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ISBN : 2234071097
Éditeur : Stock (2011)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 24 notes)
Résumé :

Dans la ligne d’ Un coeur intelligent, Alain Finkielkraut s’attache cette fois au thème de l’amour tel qu’il est traité dans quatre grands romans, de facture, d’époque et d’auteurs très variés :Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves Ingmar Bergman, Les Meilleures IntentionsPhilip Roth, Professeur de désir Milan Kundera, L’insoutenable légèret... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Fortuna
19 février 2016
  • 4/ 5
On pourrait s'attendre à des recettes pour résoudre la crise du mariage dans nos sociétés modernes, un essai sur le couple à l'ère de la société de consommation, quelques conseils un peu moralisateurs, comme l'évoque le titre à première vue.
Pas du tout, Alain Finkielkraut nous livre au contraire une réflexion philosophique très intéressante sur l'amour, son instabilité, ses imperfections, mais aussi sa vocation à s'inscrire dans l'éternité, à travers la littérature.
La Princesse de Clèves renonce à vivre avec l'homme qu'elle aime pour rester fidèle à son mari qui est mort d'amour à cause d'elle : au-delà de la loi du coeur, elle donne un sens à l'amour en y renonçant.
Dans les « Meilleures intentions » de Ingmar Bergman, c'est la vérité qui est dévastatrice, qui répand le poison de la jalousie, et rend la relation amoureuse à jamais conflictuelle. Les principes religieux ou philosophiques, au nom de l'universalité de la morale, détruisent ce qu'ils prétendent sauver. L'aveu tue le couple et met en danger la famille…
Chez Philip Roth, le séducteur libertin, amoureux de l'amour, est en perpétuelle recherche de nouvelles conquêtes : enchaîné à l'éternité du désir, il l'est aussi à l'insatisfaction. Car toute relation sérieuse lui semble condamnée d'avance puisque l'amour doit mourir. Il vit déjà l'inévitable rupture. Et finalement ce qu'il fuit à travers les caprices du désir n'est-ce pas la douleur de perdre l'être aimé ?
Et enfin chez Kundera, l'individu soumis à un régime politique absurde, à l'instabilité permanente de sa vie, peut-il vivre autre chose que de « risibles amours » ? Ce n'est peut-être que dans la mort tragique de Tomas et Térésa que l'amour trouvera enfin l'éternité.
Donc finalement ça nous donne envie de nous y replonger dans tous ces romans d'amour et même, pourquoi pas, dans cette fameuse « Princesse de Clèves » dont les sentiments nous paraissent si lointains…Car si l'amour n'est pas éternel chacun a sa réponse pour le faire durer. Et lui rester fidèle.
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brigittelascombe
11 novembre 2011
  • 4/ 5
"L'enfant bohème est devenu roi", l'amour sans l' entrave des marieurs et des arrangements à l'ancienne a repris ses droits individuels.
Aujourd'hui dure-t-il plus qu'hier et bien moins que demain?
C'est une approche littéraire que nous offre Alain Finkielkraut (auteur de plusieurs essais,professeur de l'école Polytechnique et animateur de l'émission Répliques sur France Culture) dans son tout récent ouvrage:Et si l'amour durait.
C'est un partage de réflexions sur le renoncement,le ressentiment,le désamour, l'au delà du romantisme que nous propose l'auteur à travers quatre ouvrages ou oeuvre, de quatre auteurs, présents ou passés.
Alain Finkielkraut étudie "l'énigme du renoncement" de la Princesse de Clèves, en accord avec les propos de Philippe Sollers, Madame de la Fayette a inventé "la violence singulière du sado-masochisme exquis" dans une galanterie qui loin d'être courtoise, alliée à l'ambition devient "séduction,simulation,stratagème".
Il évoque "l'enfer du ressentiment", relaté par Ingmar Bergmann dans Les meilleures intentions (en plongeant dans son propre roman familial), cette fusion de l'aimé et l'amour du prochain et le cercle vicieux qui s'instaure autour de l'impossible pardon de la faute.
Il écoute "la complainte du désamour" de David Kepesh, professeur de littérature comparée, le personnage principal dissolu de Philip Roth,dans Professeur de désir, incapable de "vivre dans un étui" ainsi que le dirait Tchékov.
Il regarde "par delà le romantisme" à travers l'oeuvre de Kundera. "Pas de demi-mesure"."Pas d'arrangements"."L'amour est total ou n'est pas"
Kundera a "démystifié l'amour romantique, mais actualisé le mythe antique du couple que rien ne peut séparer", ainsi Tomas et Tereza dans L'insoutenable légèreté d'être meurent ensemble dans un accident.
Une étude intéressante. Paradoxe,rapport de forces, jalousie,trahison,irrespect,fusion sont mortifères.
L'amour est enfant de Bohème, que chante Carmen, passionnel, est meurtrier. Celui du Roi sans divertissement de Giono est suicidaire.
Alain Finkielkraut a-t-il caché son point d'interrogation?
Dans l'imparfait?
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Imelda75
17 novembre 2012
  • 3/ 5
Une chose est claire : autant autrefois le conjoint était souvent choisi par la famille et la collectivité, autant aujourd'hui chacun peut aimer qui il veut, comme il veut et le temps qu'il lui plaît. Mais l'Enfant de Bohème – celui qui n'a jamais connu de loi, l'amour - » devenu roi » pose de nombreuses questions.
Le philosophe Alain Finkielkraut, dans un ouvrage facile d'accès – je l'ai dévoré dans le métro -, Et si l'amour durait essaie de répondre à celles-ci. Suffit-il d'aimer pour savoir aimer ? A-t-il assez de ressources une fois levés tous les interdits ? L'amour durable est-il un leurre ?

Comme dans Un coeur intelligent, Finkielkraut essaie d'ébaucher des réponses non grâce aux sciences humaines mais à la littérature. La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette montre que l'intransigeance surprenante à refuser d'épouser Monsieur de Nemours, est le « miroir inversé » de la démission de nos contemporains devant l'échec d'un amour;
Les Meilleures Intentions d'Ingmar Bergman et Professeur de désir de Philip Roth semblent également des miroirs inversés de l'amour durable. Ce qu'il ne faut pas faire : réduire l'amour à eros, croire déjà que la réalité se résume à un unique « duel désir-désert, incandescence-routine, envie-ennui ». Enfin l'oeuvre de Milan Kundera finit par évoquer dans L'insoutenable légèreté de l'être la mort douce car simultanée des époux, dépassant la légèreté de l'idylle.

Ce qui fait durer l'amour, ce serait de ne pas lui demander les promesses d'un désir éternel. Un essai passionnant, qui donne envie de lire les romans évoqués et de parier sur la subtile durabilité de l'amour.
Lien : http://carnetsdimelda.wordpr..
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Kashima
03 mai 2013
  • 5/ 5
Et si l'amour durait, Alain Finkielkraut s'appuie sur des oeuvres littéraires pour nous parler des comportements amoureux. Il est question de Mme de la Fayette, d'Ingmar Bergman, de Philippe Roth et de Milan Kundera.
Dans la première partie, il s'interroge sur La Princesse de Clèves qui préfère, quand l'amour est possible, le renoncement, l'inaccompli de l'amour et du désir. Peut-être est-ce le seul moyen de les garder intact, qu'ils ne faiblissent pas, ne meurent pas. Elle a vu, autour d'elle, les jeux de séduction et, si son mari est autant épris d'elle, c'est aussi parce qu'elle ne lui montre pas la même passion. A sa mort, elle lui sera pourtant fidèle.
Les Meilleures intentions est un récit autobiographique écrit par le réalisateur Bergman. Il y parle de l'amour de ses parents, montrant très bien la détérioration du sentiment dès que les premiers mois d'amour sont passés.
On y voit le gâchis, les disputes, les mésententes dues aux différences de caractères...
Autre sorte d'amour : le papillonnage que pratique le héros du roman de Roth, Professeur de désir :
On y découvre, entre autres, son amour fou pour une femme dont il se lassera malheureusement très vite, comme si c'était une fatalité et que personne n'y pouvait rien. Dans cette partie, Finkielkraut parle aussi d'un livre de Tchekhov, L'Homme à l'étui, car le héros de Professeur de désir est son contraire : il veut vivre autrement que dans un étui, protégé de tout.

Enfin, il nous montre comment Kundera conçoit l'amour dans son oeuvre. Notre époque est amoureuse de l'amour. Avec les personnages de L'Insoutenable légèreté de l'être ou d'autres romans et récits, l'auteur fait la démonstration que l'amour, chez Kundera, n'est pas narcissisme. Il prend l'exemple du quadragénaire qu'on trouve dans La Vie est ailleurs.
Et si l'amour durait est un livre très intéressant, qui se lit facilement et avidement parce que, quel que soit son comportement amoureux, le lecteur s'y retrouvera.

Lien : http://edencash.forumactif.o..
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qcauchin
19 août 2016
  • 3/ 5
Finkielkraut propose un essai littéraire intéressant, permettant de revisiter certaines oeuvres ou bien même d'en découvrir des nouvelles. Avec l'auteur, sont passés au crible des oeuvres comme La Princesse de Clèves de Madame de la Fayette ou bien encore les écrits de Milan Kundera. Ce qui est réellement intéressant avec cet essai, c'est qu'il permet également d'étudier divers supports en gardant l'amour comme sujet, ainsi le cinéma d'Ingmar Bergman y passe. Essai non-exhaustif mais néanmoins instructif.
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Les critiques presse (4)
Lexpress10 octobre 2011
Inspirées, jusque dans leur vocabulaire, par la pensée d'Emmanuel Lévinas et les pages de La chambre claire […], ces lectures d'Alain Finkielkraut donnent puissamment envie de lire ou de relire les oeuvres dont ils nous parlent avec ferveur.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress10 octobre 2011
Il est difficile d'être captivé par ces analyses cuistres et trop descriptives (pauvre vision de La princesse de Clèves...), tournées comme des fiches Wikipédia vaguement commentées à la manière d'un Claude Lelouch des mauvais jours.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde03 octobre 2011
Ce recueil de lectures peut s'envisager comme une réflexion sur la condition sentimentale des "postromantiques que nous sommes". Mais ce qui en ressort, c'est d'abord une certaine façon de parcourir les textes et d'en prendre soin. Ce qui est appelé à durer, c'est l'amour de la littérature, l'alliance scellée avec elle, la promesse de lui rester fidèle.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs27 septembre 2011
Finkielkraut explore les extravagances du renoncement, l'énigme du ressentiment, le malheur du désamour et la désertion du lyrisme.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
KashimaKashima03 mai 2013
En donnant au thème amoureux une place prépondérante et même centrale, cette civilisation a favorisé l’apparition d’un type humain particulier, l’homo sentimentalis, l’homme sentimental ou, plus précisément, l’homme qui révère ses sentiments et son moi sensible. Bref, nous avons, nous autres Européens, redoublé l’amour par l’amour de l’amour au risque de substituer celui-ci à celui-là. (…)
Comme le grand Aragon à qui la femme de sa vie écrit sur le tard une lettre bouleversante avec ces mots terribles : “le plaisir normal de faire quelque chose ensemble, tu ne le connais pas” et surtout : “même ma mort, c’est à toi que cela arriverait”. Tout à sa folie, le fou d’Elsa oublie Elsa. C’est son désir qu’il désire. C’est son sentiment qu’il adore. L’amour de l’amour a effacé la destination de l’amour.
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FortunaFortuna16 février 2016
Ce qui humanise les hommes, ce n'est pas seulement la domestication de la bête, c'est aussi la lutte avec l'ange. Il arrive que la sincérité soit une forme de vandalisme et il faut parfois pour bien agir ne pas universaliser la maxime de son action. Voilà la réponse d'Anna au philosophe de Königsberg [Kant]. C'est également la réponse de Bergman et à travers lui, celle de la littérature.
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nuitet0ileenuitet0ilee09 août 2013
Une compassion qui n’est pas la pitié condescendante ou confortable pour l’être souffrant mais la faculté singulière de ressentir, comme si elles étaient les siennes, toutes les émotions de l’autre, d’être touché dans sa chair par ses joies, ses maladies, ses chagrins. (p.117-118)
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qcauchinqcauchin19 août 2016
Que nous soyons réactionnaires ou progressistes, tournés nostalgiquement vers le passé ou résolument vers l'avenir, nous sommes tous modernes en ceci que nous revendiquons et que nous exerçons la liberté d'aimer qui nous voulons, comme nous voulons et le temps qu'il nous plaît.
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brigittelascombebrigittelascombe11 novembre 2011
Kundera définit le roman comme l'art ironique.Et quel est l'objet par excellence de son ironie de romancier? L'amour.
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Videos de Alain Finkielkraut (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Finkielkraut
Alain Finkielkraut : "Bob Dylan n'a rien à voir avec la littérature". (Union Ardennais, octobre 2016)
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