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> Albert Thibaudet (Préfacier, etc.)
> Samuel Silvestre de Sacy (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070308790
Éditeur : Gallimard (2005)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 628 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
De 1840à 1867, la vie faitL'Éducation sentimentalede Frédéric Moreau et de toute une jeunesse idéaliste qui a préparé dans la fièvre la révolution de 1848. Le roman s'ouvre sur des rêves exaltés et s'achève sur la médiocrité des uns et des autres. Entre temps, la vie s'... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 16 avril 2013

    NastasiaBuergo
    Aïe ! Que j'ai souffert, mon cœur, que j'ai souffert, et comme j'eusse voulu qu'il n'en fût jamais ainsi.
    Je vous hais, très cher monsieur B., vous qui fûtes mon odieux professeur de français au lycée, vous qui commîtes l'hérésie de m'imposer cette lecture à un âge où l'on rêve tellement d'autre chose.
    Je puis bien vous le dire maintenant, car il y a prescription, vous m'avez dégoûté à jamais du parfum de cette œuvre que jamais plus maintenant je ne pourrai relire. Vous avez commis le péché capital de l'enseignant, en risquant l'écœurement définitif et irréversible de vos élèves, et en particulier d'une âme pas spécialement fermée aux choses de la littérature. Merci à vous monsieur B. Allez crever en enfer et qu'on ne vous revoie jamais plus traîner de près ou de loin à côté de ce qui pourrait ressembler à un élève.
    Quelle misère ! Imposer cela à des petites gens à peine formées, avec des téguments jaunes au bord du bec et tout juste trois minces duvets sur les pommettes et sous le menton.
    Voici donc l'exemple typique de ce qu'il NE FAUT PAS faire au lycée en littérature mesdames et messieurs les enseignants et c'est une enseignante réchappée in extremis du péril qui vous en parle. Par pitié pour Flaubert, par pitié pour vos élèves, allez voir ailleurs. le XIXème est si beau, si riche, Flaubert lui-même recèle tellement d'autres trésors. À quoi bon briser des âmes à peine écloses aux choses du verbe ?
    Ce livre est particulièrement ennuyeux. Bien écrit, très bien écrit, mais ennuyeux, très ennuyeux. L'auteur y règle un peu ses comptes avec ses jeunes années, témoignant quelque mépris pour ce qu'il a adoré lorsqu'il était adolescent ou jeune adulte.
    Ces choses ou ces gens, qu'il avait montées sur un piédestal et qui désormais lui apparaissent ringardes. Un peu comme un quadragénaire ou un quinquagénaire qui se retourne sur ses goûts musicaux de quand il avait seize ans et qui s'exclame : " Quoi ! j'ai pu écouter ça, j'ai pu aimer cela ?! " Eh oui ! vous avez pu aimer cela. Et vous avez changé. Grand bien vous fasse.
    Gustave Flaubert nous conduit donc, à travers des chemins largement empruntés à son autobiographie sur les berges de son premier amour dans les lacets de la Seine tandis qu'il montait à Paris depuis sa Normandie natale.
    Il croyait ployer le monde en la capitale et c'est le monde qui l'a ployé, lui qui se pensait si grand, si exceptionnel, avec tellement de goût et de raffinement.
    Finalement, bien des années plus tard, avec un soupçon d'amertume en bouche, il se rend compte qu'il n'était rien que de très ordinaire et que toutes ses idoles n'étaient que pacotilles, rêves creux et illusions d'optique. Et lui alors, qu'est-il ?
    Un livre qui place très haut la forme et que je vous déconseille FORMELLEMENT de lire avant trente ans (pour les raisons sus-mentionnées).
    Je suis cruellement triste de ne plus pouvoir le découvrir maintenant, totalement vierge d'a priori, car il est probable que je l'aimerais, mais il m'évoque trop de cicatrices, trop de supplices, trop de rimes en " ice ".
    Néanmoins (ou oreille en plus), ceci, encore une fois, n'est que mon triste ressenti personnel, c'est-à-dire, rien qu'un peu de vent dans une mèche folle, autant dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par peloignon, le 19 mars 2013

    peloignon
    L'Éducation sentimentale de Flaubert, c'est un livre franchement ennuyant, mais aussi incontestablement magnifiquement écrit. C'est ennuyant, mais d'un très bel ennui!
    Flaubert, c'est un talent d'écriture et une capacité de travail qui tiennent du merveilleux. Il nous permet de voir avec une clarté sublime ce qu'il veut bien mettre en lumière devant les yeux des ses lecteurs, que ce soit la pose d'un personnage, le détail d'une scène, la subtilité d'un état d'âme, etc.
    Son génie grandiose aura toutefois été constamment irrésistiblement attiré par la médiocrité, qu'il ne se lassera jamais de découvrir partout, pour la décrire et aussi pour la dénoncer.
    Tout au long de son œuvre, il s'attaquera ainsi avec un acharnement indéfectible à la bêtise, à la médiocrité, à la bourgeoisie, mais sans jamais montrer quoi que ce soit de mieux, en dehors de sa manière sublime d'exprimer ses dénonciations.
    Sa soif d'idéal correspond bien à première vue à ce que l'on peut trouver de plus exigeant, mais comme il ne va jamais aller s'aventurer là où l'on trouve des possibilités dignes d'assouvir des exigences surhumaines, sa fin n'aura jamais voulu ses moyens et cela qui me donne l'impression de trouver chez lui plutôt une affectation de recherche sérieuse plutôt qu'une authentique quête de possibilités vraiment dignes d'être vécues. Il ressemble ainsi beaucoup à Nietzsche, qui l'appréciera d'ailleurs sans jamais s'en lasser. Tous deux me semble avoir fait mine de chercher l'idéal en soi avec des exigences absolues, mais sans jamais avoir rien fait d'autre que de critiquer les éléments médiocres des possibilités qui se déployaient autour d'eux. (Nietzsche aura bien proposé l'Éternel retour du même ou encore le surhomme, mais ce sera pour les détruire lui-même aussitôt)
    Bref, Flaubert n'a jamais rien su faire de mieux que d'exprimer rageusement son dégoût de tout ce qui ne correspondait pas à ses aspirations réelles ou prétendues. Son combat, présenté avec un style d'un perfection, presque complètement absurde, puisqu'elle échappera à la grande majorité de son auditoire, comportera quelque chose d'une vanité absolue, risible, et sera poursuivi tout de même, sans espoir véritable, avec un cynisme envers lui-même frisant la volonté d'autodestruction.
    Je trouvais important d'exposer ces réflexions sur l'œuvre entière de Flaubert puisque, à mon avis, Flaubert atteint un sommet dans son genre dans l'Éducation sentimentale. le roman est en effet magnifiquement écrit, comme toujours chez lui, mais les états d'âmes du héros principal sont si petits qu'ils ont souvent failli glisser complètement en dessous de mon attention. Mon esprit restais constamment accroché dans les hauteurs sublimes où l'on trouve ses formulations magnifiques, je restais si souvent saisis devant l'exposition de détails si parfaitement exposés, qu'il me fallait parfois faire quelques efforts pour me souvenir du petit bonhomme de chemin insignifiant que Flaubert faisait traverser à son personnage principal.
    Même la participation de Frédéric à des événements politiques pourtant bouillonnants et à des circonstances parfois terribles et tragiques prennent de la fadeur à son contact. Il est si imbu de lui-même et sa personne est si ennuyante!
    Oui, définitivement, pour toutes ces raisons, l'Éducation sentimentale, c'est un très bel ennui!
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    • Livres 4.00/5
    Par Jooh, le 16 août 2012

    Jooh
    Flaubert disait à propos de L'education sentimentale: "Je veux faire l'histoire morale des hommes de ma génération; "sentimentale" serait plus vrai. C'est un livre d'amour, de passion; mais de passion telle qu'elle peut exister, c'est à dire inactive". Je trouve que ce paragraphe illustre parfaitement l'idée du livre, à savoir qu'à travers cette histoire, Flaubert nous offre un livre de Passions.
    En effet, Flaubert met en place une palette de personnages tous plus passionnés les uns que les autres, dans leurs actes ou leurs ambitions: que ce soit la Passion ardente et sublime entre Frédéric Moreau et Mme Arnoux (mais aussi l'amour charnel avec Rosanette, ou intéressé avec Mme Dambreuse, qui n'en demeurent pas moins passionnés), ou bien celle de Deslauriers pour sa carrière et la gloire, celle d'Arnoux pour l'argent et la Beauté, celle de Pellerin pour l'art...
    Mais, à l'image de l'amour silencieux et impossible entre le héros et Mme Arnoux, on constate que la recherche de l'idéal et de la félicité par chacun des individus est vaine. D'ailleurs, dans les dernières pages du roman, Frédéric et Deslauriers s'arrêtent sur leur passé, et constatent leur échec : "Et ils résumèrent leur vie. Ils l'avaient manquée tous les deux, celui qui avait rêvé l'amour [Frédéric], celui qui avait rêvé le pouvoir [Deslauriers]"
    N'ayant pas entendu que des louanges sur ce roman de Flaubert, j'ai ouvert ce livre avec beaucoup d'appréhensions et la peur de m'ennuyer lors de cette lecture... Mais il n'en n'est rien au final ! Bien sûr, il y a de nombreuses longueurs, mais en dépit de cela, j'ai beaucoup aimé cette lecture. Les amateurs du style de Flaubert ne seront vraiment pas déçus par L'education sentimentale.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 19 octobre 2012

    Ellen-R
    Chronique d'une génération qui aura raté sa vie, L'education sentimentale brosse le portrait d'un homme en particulier, Fréderic Moreau, mais aussi ceux de ses compagnons de jeunesse, pris (ou actifs) dans les tourments d'une époque instable politiquement et mouvante socialement parlant.
    Le dialogue de fin entre Fréderic et Deslauriers, son meilleur ami retrouvé, est clair et direct ; les deux hommes ont l'impression d'avoir raté leur vie. Tous deux ont échoué, l'un par excès de cœur, l'autre par excès d'ambition.
    Le jeune Moreau épris de Mme Arnoux, l'esprit occupé d'un amour étincelant, relaté de la plus belle des manières par un Flaubert ayant déjà excellé dans ce domaine avec Mme bovary, aura d'autres aventures, même des projets de mariage, oubliera un temps son fantasme dans les bras d'autres femmes ; mais jamais il ne renoncera à vivre heureux avec la belle Arnoux, à tout moment sa passion pouvant revenir lui occuper l'esprit.
    Au fond, la Maréchale n'aura été qu'un faire valoir, un joli corps permettant l'assouvissement d'un fantasme, d'un besoin, un moyen de vengeance aussi après avoir été rejeté par la femme de M. Arnoux ; la jeune Lucie n'aura été qu'une satisfaction orgueilleuse d'un homme ayant besoin de se sentir aimé, tout comme la possibilité d'un mariage facile et opportun ; Mme Dambreuse n'aura été qu'une preuve de réussite sociale et sentimentale, un accessit au haut monde de la bourgeoisie.
    On suit avec plaisir L'éducation sentimentale du jeune homme, entre amour frustrant et découverte du pouvoir de séduction, entre angoisse de l'impossible et délectation du sentiment d'être aimé.
    Tout cela s'inscrit dans un contexte politique et social vacillant, enclin à la violence, où Flaubert sait discrètement insérer son opinion en relatant les actes odieux et tâchés de sang des deux côtés de cette opposition (peuple/aristocratie), en montrant l'opportunisme de certains (Dambreuse, Sénécal) et le courage et la loyauté d'autres (Dussardier). On pourra toujours regretter que ce fond historique se fasse finalement trop discret, passe au second plan derrière les pérégrinations de Frederic, la chute de la maison Arnoux et même derrière le si divertissant personnage de Rosanette. Reste que si Madame bovary pouvait faire songer à Anna Karénine, L'education sentimentale se rapprocherait légèrement d'un Dostoïevski, avec ces personnages nombreux, beaucoup guidés par des idéaux sociaux et politiques. Mais là où l'auteur russe faisait de la religion et des idéaux sociaux son moteur quant à l'avancement de ses personnages ; Flaubert n'en fait qu'un cadre historique (où la religion est peu présente d'ailleurs) qui permet juste à ses personnages de briller un peu plus dans leur valeur ou leur tares.
    La plume de l'écrivain de salammbô n'en est pas moins un régal pour le lecteur, c'est de la littérature comme on n'en fait plus, croquant des personnages tous intéressants et variés avec la magie des mots. Un talent qui lui permet de dépeindre parfaitement l'amitié, l'amour, la passion, l'opportunisme, la colère, la vengeance, la frustration et tous ces sentiments que l'on vit au cours de notre éducation sentimentale. On ne sait si Frederic Moreau a appris de ses échecs, mais la matière est là en tout cas, et le sentiment d'évolution du personnage est bien réel. Peut-être que le lecteur peut, lui, en apprendre quelque chose ?
    Et si ce dernier préférera peut-être Madame bovary (ou un autre ouvrage de Flaubert) à L'Éducation sentimentale, il réalisera bien vite qu'il a eu raison de lire les deux et les appréciera chacun à leur juste valeur.
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    • Livres 3.00/5
    Par BibliothequeMobile, le 20 décembre 2012

    BibliothequeMobile
    L'éducation romantique de Frédéric est l'histoire d'une de-formation, un voyage dans le vide de non-retour.
    Huysmans a appelé L'éducation sentimentale "chef-d'œuvre de Flaubert et le prototype du naturalisme beaucoup plus que L'assommoir de Zola" et même Frédéric est le premier d'une longue série de héros négatifs qui domineront la littérature fin de siècle et cette du XXe siècle.
    L'amour sous ses divers aspects, sacré et profane, ouvre les portes du monde à Frédéric qui se lie sentimentalmente à quatre femmes jusqu'à ce qu'il atteigne sa «maturité», c'est à dire cette atrophie sentimentale qu'est l'aboutissement de ses éducation immorale.
    Avec la divine Mme Arnoux, du charme de la mère, la relation ne sera jamais consommée et restera l'alibi de Frédéric pour abdiquer toute forme d'engagement et de responsabilité.
    La relation avec Rosanette, protégé par M. Arnoux et dit La Maréchale, sera une revanche contre son rival en Amour. La femme donne naissance au fils de Frédéric qui meurt enfant, elle sera abandonnée à cause des sentiments que Frédéric a pour Mme Arnoux.
    La relation avec Louise (qui épousera son meilleur ami, Deslauriers) sera juste la distraction d'un jour férié, et plus tard Louise va quitter son mari pour Delmas le chanteur.
    Le projet de marriage entre Frédéric et Mme Dambreuse va s'estomper lorsque la veuve n'a pas hérité de la fortune familiale.
    Le caractère circulaire du roman fait fermer l'aventure existentielle de Frédéric avec l'évocation de la maison de tolérance de La Turque visitée avec Deslauriers quand ils étaient jeunes, la maison où les deux garçons avaient fui embarrassé avec des fleurs dans sa main et en disant des années plus tard pour commenter l'histoire: «C'est la meilleure chose que nous avons eu!"
    Flaubert exalte la médiocrité et la banalité de la bêtise humaine pour décrire le monde réel en utilisant le style impersonnel il traite la question comme un document, contrairement aux naturalistes, toutefois, le récit méditatif coule harmonieuse et musical, comme pour composer un poème.
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Citations et extraits

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  • Par NastasiaBuergo, le 16 avril 2013

    Ce fut comme une apparition :
    Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu’il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.
    Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent, derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l’ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l’air bleu.
    Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manœuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d’observer une chaloupe sur la rivière.
    Jamais il n’avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elle avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites.
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  • Par peloignon, le 10 janvier 2013

    On n’y voyait plus; le temps était froid, et un lourd brouillard, estompant la façade des maisons, puait dans l’air. Frédéric le humait avec délices; car il sentait à travers le ouate du vêtement la forme de son bras; et sa main, prise dans un gant chamois à deux boutons, sa petite main qu’il aurait voulu couvrir de baisers, s’appuyait sur sa manche. A cause du pavé glissant ils oscillaient un peu; il lui semblait qu’ils étaient tous les deux comme bercés par le vent, au milieu d’un nuage.
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  • Par Orphea, le 13 novembre 2009

    Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitaient connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elles avaient portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.
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  • Par peloignon, le 19 janvier 2013

    Elle mordait dans une grenade, le coude posé sur la table; les bougies du candélabre devant elle tremblaient au vent; cette lumière blanche pénétrait sa peau de tons nacrés, mettait du rose à ses paupières, faisait briller les globes de ses yeux; la rougeur du fruit se confondait avec le pourpre de ses lèvres, ses narines minces battaient; et toute sa personne avait quelque chose d’insolent, d’ivre et de noyé qui exaspérait Frédéric, et pourtant lui jetait au cœur des désirs fous.
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  • Par Musikant, le 12 novembre 2009

    " Tu me parais bien calmé sur la politique ? "
    -- " Effet de l'âge " , dit l'avocat.
    Et ils résumèrent leur vie.
    Ils l'avaient manquée tous les deux, celui qui avait rêvé l'amour, celui qui avait rêvé le pouvoir. Quelle en était la raison ?
    -- " C'est peut-être le défaut de ligne droite " , dit Frédéric.
    -- " Pour toi, cela se peut. Moi, au contraire, j'ai péché par excès de rectitude, sans tenir compte de mille choses secondaires, plus fortes que tout. J'avais trop de logique, et toi de sentiment. "
    Puis, ils accusèrent le hasard, les circonstances, l'époque où ils étaient nés.
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