Il m'aura fallu énormément de temps pour me décider à lire ce classique dont j'avais tant de fois entendu parler. Je n'osais pas me lancer par crainte de ne pas aimer, ce qui me paraissait inconcevable, inacceptable. Or, j'ai fini par me décider, la curiosité étant trop forte et j'ai tout simplement eu un énorme coup de cœur pour ce roman. Quelle bêtise d'avoir tant attendu !
Je crois que mon billet sera assez bref dans la mesure où tant de choses ont déjà été dites à son sujet que je n'ai envie ni de rabâcher des poncifs éculés ni de sortir des banalités bien en deçà de l'éloge que mérite cet ouvrage.
Pour faire simple, ce roman est juste absolument parfait. Les sentiments,
Les Pensées d'Emma Bovary sont merveilleusement analysés et transmis au lecteur.
Flaubert réussit à la rendre terriblement vivante et bouleversante. Une telle justesse dans la complexité du caractère de ce personnage est juste merveilleuse et c'est avec un peu d'effroi que je me suis au fil des pages, énormément reconnue dans ses traits. le drame d' Emma Bovary est d'autant plus terrible qu'elle n'a extérieurement aucune raison de se plaindre : un mari sage, tendre et aimant, une jolie petite maison, une charmante enfant, des revenus lui assurant un certain confort… Mais cette vie est trop étroite pour elle, elle y suffoque, elle qui se nourrit de romans et de chimères. Elle a besoin de rêve, de grandeur, d'émotions fortes. le quotidien l'étouffe et la tue à petit feu. Alors, elle le fuit de toute son âme, de toutes ses forces pour se sentir vivante, à la recherche d'un bonheur qui ne sera à chaque fois que de courte durée. Eternellement insatisfaite, Emma Bovary s'enlise peu à peu dans les soucis, refusant d'abord de les voir et se trace un destin funeste. Alors que la raison l'entoure, elle est incapable de changer et se dirige inexorablement vers une fin terrible et spectaculaire, à l'image de ses rêves, de la violence de ses émotions, de son goût du spectacle. Elle met sa vie en scène, croyant ainsi la maitriser, mais elle se retrouve prise au piège, et la mort est effectivement la seule délivrance qu'elle peut espérer. Seulement même cette dernière se fait attendre et sera l'occasion de nouvelles souffrances. Ce passage est à la fois magnifique et terrible.
Emma Bovary est une écorchée-vive, incomprise par son entourage et utilisée puis jetée par les hommes qu'elle a aimé. Elle se nourrit d'illusions, ce qui rend ses chutes encore plus brutales et douloureuses, mais personne ne le voit. Elle est terriblement seule malgré ce ballet de personnages l'entourant et sa détresse m'a profondément émue.
D'ailleurs, peu importe que l'on sache avant même d'ouvrir le livre comment tout cela termine, c'est le cheminement qui compte. Et dieu, que celui emprunté par Emma Bovary est tortueux ! Mais il n'aurait pu être autre. Et c'est ce qui fait toute la beauté, la force, la violence de ce roman. Pendant ma lecture, j'avais en tête, cette phrase d'
Oscar Wilde "Dire d'un livre qu'il est moral ou immoral n'a pas de sens. Un livre est bien ou mal écrit – c'est tout." Elle convient parfaitement à ce roman. C'est vraiment un ouvrage terrible dont on n'a aucun mal à comprendre qu'il ait fait scandale. Oui ce livre est immoral, sulfureux et tout ce que l'on veut, mais peu importe ! Cela ne nous dit rien de lui, ça n'a pas de sens. Il est juste puissamment beau et bouleversant. Et c'est cela qui compte !
Bref, une révélation littéraire. Ce roman est absolument parfait. Il mérite absolument d'être lu et relu.
Gustave Flaubert est un génie absolu. C'est tout.
Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/12/10/flaubert-gustave-ma..