ISBN : 2070325091
Éditeur : Gallimard (1989)


Note moyenne : 3.18/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Alain Finkielkraut est un "mécontemporain", pour reprendre le qualificatif que Péguy s'attribuait à lui-même. Ce philosophe, pourtant médiatique, ne pense que contre l'air du temps. L'époque tient pour suspecte toute conviction forte et tou... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 2.00/5
    Par yann-frat, le 16 août 2009

    yann-frat
    La Défaite de la pensée
    Alain Finkielkraut
    1987
    Histoire: Essai sur la notion de culture, sur l'évolution de la perception de ce terme des origines à nos jours puis tentative de mise en perspective.
    Style : Très lisible, très facile. Un Lagarde et Michard; Finki s'adresse au grand public (de france inter?) et évite les mots de plus de trois syllabes.
    Oui: Pendant les 3/4 du livre finki rappelle que la notion de culture a toujours tangué entre deux visions antagonistes :
    - La culture : Une vision de la culture "personnelle", ou la culture serait le lieu immatériel de la pensée, un lien entre tous les hommes sensés et doués de raison.
    - Ma culture: Une vision "transcendante" ou la culture serait ce qui lie un peuple, ce qui appartient (de gré ou de force) toutes les personnes d'un même groupe (donc immuable). Ce type de culture est appelé en référence à la pensée allemande: "volksgeist" (ou en gros âme du peuple)
    ...et entre ces deux mon cœur balance... Chacune des visions ayant force et faiblesses; d'un coté il est absurde d'engluer totalement la pensée d'un homme dans les contingences de sa naissance; d'un autre coté il y a tout de même une bonne dose de présomption à penser que de Paris à Ushuaia la pensée des hommes a quelque chose de commun, que la raison transcende les groupes humains. Surtout que cette pensée "unifiée" est née dans une Europe dominante et coloniale; imposer une forme de pensée "commune" n'est ce pas encore une certaine forme de colonisation?
    Mais à l'inverse donner tous les droits au nom de la culture - même à ceux qui partagent l'espace national- n'est-il pas un renoncement de ses convictions. le respect de "L/Ma culture" donne t il tous les droits?
    Vaste question donc (et toujours d'actualité 20 ans après!)... et très belle mise en perspective dans tous ce que le "scolaire" peut avoir de pédagogique.
    Non: Apèes cette belle mise en perspective, comme on s'y attendait, finki s'attaque à l'époque contemporaine. Et là c'est le drame : p 165 "la barbarie a donc fini par s'emparer de la culture" (rien que ça!)
    Vous le devinez évidemment: rien ne va plus ma bonne dame; au nom de la culture pour tous, notre belle culture s'est effondrée (plouf), nous permettons tout à tout le monde et donnons le statut de culture à n'importe quoi (même à Renaud et Lavillier!!)(Pourquoi pas au rap et au rock tant qu'on y est?); bref c'est la mort, la fin du siècle et de la civilisation européenne, tout ça tout ça...
    Bref du finki pur sucre, tellement pressé d'aller à sa conclusion (tout va mal la culture est morte) qu'il en oublie le plus simple bon sens, le plus minimal pas de coté.
    En effet, quel est l'intérêt de juger aujourd'hui l'époque contemporaine ? Comme si le minimum de réflexion ne permettait pas de voir qu'il ne restera évidemment rien (pas grand chose) de notre époque, enfin pas plus que les autres... Par exemple combien d'artiste du beau 16° siècle pouvez-vous me citer? Combien d'artistes d'aujourd'hui seront tombés dans l'oubli dans 400 ans?
    Quel est l'intérêt alors de comparer les artistes d'aujourd'hui avec les génies patentés qui eux ont survécu aux siècles? Quant on compare une souris et un éléphant je ne vois pas l'intérêt de prédire qui va gagner le combat... (Et si on compare finki et Platon, finki et Nietzsche, qui gagne?)
    De plus, un minimum de regard historique nous permet de voir que, par définition(!), les grandes révolutions stylistiques sont rejetées par l'art classique de l'époque (ex les impressionnistes oui madame - tous les arts premiers qui pendant longtemps (hum jusqu'à il y a 20 ans en gros) n'étaient même pas de l'art, Yves Klein bien sûr etc... etc etc..). A la fin, on pourrait donc même (si on est joueur) en tirer une morale et se dire au contraire que tout art acclamé par les culture classique de sa propre époque est voué à tomber définitivement dans l'oubli puisqu'il est strictement ancré dans son époque et ne la dépasse(ra) pas.
    Donc artiste contemporains méfiez vous, si finki et vos amis vous aiment c'est que vous êtes déjà presque oublié... le respect de finki est le baiser de la mort ;)))
    Alors bien sur on me dira que je suis méchant et que des artistes ont été acclamés par leur époque et sont restés dans la postérité et c'est vrai... pour les génies absolus; les autres...
    Conclusion personnelle : Malgré mes piquounettes, finki pose tout de même de bonnes questions sur notre rapport à la culture dont tout le monde parle sans savoir vraiment les sens de ce mot. Et finalement une question m'est venue en tête : d'où vient l'idée que la culture doit être/est accessibles à tous? Historiquement elle ne l'a jamais été, pourquoi devrait elle l'être aujourd'hui? Finalement c'est étrange non qu'on exige du citoyen lambda aujourd'hui un minimum de respect de la """culture""" ; là ou on ne lui demande plus vraiment "d'honneur" ou de même de "respect de la chose publique". Pour faire gros il est parfaitement normal de gruger l'état à tout va (de s'en vanter en plus!), d'écraser les autres, d'être un tantinet odieux mais impardonnable et rédhibitoire de ne pas connaitre les noms des départements, ni erik satie...Choses finalement d'autant plus drôle qu'au même moment ou on a voulu éduquer au maximum la pensée critique de la jeunesse, les conditions de (sur)vie se sont radicalisée obligeant a une aliénation de plus en plus intense (m'enfin j'dis ça hien, j'dis rien, comme ça en passant)
    Cependant la question qu'il pose sur les respect des cultures existant sur le territoire national est bonne. Sauf qu'à mon sens la réponse est à trouver dans la loi et non dans la culture. La loi d'un pays doit être transcendante à tous ces habitants, quelle que soit leur origine. Nous ne pouvons pas imposer notre vision des choses au pays alentours, quel que soit leur niveau de développements mais nous devons faire appliquer nos lois dans notre espace. Non parce qu'elles sont bonnes, ou meilleures, ni même parce qu'elles sont justes ou justifiées mais parce que nous en avons décidé ainsi. Je trouve tout de même étrange que la découverte et le respect des autres cultures nous rende aphasique et je relie cette aphasie à une surdose de pensée platonicienne: à nous croire dans le Vrai et dans le Juste, nous restons comme deux ronds de flan en voyant d'autres cultures sur d'autres valeurs.
    Peut être est il donc (enfin temps) de relativiser nos valeurs et de revendiquer non leur vérité mais leur choix.
    Les valeurs qui alimentent notre culture ne sont pas "justes" mais ce sont celles que nous avons choisi, alors défendons les; y compris évidemment dans leur composante arbitraire puisqu'au fond aucune valeur n'est Juste, aucune culture n'est Vraie. le fait d'arrêter un choix est une condition nécessaire et suffisante a sa défense, ins't it?
    Oups i did it again, finki sort de mon corps!!!
    Oui ou non : Et ben donc oui pour réfléchir à la notion de culture, non pour avoir un regard objectif et sensé sur la culture d'aujourd'hui... ;)))


    Lien : http://xannadu.canalblog.com
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par paulotlet, le 13 janvier 2012

    paulotlet
    L'ouvrage d'Alain Finkielkraut est assez inégal. Sa première partie est consacrée à une présentation des différentes conceptions de la culture sur le mode de la vulgarisation. L'approche universaliste, née du monde des Lumières, qui voit dans la culture un patrimoine commun à l'humanité est opposée à la conception communautariste, au Volksgeist germanique et au repli sur soi qu'il suppose. L'auteur marque sa préférence pour une culture d'adhésion, visant au partage. Cette première partie a le mérite de présenter clairement les grands enjeux du débat. C'est le genre de bouquin qui ouvre des portes dans une formation intellectuelle.
    La seconde partie du livre est plus axée sur la tension entre démocratisation de la culture et démocratie culturelle. L'auteur y perd son objectivité et carricature l'évolution des politiques culturelles depuis 68. Fustigeant la politique du tout se vaut, éructant contre les formes artistiques populaires, il verse dans l'à-peu-près intellectuel, crie qu'avant c'était mieux et que la culture de masse d'aujourd'hui est naturellement stupide.
    Si le constat est pertinent jusqu'à un certain point, qu'on pense aux émissions débiles dont nous bassines les chaînes de TV, il n'en reste pas moins que la question de la culture se pose aussi dans un cadre social donné. Après l'échec de toutes les politiques de démocratisation de la culture, les tentatives de démocratie culturelles, d'implication des citoyens dans les projets, dans leur définition et dans leur mise en oeuvre ont permis à des groupes éloignés de la culture instituée, la seule qui semble trouver grâce aux yeux de Finkielkraut, de s'approprier leur propre destin.
    Le discours selon lequel il y aurait une vraie culture dont les initiés peuvent nous ouvrir les portes et un nuage de sottises qui ne méritent que mépris s'inscrit dans une tradition historique de modelage par les classes dominantes de la symbolique liée à la culture.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Zedbahr, le 05 avril 2012

    Zedbahr
    Ceux qui auront lu ma critique de L'imparfait du présent trouveront sans doute dans celle là quelques similitudes.
    (oui, c'est quasiment la même, copiée-collée, mais que voulez-vous ? Penser à en écrire une autre me rend malade et me donne mal à la tête)
    La Défaite de la pensée ou le désespoir d'un homme cultivé face à la banalisation de l'inculture et à l'encouragement de l'utilisation de Wikipedia et des correcteurs orthographiques pour palier le manque de bases qui devraient être inculquées dans les écoles maternelles ?
    Tandis que certains de nos jours pratiquent le copier-coller à tout bout de champs (même pour écrire des critiques, c'est vous dire le niveau !)
    La Défaite de la pensée l'indignation d'un homme des temps passés où réfléchir n'était pas synonyme d'élitisme forcené et discriminatoire contre un système actuel qu'il pense gangrené et pourri jusqu'à la moelle pour asservir les masses et les faire avilir la culture, la lecture et l'écriture ?
    Trouvera-t-on dans ce livre la triste réalité de notre monde, vue par un homme que cela angoisse ?
    Les lubies d'un vieillard d'apparence sénile racontant sa vie, par métaphore, pour nous faire passer un message que nous ne sommes plus enclin à comprendre ?
    Ou seulement un constat clair, net et précis de la situation de notre rapport à la culture, à la réflexion ?
    Sans doute un peu de tout cela.
    Tout ce qui peut nous faire dire avec des tremolos dans la voix, et avec une rassurante voix polémiste : "c'était mieux avant".
    (en attendant une vraie critique, réfléchie et construite...)
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    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Hindy, le 16 décembre 2010

    Hindy
    Si clairvoyant
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Citations et extraits

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  • Par Zedbahr, le 07 avril 2012

    Dans une séquence du film de Jean-Luc Godard, ‘Vivre sa vie’, Brice Parain, qui joue le rôle du philosophe, oppose la vie quotidienne à la vie avec la pensée, qu’il appelle aussi vie supérieure.
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  • Par Zedbahr, le 07 avril 2012

    Ma culture : l’esprit du peuple auquel j’appartiens et qui imprègne à la fois ma pensée la plus haute et les gestes les plus simples de mon existence quotidienne.
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  • Par Zedbahr, le 07 avril 2012

    Et la vie avec la pensée cède doucement la place au face à face terrible et dérisoire du fanatique et du zombie.
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  • Par Zedbahr, le 07 avril 2012

    La culture : le domaine où se déroule l’activité spirituelle et créatrice de l’homme.
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Vidéo de Alain Finkielkraut

La grande librairie 10/11/2011 sur France 5 de François Busnel, Alain FinkielKraut parle de son nouveau livre "Et si l'amour durait"











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