ISBN : 2070341410
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Née de la rencontre avec un tableau de Bruegel et du souvenir des spectacles forains de la foire Saint-Romain à Rouen, La Tentation de saint Antoine résume la diablerie romantique, ses monstres, ses obsessions, ses ténèbres.
" Oeuvre de toute ma vie ", disait Fla... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 04 novembre 2009

    chartel
    Cette "Tentation de Saint Antoine" est totalement surprenante et assez inattendue pour ceux, comme moi, qui ne connaissent pas bien l'œuvre de Flaubert. Je classe cette œuvre dans le roman, mais seulement par défaut, car je ne saurais pas dire à quel genre elle pourrait s'apparenter. Il y a du théâtre, car sa structure se compose de sortes de didascalies posant le cadre des événements suivies des paroles des personnages précédées de leur nom. Mais il ne s'agit pas vraiment de théâtre…
    Alors qu'est-ce que c'est que cet ovni dix-neuviémiste ?
    Peut-être une longue énumération, une suite interminable de tableaux et de personnages, féeriques, fantastiques, monstrueux et étranges, respectivement parcourus et rencontrés par Saint Antoine, cet ascète qui fit le choix de se retirer dans le désert égyptien pour se protéger de toutes les tentations matérielles offertes par la société de son temps. Un ascète confronté à des hallucinations, plaçant ce fidèle serviteur de l'Eglise chrétienne naissante en face de ses doutes et de ses contradictions dogmatiques.
    Cette peinture flamboyante des multiples sectes, croyances et religions qui se sont affrontées, se sont confrontées ou même ont cohabitées au cours du premier millénaire permet au lecteur de se rendre compte que chaque Eglise s'appuie sur des principes et des dogmes communs, usant de méthodes similaires. La prétention de chacune à vouloir affirmer sa Vérité apparaît alors bien puérile et vaine, on pourrait aussi dire mensongère et autoritaire.
    Mais finalement, les Eglises ne se réduisent-elles pas à des sortes de petits Etats totalitaires ?
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    • Livres 4.00/5
    Par valetudinaire, le 06 mars 2011

    valetudinaire
    On se rend compte dès le début du livre que ce n'est pas le meilleur de Flaubert (et pourtant, c'est celui sur lequel il a passé le plus de temps : 25 ans - même si, en effet, il n'a pas travaillé 25 ans dessus -), et que plutôt que montrer ses qualités indéniables d'écrivain, il a plutôt tendance à les transformer en tic, caricatures (on a l'impression qu'il s'efforce continuellement à ressortir sa fameuse structure ternaire).
    Ceci dit, le sujet était un sujet parfait pour son ambition d'une œuvre qui se tient "par le style", puisque le sujet lui-même ne tient en rien. Ce ne sont qu'illusions et débordements psychiques permettant d'imaginer les plus belles situations afin de pouvoir ensuite les retranscrire. On retrouve en cela la thématique de Bouvard et Pécuchet (qui sera, lui, diablement réussi), dans l'inconstance des choses, l'illusion des perceptions et des connaissances. La tangibilité.
    "Hypocrite qui s'enfonce dans la solitude pour se livrer mieux au débordement de ses convoitises ! Tu te prives de viandes, de vin, d'étuves, d'esclaves et d'honneurs ; mais comme tu laisses ton imagination t'offrir des banquets, des parfums, des femmes nues et des foules applaudissantes ! Ta chasteté n'est qu'une corruption plus subtile, et ce mépris du monde l'impuissance de ta haine contre lui !"
    Peut-être qu'à force de vouloir trop en faire, de vouloir aborder le sujet dans sa totalité mais du coup en le survolant un peu, on finit par se perdre dans son sujet, pour vouloir uniquement aller jusqu'au bout, sans que cela soit justifié.
    J'ai sincèrement l'impression que ce livre fut une sorte d'ébauche pour Bouvard et Pécuchet : même sensation de vouloir tout englober, de voir tout ce que peut donner un même sujet, en se concentrant sur le style puisque l'histoire n'est rien, pour finalement arriver à une fin qui est un début. Un cercle vicieux. Ou quand la progression se fait sentir, puisqu'entre les deux ouvres un fossé abyssal est présent. L'évolution ; et le travail.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par valetudinaire, le 03 mars 2011

    Hypocrite qui s'enfonce dans la solitude pour se livrer mieux au débordement de ses convoitises ! Tu te prives de viandes, de vin, d'étuves, d'esclaves et d'honneurs ; mais comme tu laisses ton imagination t'offrir des banquets, des parfums, des femmes nues et des foules applaudissantes ! Ta chasteté n'est qu'une corruption plus subtile, et ce mépris du monde l'impuissance de ta haine contre lui !
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par chartel, le 01 novembre 2009

    Comme l’existence provient de la corruption, la corruption du désir, le désir de la sensation, la sensation du contact, j’ai fui toute action, tout contact ; et – sans plus bouger que la stèle d’un tombeau, exhalant mon haleine par mes deux narines, fixant mon regard sur mon nez, et considérant l’éther dans mon esprit, le monde dans mes membres, la lune dans mon cœur, - je songeais à l’essence de la grande Âme d’où s’échappent continuellement, comme des étincelles de feu, les principes de la vie.
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    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par chartel, le 01 novembre 2009

    ANTOINE
    N’importe, il faut qu’il y ait un paradis pour le bien, comme un enfer pour le mal !

    LE DIABLE
    L’exigence de ta raison fait-elle la loi des choses ? Sans doute le mal est indifférent à Dieu puisque la terre en est couverte !
    Est-ce par impuissance qu’il le supporte, ou par cruauté qu’il le conserve ?
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par chartel, le 01 novembre 2009

    LE DIABLE
    Mais les choses ne t’arrivent que par l’intermédiaire de ton esprit. Tel qu’un miroir concave il déforme le objets ; - et tout moyen te manque pour en vérifier l’exactitude.
    Jamais tu ne connaîtras l’univers dans sa pleine étendue ; par conséquent tu ne peux te faire une idée de sa cause, avoir une notion juste de Dieu, ni même dire que l’univers est infini, - car il faudrait d’abord connaître l’Infini !
    La Forme est peut-être une erreur de tes sens, la Substance une imagination de ta pensée.
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  • Par valetudinaire, le 03 mars 2011

    Le monde est l'œuvre d'un Dieu en délire.
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Vidéo de Gustave Flaubert

Bouvard et Pécuchet film (1989) -- 1/16
Par une chaude journée d'été, à Paris, deux hommes, Bouvard et Pécuchet, se rencontrent et font connaissance. Ils découvrent que, non seulement ils exercent le même métier (copiste), mais qu'en plus ils ont les mêmes centres d'intérêts.








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