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Bernard Masson (Préfacier, etc.)Jean Bruneau (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070402797
Éditeur : Gallimard (1998)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.44/5 (sur 93 notes)
Résumé :
On s'est souvent demandé si la correspondance de Flaubert n'était pas son chef-d’œuvre. La réponse est dans ce volume. On y trouvera les amours, les œuvres rêvées, les jugements sur l'époque contemporaine, les lectures aussi. Tout cela contribue à peindre le portrait d'un écrivain qui s'est plu à se martyriser, et qui se libère ici, jusque dans la plus extrême grossièreté, d'un grand lyrique qui a voulu passer pour froid, de ce révolutionnaire en qui Proust comme Ba... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
CDemassieux
02 septembre 2014
  • 5/ 5
Ces lettres sont l'envers du décor, là où l'auteur se libère de sa retenue romanesque et confesse à peu près tout ce qu'il est.
Si certaines sont anodines, d'autres mériteraient de figurer dans une anthologie de la littérature.
Et dans cet espace intime de la correspondance, Flaubert livre, en plus de sa vie, l'écrivain sans détour.
Parce que ce sont les lettres d'un homme qui doute et raconte le lent cheminement vers l'accomplissement littéraire, elles nous semblent tellement familières qu'une irrépressible proximité s'installe.
On peut lire ces courriers intimes dans le désordre ou en suivant rigoureusement leur chronologie, n'en lire qu'une poignée, peu importe à vrai dire puisque nombre d'entre elles se suffisent à elles-mêmes et nous marqueront inévitablement.
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maylibel
21 décembre 2015
  • 4/ 5
Ce volume regroupe 297 lettres écrites par Gustave Flaubert à divers correspondants de 1839 à 1880. Classées de manière chronologique, elles permettent de suivre l'évolution d'un homme sur près d'un demi-siècle, de l'année de ses 18 ans jusqu'à sa mort à l'âge de 58 ans, sa vie familiale, ses amitiés, ses amours, mais aussi, bien sûr, son travail d'écrivain.
L'ouvrage est construit de manière à nous faire un récit passionnant tant du point de vue historique que littéraire : Flaubert décrit en effet aussi bien son siècle (les années du Second Empire, la guerre de 1870 et ses répercussions…) que ses recherches pour composer ses romans (il est par exemple dépité d'apprendre que la ligne de chemin de fer qu'il voulait faire emprunter à son héros dans L'Éducation sentimentale n'existait pas à l'époque où il situe son histoire !), ses voyages, ses lectures. Il a des discussions passionnées et très vivantes (d'autant que l'éditeur a choisi de ne faire aucune coupe dans les lettres reproduites, quitte à laisser des répétitions ou des formules énigmatiques) avec des correspondants tels que Georges Sand, Guy de Maupassant ou Ivan Tourguéniev. Et il partage ses coups de coeur comme ses coups de gueule avec beaucoup de style.
Bien sûr, il faut quelques pages au début pour se familiariser avec le contexte, se retrouver parmi les différents interlocuteurs de Flaubert, mais l'important appareil critique (notes, introductions aux différentes parties de l'anthologie, index…) de l'édition réalisée par Bernard Masson nous facilite beaucoup la lecture, si bien qu'on y prend vite goût.
Un volume de correspondance très bien écrit, composé et intéressant tant du point de vue historique que littéraire. Pour voir Gustave Flaubert d'un autre oeil, même si l'on garde de mauvais souvenirs d'heures passées à étudier Madame Bovary.
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Jamais_Content
31 juillet 2015
  • 4/ 5
Une mine d'informations d'une valeur humaine, littéraire et historique, inestimable, et qui couvre cinq décennies. A savourer en lecture croisée avec la correspondance de George Sand.
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GINSENG
22 janvier 2016
  • 5/ 5
voir avis!!
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Citations & extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
ColdenegonColdenegon02 décembre 2016
"J'ai peur pour toi quand je te vois une amour sérieuse. La vérole est moins à craindre que la passion. On cautérise les chancres de la pine, mais pas ceux du cœur."
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MalauraMalaura12 avril 2012
Ne lisez pas comme les enfants lisent, pour vous amuser, ni comme les ambitieux lisent, pour vous instruire. Non. Lisez pour vivre !
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WertherWerther23 février 2015
Quant aux autres jours, ç’a été comme les autres, l’eau a passé de même dans la rivière, mon chien a mangé sa soupe comme de coutume, les hommes ont couru, bu, mangé, dormi, et la civilisation, cet avorton ridé des efforts de l’homme, a marché, trottiné sur ses trottoirs, du port elle a regardé les bateaux à vapeur, le pont suspendu, les murailles bien blanches, les bordeaux protégés par la police, et chemin faisant, ivre et gaie, elle a déposé au coin des murs, avec les écailles d’huîtres et les tronçons de choux quelques unes de ses croyances, quelque lambeau bien fané de poésie ; et puis, détournant ses regards de la cathédrale et cachant sur ses contours gracieux, la pauvre petite fille déjà folle et glacée a pris la nature, l’a égratignée de ses ongles et s’est mise à rire et à crier tout haut, mais bien haut, avec une voix aigre et perçante : « J’avance ! »- pardon de t’avoir insultée, ô pardon, car tu es une bonne grosse fille qui marches tête baissée à travers le sang et les cadavres, qui ris quant tu écrases, qui livres tes grosses et sales mamelles à tous tes enfants, et qui as encore la gorge toute cuivrée et toute rougie des baisers que tu leur vends à prix d’or. Oh ! cette bonne civilisation, cette bon pâte de garce qui a inventé les chemins de fer, les prisons, les clysopompes, les tartes à la crème, la royauté et la guillotine ! – Tu me vois en bonne veine de délire et d’exaltation. Eh ! bon Dieu ! pourquoi, quand la plume court sur le papier, l’arrêter dans sa course, la faire passer subitement de la chaleur de la passion au froid de l’écritoire et lui faire gagner une fluxion de poitrine à cause de la sueur qu’elle a gagnée, cette pauvre plume.
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ClairocheClairoche22 février 2015
Tu me rappelles dans ta lettre que je t'en ai promis une pleine de tendresses. Je vais t'envoyer la vérité ou, si tu aimes mieux, je vais faire vis-à-vis de toi ma liquidation sentimentale non pour cause de faillite. (Ah ! il est joli celui-là.) Au sens élevé du mot, à ce sens merveilleux et rêvé qui rend les cœurs béants après cette manne impossible, eh bien non, ce n'est pas de l'amour. J'ai tant sondé ces matières-là dans ma jeunesse que j'en ai la tête étourdie pour le reste de mes jours. J'éprouve pour toi un mélange d'amitié, d'attrait, d'estime, d'attendrissement de cœur et d'entraînement de sens qui fait un tout complexe, dont je ne sais pas le nom mais qui me paraît solide. Il y a pour toi, en mon âme, des bénédictions mouillées. Tu y es en un coin, dans une petite place douce, à toi seule. Si j'en aime d'autres, tu y resteras néanmoins (il me semble) ; tu seras comme l'épouse, la préférée, celle à qui l'on retourne ; et puis n'est-ce pas en vertu d'un sophisme que l'on nierait le contraire ? Sonde-toi bien : y a-t-il un sentiment que tu aies eu qui soit disparu ? Non, tout reste, n'est-ce pas ? tout. Les momies que l'on a dans le cœur ne tombent jamais en poussière et, quand on penche la tête par le soupirail, on les voit en bas, qui vous regardent avec leurs yeux ouverts, immobiles.
Les sens, un jour, vous mènent ailleurs ; le caprice s'éprend à des chatoiements nouveaux. Qu'est-ce que cela fait ? Si je t'avais aimée dans le temps comme tu le voulais alors, je ne t'aimerais plus autant maintenant. Les affections qui suintent goutte à goutte de votre cœur finissent par y faire des stalactites. Cela vaut mieux que les grands torrents qui l'emportent. Voilà le vrai et je m'y tiens.
Oui je t'aime, ma pauvre Louise, je voudrais que ta vie fût douce de toute façon, et sablée, bordée de fleurs et de joies. J'aime ton beau et bon visage franc, la pression de ta main, le contact de ta peau sous mes lèvres. Si je suis dur pour toi, pense que c'est le contrecoup des tristesses, des nervosités âcres et des langueurs mortuaires qui me harcèlent ou me submergent. J'ai toujours au fond de moi comme l'arrière-saveur des mélancolies moyen âge de mon pays. Ça sent le brouillard, la peste rapportée d'Orient, et ça tombe de côté avec ses ciselures, ses vitraux et ses pignons de plomb, comme les vieilles maisons de bois de Rouen. C'est dans cette niche que vous demeurez, ma belle ; il y a beaucoup de punaises, grattez-vous.
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brigetounbrigetoun11 novembre 2009
Mon sacré nom de Dieu de roman me donne des sueurs froides…. J’ai relu tout cela avant-hier, et j’ai été effrayé du peu que ça est et du temps que ça m’a coûté (je ne compte pas le mal). Chaque paragraphe est bon en soi, et il y a des pages, j’en suis sûr, parfaites. Mais précisément à cause de cela, ça ne marche pas. C’est une série de paragraphes tournés, arrêtés, et qui ne dévalent pas les uns sur les autres. Il va falloir les dévisser, lâcher les joints, comme on fait aux mâts de navire quand on veut que les voiles prennent plus de vent
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L'Éducation Sentimentale

Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

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