> Jacqueline Remillet (Traducteur)

ISBN : 2221110501
Éditeur : Robert Laffont (2008)


Note moyenne : 3.45/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Accordez-moi cette valse est un roman autobiographique dans lequel Zelda Fitzgerald a transposé sa vision toute personnelle de son mariage avec Scott Fitzgerald. Elle y apparaît elle-même sous le nom, à peine voilé, d'Alabama Beggs, incarnation de ces belles du Sud dont... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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  • Par asphodele85, le 22 janvier 2012

    asphodele85
    Ou “Ô mon Dieu…Accordez-moi cette valse” car ce n'est pas à un soupirant que s'adresse le titre de Zelda mais plutôt à Dieu ou à Diable afin qu'il lui permette de pouvoir danser encore et encore, de martyriser son corps dompté un temps par et pour la danse.
    Dans une prose excessivement imagée, Zelda Fitzgerald nous livre ici quelques “fragments” de sa vie avant de retourner à la folie qui l'a détruite… Mais je l'ai trouvé bien édulcoré par rapport à ce que j'ai déjà lu de la vie de ce couple auparavant. D'ailleurs la postface de Matthew J. Bruccoli, de 1968, contributeur à la version actuelle le souligne clairement : ” le premier manuscrit de ce roman n'a pas été conservé, et il semble qu'il ait été un document infiniment plus personnel que la version finalement publiée – c'est-à-dire que le manuscrit original relatait de façon beaucoup plus transparente le point de vue de Zelda sur leur mariage sensationnel et les causes de son échec”. Certes, il n'a eu aucun succès à sortie en 1932, mais il en a depuis les années 1960 jusqu'à maintenant et les “accros” de Fitzgerald sont prêts à explorer tous les chemins qui mènent à lui (et à son oeuvre). Or, Zelda en a été l'axe principal…avec l'alcool, tout le monde le sait.
    Divisé en quatre chapitres, ce livre nous retrace la vie d'Alabama Kgnith, née Alabama Beggs qui a grandi dans une famille heureuse malgré la rigidité froide et compassée de son père, le Juge… Dernière d'une fratrie de trois filles, un garçon est mort quelques années auparavant, sa mère lui cède volontiers ses caprices et son père ferme les yeux tant qu'il n'est pas demandé… Elle va immédiatement tomber amoureuse de David Knight (Scott Fitzgerald) lors de leur rencontre au Country Club de Montgomery (Alabama). Scott est alors beau lieutenant de réserve au moment de la démobilisation de 1918 et surtout fraîchement émoulu de West Point. Il repart à New-York mais lui demande de le rejoindre pour l'épouser à New-York. Sa mère l'aidera à préparer sa robe de mariée.
    En 1920, Scott est célèbre grâce à L'Envers du Paradis, son premier roman. Dans “Accordez-moi cette valse” il est peintre… Leur folle vie à New-York de party en party, des soirées arrosées dont elle parle ici finalement très peu, Scott n'est pas souvent ivre, elle encore moins. Elle a conscience qu'ils viennent à eux deux de créer la dynastie “des enfants du Jazz”, mais elle nous parle surtout de leurs sorties, des stars de cinéma qui sortent de l'ombre et deviennent à leur tour des célébrités (Charlie Chaplin, Maryline Miller,..). Elle accouche (très vite) de Bonnie (Scottie, leur fille unique) en 1921. Puis vient le voyage (version épouvantable) pour la France où leur paquebot essuie une terrible tempête pendant la traversée, elle sera malade (pas vraiment glam') tout du long pratiquement et en garde un souvenir “mitigé” : beaucoup de beuveries avant la tempête et le reste du temps dans sa cabine, ah si, elle se souvient qu'il s'agissait du Pont G, cabines 35 et 37. Après avoir passé quelques mois à Paris, dans les bars des grands hôtels ou chez les américains exilés pour cause de Prohibition (après ce sera la récession) ils louent une somptueuse villa à Saint-Raphaël pour que David puisse peindre. le temps d'un été elle va rencontrer un aviateur français beau comme un dieu, mais là encore, si on sent déjà la faille dans le couple, elle nous présente cette aventure comme un flirt, bien que certains passages eux, révèlent à quel point le coup de foudre fut immédiat et leur passion inéluctable : ” Elle avait l'impression qu'elle aurait aimé embrasser Jacques au sommet de l'Arc de Triomphe. Embrasser cet étranger vêtu de blanc, c'eût été sacrifier à un rite religieux oublié, ou presque.”
    David est furieux (quand même), et dès l'automne ils regagnent Paris qui lui semble si grise, si triste qu'elle va, après s'être assurée que son mari s'amusait bien, se lancer (à 28 ans dans la vraie vie) dans une carrière de danseuse classique. Elle met trois ans à pouvoir jouer un ballet avec un rôle de première ballerine (en Italie). Entre temps, David a déménagé en Suisse (pas de raisons données dans le livre) avec Bonnie, elle a commencé à prendre des tranquillisants mais ne nous dit absolument pas pourquoi ou si peu : ” Alabama prenait le sédatif jaune le soir pour oublier les lettres de Bonnie” : seulement pour déculpabiliser de s'occuper si peu de sa fille ? le livre se termine sur la mort de son père, sur le temps qui passe et laisse autant de regrets, sinon plus depuis qu'elle se sent une femme “mûre” (à 32 ans, pas de quoi paniquer !).
    Cette autobiographie déguisée et romancée fait la part belle à Scott qui nous est présenté en père modèle, en homme sobre qui ne s'énivre qu'aux party (elles étaient nombreuses il faut dire), au train de vie fastueux qu'ils ont entretenu à cette époque, aux affres de la vie de couple mais du point de vue de l'enfant gâtée qui doit se “dédoubler” pour apprendre à vivre dans l'ombre d'un homme vénéré de part le monde et à la danse… qui a occupé ses jours et ses nuits pendant trois ans environ, la coupant de sa vie de famille : “Elle travaillait jusqu'au moment où elle se sentait comme un cheval éventré par les cornes du taureau dans l'arène et piétinant ses entrailles”. Mais David venait la voir à l'atelier où elle répétait (ce n'était pas l'Opéra !), pendant que Bonnie, adorable enfant éveillée, accompagnée de sa nurse anglaise ou française grandissait sagement à l'ombre de ces deux monstres…sacrés !
    D'ailleurs, s'il est évident que Scott a fait des modifications dans le manuscrit, ils avaient tous deux compris l'importance de l'impact qu'ils laisseraient à la postérité et surtout ils avaient à coeur de laisser à leur fille un héritage brillant, comme en témoigne ce passage :
    “- Alors, la règle du jeu est de faire cadrer les choses ensemble de façon que lorsque Bonnie aura notre âge (32 et 36 ans) et étudiera notre vie, elle puisse y trouver la belle mosaïque harmonieuse de deux dieux de marbre. En contemplant cette vision, elle se sentira personnellement moins frustrée, d'autant qu'à une certaine période de sa vie elle aura été forcée de sacrifier son désir de pillage, pour protéger ce qu'elle croit être le trésor que nous lui avons légué. Cela lui permettra de croire que son insatisfaction ne durera pas.”
    Alors certes, comme chez son époux, il y est beaucoup question de crépuscules, du bonheur qui s'enfuit à peine trouvé, d'ailleurs l'a-t-elle jamais connu ? En dehors de son enfance, de sa première année de mariage et de Jozan, le bel aviateur français… ” La génération adulte est toujours celle qui est privée du réconfort d'avoir des gens qui se penchent sur elle“. Mais ce livre mérite d'être lu malgré un style très imagé, à la limite de l'incompréhension parfois. On y sent battre le coeur d'une femme blessée qui portait sur ce qui l'entourait un regard exacerbé, comme sa sensibilité, avait un humour parfois cinglant et qui aurait voulu que la passion et l'insouciance de l'extrême jeunesse soient les premiers rôles de son existence théâtrale. J'ai aimé ce livre malgré ses défauts, il a aussi des qualités et on ne peut qu'éprouver de la tendresse au final pour Zelda qui a passé la moitié de sa vie à en comprendre l'autre moitié. Elle n'aurait pas dû avoir d'ombre qui la suive et vivre à midi ou à minuit… Mais les témoins de cette époque ont tous disparu aujourd'hui , nous ne saurons jamais vraiment où a commencé la folie et où l'amour a cessé de battre.
    SUR Zelda (et qui n'est pas dit dans ce livre), ci-dessus, ce que la presse américaine de l'époque en pensait… Elle a publié des nouvelles avec son illustre époux.
    Zelda Fitzgerald née Sayre est née en 1900 à Montgomery (Alabama). Son père était juge, son grand-père sénateur. Elle a défrayé la chronique plusieurs fois : en étant élue Miss Alabama à 16 ans, puis en épousant Scott en 1920, il en avait 23 ! Son alcoolisme à lui et sa folie à elle, (qualifiée de schizophrénie) ont eu raison de leur couple, mais ils se sont écrits juqu'à la fin des lettres d'une tendresse incroyable, lire Zelda de Jacques Tournier. Elle a écrit ce livre en 1932 en trois semaines lors de son second séjour en clinique psychiatrique (et à Montgomery dans la maison de ses parents). Après, elle n'a plus jamais connu de vie normale, elle est morte Dans l'incendie de son pavillon hospitalier d'Ashville (Caroline du Nord), elle avait 48 ans. Elle écrivait paraît-il un second roman malgré son état de santé. Fitz était décédé huit ans plus tôt en 1940 d'un cancer.

    Lien : http://leslecturesdasphodele.wordpress.com
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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 02 mars 2009

    Titine75
    « La balancelle grince sur la galerie extérieure de la demeure d'Austin ; une luciole phosphorescente tourne férocement autour des clématites ; un essaim de phalènes se presse vers l'holocauste doré de la lampe du vestibule ; des ombres effleurent la nuit du Sud, comme de lourds chiffons mouillés gonflés de la capacité d'oubli qu'elle puise de son côté à même la chaleur noire. Des plantes grimpantes se traînent mélancoliquement, tampons d'ouate sombre sur des treillis de fil de fer. » C'est dans ce Sud des Etats-Unis que vit la famille Beggs. Millie et Austin Beggs ont trois filles : Dixie, Joan et la benjamine Alabama qui est l'héroïne du roman. Austin est juge, il est droit, solitaire et laisse ses filles vivre comme elles le souhaitent. Pour Alabama, la vie ne doit être que moments légers et joyeux. La guerre pourrait gâcher la douceur de cette vie mais bien au contraire elle va l'accentuer. Alabama voit défiler les uniformes à sa porte pour flirter. C'est ainsi qu'elle rencontre et tombe amoureuse du lieutenant David Knight. Une fois la guerre finie, ils se marient et partent vivre à New York où David ambitionne de devenir un artiste reconnu. C'est dans l'élégante New York que les Knight commencent à profiter de la vitalité, de l'ivresse des années folles.
    Suivant la mode, ils partent en France et choisissent la Riviera pour l'été malgré les avis contraires. « Leurs amis s'attendaient qu'ils soient piqués à mort par les moustiques français et qu'ils ne trouvent rien d'autre à manger que de la chèvre. Ils leur dirent qu'ils ne devaient pas s'attendre à trouver le tout-à-l'égout sur la Méditerranée et leur rappelèrent même qu'il serait bon d'emmener une malle de boîtes de conserve. » Ils s'installent à St Raphaël où leur vie festive ne fait que continuer. « Une poignée de gens gaspillaient leur temps à être heureux et gaspillaient leur bonheur à être du temps incarné, à côté des palmiers cuits et des vignes séchées qui s'agrippaient de leurs griffes aux terrasses argileuse. » Laisser le temps s'écouler en buvant de l'alcool ne suffit pas à Alabama, elle s'ennuie. Elle se met à flirter et l'image du couple parfait se fendille.
    Les Knight quitte le Sud pour rejoindre Paris. Dans la capitale, les années folles semblent battre plus fort. De nombreux américains s'y trouvent et y boivent sans fin. David écume les fêtes, rencontre les personnes qui comptent et qui peuvent acheter ses toiles. Alabama se sent de plus en plus seule et décide de devenir danseuse. Elle ne peut plus se contenter d'être la femme de David. A force de travail, de douleur, elle est embauchée comme ballerine à Naples. Malheureusement son rêve est de courte durée, blessée à la jambe elle doit rejoindre les Etats-Unis avec sa famille.
    « Accordez-moi cette valse » est l'unique roman de Zelda Fitzgerald (1900-1948), l'épouse de Francis Scott Fitzgerald. le couple est resté le symbole des années folles, « Gatsby le magnifique » le roman phare de ces années 20. le livre de Zelda est largement autobiographique. Son père était membre de la cour suprême de justice et un avocat reconnu. Comme son personnage, l'enfance de Zelda fut insouciante et gâtée. Elle aussi rencontra son mari pendant la guerre. Mais Alabama-Zelda ne trouve pas chez son mari la même attention que celle de son entourage. Il cherche la gloire, l'argent, la reconnaissance. Zelda éprouva aussi le besoin de s'exprimer, de rivaliser avec la célébrité de son mari. Elle ne pouvait se contenter de l'ombre, Zelda s'est essayé à la peinture, la danse et l'écriture. Son roman évoque tout cela en évitant de parler de sa maladie. Zelda commença à sombrer vers 1925, on pense qu'elle était schizophrène ou bipolaire. Elle fit de nombreux séjours en hôpitaux psychiatriques, c'est dans l'un d'eux qu'elle meurt à la suite d'un incendie. F.S Fitzgerald nous parle de son couple dans « Tendre est la nuit », « Accordez-moi cette valse » est la réponse de Zelda, un être de lumière que l'on a trop souvent réduit à ses échecs. La réédition de son livre nous permet de découvrir que dans la famille Fitzgerald, Francis Scott n'était pas le seul à avoir du talent.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2008/03/23/accordez-moi-cette-val..
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    • Livres 2.00/5
    Par LiliGalipette, le 04 décembre 2010

    LiliGalipette
    Roman autobiographique de Zelda Fitzgerald.
    Alabama est la dernière fille du strict juge Austin Beggs et de son épouse Millie. Choyée et couvée à outrance, elle grandit dans un monde où chaque caprice lui est accordé. "Glaneuse d'enthousiasmes vagabonds, elle s'appropriait tout ce qui tombait à portée de sa main." (p. 27) Très jeune, elle vit l'amour par procuration en regardant ses aînées, Joan et Dixie, entrer dans le tourbillon des soupirants et des bals. Dans la moiteur, la touffeur et "l'apathie mélancolique du Sud" (p. 36), Alabama devient une Belle du Sud, jeune fille qui fait tourner les têtes des officiers américains qui vont et viennent lors du premier conflit mondial. "La guerre amenait dans la ville des tas d'hommes qui, sauterelles bienveillantes, s'attaquaient au fléau des filles sans mari qui avait frappé le Sud depuis son déclin économique. [...] Les filles tourbillonnaient de l'un à l'autre avec l'impulsion interne d'un cocon que l'on dévide." (p. 71) Alabama collectionne les insignes des officiers et flirte éhontément avec plusieurs hommes en même temps. L'officier David Knight parvient à ravir son coeur. David a des ambitions d'artiste et acquiert assez vite une renommée dans le monde de la peinture. Les époux Knight connaissent le succès mondain et l'arrivée de la petite Bonnie marque l'apothéose de ce couple amoureux idéal. L'argent leur brûle les doigts, file à toute allure en divertissements et accessoires. le couple s'échappe en Europe et les failles apparaissent. Alabama flirte avec un aviateur français et David se ronge de jalousie, alors qu'il a bien du mal à créer. "David était plus âgé qu'Alabama; il ne s'était jamais plus senti vraiment heureux depuis son premier succès." (p. 197) Malheureuse et délaissée, Zelda se lance à corps perdu dans la danse, elle veut devenir étoile de ballet. Elle s'acharne et plie son cors à une volonté plus grande que la douleur. le couple dérive, sombre. Ni Alabama ni David n'ont la force de le sauver.
    Alabama/Zelda est une Scarlett O'Hara moderne. J'avais beaucoup aimé le texte de Gilles Leroy, Alabama Song et j'avais fondu en étudiant The Great Gatsby de John Scott Fitzgerald, qui romance également la rencontre entre une belle jeune fille riche et un officier issu d'un milieu modeste. le texte produit par Mrs Fitzgerald avait tout pour me plaire mais c'était sans compter le de l'auteure. La langue de Zelda est sinueuse, pâteuse et plonge le lecteur dans un état d'abrutissement dangeureux. Il m'a été très difficile de me concentrer dès la seconde partie du texte. Avec les premières jalousies et les premières rancoeurs, le texte devient épais et collant. Assister au théâtre de ce couple qui surjoue l'amour et tous les sentiments est pénible. La vie emphatique que mène les époux Knight/Fitzgerald se traduit par un ampoulé très indigeste.
    Alabama est une jeune femme inconséquente, profondément malheureuse alors qu'elle sait tout avoir. le spectacle de la déchéance de son mariage et de la perte de ses illusions est douloureux. le texte s'achève sur une fin de réception, entre les coupes vides et renversées et les chaises déplacées, comme la fin d'un grand tourbillon et le retour à la solitude qui suit une douce pagaille. le livre se lit assez vite mais il ne m'a pas charmé.
    Il faudra que je tente Tendre est la nuit, écrit par Mr. Fitzgerald pour avoir un autre point de vue sur la vie de ce couple unique.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/12/04/19737187.html
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    • Livres 5.00/5
    Par csapin, le 13 avril 2012

    csapin
    La Fêlure et Alabama Song m'ont incontestablement donné le goût de me plonger sans compter dans la captivante existence des amants terribles de la Génération perdue, émouvants représentants de l'Ere du Jazz. Cette lecture, qui sera suivie de près par son parallèle Tendre est la nuit (Francis Scott Fitzgerald), a été le théâtre de sentiments contrastés. Tout d'abord du fait d'une quatrième de couv' qui, pour ma part, se fait un miroir bien déformant de l'oeuvre. Ensuite, grâce/à cause du style parfois déconcertant de Zelda Sayre, pour donner le nom de naissance de celle qui souffrit de vivre, malgré son talent, inexorablement dans l'ombre de son mari. Mais comme l'explique Matthew J. Bruccoli dans sa Postface, aucune tentative n'a été faite pour améliorer le style de l'auteur ou même apporter plus que les corrections réellement indispensables. Les phrases déroutantes n'ont pas été redressées, les mots énigmatiques ont été laissés chaque fois qu'ils rimaient à quelque chose. La qualité essentielle de Save me the Waltz vient de l'étrangeté de sa prose ; essayer d'y toucher ne servirait qu'à de mauvaises fins. Des situations parfois cocasses, d'autres infiniment philosophiques qui traduisent une douleur, un mal-être en filigrane, qui n'a de réelle profondeur que dans l'infiniment poétique pudeur de l'auteur. Mon seul regret est que cette existence torturée et trop courte ne laisse derrière elle que cet unique roman autobiographique.

    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2008/02/19/charlotte-sapin-acc..
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    • Livres 2.00/5
    Par Errazuriz, le 24 octobre 2011

    Errazuriz
    "J'ignore à quoi ressemble mon livre écrit d'un seul geste, d'une seule levée d'encre. J'ignore ce qu'il a pour plaire - pas d'intrigue, pas de nœud, pas de pelote sentimentale - mais je sais, je sens en lui une chose importante : un tendeur qui de la première à la dernière phrase tient le tout. Corde vibrante... au bord de rompre ?"
    Voila les mots que Gilles Leroy place dans la bouche de Zelda Fitgerald dans son roman biographique, Alabama Song. Et c'est exactement ça.
    Accordez-moi cette valse est un livre tendu, à l'écriture précipitée. C'est un style particulier, qui d'une certaine manière s'accorde avec l'histoire d'Alabama Beggs (entendre Zelda Sayre) belle du Sud qui connaitra l'amour et la haine, l'ascension et la chute, au bras de David Knight (entendre Francis Scott Fitzgerald).
    Malheureusement, je n'ai pas pu m'empêcher tout au long de ma lecture de comparer l'œuvre de Zelda avec celles de son époux. Et face au magnifique Gatsby, son style raffiné, son intrigue passionnante, face à l'écriture sublime de Tendre est la nuit, Accordez-moi cette valse m'a paru laborieux, presque indigeste.
    Et puis je crois que j'aime trop Francis Scott Fitzgerald pour aimer un livre où il apparait si odieux !
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Citations et extraits

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  • Par csapin, le 30 mars 2011

    "Je veux dire, poursuivit-il, que si quelqu'un s'avisait de nous rappeler ce que nous ressentions naguère à propos des choses, quand nous le ressentions de la façon dont ils nous le rappellent, alors, peut-être que cela nous rafraîchirait.

    - Je vois ce que tu veux dire. La vie s'est mise à devenir aussi tortueuse que les contorsions sentimentales d'une danse rythmique.

    - Absolument. Je voudrais élever quelque protestation à cet égard car je me trouve maintenant beaucoup trop occupé pour travailler très sérieusement."
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  • Par csapin, le 30 mars 2011

    Pendant toute la soirée, Alabama pensa à la guerre. Les choses allaient se désintégrer pour se reconstituer en de nouveaux sujets d'excitation. Avec le nietszchéisme propre aux adolescents, elle envisageait déjà de profiter de ce bouleversement du monde pour échapper à l'atmosphère suffocante qui lui semblait étouffer sa famille, ses soeurs, sa mère. Elle se dit qu'elle s'élèveraient brillamment vers de hautes sphères et s'arrêterait pour admirer autour d'elle - que ce soit permis ou non - et si l'amende était lourde, eh bien, cela ne servait à rien de faire des économies pour la payer, on verrait bien plus tard. Forte de ces résolutions présomptueuses, elle se jura que si jamais, à l'avenir, son âme venait à mourir de faim et à mendier une bouchée de pain, elle devrait se contenter, sans plainte et sans regret, des pierres qu'elle pourrait lui offrir. Impitoyablement, elle se convainquit que la seule chose qui eût vraiment de l'importance, c'était de prendre ce qu'elle voulait quand elle pourrait. Elle fit de son mieux pour y parvenir.
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  • Par Herikawa, le 05 octobre 2009

    - N'importe qui te fournira une raison de croire, à la demande, dit-elle à David. Mais si peu de gens donnent quelque chose à quoi se rattacher en plus de cette croyance – la plupart du temps ils vous tendent juste de quoi ne pas vous laisser tomber, et c'est tout. C'est bien difficile de trouver quelqu'un qui accepte des responsabilités au-delà de ce que l'on attend.
    - Il est si facile d'être aimé – si difficile d'aimer, répondit David. P345
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  • Par csapin, le 30 mars 2011

    New York était bien loin derrière eux. Les forces qui les avaient produits étaient loin derrière eux aussi. Le fait qu'Alabama et David ne percevraient jamais exactement le battement de cet autre pouls, puisqu'on ne peut reconnaître dans un nouveau milieu qye ce qui nous était familier, avant, dans le nôtre, ne dérangeait en rien leurs espérances.
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  • Par Herikawa, le 05 octobre 2009

    - Je pensais que tu pourrais me dire si notre corps nous est donné pour servir de dérivatif à notre âme. Je pensais que tu saurais pourquoi lorsque notre corps devrait prendre la relève de notre esprit torturé, il échoue et s'effondre; et pourquoi, quand nous sommes tourmentés dans notre corps, notre âme ne peut nous servir de refuge.

    Le vieil homme restait silencieux, immobile.

    - Pourquoi devons-nous gaspiller des années à fatiguer notre corps pour nourrir notre esprit d'expériences pour finalement découvrir que notre esprit se tourne, alors, vers notre corps épuisé pour y puiser une consolation? P337
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