> Albert Thibaudet (Préfacier, etc.)
> Samuel Silvestre de Sacy (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070308790
Éditeur : Gallimard (2005)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 265 notes) Ajouter à mes livres
De 1840à 1867, la vie faitL'Éducation sentimentalede Frédéric Moreau et de toute une jeunesse idéaliste qui a préparé dans la fièvre la révolution de 1848. Le roman s'ouvre sur des rêves exaltés et s'achève sur la médiocrité des uns et des autres. Entre temps, la vie s'... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par valetudinaire, le 23 août 2010

    valetudinaire
    L'éducation sentimentale est un livre de vie, un livre de passage. C'est un livre dans lequel Flaubert voulait plus ou moins rendre compte de la vie adolescente dans les années 1850. Et c'est un livre dans lequel on se retrouve, ou non. Je vous l'accorde, s'y retrouver permet de le lire plus facilement.
    La difficulté de cette œuvre tient dans la distance de Frédéric, de son absentéisme face à tout ce qui l'entoure. C'est un passif. Et raconter les aventures d'un jeune homme passif n'est pas forcément très palpitant. Mais c'est au contraire ce qui fait le charme de l'œuvre (en plus, évidemment, des qualités rédactionnelles irréprochables de Flaubert) : cette distance, cette retenue constante, ce laisser-aller.
    Frédéric est forcément une partie de nous, même si c'est celle que l'on déteste le plus. C'est un livre de construction personnelle, en somme.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par lolo71, le 23 juillet 2009

    lolo71
    « L'éducation sentimentale » est l'histoire d'un amour inassouvi. En 1840, Frédéric Moreau, dix-huit ans, rencontre, sur le vapeur qui le ramène chez lui à Nogent-sur-Seine, M. Arnoux, marchand de tableaux établi à Paris, et sa femme, dix ans plus vieille que Frédéric, dont il tombe immédiatement amoureux. Deux mois plus tard, Frédéric doit monter « faire son droit » à Paris, et se promet de revoir la jeune femme qu'il ne peut oublier.
    La mère de Frédéric, veuve et bourgeoise de province peu fortunée, a de grandes ambitions pour son fils. Lui-même, jeune homme romantique, se rêve artiste ou politicien, du moins veut jouer un rôle dans la grande société parisienne. Il veut également conquérir Mme Arnoux, parangon de vertu, femme honnête et fidèle par principe et par raison. Ceci ne fait qu'attiser le désir de Frédéric qui finira par se consoler des rebuffades de Mme Arnoux dans les bras de Rosanette, également la maîtresse de M. Arnoux, jolie cocotte aussi légère et sensuelle que Mme Arnoux est chaste et réservée.
    Difficile de résumer cette histoire, une succession de séquences très rapides qui s'enchaînent à un rythme soutenu, ce qui donne l'impression d'un texte haché laissant peu de respiration au lecteur. Cependant, en procédant par petites touches, Flaubert finit par composer un tableau réaliste de la vie parisienne des années 1840 à 1852. On y voit la bohème étudiante avec ses jeunes Rastignac qui rêvent de jouer les premiers rôles, le petit peuple exsangue qui laisse éclater sa colère en 1848 et sera trahi par la réaction, les salons mondains où se côtoient politiciens, capitalistes et hommes d'Etat qu'aucune révolution ne peut ébranler, les fêtes canailles où les bourgeois viennent prendre un plaisir hypocrite, le champ de course et le théâtre où il s'agit au contraire de se montrer, etc.
    Le livre vaut également par sa profondeur psychologique. Frédéric Moreau semble à la lisière de plusieurs mondes, fréquentant aussi bien des socialistes révolutionnaires que de grands bourgeois, ne s'intégrant réellement ni à l'un ou l'autre univers. Velléitaire, ses divers projets, écrivain, directeur de journal, député ou haut-fonctionnaire, ne verront jamais le jour. Il est un perpétuel spectateur des évènements, comme en marge de sa propre vie. Son éducation sentimentale se ressent de cette impuissance à vivre pleinement, partagé entre Mme Arnoux, qui est son seul véritable amour mais est inaccessible, Rosanette, qui lui apporte la satisfaction physique mais est trop frivole, Mme Dambreuse, qui doit lui donner une position sociale mais est trop hautaine, et Louise, qui l'aime véritablement mais est trop provinciale.
    Comme toujours chez Flaubert, pas de grand destin, juste des êtres communs, banals, en butte à la médiocrité de la société du 19ème siècle. Moins passionnant que « Madame Bovary », le dernier roman de Flaubert reste une œuvre intéressante qui témoigne des mœurs d'une époque. Les deux derniers chapitres, qui se déroulent en 1867 et 1869, apportent en outre une pointe de nostalgie douce-amère qui ne peut laisser le lecteur indifférent.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2009/07/21/leducation-sentimental..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par audrey888, le 09 septembre 2011

    audrey888
    J'aime profondèment le style de Flaubert , et il atteint un certain niveau de perfection dans ce roman , avec une histoire d'amour merveilleuse ainsi qu'une description très bien menée de la vie des "nantis" parisiens du XIXe siècle .
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    • Livres 5.00/5
    Par ahez, le 20 mai 2012

    ahez
    Je me suis attaquée à L'Education sentimentale de Flaubert, ce qui n'est pas une mince affaire.
    Ce roman d'apprentissage, très célèbre, délicieusement ironique, raconte l'histoire de Frédéric, jeune homme velléitaire, dont le romantisme cliché empêche toutes actions. Entouré de personnages qui répondent aux types qui leur est assigné, le héros évolue dans le contexte historique de la fin de la monarchie de Juillet. le récit retrace alors tout autant un échec individuel qu'un échec historique. Règnent dans cette oeuvre bêtise et insatisfaction des désirs moteurs (amour/pouvoir) et c'est finalement ce qui est le plus savoureux!
    J'ai particulièrement apprécié quelques passages: la description de la vie étudiante parisienne de l'époque qui n'est pas très éloignée de la nôtre; l'ellipse "il voyagea"; et enfin et surtout l'excipit qui symbolise et résume à lui seul tout le contenu du roman, c'est-à-dire le bonheur qui s'échappe faute d'actions valables et accomplies. Je parle évidemment pas de la célèbre rencontre entre Frédéric et Madame Arnoux...
    Ce fut une lecture moins "prise de tête" que prévue et très agréable

    Lien : http://ahezcess.canalblog.com/archives/2009/08/21/14803670.html
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par gigi55, le 11 novembre 2009

    gigi55
    Un roman d'amour sans romantisme aucun, toute la banalité d'une vie commune sans un XIX° siècle dominé par l'argent et le conformisme, mais toujours le style incomparable de Flaubert.
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 13 novembre 2009

    Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitaient connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elles avaient portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.
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  • Par Musikant, le 12 novembre 2009

    " Tu me parais bien calmé sur la politique ? "
    -- " Effet de l'âge " , dit l'avocat.
    Et ils résumèrent leur vie.
    Ils l'avaient manquée tous les deux, celui qui avait rêvé l'amour, celui qui avait rêvé le pouvoir. Quelle en était la raison ?
    -- " C'est peut-être le défaut de ligne droite " , dit Frédéric.
    -- " Pour toi, cela se peut. Moi, au contraire, j'ai péché par excès de rectitude, sans tenir compte de mille choses secondaires, plus fortes que tout. J'avais trop de logique, et toi de sentiment. "
    Puis, ils accusèrent le hasard, les circonstances, l'époque où ils étaient nés.
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    Citation de qualité ? (14 votes positifs)
  • Par Musikant, le 12 novembre 2009

    A huit heures du matin, il descendait des hauteurs de Montmartre, pour prendre le vin blanc dans la rue Notre-Dame-des-Victoires. Son déjeuner, que suivaient plusieurs parties de billard, le conduisait jusqu'à trois heures. Il se dirigeait alors vers le passage des Panoramas, pour prendre l'absinthe. Après la séance chez Arnoux, il entrait à l'estaminet Bordelais, pour prendre le vermouth ; puis, au lieu de rejoindre sa femme, souvent il préférait dîner seul, dans un petit café de la place Gaillon, où il voulait qu'on lui servît " des plats de ménage, des choses naturelles " ! Enfin, il se transportait dans un autre billard, et y restait jusqu'à minuit, jusqu'à une heure du matin, jusqu'au moment où, le gaz éteint et les volets fermés, le maître de l'établissement, exténué, le suppliait de sortir.
    Et ce n'était pas l'amour des boissons qui attirait dans ces endroits le citoyen Regimbart, mais l'habitude ancienne d'y causer politique ; avec l'âge, sa verve était tombée, il n'avait plus qu'une morosité silencieuse. On aurait dit, à voir le sérieux de son visage, qu'il roulait le monde dans sa tête. Rien n'en sortait ; et personne, même de ses amis, ne lui connaissait d'occupations, bien qu'il se donnât pour tenir un cabinet d'affaires.
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  • Par twinkle1, le 03 décembre 2010

    Il voyagea. Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l'étourdissement des paysages et des ruines, l'amertume des sympathies interrompues. Il revint. Il fréquenta le monde, et il eut d'autres amours, encore. Mais le souvenir continuel du premier les lui rendait insipides ; et puis la véhémence du désir, la fleur même de la sensation était perdue.
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  • Par Nouar, le 12 juin 2011

    L'action, pour certains hommes, est d'autant plus impraticable que le désir est plus fort. La méfiance d'eux-mêmes les embarrasse, la crainte de déplaire les épouvante; d’ailleurs, les affections profondes ressemblent aux honnêtes femmes ; elles ont peur d’être découvertes, et passent dans la vie les yeux baissés.

    Bien qu’il connût Mme Arnoux davantage (à cause de cela, peut-être), il était encore plus lâche qu’autrefois. Chaque matin, il se jurait d’être hardi. Une invincible pudeur l’en empêchait ; et il ne pouvait se guider d’après aucun exemple puisque celle-là différait des autres. Par la force de ses rêves, il l’avait posée en dehors des conditions humaines. Il se sentait, à côté d’elle, moins important sur la terre que les brindilles de soie s’échappant de ses ciseaux.
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Bouvard et Pécuchet film (1989) -- 1/16
Par une chaude journée d'été, à Paris, deux hommes, Bouvard et Pécuchet, se rencontrent et font connaissance. Ils découvrent que, non seulement ils exercent le même métier (copiste), mais qu'en plus ils ont les mêmes centres d'intérêts.








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    Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

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