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ISBN : 2253163686
Éditeur : Le Livre de Poche (2012)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 15 notes)
Résumé :
"Saint-Malo, bâti sur la mer et clos de remparts, semble, lorsqu'on arrive, une couronne de pierres posée sur les flots dont les mâchicoulis sont les fleurons.
Les vagues battent contre les murs où, quand il est marée basse, déferlent à leurs pieds sur le sable. De petits rochers couverts de varechs surgissent de la grève à ras du sol, comme des taches noires sur cette surface blonde. Les plus grands, dressés en rang à pic et tout unis, supportent de leurs so... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Corboland78
Corboland7814 septembre 2012
  • Livres 3.00/5
Au printemps 1847, Gustave Flaubert et son ami Maxime du Camp (photographe et écrivain), partent pour deux mois sillonner la France, des bords de Loire à la Normandie en passant par la Bretagne. Ce voyage doit leur permettre d'écrire un ouvrage commun où chacun rédigera son chapitre, Flaubert les impairs et du Camp les paires. le présent ouvrage, extrait de leur livre, ne relate que la découverte de la Bretagne.
Sac au dos, pipe au bec et bâton de marche à la main, sans guide (« c'est là la bonne façon »), les deux compères arpentent le territoire qui s'étend de Vannes à Rennes en passant par la Pointe-du-Raz. A pied le plus souvent, en carriole quand l'aubaine se présente, ils vont de ville en ville, à travers champs et marais ou bien longeant le littoral. le soir ils s'arrêtent à l'auberge ou encore dans des pensions, à leurs risques et périls car le gîte comme le couvert ne sont pas toujours à leur goût et quand la ressource manque, dorment à la belle étoile. Curieux de tout, mais quand on voyage c'est bien le moins, ils visitent les églises, admirent les menhirs et les paysages, s'instruisent au contact des autres comme lorsqu'ils tombent par hasard sur des ouvriers verriers en plein travail.
Insensibles à la météo, qu'il pleuve ou que le soleil les crame sur la route, le temps est avec eux et ils le prennent, « … nous décrétâmes de suite que Carnac nous plaisait et que nous y resterions quelque temps ».
Pour autant, l'un comme l'autre, ne sont pas des « touristes » béats d'admiration devant tout ce qu'ils voient. Même Flaubert finit par en avoir marre des églises ! « Je suis fatigué des légendes et non moins des églises ». Enfin quelqu'un qui avoue franchement ce que tout le monde pense tout bas quand il visite cette belle province.
Ce sont d'ailleurs leurs réflexions diverses et leurs railleries qui font le véritable intérêt de cet ouvrage. A cette époque la Bretagne semble une contrée exotique, langue, traditions (« il n'en est pas ainsi chez nous »), costumes, tout est sujet d'étonnement et vaut à leurs habitants ce qualificatif peu amène, « ces sauvages de la basse Bretagne ». Ou encore cette remarque pleine d'humour à propos d'un évêque peint sur un tableau d'une église de Quimperlé, « son corps se dessinant sous les draps avec une gentillesse charmante qui rappelle le galbe d'une andouille vue à travers un torchon mouillé » ! Une autre fois, amenés par hasard à soigner une blessée avec les moyens du bord, Flaubert avoue très pince sans rire, « Il est très possible que cette compression violente ait causé la gangrène et que la patiente en soit morte ».
A me lire vous allez croire qu'il s'agit d'un récit désopilant, n'exagérons rien. D'ailleurs je n'irai même pas jusqu'à vous le recommander, car il peut être lassant parfois. L'idéal serait de pouvoir le consulter lors d'un voyage en Bretagne, comparer ce qu'ils voient avec ce qui subsiste de nos jours, ou encore vous attarder à lire les passages sur les sites ou villes que vous connaissez parfaitement. Donc un livre qui ne manque pas d'intérêt, mais sous conditions.
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nathalie_MarketMarcel
nathalie_MarketMarcel13 août 2013
  • Livres 5.00/5
Je suis enthousiasmée par ce livre !
Les deux compères visitent la Bretagne durant un bel été. Ils cherchent :
- des beaux paysages et des promenades bucoliques. L'essentiel du livre est la description de leurs marches dans les forêts, les champs, les campagnes, sur les falaises, les rochers, les plages à marée basse. Ils aiment herboriser et se déplacent beaucoup à pied. La description de Belle-Île par Flaubert est absolument magnifique et son imparfait donne une impression d'éternité à cette évocation.
- des lieux pittoresques, c'est-à-dire empreints d'un charme ancien. Ils aiment les villes anciennes (et pas du tout le Brest rectiligne de l'armée et du bagne), les églises anciennes (sus aux restaurations modernes) dont ils détaillent à loisir les chapiteaux et les sculptures, les ruines, les lieux évocateurs (de la vie De Chateaubriand par exemple)
- un pays ancien et disparu datant d'avant l'ère du bourgeois boursouflé, du préfet et de l'administration imbécile. Ils aiment les costumes des paysans, leurs fêtes, leur patois.
Ils se moquent :
- des lieux trop connus des autres voyageurs en Bretagne qui n'entraînent que des banalités déjà dites
- des questions historiques, que ce soit la reine Anne ou la Révolution (alors que le voyage est bien préparé et documenté)
- de la bêtise, celle des paysans ou celle des bourgeois, quoique les seconds soient pires, par leur prétention et arrogance. Les paysans et les pêcheurs témoignent au moins d'un temps disparu et leur piété simple et sans affèterie suscite en partie leur respect.
- de la mode pour les antiquités celtiques et surtout de la multitude d'hypothèses pour expliquer la raison d'être de ces pierres levées.
Ils prêtent attention à la pauvreté et à la dureté de la vie dans ces campagnes. Ils visitent les monuments mais sans montrer de prétention scientifique, les vieilles églises et les cimetières les fascinent pour leurs sculptures barbares et naïves.
À cette époque, le tourisme et surtout ce goût pour la marche ne sont pas répandus en Bretagne et Flaubert et du Camp sont eux aussi de véritables curiosités.
On croise aussi des auberges de piètre qualité et toutes sortes de chevaux tirant de drôles de voitures.
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raton-liseur
raton-liseur10 mars 2011
  • Livres 1.00/5
Prise d'un brin de nostalgie, j'ai commencé ce livre en espérant trouver de belles descriptions de Bretagne, entendre la langue chanter et évoquer devant mes yeux les paysages de terre et de mer qui me manquent parfois.
Hélas, ce n'est pas ce que Flaubert cherche à faire dans ce livre. En touriste bourgeois et intellectuel sûr de sa supériorité en tout, il prend un ton dédaigneux et hautain pour asséner des jugements sans intérêts. La préface de Pierre-Louis Rey (dans l'édition Pocket) m'avait prévenue, ce livre est étudié parce qu'il montre la genèse du style du futur auteur de Madame Bovary (un autre livre que je n'ai guère apprécié…). Mais peu m'importe l'étude littéraire, ce que je voulais c'était savourer les paysages. En définitive, le livre et moi n'étions pas d'accord sur le voyage à entreprendre, je n'ai pas dépassé Nantes et l'ai laissé continuer sa route seul…
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Duluoz
Duluoz04 mai 2014
  • Livres 3.00/5
Faubert fait du tourisme, mais il le fait en connaissant son histoire et ne manque pas de souligner les particularités du caractère Bretons en parsemant son récit d'anecdotes faites en chemin. Ah ! et oui tout le monde sait que la Bretagne commence à Nantes !
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Les critiques presse (1)
Lexpress04 août 2012
Suivez-les "à l'aventure, par les champs et par les grèves". Dans une Bretagne éternelle qu'il fait toujours bon arpenter.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Corboland78Corboland7814 septembre 2012
… ils ne purent croire que nous fussions des messieurs cheminant à pied pour leur récréation personnelle, cela leur paraissait inouï, absurde ; nous étions des dessinateurs ou des leveurs de plan qui voyageaient par ambition pour faire mieux que les autres et gagner par là la croix d’honneur ; nous étions salariés par le gouvernement pour inspecter les routes et surveiller les allumeurs des phares ; nous avions une mission secrète, un travail clandestin que nous ne voulions pas dire afin de surprendre les gens et de faire notre coup ; il y avait en nous quelque chose d’incompréhensible, de contradictoire et de ténébreux, et nous les effrayions presque, tant nous leur semblions étranges. Non, vive Dieu ! rien de tout cela ne nous pousse. Nous ne sommes que des contemplateurs humoristiques et des rêveurs littéraires.
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PiatkaPiatka23 août 2015
Là, couché par terre à plat dos sur le sable, le chapeau sur les yeux, les bras étendus en croix, je suis resté une grande heure et demie à chauffer ma guenille au soleil et à faire le lézard. On se sent le corps inerte, engourdi, inanimé, inhérent presque à la terre sur laquelle il se vautre tandis que l'âme, au contraire, partie bien loin, voltige dans les espaces comme une plume égarée.
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charlottedesudermaniecharlottedesudermanie31 août 2013
Saint-Malo, bâti sur la mer et clos de remparts, semble, lorsqu'on arrive, une couronne de pierres posée sur les flots dont les mâchicoulis sont les fleurons. Les vagues battent contre les murs ou, quand il est marée basse, déferlent à leur pied sur le sable. (...) Le tour de la ville par les remparts est une des plus belles promenades qu'il y ait. Personne n'y vient. On s'assoit dans l'embrasure des canons, les pieds sur l'abîme. On a devant soi l'embouchure de la Rance, se dégorgeant comme un vallon entre deux vertes collines, et puis les côtes, les rochers, et partout la mer. Derrière vous se promène la sentinelle dont le pas régulier marche sur les dalles sonores.
Un soir nous y restâmes longtemps. La nuit était douce, une belle nuit d'été, sans lune, mais scintillant des feux du ciel, embaumée de brise marine. La ville dormait, les lumières, l'une après l'autre, disparaissaient des fenêtres, les phares éloignés brillaient en taches rouges dans l'ombre qui sur nos têtes était bleue et piquée en mille endroits par les étoiles vacillantes et rayonnantes. On ne voyait pas la mer; on l'entendait, on la sentait, et les vagues se fouettant contre les remparts nous envoyaient des gouttes de leur écume par le large trou des mâchicoulis.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel13 août 2013
Nous voulions jusqu’au bout abuser de notre plaisir et le savourer sans en rien perdre. Plus légers que le matin, nous sautions, nous courions sans fatigue ; sans obstacle, une verve de corps nous emportait malgré nous et nous éprouvions dans les muscles des espèces de tressaillements d’une volupté robuste et singulière. Nous secouions nos têtes au vent, et nous avions du plaisir à toucher les herbes avec nos mains. Aspirant l’odeur des flots, nous humions, nous évoquions à nous tout ce qu’il y avait de couleurs, de rayons, de murmures, le dessin des varechs, la douceur des grains de sable, la dureté du roc qui sonnait sous nos pieds, les altitudes de la falaise, la frange des vagues, les découpures du rivage, la voix de l’horizon ; et puis c’était la brise qui passait, comme d’invisibles baisers qui nous coulaient sur la figure, c’était le ciel où il y avait des nuages allant vite, roulant une poudre d’or, la lune qui se levait, les étoiles qui se montraient.
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MissAlfieMissAlfie05 septembre 2013
La marée baissait ; il fallait, pour passer, attendre le retrait des vagues. Nous les regardions venir. Elles écumaient dans les roches, à fleur d'eau, tourbillonnaient dans les creux, sautaient comme des écharpes qui s'envolent, retombaient en cascades et en perles, et dans un long balancement ramenaient à elles leur grande nappe verte. Quand une vague s'était retirée sur le sable, aussitôt les courants s'entrecroisaient en fuyant vers des niveaux plus bas. Les varechs remuaients leurs lanières gluantes, l'eau dbordait des petits cailloux, sortait par les fentes des pierres, faisait mille clapotements, mille jets. Le sable trempé buvait son onde, et, se séchant au soleil, blanchissait sa teine jaune.
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