> Thierry Laget (Éditeur scientifique)

ISBN : 207041311X
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 942 notes) Ajouter à mes livres
Emma Rouault, bercée depuis toujours par ses lectures romantiques, rêve de grandeur, d’émotion, d’amours passionnées. Elle épouse Charles Bovary, un homme honnête, veuf depuis peu, mais se trouve rapidement désillusionnée par un quotidien triste et monotone. Opprimée dans cette vie trop étroite pour elle, elle la fuit de toutes ses forces et s’éloigne peu à peu d’un mari qui la dégoûte. Elle tombe sous le charme d’autres hommes et se laisse porter par ces relations adultères. Des relations indéniablement vouées à l’échec, qui ne lui apportent que l’illusion du bonheur et la font tomber chaque fois un peu plus bas. La dépression s’immisce dans la vie d’Emma. En même temps que ses dettes augmentent, sa vie rêvée s’éloigne. Emma Bovary, l’éternelle insatisfaite, ne saura que s’approcher malgré elle d’une fin spectaculaire et d’un destin romanesque.
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par 100choses, le 10 décembre 2011

    100choses
    Il m'aura fallu énormément de temps pour me décider à lire ce classique dont j'avais tant de fois entendu parler. Je n'osais pas me lancer par crainte de ne pas aimer, ce qui me paraissait inconcevable, inacceptable. Or, j'ai fini par me décider, la curiosité étant trop forte et j'ai tout simplement eu un énorme coup de cœur pour ce roman. Quelle bêtise d'avoir tant attendu !
    Je crois que mon billet sera assez bref dans la mesure où tant de choses ont déjà été dites à son sujet que je n'ai envie ni de rabâcher des poncifs éculés ni de sortir des banalités bien en deçà de l'éloge que mérite cet ouvrage.
    Pour faire simple, ce roman est juste absolument parfait. Les sentiments, Les Pensées d'Emma Bovary sont merveilleusement analysés et transmis au lecteur. Flaubert réussit à la rendre terriblement vivante et bouleversante. Une telle justesse dans la complexité du caractère de ce personnage est juste merveilleuse et c'est avec un peu d'effroi que je me suis au fil des pages, énormément reconnue dans ses traits. le drame d' Emma Bovary est d'autant plus terrible qu'elle n'a extérieurement aucune raison de se plaindre : un mari sage, tendre et aimant, une jolie petite maison, une charmante enfant, des revenus lui assurant un certain confort… Mais cette vie est trop étroite pour elle, elle y suffoque, elle qui se nourrit de romans et de chimères. Elle a besoin de rêve, de grandeur, d'émotions fortes. le quotidien l'étouffe et la tue à petit feu. Alors, elle le fuit de toute son âme, de toutes ses forces pour se sentir vivante, à la recherche d'un bonheur qui ne sera à chaque fois que de courte durée. Eternellement insatisfaite, Emma Bovary s'enlise peu à peu dans les soucis, refusant d'abord de les voir et se trace un destin funeste. Alors que la raison l'entoure, elle est incapable de changer et se dirige inexorablement vers une fin terrible et spectaculaire, à l'image de ses rêves, de la violence de ses émotions, de son goût du spectacle. Elle met sa vie en scène, croyant ainsi la maitriser, mais elle se retrouve prise au piège, et la mort est effectivement la seule délivrance qu'elle peut espérer. Seulement même cette dernière se fait attendre et sera l'occasion de nouvelles souffrances. Ce passage est à la fois magnifique et terrible.
    Emma Bovary est une écorchée-vive, incomprise par son entourage et utilisée puis jetée par les hommes qu'elle a aimé. Elle se nourrit d'illusions, ce qui rend ses chutes encore plus brutales et douloureuses, mais personne ne le voit. Elle est terriblement seule malgré ce ballet de personnages l'entourant et sa détresse m'a profondément émue.
    D'ailleurs, peu importe que l'on sache avant même d'ouvrir le livre comment tout cela termine, c'est le cheminement qui compte. Et dieu, que celui emprunté par Emma Bovary est tortueux ! Mais il n'aurait pu être autre. Et c'est ce qui fait toute la beauté, la force, la violence de ce roman. Pendant ma lecture, j'avais en tête, cette phrase d'Oscar Wilde "Dire d'un livre qu'il est moral ou immoral n'a pas de sens. Un livre est bien ou mal écrit – c'est tout." Elle convient parfaitement à ce roman. C'est vraiment un ouvrage terrible dont on n'a aucun mal à comprendre qu'il ait fait scandale. Oui ce livre est immoral, sulfureux et tout ce que l'on veut, mais peu importe ! Cela ne nous dit rien de lui, ça n'a pas de sens. Il est juste puissamment beau et bouleversant. Et c'est cela qui compte !
    Bref, une révélation littéraire. Ce roman est absolument parfait. Il mérite absolument d'être lu et relu. Gustave Flaubert est un génie absolu. C'est tout.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/12/10/flaubert-gustave-ma..
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 23 avril 2012

    Kittiwake

    Ce n'est pas rien que de s'attaquer à ce monument de la littérature française du 19è siècle, souvent abominé lorsqu'il fut découvert trop tôt, imposé par des programmes scolaires inadaptés (que peut importer à un ado de 15 ans le désespoir languide d'une desperate housewife romantique?). Sans l'avoir jamais complètement lu, on en connaît la trame, celle de la lente chute d'une jeune provinciale que l'adultère conduit à sa perte. Mais Madame Bovary, c'est bien autre chose. Et l'on y trouve matière à réflexion que l'on s'intéresse à la psychiatrie ( quel destin aurait eu Emma avec un peu de Prozac que l'indigne pharmacien Hormais se serait empressé de lui vendre, et quelques séances de thérapie comportementale contre ses tendances à l'achat compulsif?), à la sociologie, voire à l'ethnologie (Flaubert observe à la loupe ce microcosme normand prisonnier d'une époque figée dans ces principes moraux étriqués)! Que dire des pratiques médicales, bien impuissantes, et très empiriques, il faudra un siècle pour voir apparaître d'immenses progrès dans les connaissances et les traitements?
    On y découvre aussi que le problème du surendettement n'est pas un apanage de n'être mode de vie contemporain et qu'il a toujours existé des usuriers véreux flairant la bonne aubaine qu'est la détresse.
    Quant aux piètres amants de notre héroïne, et à sa décharge, on ne peut dire que le destin lui a facilité la tâche : pleutres, faibles ou immoraux, ils n'ont pu que hâter sa déchéance. Dépassés par l'intensité de la passion suscitée, eux qui se seraient sûrement contentés de rendez-vous galants aléatoires et sans arrière pensée d'engagements, ils apparaissent comme de grands méchants loups, avec un petit chaperon rouge qui s'est jeté dans leur bras avec une grande naïveté.
    Un mot des victimes collatérales, les seules sincères et irréprochables : ce brave Bovary, qui a fait de son mieux pour cette femme qu'il continue quelques soient les circonstances, à aimer éperdument et surtout la petite Berthe, mal aimée (C'est une chose étrange, pensait Emma, comme cette enfant est laide !), ignorée, et pour finir orpheline.
    Cette sombre histoire est fort bien illustrée par de magnifiques tableaux champêtres, mettant à l'honneur une nature luxuriante et généreuse " du côté de l'est, la plaine, montant doucement, va s'élargissant et étale à perte de vue ses blondes pièces de blé. L'eau qui court au bord de l'herbe sépare d'une raie blanche la couleur des prés et celle des sillons, et la campagne ainsi ressemble à un grand manteau déplié qui a un collet de velours vert, bordé d'un galon d'argent."
    Il n'est pas loin d'un éventuel embarquement pour une île déserte ce roman emblématique de la littérature romantique...

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2012/04/madame-bovary.html
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Audreyy, le 13 mars 2012

    Audreyy
    Madame Bovary est une lecture que je souhaitais faire de moi même mais pas dans l'immédiat mais finalement, ça s'est révélé être pour mes cours alors me voici face à ce livre.
    Pour vous expliquer un peu l'histoire, alors il s'agit d'Emma Bovary qui n'est pas heureuse dans son mariage avec Charles. Elle est triste voir même déprimée. Rien ne la rend gaie. Ce qu'il va la faire sourire c'est ses aventures avec un premier amant : Rodolphe puis un second Léon. A ce moment, elle sourit et semble plus heureuse. En tant que lectrice, c'est bien l'impression que j'ai mais Madame Bovary étant une femme très compliquée nous révèle vers la fin de l'histoire qu'elle ne l'a jamais été. Que sa vie n'est que tristesse. N'a t'elle jamais été heureuse finalement?
    Emma peut apparaître comme une femme qui ne se contente pas de ce qu'elle a, qui veut toujours plus. Je l'ai moi même perçue de cette façon. Mais c'est une femme qui veut avant toute chose une vie idéale. Elle a des désirs et rêve d'une vie comme elle a pu en lire dans ses romans. Je ne dis pas que Madame Bovary ne m'a pas énervée, bien au contraire. Mais ses rêves peuvent être les nôtres.
    Ce qu'il faut savoir c'est que c'est un livre sans action. Ce livre est un roman cynique centré sur les personnages, leurs sentiments et leurs propos. Et pourtant 414 pages...d'où les nombreux avis négatifs que j'ai pu voir à son sujet mais ce livre est tout de même considéré comme un chef d'oeuvre de la Littérature française alors où sont les avis positifs? J'ai fini par en voir fort heureusement. Ce qui gêne je pense, c'est le manque d'action. Tout au long du livre, on a les histoire d'Emma Bovary et du voisinage. Mais en fin de compte, je pense et ce n'est que mon avis mais ce qu'il faut faire, c'est comprendre Madame Bovary ou même comprendre la femme du 19ème siècle.
    Pour en venir à mon avis personnelle, et bien j'ai aimé. Certes, ça peut se révéler être long par moment, je le nie pas mais ça ne m'a pas empêché d'apprécier l'histoire autant que les descriptions. Gustave Flaubert a une écriture plaisante à lire et transporte assez facilement.
    J'ai été attristée de la fin mais je l'ai adoré. Car elle fait passer des émotions et c'est ce que j'aime. Dans l'ensemble, j'ai passé un très bon moment ou plutôt une bonne semaine en compagnie de ce livre car on a ici un livre qui sait faire passer des émotions comme l'énervement, la tristesse et la joie quand il y a de l'amour.
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    • Livres 5.00/5
    Par EmmaBo, le 21 février 2011

    EmmaBo
    Découvert au lycée, ce livre me suit depuis des années et je suis même devenue une EmmaBovary du net...
    La première lecture, pour le lycée, a ennuyé l'adolescente que j'étais... La deuxième lecture, quelques années après, m'a fait me demander si j'avais vraiment lu ce livre la première fois!
    Depuis, j'ai dû le relire deux, peut-être trois fois...L'art littéraire de Flaubert, son attention au monde, au quotidien, tout comme sa description de l'ambition et de la bêtise humaine, me sont à chaque fois apparues de plus en plus justes. Et tellement bien racontés!
    L'histoire d'Emma Bovary reste une vraie histoire de femme, prise au piège de sa vanité et de la prétention masculine. Quand je lis le livre, je ne peux m'empêcher d'aimer et de détester tour à tour cette Emma dont Flaubert disait qu'elle était lui. Je lui pique la réplique: EmmaBovary, c'est moi aussi!
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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 24 août 2011

    colimasson
    Si Flaubert avait vécu à notre époque, se serait-il acharné à démontrer les vices que produit la télévision dans le cerveau des jeunes demoiselles, comme il a voulu montrer, dans Madame Bovary, les dommages que pouvait provoquer la lecture de romans à l'eau de rose lors de la formation des jeunes filles au couvent ? Cette idée ne me semble pas impossible, et aujourd'hui, à l'heure on la majorité se désole de voir les petites têtes du monde entier se tourner plus rapidement vers un écran de télévision qu'au-dessus des pages d'un bouquin, le point de vue de Flaubert sur la perversion engendrée par la lecture apporte un point de vue intéressant sur les bienfaits et les méfaits de la culture.
    Heureusement, Madame Bovary ne se limite pas seulement à cette réflexion intéressante. Peut-être même Flaubert n'avait-il jamais voulu étayer une quelconque théorie sur la culture, car la totalité de ses personnages, qu'ils soient issus de la plus haute caste intellectuelle ou de la plus longue lignée de paysans, n'échappe pas à son mépris le plus glacial, à ses remarques les plus acides, à son humour le plus féroce ! Et c'est cette haine de l'humanité, qui se dessine petit à petit entre les phrases travaillées et raffinées de Flaubert, qui donne son aspect le plus jubilatoire à Madame Bovary.
    Rien ni personne n'est épargné dans ce roman. Flaubert disait être cette Emma, pauvre fille sans cesse déçue par les espoirs qu'elle portait en la vie, et cette affirmation ne me surprend pas. La psychologie de Madame Bovary est passée au peigne fin, démontée rouage après rouage. Alors qu'elle se dessinait vaguement, dans les premiers chapitres, comme une jeune fille de paysans légèrement tournée vers la vie intellectuelle et artistique, on la découvre de plus en plus complexe, hésitante, incohérente voire tordue. Quiconque ne se reconnaîtrait pas une fois dans les pensées d'Emma serait sans doute beaucoup moins humain qu'elle, ou peut-être moins honnête.
    Et c'est là où le réalisme de Flaubert devient magique : il brosse sous ses yeux le portrait d'une femme, d'une famille, d'un village… de petites confréries qui deviennent universelles par la finesse des descriptions qu'il en fait.
    Sur un ton en apparence posé et cordial, Flaubert a écrit, avec Madame Bovary, un roman d'une cruauté réjouissante !

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-madame-bovary-de-flaubert-82..
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Citations et extraits

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  • Par jplegault, le 16 mai 2012

    Chaque sourire cachait un bâillement d'ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir un dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissaient sur les lèvres qu'une irréalisable envie d'une volupté plus haute.
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  • Par MorganeJollivet, le 14 mai 2012

    Oh ! j'ai bien souffert ! Souvent je sortais, je m'en allais, je me traînais le long des quais, m'étourdissant au bruit de la foule sans pouvoir bannir l'obsession qui me poursuivait.
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  • Par MorganeJollivet, le 14 mai 2012

    Elle lui parut donc si vertueuse et inaccessible que toute espérance, même la plus vague, l'abandonna. Mais, par ce renoncement, il la plaçait en des conditions extraordinaires. Elle se dégagea, pour lui, des qualités charnelles dont il n'avait rien à obtenir ; et elle alla, dans son cœur, montant toujours et s'en détachant à la manière magnifique d'une apothéose qui s'envole. C'était un de ces sentiments purs qui n'embarrassent pas l'exercice de la vie, que l'on cultive parce qu'ils sont rares, et dont la perte affligerait plus que la possession n'est réjouissante.
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  • Par MorganeJollivet, le 14 mai 2012

    Il n'avait plu, comme autrefois, de ces mots si doux qui la faisaient pleurer, ni de ces véhémentes caresses qui la rendaient folle ; si bien que leur grand amour, où elle vivait plongée, parut se diminuer sous elle, comme l'eau d'un fleuve qui s'absorberait dans son lit ; et elle aperçut la vase.
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  • Par Scriba, le 04 septembre 2009

    Ensuite le prêtre [...] trempa son pouce droit dans l'huile et commença les onctions : d'abord sur les yeux, qui avaient tant convoité toutes les sompuosités terrestres ; puis sur les narines, friandes de brises tièdes et de senteurs amoureuses ; puis sur la bouche, qui s'était ouverte pour le mensonge, qui avait gémi d'orgueil et crié dans la luxure ; puis sur les mains, qui se délectaient aux contacts suaves, et enfin sur la plante des pieds si rapides autrefois quand elle courait à l'assovissance de ses désirs, et qui maintenant ne marcheraient plus.
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Bouvard et Pécuchet film (1989) -- 1/16
Par une chaude journée d'été, à Paris, deux hommes, Bouvard et Pécuchet, se rencontrent et font connaissance. Ils découvrent que, non seulement ils exercent le même métier (copiste), mais qu'en plus ils ont les mêmes centres d'intérêts.








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