Par Richard Flanagan

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Belfond 2008
ISBN : 2714444067  
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Dans une Sydney gangrenée par la peur du terrorisme, la descente aux enfers d'une femme trop fragile, la radiographie sans concession d'une société paranoïaque et cruelle, et d'une hystérie médiatique savamment orchestrée. Un roman impressionnant, nerveux et sombre, ancré dans une troublante actualité.
Gina Davies est strip-teaseuse. Son nom de scène : la Poupée. Au Chairman's Lounge, elle danse nue et ramasse les dollars. Ces dollars qui lui permettront de s'offrir ce dont elle rêve : un nouveau sac, un appartement, la respectabilité... Et qui lui feront peut-être oublier la vie misérable, jalonnée de drames, qu'elle a laissée derrière elle.
Un soir, la Poupée succombe au charme de Tariq. Après une nuit torride, son amant disparaît. Au matin, cinq bombes sont découvertes. Sur les écrans, une image passe en boucle : un homme, une femme -Tariq et la Poupée -, les deux principaux suspects...
La chute de la Poupée est proche : crucifiée par les médias, montrée du doigt par une société en quête de victime expiatoire, elle n'a d'autre choix que de se lancer dans une fuite forcément désespérée.

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Critiques et avis sur La fureur et l'ennui


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    • Livres 3.00/5
    Par beeshop, 2008-12-19 13:49:13

    bibliothèque

    Sydney, post 11 septembre.











    Gina Davies alias la poupée est une danseuse nue au Chairman's Lounge, une fille un peu paumée qui grâce à son métier accumule petit à petit l’argent qui lui permettra de devenir propriétaire. Cet argent elle le garde chez elle dans une cache du plafond et aime se couvrir le corps avec, il lui manque encore quelques billets afin d’être entièrement recouverte et d’avoir enfin atteint son but.



    Un soir elle rencontre Tariq, il passe la nuit ensemble et au matin elle se réveille seule. Tariq à disparu et la vie de la poupée va basculer.







    Cinq bombes sont découvertes. Sur les écrans, la même image passe en boucle : un homme, une femme, Tariq et la Poupée, les deux principaux suspects...







    Les médias s’emballe, montent des images d’archives dont l’interprétation les rendent obscènes, interrogent ses amies, débattent sur des faits non avérés, fait monter l’angoisse et la psychose. Cette peur qui semble vouloir justifier tout les excès d’interprétation, d’accusation. L’opinion public à son bouc émissaire, sa coupable, son monstre, enfin un nom sur ce mot horrible : terroriste.



    La lutte antiterroriste post 11 septembre donne droit à tout les abus, la présomption d’innocence n’est plus qu’un lointain souvenir.







    La poupée n’a qu’un seul choix, la fuite. Comment expliquer son innocence quand votre sort est déjà scellé ? On l’a jeté pâture, même si certain semble commencer à douter de sa culpabilité les ordres sont clair, on ne recule pas. La population ne comprendrai pas mieux vaut un sacrifice pour donner l’impression que la situation est maîtrisée que reconnaître les erreurs, l’emballement médiatique. La population veut des coupables elle en aura.







    Ce livre est dérangeant, glaçant, il montre ce que l’angoisse, la peur du terrorisme, de l’autre, de la différence, le racisme peut induire. Nous assistons impuissant à l’amalgame terroriste – étranger – arabe – musulman, des dangers et de l’horreur que ce type de raccourci peut provoquer.







    Des questions demeurent, la surpuissance des médias est-elle au détriment de l’humain ? La peur du terrorisme justifie telle tout les moyens et le non respect des lois élémentaires de présomption d’innocence ?





    Lien : http://mespetitesidees.mabulle.com/index.php/2008/05/26/141364-la-fu..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par madamecharlotte, 2010-02-21 17:38:40

    bibliothèque

    Derrière un titre fumeux voire stupide, ayant peu de rapport avec le livre et aucun avec le titre d’origine, se cache un livre révoltant, réaliste, passionnant et cruel. Rien que ça messieurs dames ! J’ai tout de suite accroché au style de l’auteur, tout à fait dans le ton du livre. On nous décrit une société dure, superficielle, dirigée par l’argent, les apparences, le pouvoir, où la relation dominé-dominant est la base de son fonctionnement. Le personnage de La Poupée, au surnom révélateur, est l’emblème de cette société aveuglée, corrompue, et manipulée. La Poupée, danseuse nue, femme-objet, victime des apparences, et adepte des marques de luxe, se retrouve prise au piège de cette société en proie aux grandes peurs de son époque : le terrorisme. La Poupée, chose fragile et innocente, va se rendre compte d’une autre réalité, et fera office de bouc émissaire. Son destin est désormais scellé, ce dont elle prendre vite conscience. Le roman est profondément pessimiste et fataliste, le public est manipulé par les médias, eux-mêmes manipulés par les dirigeants, un cercle vicieux se forme autour de La Poupée qui se rend compte que sa propre vision du monde est complètement faussée. Le réalisme et la vérité du propos rendent le livre révoltant, son injustice inévitable me rappelle 1984 d’Orwell. On termine la lecture bouleversé par cette femme à la fois anonyme et universelle, sacrifiée par les médias, sans espoir de voir la vérité éclatée. Elle restera celle que l’on a voulu qu’elle soit, un outil pour apaiser une opinion publique manipulée en permanence. Roman terrible, glauque, réaliste.



    Je remercie Babélio d’avoir organisé cette deuxième édition Masse Critique et de m’avoir permis de découvrir un auteur et un roman tout à fait marquants.
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