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Critiques sur Gatsby le magnifique (38)


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  • Par trust_me le 04/03/2012


    Dans l'Amérique des années 20, le narrateur, Nick Carraway, a quitté son Middle West natal pour venir s'installer à New York et apprendre le métier de courtier en valeurs. Préférant ne pas vivre en ville, Nick emménage dans le quartier de West Egg, à Long Island. Une banlieue chic où son plus proche voisin, Jay Gatsby, organise de somptueuses fêtes dans sa non moins somptueuse villa. Gatsby est un personnage mystérieux. Certains affirment qu'il a été espion à la solde des allemands durant la première guerre mondiale. D'autres ont entendu dire qu'il mène des activités douteuses. Personne en tout cas ne sait réellement d'où vient sa fortune. Devenu rapidement l'ami et le confident de Gatsby, Nick comprend surtout que si cet homme multiplie les réceptions extravagantes, c'est dans le but d'attirer chez lui la belle Daisy Buchanan, un amour de jeunesse aujourd'hui mariée à un autre et qu'il souhaite ardemment reconquérir.

    Gatsby est le chef d'œuvre de Fitzgerald. Un roman à ranger parmi les classiques de la littérature américaine. C'est surtout une satire mordante de l'égoïsme d'une partie de la société obnubilée par la gloire et l'argent. le récit est traversé par l'amertume, la mélancolie et le constat de la vacuité de l'existence. Sur le personnage de Gatsby plane l'ombre du désenchantement. Il représente une sorte d'homme-enfant bercé par la nostalgie de ses souvenirs amoureux d'avant guerre.

    La construction du roman et son découpage en neuf chapitres ne relèvent pas du hasard. Dans les quatre premiers Fitzgerald célèbre la jeunesse, l'espoir, l'éclat de la fête. Dans les chapitres six à neuf, c'est la mélancolie qui l'emporte. Gatsby réalise son rêve mais il perd ses illusions, le drame se noue, il pleut quasiment tout le temps. le changement d'atmosphère est radical. Entre ces deux parties très différentes se trouve le 5ème chapitre, point central où tout bascule. C'est celui des retrouvailles entre Gatsby et Daisy, celui à partir duquel l'amoureux transi va doucement glisser vers son funeste destin.

    Fitzgerald a écrit son roman pendant un séjour en France, à un moment où Zelda, l'amour de sa vie, le trompe avec un autre. Une situation qui le poussera dans une crise sentimentale extrême. Il déclarera d'ailleurs : « J'ai arraché Gatsby le magnifique de mes entrailles dans un moment de détresse. » Que retenir de ce texte magnifique ? Peut-être simplement une vérité trop souvent vérifiée : « Tout s'écroule lorsqu'un rêve poursuivi pendant des années devient une réalité. »


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2012/03/gatsby-le-magnifique...

    critique de qualité ? (24 votes positifs)



  • Par KATE92 le 18/02/2012



    Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit les âmes, c'est l'époque de la Prohibition et des fortunes rapides ;
    En 1922, Jay Gatz, désormais Gatsby, est excessivement riche. Personnage énigmatique installé à Long Island dans une « clinquante » propriété, énormément d'histoires courent sur son compte sans empêcher les gens fortunés, ou non, de venir profiter de ses cocktails et autres.
    Gatsby le magnifique pense que sa fortune, ses achats inconsidérés vont attirer Daisy vers lui comme un aimant, celle-ci étant mariée à Tom Buchanam, un millionnaire qui, contrairement à Gastby, n'a pas gagné sa fortune, mais en a hérité.
    Gatbsy arrivera-t-il à reconquérir son amour de jeunesse ?
    Nick Carraway, le cousin de Daisy, qui est un observateur lucide, nous raconte cette histoire.
    A « dévorer » : amour et déclin du rêve américain.

    critique de qualité ? (19 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo le 17/05/2012


    Je n'avais jamais rien lu de F.S. Fitzgerald avant Gatsby. de prime abord, j'ai trouvé le style plaisant mais pas transcendant et le fond pas non plus désagréable mais pas davantage à baver d'allégresse. L'histoire se déroule durant l'été 1920 aux États-Unis (à ce titre il peut être intéressant de le comparer à Manhattan transfer). L'auteur nous y décrit le monde très prout-prout de l'époque. À y réfléchir maintenant, je trouve que son livre a aujourd'hui une valeur documentaire (peut-être est-ce la raison secrète pour laquelle l'ouvrage a plus de succès maintenant qu'à sa sortie) et qu'il est, en ce sens, plus intéressant qu'il n'y paraît initialement. Gatsby est touchant de délicatesse à l'égard de son aimée. Les personnages secondaires féminins sont, il faut bien le reconnaître, assez caricaturaux mais très intéressants. J'ai beaucoup aimé la façon que l'auteur a de nous endormir dans le feutre du récit pour mieux nous bousculer, ainsi que ses personnages, dans le coup de tonnerre final. L'auteur nous livre également une réflexion sur la réussite sociale et le bonheur. Que ceux qui n'en veulent pas savoir davantage arrêtent la lecture de mon commentaire ici, pour les autres, voici le synopsis :
    Nick Carraway, un jeune homme du Middle West américain atteignant la trentaine, se rend à New York pour travailler dans la finance comme agent de change. Par hasard, il trouve à louer une petite bicoque à Long Island, zone résidentielle très huppée et snob de la banlieue new-yorkaise. Sa demeure, presque invisible, est située dans West Egg entre deux énormes et luxueuses villas. de là, la vue est imprenable sur East Egg, l'endroit le plus cossu et sélect de toute la zone. C'est là qu'habite Daisy, sa cousine germaine et Tom Buchanan, son mari, issu de la même promotion que Nick à l'université Yale.
    Nick se rend un soir chez les Buchanan, qu'il connaît à peine, sur invitation de Daisy. Tom, beau et riche colosse, mais quelque peu bourru paraît végéter auprès de Daisy, laquelle semble tout autant s'ennuyer ferme avec son mari. Elle passe le plus clair de son temps avec son amie Jordan Baker, une joueuse de golf professionnelle.
    Tom, peu de temps après, demande à Nick de l'accompagner pour lui présenter sa maîtresse, Myrtle Wilson, la femme d'un garagiste sur la route qui relie New York à Long Island. Nick, témoin de l'inconstance de Tom, de l'enlisement du couple qu'il forme avec Daisy, n'aurait guère d'intérêt à fréquenter les Buchanan s'il n'y avait le rapprochement de plus en plus sensible avec la belle Jordan. Celle-ci s'étonne qu'il ne connaisse pas Gatsby puisqu'il habite West Egg, comme lui, et qu'on ne parle que de cet homme à la richesse fabuleuse.
    Gatsby, justement, c'est son voisin. C'est lui qui possède l'immense maison très animée qui occulte la misérable de Nick. Gatsby donne fréquemment des réceptions somptueuses qui accueillent des centaines de convives. Mais qui est Jay Gatsby ? D'où vient-il ? Que fait-il ? Les rumeurs les plus folles circulent sur son passé et sa fortune, même au sein de sa propre maison. C'est ce que Nick brûle de découvrir lorsqu'un jour il reçoit une invitation pour passer la soirée chez Gatsby. Une étonnante histoire va lier Nick, Tom, Gatsby, Jordan, Myrtle et Daisy...
    Un roman doux-amer, avec une sorte de petit caillou qui crisse sous la plume feutrée de Fitzgerald, pour nous dépeindre son Amérique. Peut-être pas un incontournable, mais un livre baromètre d'une époque, aujourd'hui révolue, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire pas grand-chose.

    critique de qualité ? (18 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe le 15/02/2012


    "Je suis allée partout,j'ai tout vu de ce qui est à voir,j'ai tout fait.Blasée-Dieu que je suis blasée!"
    Pauvre petite fille riche! Daisy a tout pour être heureuse la beauté, une superbe maison à Long Island, un mari (Tom Buchanan) rentier qui l'adore et des fêtes où le champagne coule à flots.
    Son histoire et celle de sa liaison fatale avec Jay Gatsby, alias "Gatsby le magnifique", nous est contée par son voisin et cousin Nick Carraway, un provincial issu d'une famille désargentée qui a essayé de percer en tant que courtier en bourse et qui, après l'avoir méprisé est devenu l'ami de Jay.
    Ce drame psychologique basé sur la passion éprouvée par deux hommes pour la même femme frivole montre le pouvoir et l'attrait de l'argent dans les années folles de l'après guerre de 14 car Gatsby, au charisme indéniable, est en fait un parvenu, attiré par un milieu clinquant et superficiel, jadis amoureux de la belle Daisy et voulant à tout prix réussir dans tous les secteurs en jouant le rôle d'homme du monde qu'il n'est pas.
    Un tragique accident provoqué par la vitesse grisante de la prétentieuse Daisy, puis la suppression du fautif (propriétaire de la voiture) par le mari jaloux et vengeur, tout en détruisant le rêve de réussite sociale de l'Américain moyen, réunira les amants par delà la mort.
    Gatsby le magnifique, roman d'amour romantique (pour le couple Jay-Daisy) très fouillé au point de vue psychologique évoque également L'insoutenable légèreté d'être de Kundera où il n'y a pas de "demi-mesure", "pas d'arrangements" où le couple de Théreza et Thomas meurt dans un accident mais variante la jalousie et l'amour exclusif sont éprouvés par le mari de Daisy Tom Buchanan.
    Gatsby le magnifique a été adapté au cinéma et en pièce de théatre. Francis Scott Fitzgérald, auteur américain du XX° siècle,(dont le couple célèbre avec la fantasque Zelda a souvent fait scandale) a toujours mis beaucoup de lui (provincial issu d'une famille pauvre) dans ses romans.

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Woland le 26/12/2007


    Great Gatsby
    Traduction : Jacques Tournier

    Personnellement, j'ai toujours trouvé que la littérature américaine du XXème siècle marquait une véritable fascination envers la Tragédie. C'est Faulkner qu'on cite bien sûr en premier en ces occasions mais il ne faudrait pas oublier John Steinbeck (qui joua sur les deux tableaux, celui de la Tragédie échevelée, avec "A l'est d'eden" comme celui de la Tragédie sobre avec ce chef-d'oeuvre qui s'appelle "Des souris et des hommes"), Norman Mailer, Truman Capote (Si "De sang-froid" n'est pas une tragédie, qu'est-ce que c'est ?) ou, au théâtre, le baroque et flamboyant Tennessee Williams.

    S'y ajoute pour moi désormais un auteur dont j'avais évidemment entendu parler mais dont, je l'avoue à ma grande honte, je n'avais jamais lu un seul écrit jusqu'ici, à l'exception d'une nouvelle fantastique publiée dans l'un des volumes "Alfred Hitchock présente ..." au Livre de Poche. (Je l'ai encore, cette nouvelle et je vais d'ailleurs la relire.)

    Cet auteur, c'est Francis Scott Fitzgerald qui mourut d'une crise cardiaque en 1940 après avoir menée la vie excentrique et rongée par l'alcool d'un suicidaire-né.
    On l'oppose souvent à Hemingway - que je n'ai jamais pu lire tant son style (ou son absence de style ???) me rebute - mais, pour l'un comme pour l'autre, le procédé est injuste. Tous deux cherchaient à se détruire en éblouissant au maximum leur entourage, voire la terre entière, tous deux voyaient en la Mort le feu d'artifice suprême destiné à sceller leur légende.

    "Gatsby le magnifique" marque l'apogée de Fitzgerald qui, plus jamais, ne retrouvera pareil éclat aux yeux du monde. L'intrigue en est supérieurement simple mais cette simplicité justement est si diabolique et l'agencement en est si rigoureux que ce roman atteint avec un naturel parfait aux plus hauts sommets de la Tragédie antique.

    Nous sommes pourtant en 1922, à East Egg, l'un des faubourgs de New York où le narrateur, Nick Carraway, vient tout juste d'emménager. En cette époque où la Prohibition est reine et où rien ne laisse présager qu'un certain jeudi de novembre 1929, la chute de Wall Street entraînera dans la mort nombre de fortunes aussi conséquentes que récemment acquises, Carraway a pris un poste dans une banque. Côté sentimental, il entretient une petite correspondance avec une jeune fille dont il est vaguement amoureux et qui est demeurée dans le Middle West dont il est originaire.

    Un jour, par curiosité autant que par ennui, Carraway traverse la baie pour se rendre à West Egg, banlieue nettement plus riche et plus snob qu'East Egg, pour y déjeuner chez sa cousine, Daisy. Celle-ci s'est mariée avec l'un de ses pairs, Tom Buchanan, fils de famille aisée en qui Fitzgerald nous dépeint, non sans cruauté, le WASP-type.

    C'est au cours de ce déjeuner que Nick fait la connaissance de Jordan Baker, joueuse de golf professionnelle, dont il tombe amoureux. C'est aussi au cours de ce déjeuner qu'il entend pour la première fois évoquer le nom de son plus proche voisin à East Egg, Jay Gatsby.

    Enfin, nouvelle qui le sidère, il apprend également que Buchanan a une maîtresse, que ce n'est pas la première fois, que Daisy n'ignore rien de la chose et que tout cela crée beaucoup de tensions dans le couple de ses cousins.

    Plus tard, Tom le mènera presque de force chez sa maîtresse, Myrtle Wilson, à qui il a loué un petit pied-à-terre à New-York dans une résidence luxueuse. Nick ne saisit pas très bien ce que son cousin trouve en cette femme somme toute vulgaire, qui n'est autre que l'épouse d'un gérant de station-service avec qui, bien entendu, Tom a fait ami-ami. Comme il est homme, il ferme néanmoins les yeux sur une situation qu'il juge malhonnête et malsaine mais tout au fond de lui prend racine le mépris qu'il laissera éclater à la fin du roman envers Buchanan.

    En parallèle, Nick se rend à l'une des somptueuses réceptions que donne Gatsby, son voisin. Il a la surprise d'y croiser Jordan Baker, laquelle est venue là comme tant d'autres, amenée par l'ami d'un ami de ... qui avait entendu dire qu'on s'amuserait bien. De papotages en ragots de mondains quasi professionnels, venus là pour manger et surtout boire victuailles et alcools de qualité sans débourser un seul centime, Carraway saisit les plus invraisemblables histoires sur Gatsby et surtout sur les origines de sa fortune. Si certains soutiennent qu'il est bel et bien l'ancien étudiant d'Oxford et le fils de famille qu'il affirme être, la majorité ne relève en lui que le bootleger sans scrupules, l'associé d'individus dont il est préférable de ne pas citer les noms.

    Pourtant, Gatsby est un homme charmant. Plus il le fréquente et plus Carraway s'en persuade même si, à certains moments, un doute subtil s'en vient l'effleurer. C'est donc de fort bonne grâce qu'il finit bientôt par favoriser les retrouvailles de Gatsby avec Daisy. Les deux jeunes gens s'étaient en effet rencontrés cinq ans auparavant et avaient eu une brève liaison. Puis Gatsby avait rejoint l'armée américaine en Europe où il s'était d'ailleurs comporté en héros. Hélas ! en le rendant à la vie civile, l'armée l'avait aussi rendu à son statut minable de fils de fermier dans l'impossibilité absolue de prétendre à la main d'une jeune fille telle que Daisy. Au reste, celle-ci, lasse d'attendre, avait épousé Tom Buchanan et sa fortune.

    A partir de là, nous entrons dans la véritable tragédie, l'une de celle qui eût séduit les Anciens Grecs et l'on reste ébloui par l'incroyable naturel avec lequel Scott Fitzgerald noue et dénoue les fils de la trame qu'il a tissée.

    Sous une autre plume, l'histoire aurait été pesante, voire invraisemblable. Avec la sienne, elle irradie d'éblouissants éclairs de poésie sans porter atteinte un seul instant à la rigueur toute mathématique du découpage. La magie qui s'opère, à la fois aérienne et profonde, participe de cette antique fascination qui saisit encore les modernes lorsqu'ils prêtent l'oreille à ces mythes impitoyables où des mortels qu'attirait trop l'Olympe se voient rejetés, foudroyés, sur la terre. Ou plutôt, comme l'écrit Scott Fitzgerald au final :

    "Gatsby croyait en la lumière verte, l'extatique avenir qui, d'année en année, recule devant nous. Il nous a échappé ? Qu'importe ! Demain, nous courrons plus vite, nos bras s'étendront plus loin ... Et un beau matin ...

    C'est ainsi que nous avançons, barques luttant contre un courant qui vous rejette sans cesse vers le passé." ;o)

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Eric75019 le 28/09/2011


    Même si l'on n'a pas vu le film tiré du livre et réalisé par Jack Clayton en 1974 (c'est mon cas), on a tous en tête l'affiche montrant sous une grande casquette blanche la bouille réjouie de Robert Redford, planté derrière une Mia Farrow absolument divine ; ils sont riches, souriants, extrêmement élégants, confiants dans l'avenir, et regardent dans la même direction. Mais qu'en est-il exactement ?
    Avec le roman Francis Scott Fitzgerald, le lecteur est d'emblée plongé dans l'Amérique des années 20, chez les nantis des faubourgs chics new-yorkais. le narrateur lui-même fait partie de la classe dominante, même s'il s'en défend, Nick Carraway travaille dans la finance et fréquente les milieux huppés. La richissime cousine de Nick, Daisy (Mia Farrow dans le film), est mariée à Tom Buchanan, un camarade de promotion de Nick à Yale. Nick fait la connaissance d'une amie de Daisy, la championne de golf Jordan Baker. Jordan évoque le mystérieux voisin de Nick, Jay Gatsby (Robert Redford), qui bientôt invitera Nick à l'une de ses fastueuses soirées, dans le but de revoir et de reconquérir Daisy, qu'il considère comme l'amour de sa vie. Par ailleurs Tom, dont le couple bat de l'aile, présente à Nick sa maîtresse, Myrtle Wilson, une femme vulgaire qui est également l'épouse de son garagiste, un minable. Une fois le décor planté et les acteurs en place, le scénario du roman peut se dérouler tranquillement mais inexorablement jusqu'au drame final.
    En début de roman, Scott Fitzgerald peint la vie de ses personnages par petites touches, à la manière des impressionnistes : des bribes de conversation, dont le contexte nous échappe, des ellipses dans la narration, des zones d'ombre et des angles morts, des répliques incomplètes au téléphone, des personnages secondaires furtifs et un peu flous… Il faut un peu de recul pour que le tableau dévoile sa cohérence. Gatsby le magnifique dépense sans compter pour parvenir à ses fins et cherche à en mettre plein la vue en organisant des soirées somptueuses pour ses voisins, le who's who new-yorkais (dont la liste des noms ne nous est pas épargnée !). Mais Gatsby n'est pas, contrairement aux autres personnages, un héritier de la classe dominante, on finit par apprendre qu'il est un parvenu d'origine modeste, et qui plus est, l'origine de sa fortune reste un mystère un peu louche… mais nul n'y prête attention tant que dure la fête et que tout le monde peut en profiter !
    Peu à peu, le flou mondain et un peu ennuyeux des premiers chapitres fait place à des scènes plus précises et plus violentes. Les sentiments et les calculs sont dévoilés, les masques tombent, et l'histoire se referme, dénonçant avec une lumière crue l'hypocrisie et le cynisme des nantis, prêts à tout pour protéger leur monde. Il faudra attendre les derniers chapitres pour que Nick, témoin jusqu'alors étrangement extérieur au drame qu'il raconte, entre en action, prenne parti et juge la conduite de ses semblables (mais sans remords excessifs).
    Quelques petits problèmes de traduction nuisent un peu à la crédibilité du récit de cette nouvelle version sortie en poche (Gatsby appelle sans arrêt Nick « cher vieux » au lieu de « mon vieux » ou « vieux frère ») mais il paraît qu'il y a eu encore pire dans une traduction récente, versant carrément dans le jeunisme anachronique, j'ai heureusement échappé à celle-ci. Décidément, traduire des classiques américains ne semble pas être une chose si facile !
    Par ailleurs, le roman est complété pas une annexe retraçant la correspondance entre Francis Scott Fitzgerald et son éditeur avant la publication du livre (qui fut un échec commercial à sa sortie), ces documents en disent long sur l'état d'esprit de l'auteur, et apportent un témoignage sur la fabrication du livre, à la façon des bonus sur les DVD.
    Au final, ce roman n'est ni nécessaire ni indispensable (la satire sociale n'est tout de même pas très prononcée), sauf pour ceux qui aiment étudier les riches entre eux (une minorité en voie de disparition, mais on ne le savait pas encore à l'époque).

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par yoshi73 le 04/04/2012


    Nick travaille comme courtier à New-York. Son maigre salaire lui permet de louer une maison sans prétention à West Egg, Long Island. Très vite, il est attiré par son voisin, Gatsby. Ce dernier a une maison à couper le souffle et donne fête sur fête dans sa magnifique propriété. Chaque soir, Nick assiste à un ballet incessant de voitures. Alors qu'il est invité à l'une de ces soirées, il découvre que les rumeurs les plus folles circulent sur le compte de son hôte, certains disent notamment qu'il aurait tué un homme. Il se rend surtout compte que très peu des invités connaît réellement Gatsby et qu'ils viennent à ses soirées sans même avoir été invités, par le simple bouche à oreille. C'est un monde de paillettes et d'apparence où les gens sont inintéressants au possible.

    Nick finit par faire la connaissance de Gatsby et par apprécier sa compagnie. Il va, sans le vouloir, jouer le rôle d'entremetteur et permettre à Gatsby de renouer avec son amour de jeunesse, Daisie, qui est mariée à Tom, son camarade d'université.

    Très vite, le lecteur passe d'une ambiance festive à une ambiance beaucoup plus lourde où le mensonge et la tromperie sont de mise. Nick est l'observateur de tout ce qui se passe, de l'évolution négative et dramatique de la situation.

    Ce livre parle de la solitude, du mensonge et de l'égoisme. C'est un livre très prenant. Une fois ouvert, il est presque impossible de le refermer. On sent le drame venir à plein nez dès les premiers chapitres mais sans savoir où l'auteur va nous emmener.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Jacobinette le 10/03/2012


    Je reste assez mitigée vis à vis de ce roman. Une part de moi a aimé le monde dépeint par F. Scott Fitzgerald fait de faste et de relations superficielles, mais d'un autre coté je me suis ennuyée lors des longues descriptions et des nombreuses scènes où il ne se passe quasiment rien. J'ai dans l'idée que ce livre est fait pour le cinéma. Nick Carraway, son narrateur, nous décrit longuement les tenues luxueuses des gens qu'il rencontre, leurs bijoux, leurs attitudes, les couleurs éclatantes qui l'entoure, et les paysages de la côte est qui n'ont rien à voir avec son midwest natal.

    Nick Carraway a beau être le narrateur de ce roman, il n'en est pas pour autant le personnage principal. Il agit tel un journaliste qui nous chroniquerait une histoire, celle de son voisin : le mystérieux Jay Gatsby, propriétaire d'une demeure luxueuse aux fêtes extravagantes, aux invités nombreux, et pourtant si seul.

    Je crois qu'en 2012 nous avons tous conscience que la célébrité est éphémère et les véritables amis peu nombreux. On peut passer d'idole en paria en quelques heures. Il me semble que traiter de façon aussi franche d'un milieu social aisé pouvait être vu comme osé en 1925, année de sortie de ce livre. Mais à notre époque ce n'est qu'un exemple de plus au fait que les paillettes cachent souvent beaucoup de gens faux et terriblement seuls. du coup, cette réflexion sur la "célébrité" ne m'a pas chamboulée. J'ai été beaucoup plus touchée par le thème de la nostalgie et du besoin de recréer le passé. Ce sentiment que le passé peut devenir futur pour au final n'être que chimère et donc nous empêcher d'avancer. Sans oublier que les années ont tendance à changer nos souvenirs, à les édulcorer. On occulte les mauvais moments, on enjolive les bons, on y pense encore et encore et finalement on se recrée un passé, on oublie le présent : on rêve sa vie...

    L'attitude de Nick m'a elle aussi fait réfléchir. Au départ j'avais une envie folle de le secouer afin qu'il cesse d'être toujours aussi calme. Mais finalement son comportement et celui d'un spectateur qui a compris que le monde dans lequel il est entré ne peut être changé. Et c'est lorsqu'il compare ces gens là à des enfants que j'ai réalisé qu'il était inutile de s'évertuer à leur ouvrir les yeux. C'est un combat perdu d'avance !


    Lien : http://www.jacobinette.com/archives/2012/03/09/23710588.html

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par carre le 29/12/2011


    Un des grands classiques du XXème siécle.1920 Long Island le beau et charismatique Jay Gatsby donne de somptueuses soirées dans son immense propriété. On y côtoie la Jet Set mais aussi des gens moins honorables. Avec que les rumeurs ne cessent de se propager sur la richesse de Jay et les zones d'ombres de celle-ci, Gatsby n'a qu'une idée en tête, récupérer la belle Daisy mariée à Buchanan, lui aussi richissime mais par héritage. Sous le regard amusé mais lucide de Nick Carraway. A travers le portrait de cette haute bourgeoisie désoeuvrée, juste à l'après guerre, au début de la prohibition, Fitzgérald décrit magnifiquement le désenchantement d'une jeunesse qui vit dans l'opulence et la superficialité, bien loin des préoccupations des petites gens. le roman d'une génération, fort et sublimement écrit. Un très grand livre, immortalisé au cinéma par Robert Redford dans le rôle de Gastby.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par spleen le 25/12/2011


    Dans le cadre "j'offre des livres à Noël", j'avais choisi des petits livres de poche que je qualifierais de Classiques de la littérature et je n'ai pu résister à la tentation de lire ou relire ces ouvrages.
    Considéré comme un des précurseurs de la littérature américaine du XXème siècle, je crois bien que je n'avais jamais lu de F Scott Fitzgerald, même si je connaissais le film de Gatsby le magnifique, dont une nouvelle prochaine adaptation va d'ailleurs sortir en 2012 ...
    Peinture d'une société américaine brassant la fortune, la gloire dans des receptions somptueuses, nous sommes en 1922, certains se sont distingués sur les champs de bataille de la première guerre mondiale.
    Le début de l'histoire évolue dans ce microcosme insouciant autour du personnage de Gatsby dont l'origine de la fortune reste mystérieuse.
    Monde de fêtes et de plaisir qui cache des dessous moins reluisants, des couples déchirés, de l'argent à l'origine douteuse, l'imposture n'est pas loin, le ton enjoué s'efface et le denouement dramatique se met peu à peu en place ...
    C'est bien mené, Nick Carraway qui raconte l'histoire, ébloui dans un premier temps par le faste et l'aura de Gatsby, rentre dans le cercle immédiat du drame mais garde la tête froide et un certain esprit critique ...
    Belle écriture , j'ai passé un agréable moment même si habituellement je n'aime pas trop les histoires dans ce milieu qui apparait totalement factice .


    Lien : http://lejournaldelouloune.over-blog.com/article-gatsby-le-magnifiqu..

    critique de qualité ? (9 votes positifs)






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