout est relatif), tous ses membres "actifs" sont finalement toujours là, autour de nous, braves moutons bêlant prêts à vous tuer sans y penser si on leur demande. Et Speer est leur chef spirituel.
    Pour aller plus loin (et pour ceux qui ont la flemme de lire un livre humm) il y a aussi ce dvd sur lequel je suis tombé totalement par hasard:
    Speer et Hitler "l'architecte du diable"
    Sebastian Koch et Tobias moretti
    Studio canal
    Oui je sais aussi qu'il y a plus drôle à lire... ;))
    PS: Et ce que je pressentais en lisant les bienveillantes s'est révélé exact : la recherche de main d'œuvre, le problème "technique" entre un Speer qui veut un maximum d'ouvriers en état de travailler et les autres nazis qui veulent leur extinction absolue est LE problème central du régime nazi; l'opposition matricielle entre les "techniciens" et les "philosophes", entre Speer et Goebbels notamment. Litll a donc juste glissé don personnage dans cette faille béante. Bel effort ;))


    Lien : http://xannadu.canalblog.com
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La Chute (Der Untergang), un film allemand réalisé par Oliver Hirschbiegel et sorti en 2004. L'histoire est consacrée aux évènements et circonstances liées à la mort d'Adolf Hitler. Bande-annonce











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