> Thierry Laget (Éditeur scientifique)

ISBN : 207041311X
Éditeur : Editions Flammarion (2001)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 777 notes) Ajouter à mes livres
Emma Rouault, bercée depuis toujours par ses lectures romantiques, rêve de grandeur, d’émotion, d’amours passionnées. Elle épouse Charles Bovary, un homme honnête, veuf depuis peu, mais se trouve rapidement désillusionnée par un quotidien triste et monotone. Opprimée dans cette vie trop étroite pour elle, elle la fuit de toutes ses forces et s’éloigne peu à peu d’un mari qui la dégoûte. Elle tombe sous le charme d’autres hommes et se laisse porter par ces relations adultères. Des relations indéniablement vouées à l’échec, qui ne lui apportent que l’illusion du bonheur et la font tomber chaque fois un peu plus bas. La dépression s’immisce dans la vie d’Emma. En même temps que ses dettes augmentent, sa vie rêvée s’éloigne. Emma Bovary, l’éternelle insatisfaite, ne saura que s’approcher malgré elle d’une fin spectaculaire et d’un destin romanesque.
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par 100choses, le 10 décembre 2011

    100choses
    Il m'aura fallu énormément de temps pour me décider à lire ce classique dont j'avais tant de fois entendu parler. Je n'osais pas me lancer par crainte de ne pas aimer, ce qui me paraissait inconcevable, inacceptable. Or, j'ai fini par me décider, la curiosité étant trop forte et j'ai tout simplement eu un énorme coup de cœur pour ce roman. Quelle bêtise d'avoir tant attendu !
    Je crois que mon billet sera assez bref dans la mesure où tant de choses ont déjà été dites à son sujet que je n'ai envie ni de rabâcher des poncifs éculés ni de sortir des banalités bien en deçà de l'éloge que mérite cet ouvrage.
    Pour faire simple, ce roman est juste absolument parfait. Les sentiments, Les Pensées d'Emma Bovary sont merveilleusement analysés et transmis au lecteur. Flaubert réussit à la rendre terriblement vivante et bouleversante. Une telle justesse dans la complexité du caractère de ce personnage est juste merveilleuse et c'est avec un peu d'effroi que je me suis au fil des pages, énormément reconnue dans ses traits. le drame d' Emma Bovary est d'autant plus terrible qu'elle n'a extérieurement aucune raison de se plaindre : un mari sage, tendre et aimant, une jolie petite maison, une charmante enfant, des revenus lui assurant un certain confort… Mais cette vie est trop étroite pour elle, elle y suffoque, elle qui se nourrit de romans et de chimères. Elle a besoin de rêve, de grandeur, d'émotions fortes. le quotidien l'étouffe et la tue à petit feu. Alors, elle le fuit de toute son âme, de toutes ses forces pour se sentir vivante, à la recherche d'un bonheur qui ne sera à chaque fois que de courte durée. Eternellement insatisfaite, Emma Bovary s'enlise peu à peu dans les soucis, refusant d'abord de les voir et se trace un destin funeste. Alors que la raison l'entoure, elle est incapable de changer et se dirige inexorablement vers une fin terrible et spectaculaire, à l'image de ses rêves, de la violence de ses émotions, de son goût du spectacle. Elle met sa vie en scène, croyant ainsi la maitriser, mais elle se retrouve prise au piège, et la mort est effectivement la seule délivrance qu'elle peut espérer. Seulement même cette dernière se fait attendre et sera l'occasion de nouvelles souffrances. Ce passage est à la fois magnifique et terrible.
    Emma Bovary est une écorchée-vive, incomprise par son entourage et utilisée puis jetée par les hommes qu'elle a aimé. Elle se nourrit d'illusions, ce qui rend ses chutes encore plus brutales et douloureuses, mais personne ne le voit. Elle est terriblement seule malgré ce ballet de personnages l'entourant et sa détresse m'a profondément émue.
    D'ailleurs, peu importe que l'on sache avant même d'ouvrir le livre comment tout cela termine, c'est le cheminement qui compte. Et dieu, que celui emprunté par Emma Bovary est tortueux ! Mais il n'aurait pu être autre. Et c'est ce qui fait toute la beauté, la force, la violence de ce roman. Pendant ma lecture, j'avais en tête, cette phrase d'Oscar Wilde "Dire d'un livre qu'il est moral ou immoral n'a pas de sens. Un livre est bien ou mal écrit – c'est tout." Elle convient parfaitement à ce roman. C'est vraiment un ouvrage terrible dont on n'a aucun mal à comprendre qu'il ait fait scandale. Oui ce livre est immoral, sulfureux et tout ce que l'on veut, mais peu importe ! Cela ne nous dit rien de lui, ça n'a pas de sens. Il est juste puissamment beau et bouleversant. Et c'est cela qui compte !
    Bref, une révélation littéraire. Ce roman est absolument parfait. Il mérite absolument d'être lu et relu. Gustave Flaubert est un génie absolu. C'est tout.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/12/10/flaubert-gustave-ma..
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    • Livres 5.00/5
    Par EmmaBo, le 21 février 2011

    EmmaBo
    Découvert au lycée, ce livre me suit depuis des années et je suis même devenue une EmmaBovary du net...
    La première lecture, pour le lycée, a ennuyé l'adolescente que j'étais... La deuxième lecture, quelques années après, m'a fait me demander si j'avais vraiment lu ce livre la première fois!
    Depuis, j'ai dû le relire deux, peut-être trois fois...L'art littéraire de Flaubert, son attention au monde, au quotidien, tout comme sa description de l'ambition et de la bêtise humaine, me sont à chaque fois apparues de plus en plus justes. Et tellement bien racontés!
    L'histoire d'Emma Bovary reste une vraie histoire de femme, prise au piège de sa vanité et de la prétention masculine. Quand je lis le livre, je ne peux m'empêcher d'aimer et de détester tour à tour cette Emma dont Flaubert disait qu'elle était lui. Je lui pique la réplique: EmmaBovary, c'est moi aussi!
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    • Livres 5.00/5
    Par EmmaBo, le 26 mai 2011

    EmmaBo
    Oui, je sais je suis à la bourre concernant la date limite du challenge "la lettre de l'écrivain" (la faute à une vilaine entorse qui m'a retourné le cerveau!). Mais comme disait un certain Cyrano: "De l'audace!". Et puis j'ai passé du temps sur ce texte et j'avais envie de vous le faire découvrir malgré tout... Donc, voilà:
    "Mon petit Gustave,
    Alors mon bichon, qu'est-ce que tu nous racontes là ? La vie d'une femme qui se fait avoir par tous les hommes qu'elle rencontre ? Les dessous d'une petite ville de province ? Je les ai lus les malheurs de ta petite bonne femme mal mariée qui ne sait pas se contenter de ce que le Seigneur lui a donné. Et crois-moi, tout ce bazar m'a semblé familier !
    Tu sais que j'aurais pu porter plainte si j'avais voulu. Enfin, tout ça n'a plus d'importance, puisque ça fait un siècle et des poussières que toi et moi avons passé l'arme à gauche…
    Emma Bovary c'est peut-être romanesque comme nom, mais Valentine Picotin, reconnais que ça a plus de gueule ! Ce que j'en dis, de là où je suis, ça ne compte plus vraiment, pourtant je tenais à mettre les choses au point.
    Il est vrai tu possèdes une sacrée plume pour brosser les caractères : je les ai tous reconnus ! Mais quand même… Je rêve où ton Rodolphe, ce châtelain arrogant, tu lui as donné un peu de toi ? Difficile de duper la Valentine ! Parce que tes histoires d'« Emma Bovary, c'est moi ! », merci ! Dis plutôt que c'est moi ! Bon à quelques détails près… D'abord ma mère n'est pas morte quand j'étais môme et, en bonne demi-mondaine de province, on peut même dire qu'elle a gâché mon enfance. Tu passes gentiment sur mes escapades nocturnes hors du couvent pour retrouver les gars de la ferme Mayol ainsi que sur mon état avant mon mariage. Je dois dire que j'ai eu de la chance que Lucien veuille bien de moi et de l'enfant d'un autre ! Pour lui d'ailleurs, tu ne t'es pas foulé : de vétérinaire, il est devenu médecin. Et ton pharmacien d'Homais ressemble trait pour trait au droguiste du village voisin !
    Mais pour ta Bovary, j'ai trouvé que tu avais parfois le sens de l'exagération et la larme facile… de femme de caractère, moi Valentine Picotin, je suis passé à victime ! Suicidée à l'arsenic en plus !
    Permets-moi de te dire une chose : le jour où tu m'as laissée tombée, après tous ces serments d'amour et de vie parisienne, je ne me suis pas jetée sur le poison. Pourtant, j'avais été flouée : tu m'avais promis la liberté, la Grande Vie à la Capitale et on n'a même pas mis les pieds à Rouen ! Je suis rentrée pleurer sur mon sort dans ma bonbonnière de campagne avec mes petits chiens, mes oiseaux et mes romans d'amour, puis j'ai pris une bonne beurrée. La voilà la vérité ! A son retour, Lucien m'a découverte ivre morte, allongée sur le tapis du salon devant la cheminée. En bon petit mari, il m'a couchée avant d'aller dormir dans son bureau. Oui, parce que je ronfle quand j'ai trop bu. Au réveil, j'ai eu droit à une leçon de morale et à un grog bien tassé. Lucien, il est plutôt moderne et ouvert comme garçon.
    Bref, je pourrais t'en raconter des heures comme ça. Mais après tout, tu n'as fait que ton travail. La littérature est faite pour rendre la vie plus belle, pour que le monde se raconte à travers les mots. Mais parfois, en lisant ce qui a été dit sur ton livre, et donc un peu à propos de moi, je réalise que tu n'as pas été si tendre que ça avec ton héroïne. Elle n'est pas toujours bien fine ton Emma…
    Alors permets-moi de te dire, mon petit Gustave : je suis peut-être naïve, un peu sotte à mes heures et rêveuse aussi… Mais moi, contrairement à ta Bovary, la vie, j'en ai plus que profité ! Et jusqu'à près de quatre-vingt ans ! Maintenant, je peux bien te l'avouer, vu qu'on flotte tous les deux quelque part dans les limbes: moi, Valentine Picotin j'aurais fait une parfaite héroïne de roman. Car, pour ta gouverne, Lucien et Antoine, mes chers époux, ne sont pas morts d'un ulcère ou du diabète, contrairement aux conclusions de Monsieur Pécuchet notre médecin de village. Eux qui ne crachaient pas sur un calva, après dîner…
    Je voulais donc te remercier. J'avoue que, même si ton idée d'achever ta Bovary à l'arsenic était invraisemblable, elle m'a bien inspirée : à petite dose, le poison fait bien son effet.
    Je ne t'en veux pas au fond, Gustave.
    Merci encore et repose en paix.
    Valentine."
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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 24 août 2011

    colimasson
    Si Flaubert avait vécu à notre époque, se serait-il acharné à démontrer les vices que produit la télévision dans le cerveau des jeunes demoiselles, comme il a voulu montrer, dans Madame Bovary, les dommages que pouvait provoquer la lecture de romans à l'eau de rose lors de la formation des jeunes filles au couvent ? Cette idée ne me semble pas impossible, et aujourd'hui, à l'heure on la majorité se désole de voir les petites têtes du monde entier se tourner plus rapidement vers un écran de télévision qu'au-dessus des pages d'un bouquin, le point de vue de Flaubert sur la perversion engendrée par la lecture apporte un point de vue intéressant sur les bienfaits et les méfaits de la culture.
    Heureusement, Madame Bovary ne se limite pas seulement à cette réflexion intéressante. Peut-être même Flaubert n'avait-il jamais voulu étayer une quelconque théorie sur la culture, car la totalité de ses personnages, qu'ils soient issus de la plus haute caste intellectuelle ou de la plus longue lignée de paysans, n'échappe pas à son mépris le plus glacial, à ses remarques les plus acides, à son humour le plus féroce ! Et c'est cette haine de l'humanité, qui se dessine petit à petit entre les phrases travaillées et raffinées de Flaubert, qui donne son aspect le plus jubilatoire à Madame Bovary.
    Rien ni personne n'est épargné dans ce roman. Flaubert disait être cette Emma, pauvre fille sans cesse déçue par les espoirs qu'elle portait en la vie, et cette affirmation ne me surprend pas. La psychologie de Madame Bovary est passée au peigne fin, démontée rouage après rouage. Alors qu'elle se dessinait vaguement, dans les premiers chapitres, comme une jeune fille de paysans légèrement tournée vers la vie intellectuelle et artistique, on la découvre de plus en plus complexe, hésitante, incohérente voire tordue. Quiconque ne se reconnaîtrait pas une fois dans les pensées d'Emma serait sans doute beaucoup moins humain qu'elle, ou peut-être moins honnête.
    Et c'est là où le réalisme de Flaubert devient magique : il brosse sous ses yeux le portrait d'une femme, d'une famille, d'un village… de petites confréries qui deviennent universelles par la finesse des descriptions qu'il en fait.
    Sur un ton en apparence posé et cordial, Flaubert a écrit, avec Madame Bovary, un roman d'une cruauté réjouissante !

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-madame-bovary-de-flaubert-82..
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    • Livres 5.00/5
    Par Zazette97, le 28 avril 2011

    Zazette97
    Paru en 1857, "Madame Bovary" est un roman du célèbre écrivain français Gustave Flaubert, également auteur de "L'Education sentimentale" et de "salammbô".
    "Madame Bovary" retrace le parcours - ou disons plutôt la descente aux enfers - d'Emma Bovary, une jeune femme romantique toujours à l'affût du moindre événement et qui, pour échapper à l'ennui du quotidien, s'abandonne aux rêveries que lui inspirent ses lectures, nourrissant sans cesse l'espoir qu'un jour, le rêve se confonde avec la réalité.
    Charles Bovary, médecin à Tostes, est dépêché à la ferme des Bertaux pour remettre en place la jambe cassée de Mr Rouault, le maître des lieux.
    Tombé sous le charme de sa fille Emma, Charles s'empresse de l'épouser. Si le couple affiche un bonheur paisible en apparence, il n'en est rien en réalité. Seul Charles est heureux. Emma, elle, ne ressent en rien la passion telle que décrite dans ses lectures.
    Les journées se suivent et se ressemblent et, plus le temps passe, plus Emma se détache de ce mari dont le manque de curiosité et d'ambition l'irrite au plus haut point.
    Sujette à de fréquentes sautes d'humeur, la jeune femme se laisse tant aller que son mari, dans l'idée qu'un changement de décor lui ferait le plus grand bien, décide de quitter Tostes pour rejoindre Yonville. Emma est alors enceinte.
    C'est dans ce bourg qu'Emma connaîtra les joies éphémères de l'adultère auprès de Léon et de Rodolphe. Mais les dettes, engrangées à la mesure de ses caprices, et les déceptions s'accumulent au point de la faire renoncer définitivement à ce bonheur idyllique auquel elle aspirait tant.
    Je me souviens encore de l'impression d'ennui que m'avait laissé ce roman lu pour la première fois à l'âge de 16 ans. Je n'en avais d'ailleurs gardé qu'un souvenir diffus qui, à peu de choses près, pourrait se résumer aux propos tenus par Jean Teulé lors d'une émission de La Grande Librairie : "Madame Bovary, c'est l'histoire d'une bourgeoise qui s'emmerde en province."
    Quand Manu m'a proposé une lecture commune de "Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary" (mon billet sera publié jeudi), j'ai saisi l'occasion de me replonger dans le texte original pour me rafraîchir la mémoire mais aussi pour donner une seconde chance à ce roman dont les nuances, je m'en rends compte, m'avaient échappées à l'adolescence.
    A l'époque, j'avais pris en pitié cette pauvre Emma, victime de ce mari qui, faisant tout de travers, ne réussissait pas à la rendre heureuse. Mon avis est à présent beaucoup plus contrasté.
    A l'évidence, Emma ne fait pas partie de ces êtres qui peuvent trouver le bonheur en eux-mêmes mais bien de ceux dont la félicité repose entièrement sur l'amour de quelqu'un.
    Or cette personne n'est pas son mari.
    Certes, Charles Bovary apparaît comme un homme plutôt fade et ennuyeux.
    Mais le dévouement extrême qu'il porte à Emma est si touchant que j'en suis venue à mépriser cette femme de ne pas réussir à l'aimer malgré tout, ou du moins à lui accorder une chance.
    Or dès le début, les dés sont pipés.
    Au motif de sacrifier sa vie, Emma agit sans scrupules envers sa famille. Egocentrée, elle néglige sa fille, trompe son mari, dilapide son argent et le manipule afin qu'il cède au moindre de ses caprices.
    Et Charles, trop aveuglé par son admiration pour elle, lui passe tout, se contente du peu d'affection qu'elle consent à lui donner et ne se rend compte de rien !
    L'absence de communication dans ce couple est à ce point flagrante qu'elle en devient désespérante. Extrême dans son indifférence à l'égard de son mari comme dans sa tendresse envers ses amants, Emma ne peut s'exprimer qu'à travers des crises de nerfs et Charles ne pense jamais à lui demander la raison de ses tourments.
    Des personnages secondaires beaux parleurs, intéressés et lâches (la palme revenant à Monsieur Lheureux, le boutiquier) aux décors inanimés, tout concourt à pousser Emma à mettre fin à l'agonie de toute une vie pour privilégier la délivrance.
    Amateurs de rebondissements et d'action, passez votre chemin. Fin psychologue, Flaubert excelle à faire ressentir progressivement au lecteur l'ennui, la frustration, l'inertie et la platitude d'une existence qui mène au désespoir et au renoncement.
    Le style est travaillé, parfois un peu poussiéreux pour le lecteur contemporain mais toujours flamboyant.
    Bien que j'aie relevé quelques longueurs (mais quel roman classique n'en a pas?), j'ai réussi à passer au travers, non en sautant des pages comme la première fois, mais en sachant apprécier le travail et le talent de l'auteur à installer et maintenir une ambiance de bout en bout comme à doter ses personnages d'une consistance et d'une trajectoire rectiligne qui les mène exactement là où ils doivent être.
    Le roman converge naturellement vers une fin sans réelle surprise (le mot "fatalité" est d'ailleurs prononcé par Charles Bovary dans les toutes dernières lignes) mais néanmoins bouleversante, moins pour Emma que pour Charles (enfin c'est mon avis).

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/04/madame-bovary-gustave-flau..
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Citations et extraits

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  • Par Scriba, le 04 septembre 2009

    Ensuite le prêtre [...] trempa son pouce droit dans l'huile et commença les onctions : d'abord sur les yeux, qui avaient tant convoité toutes les sompuosités terrestres ; puis sur les narines, friandes de brises tièdes et de senteurs amoureuses ; puis sur la bouche, qui s'était ouverte pour le mensonge, qui avait gémi d'orgueil et crié dans la luxure ; puis sur les mains, qui se délectaient aux contacts suaves, et enfin sur la plante des pieds si rapides autrefois quand elle courait à l'assovissance de ses désirs, et qui maintenant ne marcheraient plus.
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  • Par Zazette97, le 28 avril 2011

    N'importe! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait?
    Mais, s'il y avait quelque part un être fort et beau, une nature valeureuse, pleine à la fois d'exaltation et de raffinements, un coeur de poète sous une forme d'ange, lyre aux cordes d'ayrain, sonnant vers le ciel des épithalames élégiaques, pourquoi, par hasard, ne le trouverait-elle pas? Oh! Quelle impossibilité ! Rien, d'ailleurs, ne valait la peine d'une recherche ; tout mentait ! Chaque sourire cachait un bâillement d'ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissaient sur la lèvre qu'une irréalisable envie d'une volupté plus haute. p.335
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  • Par sentinelle, le 13 janvier 2010

    Elle se répétait : « J’ai un amant ! un amant ! » se délectant à cette idée comme à celle d’une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré. Elle entrait dans quelque chose de merveilleux où tout serait passion, extase, délire ; une immensité bleuâtre l’entourait, les sommets du sentiment étincelaient sous sa pensée, et l’existence ordinaire n’apparaissait qu’au loin, tout en bas, dans l’ombre, entre les intervalles de ces hauteurs.
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  • Par Zazette97, le 28 avril 2011

    Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque vague blanche dans les brumes de l'horizon.
    Elle ne savait pas quel serait ce hasard, le vent qui le pousserait jusqu'à elle, vers quel rivage il la mènerait, s'il était chaloupe ou vaisseau à trois ponts, chargé d'angoisses ou plein de félicités jusqu'aux sabords.
    Mais, chaque matin, à son réveil, elle l'espérait pour la journée, et elle écoutait tous les bruits, se levait en sursaut, s'étonnait qu'il ne vînt pas, puis au coucher du soleil, toujours plus triste, désirait être au lendemain. p.73
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  • Par Sarpou, le 22 février 2008

    Ce n’était pas la première fois qu’ils apercevaient des arbres, du ciel bleu, du gazon,qu’ils entendaient l’eau couler et la bise soufflant dans le feuillage; mais ils n’avaient sans doute jamais admiré tout cela, comme si la nature n’eût commencé à être belle que depuis l’assouvissance de leurs désirs.
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Bouvard et Pécuchet film (1989) -- 1/16
Par une chaude journée d'été, à Paris, deux hommes, Bouvard et Pécuchet, se rencontrent et font connaissance. Ils découvrent que, non seulement ils exercent le même métier (copiste), mais qu'en plus ils ont les mêmes centres d'intérêts.








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