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Pierre Furlan (Traducteur)
ISBN : 2714446159
Éditeur : Belfond (2010)

Note moyenne : 2.75/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Tout à la fois roman d'aventures, pastiche victorien, fresque sociale, dénonciation radicale des ravages de la colonisation, le nouveau chef-d'oeuvre d'un des plus grands écrivains australiens. Inspirée de faits réels, portée par une écriture étincelante de finesse et d'esprit, une oeuvre virtuose et sensuelle, une méditation troublante sur la lutte entre le désir et la raison.
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
SagnesSy
SagnesSy22 août 2015
  • Livres 2.00/5
« L'histoire de Mathinna et celle de Dickens, avec le lien étrange mais indéniable qu'elles ont entre elles, m'ont suggéré une méditation sur le désir – le prix de son déni, sa centralité, sa force et son pouvoir dans les affaires humaines. C'est cela, et non l'histoire, qui constitue le véritable sujet de Désirer. »
Dans ce roman sont alternées deux périodes – 1854 à Londres et quelques années plus tôt, en Tasmanie – et deux histoires, la rencontre entre Charles Dickens et Ellen Ternan et le destin effroyable de Mathinna, une petite arborigène. le lien ténu entre les deux s'effectue par les Franklin, le célèbre sir John disparu lors de l'expédition éponyme (disparition qui se produit entre les deux périodes) et son épouse Lady Jane.
Mais comme l'indique l'auteur lui-même en postface, il a moins accordé d'attention à sa narration qu'au message qu'il souhaitait faire passer, et qui pour le coup m'a semblé martelé. On ne peut que reconnaître une grande maîtrise des sujets, et j'ai apprécié très sincèrement de voir Dickens en personnage, en une extrapolation reprenant les éléments que j'ai pu lire çà et là. Mais l'aspect romanesque en lui-même m'a déçue, et je crains que quelqu'un qui découvrirait tout ça sous la seule plume de Richard Flanagan ne s'en fasse une idée plutôt terne.
Je n'ai pas accroché à l'histoire de Mathinna, plus précisément la plume de cet auteur ne correspond pas à mon goût pour le lyrisme et l'émotion. Il s'agit ici en permanence d'aller gratter le sens sous les évènements, pour le montrer noir sur blanc au lecteur.
On comprend (forcément, on comprend, à le lire ainsi décliné encore et encore) l'inextricabilité de la période victorienne pour des gens faits de chair et de désirs, pour le plus grand des écrivains qui plus est, le jamais égalé et merveilleux Charles Dickens. Mais on ne parvient pas à le ressentir, et pour moi c'est un échec.
J'ai tellement peu accroché au style de Richard Flanagan que je ne crois pas le relire un jour !
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gerardmuller
gerardmuller19 février 2016
  • Livres 3.00/5
Désirer/Richard Flanagan
On est en 1839 : première photo d'un être humain, djihad d'Abd el Kader contre les Français, et publication de Oliver Twist de Charles Dickens.
En Tasmanie, colonie anglaise appelée à l'époque Terre de van Diemen, John et Jane Franklin adopte une petite aborigène, Mathinna, uen fillette charmante et discrète. Éducation à l'anglaise, bonne manières, la petite subit la métamorphose de l' « état sauvage » vers la « civilisation ». John est le gouverneur de la colonie et a tous les pouvoirs.
Pendant ce temps, les colons pour la plupart des convicts, traquaient les aborigènes et les abattaient à coup de fusil avec autant de joie et aussi peu d'hésitation qu'ils chassaient le kangourou.
Quel destin attend Mathinna ? Pourra –t-elle accepter la mutation ?
Plus tard vers 1854 on apprend la disparition de John Franklin parti en exploration dans l'Arctique. A-t-il vraiment mangé de la chair humaine au cours de l'expédition ?
Jane se tourne vers Charles Dickens, fantasque séducteur au sommet de sa gloire pour rétablir la vérité dans une pièce de théâtre qui va connaître un franc succès.
Il s'agit là d'un roman basé sur des faits avérés.
La colonisation anglaise dans cette île du bout du monde à partir de 1803 fit des ravages au sein de la population qui au fil des décennies a disparu. Une extermination systématique fut entreprise de 1826 à 1834.
Les survivants furent déportés dès 1834 vers l'île de Flinders située entre la Tasmanie et l'Australie :
« Robinson expliqua que dans cette guerre où les Aborigènes ne pouvaient plus gagner, il offrait la dernière solution réaliste possible : le sanctuaire sur les îles du détroit de Bass en échange de leur pays. Là on leur fournirait de la npourriture et toutes les bonnes choses du monde des Blancs : des vêtements, un toit, du thé, de la farine et Dieu. »
Les Aborigènes étaient là depuis 35 000 ans ! À l'arrivée des Anglais, ils étaient environ 10 000. En 1883, ils n'étaient plus que 300 !
La dernière Aborigène non métissée est morte en 1905.
Roman mais pas seulement : c'est aussi une fresque sociale de la vie à Londres au temps de Dickens et de la vie à la colonie.
Richard Flanagan est un écrivain australien : dans ce livre il a voulu mettre en scène une réflexion sur le désir.
Il faut avouer que l'on parfois un peu de mal à passer d'une époque et donc d'une histoire à une autre, avec pour seul lien la vie des Franklin. le fil conducteur reste très ténu et l'illustration de la phrase : « Nous avons tous des désirs, mais seuls les sauvages acceptent de les assouvir » ne m'a pas convaincu.

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Stemilou
Stemilou31 décembre 2010
  • Livres 4.00/5
Désirer est un roman qui entrelace deux histoires, celle d'un Charles Dickens comédien et celle des aborigènes de la terre de van Diemen. le lien ? C'est une femme, Lady Jane et à travers elle il est surtout question d'une enfant Mathinna originaire de cette terre de guerriers qu'est la Tasmanie.

Les époques et les lieux ne sont pas les mêmes, on est en Tasmanie en 1830 auprès d'un catéchiste qui converti les aborigènes et à Londres aux alentours de 1850 auprès de Dickens. D'un côté on parle de colonisation et de disparition d'un peuple, de l'autre on parle du fantasque Charles Dickens, de son besoin de reconnaissance et de triomphe, de son manque d'égard envers sa famille et sa recherche de bonheur.

Ça peut paraître étrange et ça l'est car il n'y a pas vraiment de fil conducteur entre les différents chapitres, on passe de d'un récit à l'autre sans comprendre quel en est le but. Car le changement d'époque et de lieux au lieu de rythmer le récit le ralenti.
Pourtant l'histoire est assez plaisante, faite de tragédies et de sentiments cachés (les moeurs de la société de cette époque préconisaient de ne rien laisser paraître), ce n'est seulement à la fin que l'on comprend le sens caché de ce roman pour lequel un effort a été nécessaire pour arriver au bout : la liberté avec tout ce que cela comprend : la liberté d'agir, d'aimer et de vivre. « Nous avons tous des sentiments et des désirs, mais seuls les sauvages acceptent de les assouvir »
On garde la morale sauve au prix d'efforts terribles : « On peut avoir ce que l'on veut, mais on découvre qu'il y a toujours un prix à payer. La question est celle-ci : peux-tu payer ? »

Cela dit je ne le regrette pas car ce que nous transmet l'auteur est très poignant, dénonciation du colonialisme, de la morale chrétienne et de la supposée supériorité de la race blanche. Malgré ses défauts ce roman est toutefois passionnant dans ce qu'il raconte un segment de vie d'un grand auteur, Dickens, et un pan de l'Histoire australienne.

Lien : http://www.stemilou.over-blog.com/article-desire..
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traversay
traversay29 août 2012
  • Livres 3.00/5
Deux histoires composent Désirer et le lien entre les deux est plutôt vague. D'un côté, la Terre de van Diemen (Tasmanie), aux alentours de 1830, de l'autre, Londres, une vingtaine d'années plus tard. Dans la première, c'est la colonisation anglaise et le quasi génocide des aborigènes qui intéresse l'auteur, Richard Flanagan ; de la seconde, Dickens est le personnage principal, en plein triomphe, et qui va trouver une nouvelle jeunesse en se produisant sur scène et en séduisant une actrice. Flanagan passe d'un récit à l'autre sans transition à de nombreuses reprises, procédé assez fréquent dans la littérature d'aujourd'hui, mais qui ici est assez perturbant car paraissant gratuit.
Au fond, c'est à une critique sans concession du colonialisme et surtout à ce sentiment si "naturel" au XIXe siècle de la supériorité de la race blanche sur les autres que se livre Flanagan. Seulement, il le fait avec ironie en écrivant une sorte de pastiche de roman victorien, assez inégal dans son intérêt. L'écrivain australien nie avoir voulu livrer un roman historique. C'est pourtant là l'aspect le plus passionnant du livre, cette fiction qui se tisse à partir d'évènements avérés : les expéditions arctiques de John Franklin, une partie méconnue de la vie de Dickens et ses motifs d'inspiration, le portrait d'une jeune aborigène que l'on veut éduquer comme une anglaise.
Ce roman qui raconte le racisme, l'humiliation et la violence envers les "races inférieures" comme allant de soi, dans la société britannique du XIXe siècle, reste à distance du lecteur. Dommage, on aurait aimé aimer davantage.
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LN
LN29 novembre 2010
  • Livres 1.00/5
Le portrait de Charles Dickens sonne plutôt juste et c'est avec intérêt que l'on suit son parcours, ses relations et discussions avec Wilkie Collins, ses difficultés conjugales, ses hésitations devant les affres de la création…
- L'idée de départ était louable : montrer combien la frontière entre sauvagerie et civilisation est ténue...
Ce que j'ai moins aimé :
le postulat de départ se perd dans des entrelacs de généralités :
« Mais la marque de la civilisation et de la sagesse, c'était de vaincre le désir, de le nier et de l'écraser. Faute de qui on ne valait pas mieux que Michel l'Iroquois ou qu'un Esquimau » (p. 65)
- le résumé peu clair entremêlant époques et personnages est assez représentatif du roman. le lecteur se perd facilement entre les différentes époques, avançant laborieusement dans sa lecture, qui, pourtant, semblait prometteuse…
- Pour moi, ce fut une déception…

Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-desire..
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Citations & extraits (1) Ajouter une citation
Emma-saruEmma-saru25 mars 2011
Ce livre se lit comme un puzzle, avec deux histoires croisées qui se rejoignent, s'éloignent et se rejoignent à nouveau avec pour fil rouge, le désir.
L'idée de départ est très belle, et cette réflexion à travers l'histoire de Dickens et de Mathinna, cette petite fille aborigène au destin tragique (reflet du destin de son peuple) est très bien menée.
On pourrait voir dans ce roman une réflexion historique sur le sort des peuples autochtones, mais si c'est l'un des sujets en toile de fond, la vraie question centrale reste ce désir qui nous fait choisir des chemins parfois totalement irrationnels voire cruels.

J'ai particulièrement aimé cet entrelacs entre deux époques qui se rejoignent, entre personnages liés et les réflexions que ce roman amènent. Pour moi, un très beau livre servi par une écriture délicate et juste. Et une galerie de portraits qui dévoile avec une certaine cruauté et ironie leur époque.

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